Bilan Carbone / BEGES
Cadre, enjeux et méthodes

Module 1 / 5  · Sommaire complet de la formation

Module 1 : Cadre & enjeux 28 min de lecture

1.3 Méthodes : ADEME, Bilan Carbone®, GHG Protocol, ISO 14064

Trois référentiels coexistent dans la pratique mondiale du bilan d'émissions : Bilan Carbone® (français, pédagogique, orienté plan d'action), GHG Protocol (international, dominant), ISO 14064 (rigoureux, audit-ready). Ils partagent les mêmes fondements scientifiques mais diffèrent dans leur grain d'analyse, leur communauté et leur usage opérationnel. Comprendre lequel choisir — et comment ils s'articulent avec les facteurs d'émission et le PRG — est la première décision technique d'un projet bilan carbone.

Trois référentiels, trois philosophies
Bilan Carbone®
Référence française historique — ABC depuis 2011 — version 8 (2018)
Plan d'action centré
GHG Protocol
Référence internationale — WRI & WBCSD depuis 2001 — adopté par SBTi
Multinational
ISO 14064
Norme internationale 2006/2018 — 3 parties — base pour audit OTI
Audit-ready
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Bilan Carbone® : l'école française (ADEME puis ABC)

La méthode Bilan Carbone® est née à l'ADEME au début des années 2000. L'objectif initial était de doter les entreprises et collectivités françaises d'une méthode pédagogique, complète et adaptée aux nomenclatures nationales. En 2011, l'ADEME transfère la propriété intellectuelle et la gestion opérationnelle à l'Association pour la transition Bas Carbone (ABC), association qui fédère praticiens, entreprises et collectivités utilisatrices et qui fait évoluer la méthode depuis.

La méthode est diffusée sous forme de versions successives, complétées par des guides sectoriels (industrie, tertiaire, événementiel, agriculture…) ; la version applicable et son millésime sont à vérifier auprès de l'ABC au moment de démarrer un exercice, car ils conditionnent la comparabilité d'un bilan à l'autre. Le cadre méthodologique repose sur :

  • une approche organisationnelle (entité juridique unique ou groupe consolidé) ;
  • un périmètre opérationnel exhaustif couvrant Scopes 1+2+3 dès l'origine (la méthode FR a toujours imposé le Scope 3, là où le GHG Protocol l'a longtemps laissé optionnel) ;
  • des facteurs d'émission de la Base Empreinte ADEME, désormais base unique officielle française (anciennement « Base Carbone® ») ;
  • un plan d'action articulé en sortie : pas de bilan sans piste de réduction chiffrée.

L'esprit de la méthode. Un bilan carbone n'a pas vocation à atteindre la précision comptable au gramme près : il sert à hiérarchiser les postes pour décider où porter l'effort et l'investissement. Une incertitude de 30 % sur un poste qui pèse 40 % du total est infiniment plus utile qu'une précision de 2 % sur un poste qui en pèse 1 %.

L'exercice du métier de consultant Bilan Carbone® est encadré par l'ABC : formation officielle, évaluation, adhésion à une charte, licence à durée limitée nécessitant une réactualisation. Les conditions, la durée et le tarif de ce parcours évoluent : ils sont à vérifier directement auprès de l'association avant tout engagement, et ne relèvent pas de cette sensibilisation.

L'écosystème logiciel s'est considérablement élargi : aux tableurs historiques s'ajoutent des plateformes de pilotage en ligne qui embarquent à la fois la grille Bilan Carbone® et le GHG Protocol, avec import automatique depuis les logiciels comptables. Le gain réel se situe à partir du deuxième exercice : la collecte est réutilisée, le coût marginal d'un bilan annuel chute. Les points à examiner avant de choisir un outil, indépendamment de l'éditeur : la base de facteurs d'émission utilisée et sa date de mise à jour, la capacité à produire le format de restitution réglementaire attendu par l'ADEME, la traçabilité ligne à ligne pour un vérificateur, et la réversibilité (export complet des données si l'on change d'outil).

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GHG Protocol : la grammaire internationale

Le Greenhouse Gas Protocol, publié par le World Resources Institute (WRI), think tank américain, et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), organisation patronale mondiale, est paru en première version en 2001. Trois mises à jour majeures : 2004 (corporate standard révisé), 2011 (publication du Corporate Value Chain Standard pour le Scope 3), et 2015 (Scope 2 Guidance distinguant approches « location-based » et « market-based »).

