Méthode des épreuves rédigées
Les bases communes aux épreuves rédigées

Module 1 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 1 : Bases communes 17 min de lecture

1.3 Bâtir un plan et gérer son temps le jour de l'épreuve

Une fois le dossier trié, il reste à construire la copie et à la terminer dans le temps imparti. Les rapports de jury relèvent sans cesse les mêmes défauts : copies sans plan, parties déséquilibrées, copies inachevées ou non relues. Ce chapitre propose des plans adaptés à chaque épreuve, une façon d'utiliser le brouillon et une répartition du temps à adapter à votre concours.

À chaque épreuve sa logique de plan

Note

Plan : Deux parties, deux sous-parties, titres apparents

Le destinataire doit trouver l'information d'un coup d'œil.

Rapport

Plan : Ordre chronologique des faits, puis mesures prises

L'autorité doit pouvoir reconstituer l'événement.

Cas pratique

Plan : Une réponse par question, dans l'ordre du sujet

Le correcteur suit sa grille question par question.

Question rédigée

Plan : Courte introduction, développement, conclusion

Une réponse construite, pas une liste de mots-clés.

1

Pourquoi le plan pèse autant dans la note

Un correcteur lit plusieurs dizaines de copies sur le même sujet. Il cherche des éléments précis, souvent listés dans une grille de correction. Une copie structurée lui permet de les trouver ; une copie sans plan l'oblige à les chercher, et il en manquera toujours quelques-uns. Le plan n'est donc pas une coquetterie scolaire : c'est ce qui rend le fond visible.

Les rapports de jury le disent sans détour. Pour la note du concours de rédacteur territorial de la session 2023, le CDG 51 écrit :

« un manque de formalisme et de structure a été relevé sur plusieurs copies »

— rapport du jury, concours de rédacteur territorial, CDG 51, session 2023

Au concours interne d'adjoint administratif organisé en 2021 par la préfecture de région Hauts-de-France, le jury note que « plusieurs copies ne comprenaient pas de plan et les correcteurs ont constaté un manque de structure globale », et que « les notes les plus basses correspondent souvent aux candidats qui ont centré leur rédaction sur un seul élément de réponse ».

Pour le rapport de police municipale, la structure attendue est d'une autre nature : le CDG 76 (session 2022) observe que les candidats ayant obtenu au moins 10 sur 20 « ont relativement bien respecté le formalisme du rapport et la chronologie des faits ». Le plan d'un rapport suit les faits ; celui d'une note organise des idées.

2

Les plans qui fonctionnent, épreuve par épreuve

Il n'existe pas de plan universel, mais quelques structures éprouvées couvrent la plupart des sujets. Elles sont présentées ici comme des outils de méthode ; la note de cadrage de votre concours peut en préciser d'autres.

Pour une note, le plan en deux parties et deux sous-parties est le plus répandu. Les couples de parties les plus utiles sont :

  • constat, puis propositions (ou pistes d'action) ;
  • cadre et enjeux, puis moyens et modalités de mise en œuvre ;
  • intérêts du projet, puis conditions et limites ;
  • situation actuelle, puis évolutions envisageables.

Pour un rapport, la chronologie domine : circonstances de la saisine, constatations sur place, déroulement de l'intervention, mesures prises et suites. Le chapitre rapporter des faits détaille cette structure.

Pour un cas pratique, le plan est celui du sujet : une réponse par question, numérotée comme dans le sujet, dans l'ordre. On ne regroupe pas deux questions en une seule réponse, même si elles se recoupent.

Pour une série de questions, chaque réponse a sa petite structure. Le CDG 29 le rappelle pour le concours de rédacteur de la session 2023 : « Les réponses doivent être développées et structurées (Intro, parties, conclusion). » Le chapitre questions à réponses rédigées en donne des exemples.

3

Un plan apparent, annoncé et équilibré

Dans une note administrative, le plan est apparent : les parties et sous-parties portent des titres, numérotés (I, II, puis A, B). Il est aussi annoncé à la fin de l'introduction, en une phrase. Le jury du CDG 14 cite parmi ses conseils de « revoir la méthodologie de la note (introduction, annonce et justification du plan,…) » : annoncer le plan, c'est aussi dire en quelques mots pourquoi on l'a choisi.

Un bon titre de partie est informatif. « I. Le cadre juridique » décrit un thème ; « I. Une ouverture dominicale juridiquement possible, sous conditions » donne déjà une réponse au destinataire. Dans une note, la seconde formule est préférable : le lecteur pressé comprend l'essentiel en lisant les titres.

L'équilibre compte aussi. Une première partie de deux pages suivie d'une seconde de six lignes trahit un manque de temps ou de tri. Le CDG 29 conseille aux candidats de s'entraîner « pour mieux gérer leur temps (achever leurs copies, équilibrer les parties…) ».

Exemple fictif (note de Valbrune, chapitre précédent) : I. L'ouverture dominicale de la médiathèque répond à une demande et reste juridiquement possible — A. un cadre qui laisse la décision à la commune ; B. une fréquentation qui plaide pour un élargissement des horaires. II. Elle suppose d'en organiser les conditions — A. l'organisation du travail des agents, à concerter ; B. un coût à évaluer et à financer.
— Publicité —
4

Le brouillon : ce qu'on y écrit, ce qu'on n'y écrit pas

Le brouillon est l'outil du plan, pas une première version de la copie. Rédiger toute la note au brouillon avant de la recopier est l'erreur de temps la plus fréquente : il ne reste plus assez de minutes pour la mise au propre, et la copie finale est bâclée ou inachevée.

