Article L3262-1 · En vigueur

Article L3262-1 — Titre-restaurant : définition et règles

L'article L3262-1 définit le titre-restaurant comme un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour acquitter le prix d'un repas au restaurant ou de denrées alimentaires (y compris fruits et légumes). Remis directement, via le CSE ou par société spécialisée. Financement par l'employeur 50 à 60 %, exonération sociale dans certaines limites.

Ce que dit l'article L3262-1

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2022 :

Le titre-restaurant est un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour leur permettre d'acquitter en tout ou en partie le prix du repas consommé au restaurant ou acheté auprès d'une personne ou d'un organisme mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 3262-3. Ces repas peuvent être composés de fruits et légumes, qu'ils soient ou non directement consommables.

Ce titre est remis par l'employeur :

1° Soit directement aux salariés ou par l'intermédiaire du comité social et économique ;

2° Soit par l'intermédiaire d'une société spécialisée qui les cède à l'employeur contre paiement de leur valeur libératoire et, le cas échéant, d'une commission.

Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions d'application du présent article.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre VI : Avantages divers
Chapitre
Chapitre II : Titres-restaurant

L'article L3262-1 du Code du travail définit le titre-restaurant : un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour acquitter en tout ou partie le prix des repas pris au restaurant ou achetés chez certains commerçants. Outil emblématique des avantages sociaux en France, le titre-restaurant bénéficie d'un régime fiscal et social favorable.

Texte officiel (extrait)

« Le titre-restaurant est un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour leur permettre d'acquitter en tout ou en partie le prix du repas consommé au restaurant ou acheté auprès d'une personne ou d'un organisme mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 3262-3. Ces repas peuvent être composés de fruits et légumes, qu'ils soient ou non directement consommables.
Ce titre est remis par l'employeur :
1° Soit directement aux salariés ou par l'intermédiaire du comité social et économique ;
2° Soit par l'intermédiaire d'une société spécialisée [...]. »

En clair

Le titre-restaurant (« ticket-restaurant ») permet aux salariés d'avoir un déjeuner subventionné sans que l'entreprise n'ait à organiser une cantine. C'est l'un des avantages sociaux les plus répandus en France : selon les estimations, plus de 4 millions de salariés en bénéficient.

Les caractéristiques essentielles

Usage
  • Repas pris au restaurant
  • Achat de plats préparés en grande surface ou commerce alimentaire
  • Achat de fruits et légumes (depuis la loi du 17 août 2015)
  • Pas pour autres achats (vêtements, hygiène, électroménager…)
Forme
  • Carte prépayée (forme dominante depuis 2022)
  • Application mobile (paiement sans contact)
  • Titre papier (en voie de disparition)
  • Émis par sociétés agréées (Edenred, Sodexo, Up, etc.)

Conditions d'attribution

ConditionDétail
Caractère facultatifL'employeur n'est jamais obligé de fournir des titres-restaurant, sauf si la convention collective le prévoit
Égalité de traitementTous les salariés doivent en bénéficier dans les mêmes conditions (sauf différenciation objective : statut cadre/non-cadre, présence sur site, etc.)
Attribution journalière1 titre par jour effectivement travaillé pendant la coupure méridienne
ExclusionsPas de titre pendant les congés, absences, jours de RTT, jours fériés chômés, télétravail (sauf accord spécifique)
Cantine d'entrepriseIncompatible : si l'entreprise a une cantine subventionnée, pas de titre-restaurant en plus (sauf pour les salariés en déplacement)

Financement et exonération

Le titre-restaurant est financé partiellement par l'employeur et partiellement par le salarié. Le régime fiscal et social est avantageux :

ÉlémentRègle 2026
Participation employeur50 % à 60 % de la valeur faciale
Valeur faciale du titreLibre (de 8 € à 13 € en pratique)
Plafond d'exonération (part employeur)6,91 € par titre (2024, indexé annuellement)
Participation salarié40 % à 50 % du titre, prélevé sur paie
Plafond d'utilisation par jour25 € (depuis 2022, indexé)

Source : Code de la Sécurité sociale, art. L242-1. Montants susceptibles d'évolution annuelle.

Durée de validité et remboursement

Les titres-restaurant ont une durée de validité d'une année civile. Les titres non utilisés au 31 décembre peuvent être échangés contre des titres de l'année suivante pendant 15 jours auprès de l'émetteur (en janvier de l'année N+1). À défaut, ils sont perdus pour le salarié (les sommes restent dans la caisse de l'émetteur).

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Le régime du titre-restaurant est précisé par les articles D3262-1 et suivants du Code du travail. Pour mettre en place un système de titres-restaurant, consultez les principaux émetteurs agréés ou un expert-comptable.