Il s'agit d'une norme privée à adoption volontaire, mais sa diffusion est telle qu'elle est devenue le standard de fait à l'international : le GHG Protocol revendique un usage par la très grande majorité des grandes entreprises qui répondent au questionnaire climat du CDP. C'est le standard de référence de la Science Based Targets initiative (SBTi), du CDP et de la plupart des cadres ESG (TCFD, ISSB, GRI).

Le GHG Protocol se structure en 5 modules :

Standard Année Objet
Corporate Standard2001, rév. 2004Bilan annuel des entreprises (scopes 1 et 2)
Corporate Value Chain (Scope 3)2011Émissions amont et aval — 15 catégories Scope 3
Project Protocol2005Mesure d'un projet de réduction (ex. compensation)
Mitigation Goal Standard2014Suivi et reporting d'un objectif de réduction
Product Standard2011Empreinte produit (du berceau à la tombe)

L'apport décisif du GHG Protocol est la structuration en 3 scopes et 15 catégories Scope 3 désormais universellement reprise (cf. module 2 de la formation) :

  • Scope 1 : émissions directes des sources possédées ou contrôlées (combustion, fuites de fluides frigorigènes, processus, véhicules détenus).
  • Scope 2 : émissions indirectes liées à l'énergie achetée (électricité, vapeur, chaleur, froid).
  • Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes, scindées en 8 catégories amont (achats, capital goods, déplacements, fret amont…) et 7 catégories aval (utilisation produits, fin de vie, fret aval, investissements…).

La Scope 2 Guidance de 2015 a introduit la distinction location-based / market-based : la première applique le facteur d'émission moyen du réseau national (en France, de l'ordre de 60 g CO₂eq/kWh selon la Base Empreinte, l'un des plus bas d'Europe grâce au nucléaire et à l'hydraulique) ; la seconde applique le contenu carbone du contrat d'achat réel (PPA renouvelable, garanties d'origine), souvent proche de zéro. Publier les deux est la règle : c'est ce qui empêche de « verdir » un bilan par un simple montage contractuel. Le chapitre 2.2 détaille cet arbitrage.

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ISO 14064, 14067, 14068 : la famille normative

La norme ISO 14064, publiée pour la première fois en 2006 et révisée en 2018, est la norme internationale de référence sur la quantification et la déclaration des GES. Elle est éditée par l'ISO (Organisation internationale de normalisation, Genève) et transposée en norme française NF EN ISO 14064 par l'AFNOR. À la différence du GHG Protocol (privé) et du Bilan Carbone® (français), ISO 14064 dispose du statut juridique d'une norme volontaire dotée d'une procédure de vérification tierce : c'est elle qui sert de base technique aux audits OTI (Organisme Tiers Indépendant) exigés par la CSRD à partir de 2024-2026.

La famille comprend trois parties ainsi que des normes connexes :

Norme Objet Publication
ISO 14064-1Quantification et déclaration des GES au niveau de l'organisation2006, rév. décembre 2018
ISO 14064-2Projets de réduction ou de séquestration (compensation)2006, rév. 2019
ISO 14064-3Validation et vérification — base d'audit OTI2006, rév. 2019
ISO 14067Empreinte carbone des produits (équivalent Product Standard GHG)2018
ISO 14068-1Neutralité carbone — première norme internationale sur le sujetNovembre 2023
ISO 14069Guide d'application de 14064-1 (rapport technique)2013

La révision 2018 d'ISO 14064-1 a opéré un rapprochement majeur avec le GHG Protocol : alignement sur les 15 catégories de Scope 3, distinction des émissions directes/indirectes, abandon de la terminologie scopes (remplacée par « émissions directes » et « émissions indirectes significatives »), introduction du concept de matérialité. En pratique, un bilan ISO 14064-1:2018 et un bilan GHG Protocol couvrant Scope 1+2+3 produisent des résultats équivalents — la différence est principalement dans le formalisme et la rigueur de documentation.

L'ISO 14068-1, publiée en novembre 2023, est la première norme internationale sur la neutralité carbone. Elle impose une hiérarchie stricte : quantifier (selon 14064-1) → réduire (selon trajectoire 1,5 °C) → compenser (selon 14064-2) → vérifier (selon 14064-3). Elle interdit la revendication de neutralité sans démonstration d'une trajectoire de réduction et sans audit tiers. Cette norme est en train de devenir la référence pour les revendications « net zero » dans le cadre des contentieux greenwashing (ADEME, Commission européenne, AMF, juges nationaux).

