Méthode des épreuves rédigées
Cas pratique, questions rédigées et expression écrite

Module 4 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 4 : Cas pratique et expression 17 min de lecture

4.1 Le cas pratique : répondre à une mise en situation

Le cas pratique place le candidat dans une situation professionnelle et lui pose des questions précises. Ce n'est ni une note, ni un rapport : on attend des réponses, dans le rôle d'un agent, appuyées sur le dossier. Ce chapitre rappelle ce que disent les textes des concours qui le prévoient, propose une méthode en cinq temps et l'applique à un exemple entièrement fictif.

Du sujet à la copie : cinq temps

1

Lire les questions

Toutes, avant le dossier, pour savoir ce que l'on cherche

2

Identifier son rôle

Qui suis-je, pour qui, dans quel service ?

3

Exploiter le dossier

Repérer, pour chaque question, les documents utiles

4

Répondre question par question

Numéroter, justifier, respecter la forme demandée

5

Relire

Réponses complètes, orthographe, aucun signe distinctif

1

Ce que disent les textes des concours

Le mot « cas pratique » recouvre des épreuves différentes selon les concours. Avant toute méthode, il faut donc lire le libellé exact de l'épreuve dans le texte qui organise le concours que l'on prépare, puis la notice de la session. Deux concours de catégorie B et C étudiés dans ce parcours en prévoient un.

ConcoursTexteÉpreuveDurée et coefficient
Gardien de la paix (externe)Arrêté du 8 mars 2022 modifiéRésolution d'un ou plusieurs cas pratiques « consistant en des mises en situation guidées par des questions »2 h, coefficient 4, note inférieure à 5 sur 20 éliminatoire
Concours commun de catégorie C des ministères économiques et financiers (douane, finances publiques)Arrêté du 12 avril 2016 modifiéRésolution de cas pratiques à partir d'un dossier3 h, coefficient 2, note inférieure à 5 sur 20 éliminatoire

Pour le gardien de la paix, l'arrêté précise ce que l'épreuve mesure : les « capacités rédactionnelles, de compréhension d'une situation professionnelle, d'analyse et de synthèse ». Ces quatre capacités valent au-delà de ce concours : elles décrivent bien ce qu'un correcteur cherche dans toute réponse à une mise en situation.

Les rapports de jury des ministères économiques et financiers et de la police nationale n'ont pas pu être consultés pour cette formation : aucune remarque de jury ne leur est attribuée ici. Les conseils de ce chapitre sont une méthode de travail, pas la grille de correction d'un concours.
2

Cas pratique, note, rapport : ne pas confondre

Le cas pratique emprunte à la note sa sélection de l'information et au rapport son exactitude, mais sa logique est différente : il ne s'agit pas de présenter un sujet ni de relater un événement, mais de répondre à des questions posées, dans l'ordre et dans la forme demandés.

NoteRapportCas pratique
ObjectifInformer un destinataire sur un sujet, à partir d'un dossierRendre compte de faits et des mesures prisesTraiter une situation en répondant à des questions
StructureIntroduction, plan apparent, conclusionEn-tête, objet, déroulé chronologiqueUne réponse par question, dans l'ordre du sujet
Place du candidatRédacteur neutre au service du destinataireAgent qui a constaté ou agiAgent en situation, qui propose et justifie
Chapitre de méthode2.33.3Ce chapitre

Une question d'un cas pratique peut toutefois demander un écrit d'un autre type : un courriel, un tableau, un court message aux usagers. Il faut alors en respecter la forme. Le rapport du jury du concours d'adjoint administratif principal de 2e classe de la préfecture de région Hauts-de-France (session 2021) l'illustre pour une épreuve rédigée du concours interne : « Une majorité des candidats n'a pas pris en compte le fait qu'un format mail était demandé. »

La première lecture du sujet sert donc à noter, pour chaque question, ce qui est demandé (une explication, une liste de mesures, un document) et sous quelle forme.

3

Une méthode en cinq temps

1. Lire toutes les questions d'abord. Avant d'ouvrir le dossier, on sait ainsi ce que l'on cherche. Les questions suivent souvent la progression de la situation : comprendre, agir, rendre compte. Les lire ensemble évite de répondre deux fois à la même chose, ou d'utiliser pour la première question un élément qui servira à la troisième.

2. Identifier son rôle. Le sujet place presque toujours le candidat dans une fonction : agent d'accueil, agent d'un service, gardien de la paix en patrouille. Répondre dans ce rôle, c'est proposer ce que cet agent peut faire, à son niveau, en rendant compte à sa hiérarchie quand la décision ne lui appartient pas.

