Concours de gardien-brigadier de police municipale
L'entretien avec le jury

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : L'entretien avec le jury 18 min de lecture

3.1 L'entretien de 20 minutes : personnalité, motivation, institutions

Au concours externe de gardien-brigadier, l'entretien est la seule épreuve orale notée, et elle pèse autant que le rapport. Le décret du 25 octobre 1994 dit précisément ce que le jury doit y apprécier. Ce chapitre part de ce texte, présente un jury qui comprend un magistrat et un psychologue, distingue l'oral de l'externe de celui des concours internes et rassemble ce que les jurys de la session 2022 ont écrit dans leurs rapports.

Ce que l'article 4 demande au jury d'apprécier

La personnalité

du candidat, éclairée par les tests psychotechniques

La motivation

pour occuper un emploi d'agent de police municipale

Les institutions

les connaissances sur le fonctionnement général des institutions publiques

Concours externe · 20 minutes · coefficient 3 · jury comprenant un magistrat et un psychologue

1

Ce que dit le texte, mot pour mot

L'article 4 du décret n° 94-932 du 25 octobre 1994, qui fixe les épreuves du concours de recrutement des agents de police municipale, prévoit deux épreuves d'admission pour le concours externe : un entretien avec le jury et des épreuves physiques. L'entretien est défini ainsi :

« Un entretien avec le jury permettant à ce dernier d'apprécier la personnalité du candidat et sa motivation pour occuper un emploi d'agent de police municipale, ainsi que ses connaissances sur le fonctionnement général des institutions publiques (durée : vingt minutes ; coefficient 3). »

— Décret n° 94-932 du 25 octobre 1994, article 4, 1°

Trois objets sont donc évalués, et le texte les place sur le même plan. La personnalité renvoie à la manière d'être du candidat face au jury : calme, écoute, capacité à argumenter sans se braquer. La motivation porte sur un emploi précis, celui d'agent de police municipale, et non sur « la sécurité » en général ou sur les métiers de la police nationale. Les connaissances sur le fonctionnement général des institutions publiques forment la partie la plus scolaire de l'épreuve.

La brochure du centre de gestion du Bas-Rhin pour la session 2025 précise cette dernière attente : l'entretien « a pour objet de vérifier la maîtrise par le candidat des notions sommaires sur l'organisation de l'État et des collectivités locales (désignation et compétences des organes délibérants et exécutifs, organisation générale des services) et la motivation du candidat ». Le mot « sommaires » compte : le jury n'attend pas un exposé de droit public, mais des repères justes et utilisables.

Le décret ne prévoit pas d'exposé liminaire au concours externe : c'est le jury qui mène l'échange. Beaucoup de jurys ouvrent toutefois l'entretien en invitant le candidat à se présenter. Il est donc prudent d'avoir préparé une présentation courte, tout en sachant qu'elle peut ne pas être demandée.

2

Un jury qui comprend un magistrat et un psychologue

L'article 6 du décret n° 94-932 fixe la composition minimale du jury, nommé par arrêté du maire de la commune ou du président du centre de gestion qui organise le concours. Elle est plus spécifique que celle de la plupart des concours territoriaux :

CollègeMembres prévus par l'article 6
a) FonctionnairesUn fonctionnaire de catégorie A ou B et un fonctionnaire désigné selon les règles générales des jurys territoriaux
b) Justice et psychologieUn magistrat de l'ordre judiciaire appartenant au siège ou au parquet, et un psychologue agréé auprès des tribunaux
c) ÉlusDeux élus locaux

La présence d'un magistrat rappelle que l'agent de police municipale est agent de police judiciaire adjoint (article 21 du code de procédure pénale) et qu'il rend compte au procureur de la République par l'intermédiaire des officiers de police judiciaire. Celle d'un psychologue est liée aux tests psychotechniques, présentés au chapitre 2.3. Celle des élus rappelle que l'employeur est une commune ou un établissement public de coopération intercommunale, et que le maire est l'autorité hiérarchique de l'agent dans ses missions de police administrative (article R515-5 du code de la sécurité intérieure).

Face à ce jury, une même question peut donc être entendue de trois façons (conseil de méthode) : l'élu écoute ce que le candidat apportera à la commune et à ses habitants ; le magistrat vérifie qu'il connaît les limites de ses pouvoirs ; le fonctionnaire regarde s'il comprend le fonctionnement d'une administration. Une bonne réponse satisfait les trois.