La vérification par un tiers selon ISO 14064-3 est la base technique de l'audit des informations de durabilité exigé par la CSRD. Deux niveaux d'assurance existent : l'assurance limitée (limited assurance, formulation négative, contrôles ciblés) et l'assurance raisonnable (reasonable assurance, formulation positive, tests substantifs étendus). Attention : la montée programmée vers l'assurance raisonnable a été supprimée par la directive « Omnibus I » publiée au JOUE le 26 février 2026. L'assurance limitée devient le régime pérenne (voir chapitres 4.1 et 4.3). Le périmètre des entreprises soumises a lui aussi été fortement resserré : la CSRD ne vise plus les entreprises de plus de 250 salariés.

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Comment choisir ? Articulation pratique des 3 référentiels

Premier point à clarifier : pour un BEGES réglementaire, c'est la méthode générale élaborée par le pôle de coordination nationale (article R229-49 du Code de l'environnement) et son format de restitution qui s'imposent — avec la nomenclature en 6 catégories issue d'ISO 14064-1 (voir chapitre 1.2). Les trois référentiels présentés ici ne sont pas des alternatives à ce format : ce sont des cadres de travail qui s'y raccordent, et dont le choix relève de la stratégie et de la culture interne. Un même calcul peut être restitué au format ADEME et au format GHG Protocol.

Pour un opérationnel, la décision se prend selon trois critères principaux :

Bilan Carbone®

Choisir si :

  • Entreprise / collectivité française monosite ou mono-pays
  • Premier exercice — besoin d'accompagnement pédagogique
  • Plan d'action central dans la commande
  • Subventions ADEME mobilisées
GHG Protocol

Choisir si :

  • Groupe multinational ou exposition internationale
  • Reporting CDP, SBTi, TCFD attendu par investisseurs
  • Multi-périmètres et consolidation complexe
  • Compétences interne carbone déjà existantes
ISO 14064

Choisir si :

  • Reporting CSRD avec audit OTI obligatoire
  • Démarche neutralité carbone (couplage ISO 14068)
  • Marché ETS — vérification réglementaire requise
  • Grand groupe coté ou banque/assurance

Dans la pratique, ces référentiels ne sont pas exclusifs. Une grande entreprise française combine fréquemment : méthode Bilan Carbone® pour l'animation interne et la production du format réglementaire, structuration GHG Protocol pour le reporting international, vérification selon ISO 14064-3 pour l'audit. Les plateformes de pilotage du marché sont précisément conçues pour restituer un même calcul dans plusieurs formats.

Cas particulier de la CSRD : la norme ESRS E1 « Changement climatique », publiée par l'EFRAG et adoptée par le règlement délégué (UE) 2023/2772 du 31 juillet 2023, ne prescrit pas une méthode unique mais exige une quantification conforme aux principes du GHG Protocol, avec le double reporting du scope 2. En pratique, les entreprises soumises font vérifier leur inventaire selon ISO 14064-3, ce qui suppose une documentation nettement plus lourde qu'un bilan interne.

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Facteurs d'émission : Base Empreinte ADEME, DEFRA, ecoinvent

Un facteur d'émission (Emission Factor, EF) est le coefficient qui convertit une donnée d'activité physique ou monétaire (kWh, km, kg, € d'achat) en quantité d'équivalent CO₂. C'est le cœur du calcul carbone : choisir un EF, c'est implicitement faire une hypothèse sur le mix énergétique, la technologie, la géographie et l'année de référence.

Sources de facteurs d'émission utilisées en France :

  • Base Empreinte ADEME (qui héberge la Base Carbone®) : plusieurs milliers de facteurs gratuits, accessibles en ligne sur base-empreinte.ademe.fr, mis à jour régulièrement. Couvre énergie, transport, alimentation, matériaux, déchets et ratios monétaires sectoriels. C'est la base à utiliser en première intention pour un BEGES : la méthode réglementaire prévoit expressément que l'usage d'un facteur d'émission non issu de la Base Carbone® doit être justifié par son auteur.
  • DEFRA (Department for Environment, Food and Rural Affairs, UK) : base britannique très utilisée par les entreprises anglo-saxonnes. Mise à jour annuelle (publication en juin).
  • EPA (Environmental Protection Agency, US) : référence pour les facteurs nord-américains.
  • GLEC Framework : spécifique transport et logistique, publié par Smart Freight Centre. Standard de facto pour les chargeurs et transporteurs internationaux.
  • ecoinvent : base de données suisse d'analyse de cycle de vie, sous licence payante. Utile quand aucun facteur Base Empreinte n'existe (matériau peu courant, procédé industriel pointu).
  • EXIOBASE : base entrées-sorties multi-régionale utile pour les analyses Scope 3 « ratio monétaire » quand les données physiques manquent.