3. Exploiter le dossier question par question. Chaque document du dossier est là pour une raison. Une méthode simple consiste à noter, en marge du brouillon, le numéro des questions auxquelles chaque document répond. Un document que l'on n'a rattaché à aucune question mérite une deuxième lecture.

4. Répondre question par question. On reprend le numéro de chaque question, on répond dans l'ordre et on garde une réponse par question. Une réponse solide contient trois éléments : ce que l'on constate dans la situation, ce que l'on propose ou conclut, et la justification tirée du dossier.

5. Relire. Vérifier qu'aucune question n'a été oubliée, que la forme demandée est respectée et qu'aucun signe distinctif n'apparaît (voir la zone 6).

Répartir son temps (proposition indicative)

ÉtapeÉpreuve de 2 hÉpreuve de 3 h
Lecture des questions et du dossier25 min40 min
Brouillon : réponses en mots-clés20 min30 min
Rédaction au propre65 min95 min
Relecture10 min15 min

Ces durées ne figurent dans aucun texte : ce sont des repères à ajuster à l'entraînement, selon le nombre de questions et la longueur du dossier. Le chapitre 1.3 détaille la gestion du temps.

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4

Justifier, couvrir toute la question, rester dans le rôle

Une réponse de cas pratique se juge sur sa pertinence, mais aussi sur sa complétude. Une question qui appelle plusieurs éléments (« quelles mesures proposez-vous ? ») attend plusieurs mesures, hiérarchisées. Le même rapport de la préfecture de région Hauts-de-France (2021) relève, pour l'épreuve rédigée du concours interne, que « les notes les plus basses correspondent souvent aux candidats qui ont centré leur rédaction sur un seul élément de réponse ».

Justifier, c'est rattacher chaque proposition à un élément du dossier ou de la situation : une consigne du service, un horaire, un chiffre, un texte cité dans les documents. Les jurys de concours voisins relèvent le défaut inverse. À propos de l'épreuve de rapport du concours de gardien-brigadier de police municipale, le rapport du jury du centre de gestion de la Seine-Maritime (session 2022) regrette que les candidats « n'aient pas suffisamment analysé les documents ». L'épreuve est différente, mais l'exigence est la même : le dossier fournit la matière de la réponse.

« Vous devez seulement utiliser les éléments qui vous sont fournis dans le sujet. »

— Consigne reproduite dans le rapport du jury du concours de rédacteur territorial, CDG du Finistère, session 2023

Rester dans le rôle, enfin, c'est ne pas proposer ce qu'un agent de ce niveau ne peut pas décider seul. Un agent d'accueil peut informer, orienter, noter une réclamation et alerter son responsable ; il ne modifie pas une règle du service. Écrire « j'en informe ma responsable, qui décide » est une bonne réponse quand la décision ne lui appartient pas.

Pour le cas pratique du concours de gardien de la paix, qui demande en plus une rédaction factuelle propre au métier de policier, le chapitre cas pratiques de la formation gardien de la paix détaille l'épreuve et propose un exemple fictif adapté.

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Exemple entièrement fictif : l'accueil d'un service scolaire

Situation inventée pour la formation. Elle ne reproduit aucun sujet de concours et n'a pas de corrigé officiel.

Situation. Vous êtes agent d'accueil au service des affaires scolaires d'une commune. Les inscriptions à la restauration scolaire pour l'année suivante ouvrent lundi. Le dossier contient : la note interne fixant les horaires d'accueil (9 h – 12 h, 14 h – 17 h), la liste des pièces à fournir, un courriel de votre responsable indiquant qu'un formulaire en ligne sera disponible à partir du mercredi, et le relevé de fréquentation de l'an dernier, qui montre une file d'attente de plus d'une heure le premier jour.

Question 1. Quelles difficultés prévoyez-vous pour le premier jour des inscriptions ?

Proposition de réponse. Le relevé de l'an dernier montre une attente de plus d'une heure le premier jour. Le formulaire en ligne n'étant disponible qu'à partir du mercredi, les familles viendront toutes au guichet lundi et mardi. Deux difficultés sont donc à prévoir : une affluence concentrée sur deux jours et des dossiers incomplets, qui obligent les familles à revenir.

Commentaire : la réponse s'appuie sur deux documents du dossier (relevé et courriel) et nomme deux difficultés distinctes.

Question 2. Quelles mesures proposez-vous à votre responsable ?

Proposition de réponse. Trois mesures, par ordre de priorité : informer les familles dès maintenant de la liste des pièces à fournir (affichage, site de la commune), pour limiter les dossiers incomplets ; annoncer l'ouverture du formulaire en ligne le mercredi, pour étaler les demandes ; prévoir, si l'organisation du service le permet, un second agent au guichet lundi matin. La troisième mesure relève de la décision de la responsable.