Une méthode éprouvée consiste à n'écrire au brouillon que :

  • la commande reformulée en une ligne (destinataire, objet) ;
  • le sommaire du dossier et le tableau de tri (chapitre lire un dossier) ;
  • le plan détaillé : titres des parties et sous-parties, et sous chacun les idées en mots-clés avec la référence du document ;
  • l'introduction et la conclusion rédigées en entier, car ce sont les passages que le correcteur lit avec le plus d'attention.

Le développement, lui, se rédige directement sur la copie, à partir du plan détaillé. Cette discipline demande de l'entraînement : les premières fois, on a l'impression de manquer de sécurité. C'est pourtant ce qui permet de finir dans le temps.

5

Gérer son temps : une proposition par durée d'épreuve

Les rapports de jury relèvent régulièrement des copies inachevées ou non relues. Le CDG 14 conseille de « s’entraîner pour maîtriser le temps de composition » ; le CDG 29 appelle, pour la note des concours interne et troisième concours de rédacteur, à « une meilleure gestion du temps pour pouvoir se relire ».

Il n'existe aucune répartition officielle. Les proportions ci-dessous sont une proposition de méthode, à adapter à la taille du dossier et à sa propre vitesse d'écriture, mesurée à l'entraînement :

ÉtapeÉpreuve de 1 h 30Épreuve de 2 hÉpreuve de 3 h
Commande et sommaire du dossier5 min5 min10 min
Lecture active et tri20 min30 min45 min
Plan détaillé, introduction et conclusion au brouillon15 min20 min30 min
Rédaction sur la copie40 min55 min80 min
Relecture10 min10 min15 min

L'important n'est pas le chiffre exact, mais le principe : environ la moitié du temps pour comprendre et construire, l'autre moitié pour rédiger et relire. Un repère utile consiste à noter, au début de l'épreuve, l'heure à laquelle on doit avoir commencé la rédaction, et à s'y tenir même si le tri n'est pas parfait.

— Publicité —
6

Finir la copie et la relire

Une copie inachevée est une copie à laquelle il manque des points que le candidat aurait pu obtenir, et parfois une copie qui tombe sous la note éliminatoire. Si le temps manque, mieux vaut resserrer la dernière sous-partie en quelques phrases et écrire une conclusion courte que laisser la copie sans fin.

La relecture est la dernière étape, et elle n'est pas facultative. Le CDG 29, pour la note externe de la session 2023, demande qu'« une attention particulière » soit apportée « à la relecture pour éviter les trop nombreuses fautes d’orthographe relevées ». Une méthode efficace consiste à relire en deux passages rapides : le premier pour le sens (une phrase par idée, des titres cohérents avec l'annonce du plan), le second pour l'orthographe, en cherchant ses propres fautes habituelles (accords, terminaisons verbales, homophones).

Deux vérifications de forme complètent la relecture : l'absence de tout signe distinctif (nom, signature, lieu inventé, voir le chapitre panorama des épreuves) et le respect de la forme demandée par la commande (note, courriel, rapport).

La suite du parcours applique ces bases à chaque exercice : la note sur dossier, le rapport et le cas pratique. Pour les épreuves d'un concours précis, voir aussi les chapitres cas pratiques du gardien de la paix et composition de culture générale du sous-officier de gendarmerie.

Épreuve de 3 heures : une répartition possible

Commande et sommaire10 min
Lecture active et tri45 min
Plan, introduction, conclusion30 min
Rédaction80 min
Relecture15 min

Proposition de méthode, sans valeur réglementaire : à ajuster selon le dossier et sa vitesse d'écriture.

Sources

  • Rapports du jury, concours de rédacteur territorial, session 2023 : CDG 29 (cdg29.bzh), CDG 14 (cdg14.fr), CDG 51 (51.cdgplus.fr)
  • Rapport du jury, concours de gardien-brigadier de police municipale, CDG 76, session 2022 (cdg76.fr)
  • Rapport du jury, concours d'adjoint administratif principal de 2e classe, préfecture de région Hauts-de-France, session 2021 (nord.gouv.fr)
  • Plans types, répartition du temps et exemple de Valbrune : propositions de méthode rédigées pour la formation

À retenir

  • Le plan rend le fond visible : les jurys sanctionnent le manque de structure et de formalisme.
  • Note : deux parties, deux sous-parties, titres informatifs ; rapport : chronologie ; cas pratique : l'ordre des questions.
  • Le plan est apparent, annoncé et justifié en fin d'introduction, et ses parties sont équilibrées.
  • Au brouillon : commande, tri, plan détaillé, introduction et conclusion ; le développement s'écrit sur la copie.
  • Environ la moitié du temps pour comprendre et construire, l'autre pour rédiger et relire.
  • Une copie se termine toujours, puis se relit pour le sens et pour l'orthographe.

Sommaire de la formation