Tout EF utilisé doit être documenté dans le BEGES : source, version, année, géographie, méthode (puits cradle-to-gate, cradle-to-grave…), unité, incertitude. L'ADEME impose désormais 3 niveaux de qualité des données : élevée (donnée physique mesurée + EF récent et géographiquement adapté), moyenne (donnée physique + EF générique), faible (donnée monétaire + ratio sectoriel). Le rapport doit indiquer la part de chaque niveau dans le bilan total ; un bilan à 80 % en qualité faible perd toute crédibilité auditable.

Bon réflexe : lors d'un premier exercice, démarrer avec les FE Base Empreinte (gratuits, conformes ADEME), accepter une part de Scope 3 en ratio monétaire (faible qualité, mais quantification possible), puis affiner d'année en année en remplaçant les ratios monétaires par des données physiques chez les principaux fournisseurs.

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Les 7 GES de Kyoto et le Pouvoir de Réchauffement Global

Un bilan carbone ne mesure pas seulement le CO₂. Le protocole de Kyoto (1997) identifie initialement 6 gaz à effet de serre d'origine anthropique, étendus à 7 GES par l'amendement de Doha (2012, ajout du NF₃). Ces gaz ne contribuent pas au réchauffement avec la même intensité — d'où la notion de Pouvoir de Réchauffement Global (PRG) ou, en anglais, Global Warming Potential (GWP).

Le PRG est défini par le GIEC comme l'effet radiatif intégré d'un kilogramme de gaz sur un horizon temporel donné, rapporté à celui du CO₂. L'horizon standard retenu est 100 ans (PRG100). Les valeurs sont révisées à chaque cycle d'évaluation du GIEC : c'est la source d'erreur la plus fréquente d'un bilan, car les tableaux qui circulent mélangent allègrement les valeurs de l'AR4 (2007), de l'AR5 (2014) et de l'AR6 (2021).

Gaz Formule PRG100 — AR5 (2014) PRG100 — AR6 (2021) Sources principales
Dioxyde de carboneCO₂11Combustion fossile, procédés, déforestation
Méthane (origine fossile)CH₄3029,8Gaz naturel, pétrole, charbon
Méthane (origine biogénique)CH₄2827,0Élevage, déchets, méthanisation
Protoxyde d'azoteN₂O265273Engrais azotés, acide nitrique
Hydrofluorocarbure R134aCH₂FCF₃1 3001 530Climatisation, réfrigération
Perfluorocarbure CF₄CF₄6 6307 380Électrolyse de l'aluminium, semi-conducteurs
Hexafluorure de soufreSF₆23 50025 200Isolation des appareillages haute tension
Trifluorure d'azoteNF₃16 10017 400Écrans plats, semi-conducteurs

Valeurs hors rétroactions du cycle du carbone, telles que reprises dans la table de référence du GHG Protocol. Le méthane d'origine fossile et le méthane biogénique n'ont pas le même PRG depuis l'AR6 : distinguer les deux sur un site industriel qui brûle du gaz naturel et exploite un méthaniseur.

Tous les bilans s'expriment en tonnes équivalent CO₂ (t CO₂eq) : 1 kg de SF₆ émis équivaut, en PRG100 AR6, à 25,2 tonnes de CO₂. Cette agrégation permet d'additionner des gaz très différents et de prioriser les actions.

Trois conséquences pratiques :

(1) Les fuites de fluides frigorigènes peuvent peser énormément. Une climatisation tertiaire qui perd 5 % de sa charge annuelle de R410A (PRG 2 088) sur une charge de 20 kg émet l'équivalent de 2,1 tonnes CO₂eq par installation et par an — c'est l'équivalent de 14 000 km en voiture diesel. L'F-Gas Regulation (UE 2024/573 du 7 février 2024) impose le remplacement progressif des HFC à fort PRG d'ici 2030.