Commentaire : plusieurs mesures, hiérarchisées ; celle qui dépasse le rôle de l'agent est présentée comme une proposition soumise à la hiérarchie.

Question 3. Rédigez le courriel que vous adressez à votre responsable pour lui présenter ces propositions.

Proposition de réponse. Objet : Inscriptions à la restauration scolaire – propositions pour l'accueil du premier jour.
Madame, l'an dernier, le premier jour des inscriptions a entraîné une attente de plus d'une heure. Le formulaire en ligne n'ouvrant que mercredi, une affluence comparable est à prévoir lundi et mardi. Je vous propose de diffuser dès cette semaine la liste des pièces à fournir, d'annoncer l'ouverture du formulaire en ligne et, si vous le jugez possible, de renforcer le guichet lundi matin. Je reste à votre disposition pour préparer l'affichage.
Cordialement.

Commentaire : la forme demandée (un courriel) est respectée, avec un objet ; le message reprend le constat, les propositions et laisse la décision à la responsable. Il ne contient ni nom, ni date, ni lieu qui ne figureraient pas dans le sujet.

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Anonymat : l'erreur qui vaut zéro

Dans un cas pratique, la tentation est grande de « faire vrai » : signer le courriel, inventer un nom de collègue, dater le message, nommer sa commune. Or les copies des concours sont anonymes, et les rapports de jury montrent que ces détails coûtent la note entière.

  • Le rapport du jury du concours de rédacteur territorial du CDG du Finistère (session 2023) indique que le jury a attribué la note de 0 sur 20 à 13 copies pour des signes distinctifs, dont la « mention d'une date différente de celle du jour du concours », la « mention du lieu de la salle d'examen », la mention du prénom « Marianne » et l'« apposition d'une signature ».
  • Le rapport du jury du concours de gardien-brigadier de police municipale du CDG de la Seine-Maritime (session 2022) mentionne l'annulation de copies pour la « mention de 2 noms de rue ne se trouvant pas dans le sujet » et pour la « présence d'une signature ».
  • Le rapport du jury du concours de rédacteur territorial du CDG de la Marne (session 2023) cite, parmi les motifs d'écartement de copies, l'« utilisation de plus d'une couleur pour composer », les « lignes tracées » et le « brouillon rendu avec la copie ».

La règle pratique qui en découle : dans un courriel, une lettre ou une signature demandés par le sujet, on n'utilise que les noms, fonctions et dates fournis par le sujet ; à défaut, on écrit la fonction (« la responsable du service ») et l'on ne signe pas. Les consignes exactes figurent sur la première page de chaque sujet : les lire avant de commencer.

Avant de rendre un cas pratique

Chaque question a une réponse, dans l'ordre et avec son numéro
Chaque réponse contient un constat, une proposition et une justification
Les questions à plusieurs éléments ont plusieurs éléments de réponse
La forme demandée (courriel, tableau, message) est respectée
Ce qui dépasse mon rôle est présenté comme une proposition à la hiérarchie
Aucun nom, date, lieu ou signature absent du sujet ; une seule couleur d'encre

Sources

  • Arrêté du 8 mars 2022 fixant les règles d'organisation générale et la nature des épreuves des concours de gardien de la paix de la police nationale, modifié en 2024 — Légifrance
  • Arrêté du 12 avril 2016 relatif à l'organisation, à la nature et au programme des épreuves des concours pour le recrutement de personnels de catégorie C des ministères économiques et financiers, modifié — Légifrance
  • Rapport de jury du concours d'adjoint administratif principal de 2e classe, préfecture de la région Hauts-de-France, session 2021 — nord.gouv.fr
  • Rapport du jury du concours de gardien-brigadier de police municipale, CDG de la Seine-Maritime, session 2022 — cdg76.fr
  • Rapports du jury du concours de rédacteur territorial, CDG du Finistère et CDG de la Marne, session 2023 — cdg29.bzh, 51.cdgplus.fr

À retenir

  • Le cas pratique se lit dans le texte du concours : 2 h, coefficient 4 au gardien de la paix ; 3 h, coefficient 2 au concours commun C des ministères économiques et financiers.
  • On lit toutes les questions avant le dossier, puis on rattache chaque document à une question.
  • Une réponse solide = constat, proposition, justification tirée du dossier.
  • Une question qui appelle plusieurs éléments attend plusieurs éléments, hiérarchisés.
  • On reste dans son rôle : ce qui dépasse l'agent est proposé à la hiérarchie.
  • Aucun nom, date, lieu ni signature absent du sujet : les jurys attribuent 0 sur 20 aux copies qui rompent l'anonymat.

Sommaire de la formation