Module 1 / 4 · Sommaire complet de la formation
1.3 L'examen complémentaire A2 et le passage vers la catégorie Spécifique
Voler à 30 m des personnes, voire à 5 m en mode basse vitesse, demande plus que l'attestation de formation en ligne : le règlement impose une autoformation pratique et un examen théorique complémentaire, qui délivrent le brevet d'aptitude de pilote à distance (BAPD). Ce chapitre décrit ce parcours, le format de l'examen et la validité du brevet, puis il situe la catégorie Spécifique pour les opérations qui sortent du cadre de l'Ouverte. Il remet aussi à jour deux repères que des sources anciennes présentent encore comme valides : le CATT et les scénarios S1 à S3.
Les trois étapes du brevet A2, dans l'ordre
Formation et examen en ligne A1/A3
75 % de bonnes réponses, attestation valable cinq ans
Autoformation pratique
Dans les conditions de la sous-catégorie A3, puis déclaration
Examen complémentaire OPEN A2
30 QCM, 1 heure, 75 % : le brevet BAPD est délivré
Règlement 2019/947, annexe, point UAS.OPEN.030(2).
Les conditions du brevet d'aptitude de pilote à distance
Le point UAS.OPEN.030(2) du règlement 2019/947 subordonne le brevet d'aptitude de pilote à distance à trois conditions, « dans l'ordre indiqué » : avoir suivi la formation en ligne et réussi l'examen théorique en ligne de l'A1/A3 ; avoir suivi une autoformation pratique dans les conditions de la sous-catégorie A3 ; puis déclarer avoir suivi cette autoformation et réussir un examen théorique complémentaire. Le brevet est délivré par l'autorité compétente ou par une entité qu'elle désigne : en France, la DGAC.
En plus de ce parcours, le télépilote doit connaître les instructions du fabricant de son drone, qui est de classe C2 en A2 (point 3). Le guide du candidat précise que l'examen est réservé aux télépilotes « déjà titulaires de l'attestation de réussite à la formation en ligne OPEN A1/A3 », et qu'il faut être âgé de 14 ans au moins en France.
Le format de l'examen complémentaire OPEN A2
Le règlement exige « au moins trente » questions à choix multiples et une note globale d'au moins 75 %, réparties entre trois matières : la météorologie, les performances de vol des UAS et les mesures d'atténuation technique et opérationnelle des risques au sol. Le guide du candidat de la DSAC (édition 1, version 1.3 du 10 février 2026) précise le format retenu en France :
- 30 questions à choix multiples, d'une durée maximale d'une heure ;
- au moins 75 % de bonnes réponses, soit 23 bonnes réponses et 7 erreurs au plus (« strictement moins de 8 fautes ») ;
- tous les documents sont interdits, de même que la prise de notes, et « les questions ne nécessitent pas de faire des calculs ou des schémas » ;
- on peut revenir en arrière ou sauter une question à tout moment ;
- l'examen est payant (30 €), payé en ligne à l'inscription ; les demandeurs d'emploi peuvent être exonérés, pour une seule tentative, sur justificatif ;
- le BAPD est un titre européen reconnu dans les États qui appliquent la réglementation européenne.
Les trois matières de l'examen font l'objet du module 3 : météorologie, performances et risques au sol. Pour tester le niveau, le QCM télépilote de drone A2 propose 30 questions du même type.
L'autoformation pratique : ce que demandent les moyens acceptables de conformité
Le règlement ne détaille pas l'autoformation pratique. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) le fait dans ses moyens acceptables de conformité (AMC1 et AMC2 UAS.OPEN.030(2)(b)) : elle vise à ce que le télépilote puisse « démontrer à tout moment sa capacité » à opérer un drone de classe C2 dans ses limites, à réaliser toutes les manœuvres avec souplesse et précision, à faire preuve de bon jugement, à appliquer ses connaissances théoriques et à garder le contrôle de l'aéronef.
L'AESA recommande de s'entraîner avec un drone de même type de vol et de masse comparable à celui qui sera utilisé, c'est-à-dire de moins de 4 kg et de classe C2 une fois la période de transition terminée. L'entraînement devrait comporter au moins le décollage et l'atterrissage, des manœuvres de précision dans un volume d'espace donné, le vol stationnaire dans toutes les orientations et la mise en œuvre des procédures anormales prévues par le manuel du fabricant, comme le retour automatique au point de départ.