(2) Le méthane est une priorité de court terme. Sa durée de vie atmosphérique courte (de l'ordre d'une douzaine d'années) en fait le levier le plus rapide sur la température. Le Global Methane Pledge, lancé à la COP26 (Glasgow, 2021), vise −30 % d'émissions mondiales de méthane en 2030 par rapport à 2020.

(3) L'industrie lourde a un enjeu spécifique SF₆ et PFC. Fabrication de semi-conducteurs, électrolyse de l'aluminium, appareillage électrique haute tension : quelques kilogrammes de gaz fluorés perdus peuvent peser plus que des centaines de mégawattheures de gaz naturel, du seul fait du PRG. Sur ces sites, la traque des fuites de SF₆ est une action de décarbonation à part entière, souvent la moins coûteuse par tonne évitée.

Règle de cohérence, souvent oubliée. La méthode réglementaire impose d'utiliser les PRG à 100 ans les plus récents publiés par le GIEC, mais surtout les mêmes PRG pour tous les postes d'un bilan et d'un bilan à l'autre. En cas de changement de jeu de PRG, l'année de référence doit être recalculée sur la nouvelle base, faute de quoi la trajectoire affichée mélange un effet réel et un effet de méthode. Le jeu de valeurs retenu doit être écrit noir sur blanc dans la note méthodologique.

Les 7 GES de Kyoto : pyramide du PRG100 (GIEC, AR6)
SF₆ — Hexafluorure de soufre · PRG 25 200 · Appareillage haute tension
NF₃ — Trifluorure d'azote · PRG 17 400 · Semi-conducteurs, écrans
PFC — Perfluorocarbures (CF₄) · PRG 7 380 · Aluminium, électronique
HFC (R134a) · PRG 1 530 · Réfrigération, climatisation
N₂O · PRG 273 · Engrais azotés, chimie
CH₄ · PRG 29,8 (fossile) / 27,0 (biogénique)
CO₂ · PRG 1 · Référence
À retenir
  • Pour un BEGES, c'est la méthode réglementaire du pôle de coordination nationale (art. R229-49) et son format de restitution qui s'imposent. Les trois référentiels — Bilan Carbone® (ABC), GHG Protocol (WRI/WBCSD), ISO 14064-1:2018 — s'y raccordent ; le choix relève de la stratégie interne.
  • Le Bilan Carbone® est né à l'ADEME puis a été transféré à l'ABC en 2011, qui en assure les versions successives et le parcours de licence des consultants.
  • Le GHG Protocol structure le bilan en 3 scopes et 15 catégories de scope 3 ; c'est le standard de la SBTi et du CDP. Sa Scope 2 Guidance de 2015 impose la double publication location-based / market-based.
  • ISO 14064-3 est la base technique de la vérification par un tiers ; ISO 14068-1:2023 est la première norme internationale sur la neutralité carbone. Le passage à l'assurance raisonnable prévu par la CSRD a été supprimé par Omnibus I.
  • Facteurs d'émission : la Base Empreinte de l'ADEME est la base à utiliser en priorité ; tout facteur externe doit être justifié. Documenter source, version, géographie et qualité de la donnée.
  • 7 GES de Kyoto, PRG100 AR6 : CO₂ = 1, CH₄ = 29,8 (fossile) / 27,0 (biogénique), N₂O = 273, R134a = 1 530, CF₄ = 7 380, SF₆ = 25 200, NF₃ = 17 400. Un seul jeu de PRG par bilan et d'un bilan à l'autre ; en cas de changement, recalculer l'année de référence.
Sources
  • Ministère de la Transition écologique, Méthode pour la réalisation des bilans d'émissions de gaz à effet de serre (art. R229-49 du Code de l'environnement) — ecologie.gouv.fr
  • ADEME, Base Empreinte (facteurs d'émission) — base-empreinte.ademe.fr
  • Association pour la transition Bas Carbone (ABC), méthode Bilan Carbone® — abc-transitionbascarbone.fr
  • Greenhouse Gas Protocol (WRI / WBCSD), Corporate Standard, Scope 3 Standard, Scope 2 Guidance et table de référence des PRG — ghgprotocol.org
  • ISO, normes 14064-1:2018, 14064-2:2019, 14064-3:2019, 14067 et 14068-1:2023 — iso.org
  • GIEC, sixième rapport d'évaluation (AR6), valeurs de PRG à 100 ans — ipcc.ch
Sommaire de la formation