Publicité

Cas pratiques

Cas 1 — Titre-restaurant classique

Une PME met en place des titres-restaurant de 10 € (5 € employeur + 5 € salarié). Les 80 salariés présents en bureau bénéficient d'un titre par jour travaillé (160 jours/an environ). Coût employeur : 5 € × 160 × 80 = 64 000 €/an, dont la majorité est exonérée de charges et déductible fiscalement.

Cas 2 — Achat en grande surface

Un salarié utilise ses titres-restaurant chez Carrefour pour acheter une salade composée préparée et un yaourt à 12 €. Achat conforme à L3262-1 : produit alimentaire directement consommable. Le titre peut être utilisé jusqu'à 25 €/jour (plafond 2022). Solution pratique pour les salariés sans accès facile à un restaurant.

Cas 3 — Fruits et légumes

Depuis la loi du 17 août 2015, le titre-restaurant peut être utilisé pour acheter des fruits et légumes, même non directement consommables. Une salariée achète des pommes, carottes et tomates pour 8 € avec son titre. Achat parfaitement valide. Cette extension vise à encourager une alimentation saine.

Cas 4 — Télétravail et titres

Un salarié passe au télétravail à 4 jours/semaine. Maintien des titres-restaurant pour les jours télétravaillés dans la mesure où il continue à prendre un repas pendant sa pause méridienne (Cass. soc. 5 oct. 2022, n° 21-13.260). C'est une évolution jurisprudentielle importante issue de l'essor du télétravail.

Cas 5 — Cantine d'entreprise + titres

Une entreprise dispose d'une cantine subventionnée (l'employeur prend en charge 50 % du repas). Elle veut aussi fournir des titres-restaurant. Impossible : régime d'incompatibilité, sauf pour les salariés en déplacement ne pouvant utiliser la cantine (jurisprudence URSSAF). Le cumul cantine + titre serait considéré comme un avantage en nature à déclarer.

Cas 6 — Inégalité de traitement

Une entreprise n'octroie des titres-restaurant qu'à ses cadres, pas aux employés. Discrimination en l'absence de justification objective ? Un employé saisit les prud'hommes : la différence est justifiée si elle repose sur un critère objectif (par exemple, les cadres déjeunent souvent au restaurant avec des clients). Sinon, rappel de salaire pour les titres non perçus + dommages-intérêts.

Pour l'employeur

Mise en place pratique : (1) choisir un émetteur agréé (Edenred, Sodexo, Up, Pluxee, etc.), comparer les commissions, (2) fixer la valeur faciale (8-13 € en pratique) et la part employeur (50-60 %), (3) communiquer aux salariés les conditions d'attribution, (4) gérer mensuellement la commande des titres selon les jours effectivement travaillés. La mise en place est généralement facilitée par les émetteurs (logiciel de gestion en ligne).

Questions fréquentes

Un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour acquitter en tout ou partie le prix d'un repas consommé au restaurant ou acheté chez un commerçant agréé (boulangerie, traiteur, supérette). Depuis 2015, le titre peut aussi servir à l'achat de fruits et légumes non directement consommables (art. L3262-1).

Conjointement par l'employeur (50 à 60 % de la valeur faciale) et le salarié (40 à 50 %, prélevé sur paie). Plafond d'exonération sociale 2024 : 6,91 € par titre pour la part employeur (Code SS, L242-1). Au-delà, la fraction excédentaire est soumise à cotisations. Plafond d'utilisation : 25 €/jour depuis 2022.

Non. Le titre-restaurant est un avantage social facultatif. L'employeur n'est obligé d'en proposer que si la convention collective ou un accord d'entreprise le prévoit. Si l'employeur met en place ce système, il doit respecter l'égalité de traitement entre les salariés (différenciation objective seulement).

Oui, depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 5 octobre 2022 (n° 21-13.260) : le télétravail n'écarte pas le droit aux titres-restaurant si le salarié continue à prendre une pause repas. Confirme l'évolution post-COVID du droit du travail. Les entreprises ont adapté leurs accords en conséquence.

Repas au restaurant, achat de plats préparés en grande surface ou commerce alimentaire, achat de fruits et légumes (depuis 2015), repas livrés au domicile par un restaurant partenaire (depuis 2022). Usages interdits : produits non alimentaires, alcool seul (sans repas), achats personnels divers.

Les titres ont une durée de validité d'une année civile. Au 31 décembre N, les titres non utilisés peuvent être échangés auprès de l'émetteur pendant 15 jours en janvier N+1 contre des titres de l'année N+1. À défaut, ils sont définitivement perdus pour le salarié (les sommes restent acquises à l'émetteur).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 29/05/2026.