En France, l'autoformation n'est pas formalisée : la page de la DGAC explique qu'elle peut se faire seul, en conditions A3, c'est-à-dire loin des personnes et à au moins 150 m de zones résidentielles, récréatives, industrielles ou commerciales, ou dans un centre de formation, sans obligation. La DGAC précise que « les centres de formation ne disposent pas d'agrément de la DGAC ou de la DSAC » pour préparer cet examen.
S'inscrire et passer l'examen : en ligne ou en centre
L'inscription se fait sur AlphaTango, dans l'onglet « Mes titres de télépilote » : vérification de l'identité (par FranceConnect ou par déclaration sur l'honneur), choix de la langue de l'examen et du mode de passage, paiement par PayFiP, puis validation. Une fois inscrit, il faut passer l'examen avant la première de deux échéances : deux mois après l'inscription, ou la fin de validité de l'attestation A1/A3. L'inscription peut être prolongée tant que l'attestation reste valable.
En ligne
Surveillance à distance en temps réel et en différé : vérification de l'identité, du bureau et de la pièce à 360°. Le non-respect des consignes entraîne l'échec, quel que soit le résultat. Résultats au plus tôt 72 heures ouvrées après l'épreuve.
En centre
Examen sur le même logiciel, surveillé par le personnel d'un centre du réseau partenaire ; créneau à réserver auprès du centre, sans paiement sur place. Résultats sur le compte AlphaTango dans les cinq minutes.
Le guide du candidat déconseille de s'inscrire à l'examen en ligne pour le passer en centre : les vérifications sont différentes et le candidat risque un refus. Le mode de passage peut se modifier tant que l'examen n'est pas commencé.
Le brevet BAPD : validité et renouvellement
Une fois l'examen réussi, le brevet est téléchargeable depuis l'onglet « Mes titres de télépilote ». Le point UAS.OPEN.070 du règlement fixe sa validité à cinq ans, comme celle de l'attestation de formation en ligne. Il permet de voler dans toutes les sous-catégories A1, A2 et A3, sous réserve des autres exigences applicables, notamment le type de drone et les restrictions d'espace aérien.
Le règlement prévoit que la prorogation se fait, au cours de la période de validité, soit par une démonstration de compétences, soit par une formation de remise à niveau donnée par l'autorité. Tant que ces conditions n'ont pas été définies au niveau européen, la DGAC indique que, pour renouveler un BAPD, il faut « suivre à nouveau la formation en ligne OPEN.A1/A3 » et « réussir à nouveau l'examen complémentaire OPEN A2 ».
Le guide du candidat ajoute un avertissement utile : le BAPD « ne permet pas de voler selon les scénarios standard nationaux et européens ». Le brevet ne remplace donc aucun titre de la catégorie Spécifique.
Le CATT et les scénarios S1 à S3 : ce qui a changé
Des pages anciennes évoquent encore le CATT (certificat d'aptitude théorique de télépilote) et les scénarios nationaux S1 à S3. Ce qu'en disent les textes à jour :
- l'article 23, §4, du règlement 2019/947 permettait aux États d'accepter jusqu'au 31 décembre 2023 des déclarations fondées sur des scénarios standard nationaux ; ces déclarations « cessent d'être valables à compter du 1er janvier 2026 » ;
- la page « Examens théoriques de télépilote de drone » du ministère (mise à jour le 28 juillet 2026) indique que la DSAC propose les examens OPEN A1/A3, OPEN A2 et CATS, et que l'examen CATT « reste uniquement organisé en Nouvelle-Calédonie (CATT/NC) » ;
- le guide du candidat OPEN A2 précise que les modalités de l'examen A2 diffèrent de celles pratiquées dans les salles d'examen de la DGAC pour le CATT.
Pour un télépilote qui prépare l'examen A2 en métropole, il n'y a donc plus de CATT à passer : le titre de référence pour la catégorie Ouverte est le BAPD, et pour la catégorie Spécifique le CATS.
Au-delà de la catégorie Ouverte : la catégorie Spécifique et le CATS
Une opération professionnelle sort de la catégorie Ouverte dès qu'elle ne respecte plus l'une de ses conditions : vol hors vue, poids ou hauteur supérieurs, survol de zones habitées dans les conditions de l'Ouverte non réunies. Elle relève alors de la catégorie Spécifique : soit une autorisation d'exploitation délivrée par l'autorité, après une évaluation des risques (art. 5 et 12), soit une déclaration d'exploitation pour un scénario standard (art. 5, §5, et appendice 1 de l'annexe).