3

Les tests psychotechniques, remis au jury avant l'entretien

Les candidats admissibles passent, avant les épreuves d'admission, des tests psychotechniques. L'article 3 du décret n° 94-932 les décrit précisément : ils se déroulent « dans des conditions garantissant leur anonymat », sont « non éliminatoires, élaborés et interprétés par des psychologues possédant les qualifications requises » et sont « destinés à permettre une évaluation de leur profil psychologique ».

« Les membres du jury disposent lors de la première épreuve d'admission, pour aide à la décision, des résultats des tests passés par chaque candidat admissible. »

— Décret n° 94-932, article 3

La première épreuve d'admission étant l'entretien, les résultats des tests sont sur la table du jury quand le candidat entre dans la salle. Le rapport du jury du centre de gestion de la Seine-Maritime pour la session 2022 décrit concrètement l'usage qui en est fait : avant chaque audition, « le Psychologue agréé, membre du jury, a retranscrit les résultats des tests aux membres du jury, permettant à celui-ci de poser des questions ciblées lors de l'entretien ».

Les tests ne sont pas notés et ne suffisent pas à éliminer un candidat. Mais ils peuvent orienter une partie des questions : réaction au stress, rapport à l'autorité, gestion d'un conflit. La meilleure préparation consiste à répondre sincèrement aux tests, puis à aborder l'entretien sans chercher à « jouer un rôle » : un décalage entre un personnage de composition et un profil mesuré est plus visible qu'une faiblesse assumée.

— Publicité —
4

Le poids de l'entretien et la note éliminatoire

Au concours externe, les coefficients sont les suivants : rapport 3, questions de compréhension 2, entretien 3, épreuves physiques 1, soit un total de 9. L'entretien représente donc un tiers de la note finale, autant que le rapport, et davantage que les deux autres épreuves.

Épreuve (concours externe)DuréeCoefficientPart du total
Rapport (admissibilité)1 h 3033/9
Questions de compréhension (admissibilité)1 h22/9
Entretien avec le jury (admission)20 min33/9
Épreuves physiques (admission)—11/9

Le décret n° 94-932 (article 7) prévoit qu'une note inférieure à 5 sur 20 à l'une des épreuves d'admissibilité est éliminatoire. La brochure du centre de gestion du Bas-Rhin pour la session 2025, qui reprend les règles générales des concours territoriaux, étend cette règle aux épreuves d'admission : « Toute note inférieure à 5 sur 20 à l'une des épreuves obligatoires d'admissibilité ou d'admission entraîne l'élimination du candidat », et un candidat ne peut être admis si sa moyenne est inférieure à 10 sur 20 après coefficients.

Ce n'est pas une hypothèse d'école. Le rapport du jury du centre de gestion de la Haute-Garonne pour la session 2022 indique que « près de 16 % des candidats » du concours externe ont obtenu une note éliminatoire à l'entretien, et 14 % des candidats des concours internes. Réussir brillamment les écrits ne protège donc pas d'un entretien mal préparé.

5

L'entretien des concours internes : un dossier et un exposé

Les deux concours internes, ouverts aux agents de surveillance de la voie publique (premier concours) et aux policiers adjoints et volontaires militaires de la gendarmerie (deuxième concours), ont un entretien différent. Les articles 4-5 et 4-9 du décret n° 94-932 le définissent ainsi :

« Un entretien avec le jury, à partir du dossier mentionné à l'article 4-1, permettant d'apprécier le parcours du candidat, sa motivation et sa capacité à exercer des fonctions d'agent de police municipale, ainsi que ses connaissances relatives à la déontologie de la fonction et à la répartition des rôles en matière de sécurité publique. Seul l'entretien donne lieu à notation. Le dossier n'est pas noté (durée : vingt minutes dont un exposé liminaire d'au plus cinq minutes ; coefficient 2). »

— Décret n° 94-932, articles 4-5 et 4-9
Concours externeConcours internes
Durée20 minutes20 minutes, dont 5 minutes au plus d'exposé
Coefficient32
SupportAucunDossier retraçant l'expérience, joint à l'inscription, non noté
Ce qui est appréciéPersonnalité, motivation, institutions publiquesParcours, motivation, capacité, déontologie, répartition des rôles en sécurité publique

Pour un candidat interne, la déontologie et la répartition des rôles entre police municipale, police nationale, gendarmerie, maire, préfet et procureur ne sont pas un « plus » : elles sont écrites dans le texte de l'épreuve. Le chapitre 3.2 et le chapitre 3.3 les traitent en détail. Le rapport du jury de la Haute-Garonne (session 2022) se montre sévère avec les internes : il regrette « leur méconnaissance du métier de gardien de police municipale et de l'environnement territorial dans lequel ils seraient amenés à évoluer, leur posture inadaptée et le sérieux manque de préparation et de motivation de certains candidats ».