L'appendice 1 définit deux scénarios standard européens. Le STS-01 concerne le vol en vue directe au-dessus d'une zone contrôlée au sol en environnement habité, avec un aéronef de classe C5. Le STS-02 concerne des vols hors vue avec observateurs ou trajectoire préprogrammée, avec un aéronef de classe C6. Dans les deux cas, le pilote doit détenir un certificat d'aptitude théorique pour les scénarios standard et une attestation de formation pratique.
En France, ce certificat est le CATS. D'après la page du ministère, il est organisé dans les centres d'examen de la DSAC, on s'y inscrit avec l'attestation A1/A3 ou le BAPD, et la redevance est de 30 euros, avec exonération pour les demandeurs d'emploi. Le programme officiel du CATS (version du 31 mai 2024) couvre notamment la réglementation de la catégorie Spécifique, l'évaluation des risques (SORA, PDRA), la déclaration opérationnelle et les scénarios STS-01 et STS-02.
Ce parcours dépasse le cadre de cette formation. Le métier de pilote de drone industriel est décrit dans l'article Pilote de drone industriel : salaire, formations DGAC et secteurs porteurs, et les certifications de la catégorie Spécifique dans l'article Drones industriels : les certifications DGAC pour devenir pilote pro. Ces deux articles gardent leur propre sujet : le métier et la rémunération pour le premier, les certifications professionnelles pour le second.
Mon opération reste-t-elle en catégorie Ouverte ?
Oui, si toutes les conditions sont réunies
Drone de moins de 25 kg avec classe ou régime transitoire, vue directe, 120 m au plus, pas de rassemblement de personnes, ni marchandises dangereuses ni largage. Titre : attestation A1/A3, ou BAPD en A2.
Non, dès qu'une condition manque
Catégorie Spécifique : autorisation d'exploitation, ou déclaration d'un scénario standard (STS-01 avec classe C5, STS-02 avec classe C6). Titre côté pilote : CATS en France.
Sources
- Règlement d'exécution (UE) 2019/947, version consolidée au 1er mai 2025 : articles 5, 12, 23 ; annexe, partie A, points UAS.OPEN.030 et UAS.OPEN.070 ; appendice 1 (STS-01 et STS-02) — EUR-Lex
- AESA, Easy Access Rules for UAS (révision de juin 2026) : AMC1 et AMC2 UAS.OPEN.030(2)(b) (autoformation pratique) — AESA
- DSAC, « Examen complémentaire OPEN A2 — Guide du candidat », édition 1, version 1.3 du 10 février 2026 — ecologie.gouv.fr
- Ministère de la Transition écologique, pages « Formation catégorie Ouverte UAS » (mise à jour le 6 mars 2026) et « Examens théoriques de télépilote de drone » (mise à jour le 28 juillet 2026) — ecologie.gouv.fr
- DSAC, programme de l'examen théorique CATS, version du 31 mai 2024 — ecologie.gouv.fr
À retenir
- Le brevet A2 (BAPD) exige, dans l'ordre : l'attestation A1/A3, une autoformation pratique en conditions A3, puis l'examen complémentaire (UAS.OPEN.030(2)).
- Examen OPEN A2 : 30 QCM, 1 heure, 75 % (23 bonnes réponses, 7 erreurs au plus), trois matières : météorologie, performances de vol, risques au sol ; 30 €, en ligne ou en centre.
- Le BAPD est valable cinq ans ; en France, le renouvellement suppose de repasser la formation A1/A3 et l'examen A2 tant que l'Union n'a pas défini la prorogation.
- Les déclarations de scénarios standard nationaux ont cessé d'être valables le 1er janvier 2026 (art. 23 §4) ; le CATT n'est plus organisé qu'en Nouvelle-Calédonie (page du ministère du 28 juillet 2026).
- Le BAPD ne permet pas de voler en scénario standard : il faut la catégorie Spécifique et, en France, le CATS.
- STS-01 s'utilise avec un aéronef de classe C5, STS-02 avec la classe C6 ; les deux supposent un certificat théorique et une attestation de formation pratique.