— Publicité —
6

Ce que les jurys de 2022 ont écrit, et comment s'y préparer

Quatre rapports de jury de la session 2022 ont été lus pour ce chapitre (centres de gestion des Alpes-Maritimes, de la Haute-Garonne, d'Ille-et-Vilaine et de la Seine-Maritime). Leurs remarques sur l'entretien convergent :

  • Alpes-Maritimes (concours externe) : « Les présentations sont plutôt préparées, certaines gagneraient à être mieux structurées et à davantage mettre en valeur les motivations à intégrer la police municipale. Par contre, les connaissances attendues en matière de fonctionnement général des institutions publiques ne sont pas acquises par tous les candidats. » Le même jury conseille de « se servir de la note de cadrage dans la préparation de son entretien ».
  • Seine-Maritime : « Les notes les plus basses s'expliquent par une absence de connaissance des missions d'un Gardien-Brigadier de Police Municipale, des réactions inappropriées face aux mises en situation et des lacunes pour ce qui concerne les institutions publiques et l'environnement territorial. » Le jury y regrette aussi, chez certains candidats, « un manque évident de préparation ».
  • Ille-et-Vilaine : « Concernant l'épreuve orale d'entretien, les connaissances institutionnelles sont à approfondir. »
  • Haute-Garonne : les meilleurs candidats externes « ont présenté de solides connaissances sur le fonctionnement général des institutions publiques, de bonnes capacités à occuper un emploi d'agent de police municipale et un savoir-être en cohérence avec les missions régaliennes dévolues au cadre d'emploi ».

Trois priorités en découlent. D'abord, lire la note de cadrage publiée par le centre de gestion organisateur, que deux de ces jurys recommandent expressément. Ensuite, connaître les institutions, le sujet sur lequel les quatre rapports relèvent des lacunes : le chapitre 3.2, la formation culture administrative pour les concours et le QCM collectivités territoriales y servent directement. Enfin, s'entraîner aux mises en situation, que le rapport de la Seine-Maritime cite parmi les causes des notes les plus basses (chapitre 3.3).

Pour la présentation, une trame possible (conseil de méthode) tient en deux minutes : qui vous êtes et votre parcours ; une ou deux expériences qui vous ont préparé au contact du public, au travail en équipe ou au respect d'une règle ; pourquoi la police municipale, et pas un autre métier de la sécurité ; ce que vous savez du quotidien d'un service municipal. Chaque affirmation gagne à être appuyée par un fait vécu. Pour réviser les missions et leurs limites avant l'oral, le quiz de révision du concours de police municipale propose vingt situations corrigées.

Du résultat d'admissibilité à l'entretien

1

Admissibilité prononcée par le jury

2

Tests psychotechniques anonymes, non éliminatoires

3

Résultats remis au jury, pour aide à la décision

4

Entretien de 20 minutes, coefficient 3

5

Épreuves physiques, coefficient 1

Sources

  • Décret n° 94-932 du 25 octobre 1994 relatif aux conditions d'accès et aux modalités d'organisation des concours pour le recrutement des agents de police municipale, art. 3, 4, 4-5, 4-9, 6 et 7 — Légifrance
  • Code de la sécurité intérieure, art. R515-5 ; code de procédure pénale, art. 21 — Légifrance
  • Centre de gestion du Bas-Rhin, brochure du concours de gardien-brigadier, session 2025 — agirhe-concours.fr
  • Rapports des jurys du concours de gardien-brigadier, session 2022, des centres de gestion des Alpes-Maritimes, de la Haute-Garonne, d'Ille-et-Vilaine et de la Seine-Maritime (sites des centres de gestion)

À retenir

  • Concours externe : entretien de 20 minutes, coefficient 3, soit un tiers de la note finale.
  • Le jury apprécie la personnalité, la motivation pour l'emploi d'agent de police municipale et les connaissances sur les institutions publiques (article 4).
  • Le jury comprend un magistrat et un psychologue ; les résultats des tests psychotechniques lui sont remis pour aide à la décision.
  • Concours internes : 20 minutes dont 5 minutes d'exposé, coefficient 2, à partir d'un dossier non noté ; déontologie et répartition des rôles au programme.
  • Une note inférieure à 5 sur 20 élimine : en 2022, près de 16 % des candidats externes de la Haute-Garonne l'ont eue à l'entretien.
  • Les jurys de 2022 relèvent surtout des lacunes institutionnelles : lire la note de cadrage du centre de gestion et réviser les institutions.

Sommaire de la formation