Chute de hauteur, énergies et foudre : les risques propres au grutier

Monter à la cabine, couper les énergies, arrêter la grue quand l'orage approche : trois risques qui valent 7 des 33 points du thème « Exploitation » au test théorique R487.

Ce que vérifie le test théorique R487

Cette fiche couvre 7 points sur 100, dans le thème « Exploitation des grues à tour » (33 points) :

  • Risque de chute de hauteur (2 pts)
  • Risques liés aux énergies mises en œuvre (3 pts)
  • Risques liés à la foudre (2 pts)

Source : R.487A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Ce que le test demande

Trois points d'évaluation du thème « Exploitation des grues à tour » sont traités ici : le risque de chute de hauteur (2 points), les risques liés aux énergies mises en œuvre (3 points) et les risques liés à la foudre (2 points) (R.487A, barème, p. 27). Le référentiel de connaissances les range dans les risques à connaître avec leur origine et leurs moyens de prévention : « risques liés à l'utilisation de l'énergie mise en œuvre (mécanique, électrique, hydraulique…) », « risque d'incendie », « risque de chute de hauteur du grutier » et, parmi les conditions climatiques, « vent, orage, neige, gel et restriction d'usage associée » (annexe 2, A2|1 F, p. 23).

Schéma vu de côté d'une grue à tour montrant les trois zones de chute de hauteur du grutier : l'ascension dans le mât avec des plateformes de repos, l'accès à la cabine, le cheminement sur la flèche et la contre-flèche 1 2 3 1 : ascension dans le mât (échelles, plateformes) 2 : accès à la cabine 3 : cheminement sur la flèche et la contre-flèche
Schéma de principe, sans échelle ni nombre de plateformes réel. Les trois situations de chute citées par l'INRS et la recommandation R.495 : la montée dans la mâture, l'accès à la cabine et le cheminement sur la flèche et la contre-flèche (INRS ED 6338, p. 6 ; R.495, p. 3).

Chute de hauteur du grutier

Le risque de chute de hauteur est présent lors de l'accès à la cabine ou lors du cheminement sur la flèche et la contre-flèche (INRS ED 6338, § 1.4, p. 6). La recommandation R.495 du comité technique national du bâtiment et des travaux publics y revient : l'accès à la cabine fait l'objet d'une attention particulière en raison du risque de chute de l'opérateur lors du cheminement dans la mâture (R.495, p. 3).

Ce que l'employeur et le constructeur prévoient

  • Des plateformes de repos au moins tous les 6 m, sauf pour la première volée où elle peut atteindre 10 m ; le passage par ces plateformes est obligatoire dans le cheminement. Pour les grues à montage automatisé, elles peuvent n'être placées que tous les 10 m. Les échelles inclinées sont privilégiées (R.495, p. 3).
  • Un accès motorisé est impératif lorsque la cabine nécessite plus de 50 m d'ascension depuis le 1er janvier 2017, et plus de 30 m depuis le 1er janvier 2019 (R.495, p. 4).
  • Des conditions d'accès prévues pour la maintenance : les notices précisent les accès aux différents points de maintenance, et un équipement adapté au risque de chute de hauteur est toujours mis en œuvre, même pour une faible hauteur de chute (ED 6338, § 12.2.2, p. 66).

Ce que fait le conducteur

  1. Monter et descendre en sécurité et connaître la règle des 3 appuis : c'est un savoir-faire du référentiel (R.487A, A2|2 B, p. 24). Le test théorique vérifie la connaissance du risque, pas un chiffre.
  2. Accéder à la cabine en sécurité : c'est le premier critère de la conduite en cabine, option de la catégorie 3 (R.487A, A2|2 F, p. 25).
  3. Utiliser les protections prévues pour les opérations peu fréquentes : l'INRS cite des équipements de protection individuelle contre les chutes de hauteur pour certaines opérations d'entretien, avec un casque protégeant contre la chute d'objets hors cabine (ED 6338, § 6.5, p. 32). Quand un système antichute est utilisé en maintenance, on n'intervient jamais seul et on vérifie que la météo le permet : ni vent violent, ni neige ou glace sur la structure (p. 66).
  4. Garder les mains libres pour monter : la recommandation R.495 demande que le grutier puisse communiquer sans lâcher les commandes (p. 4), ce qui évite aussi de grimper avec les mains occupées par des outils de communication.

La justification du port des EPI en fonction des risques de l'opération fait partie du référentiel (A2|1 G, p. 23) : un casque, un gilet ou un harnais se choisit pour un risque précis.

Les énergies : mécanique, électrique, hydraulique, incendie

Le référentiel cite trois formes d'énergie mises en œuvre par la grue (mécanique, électrique, hydraulique) et le risque d'incendie (R.487A, p. 23). Il ne les détaille pas ; l'INRS en décrit les conséquences au poste et à la maintenance.

Risques liés aux énergies : repères du référentiel et de l'INRS.
Énergie ou risqueCe que disent les textes lus
MécaniqueLes interventions près des parties en mouvement sont limitées au maximum ; pas de vêtement flottant, mode opératoire respecté, dispositifs à action maintenue, communication permanente entre grutier et opérateur de maintenance. Aucun opérateur sur ou sous une pièce soulevée sans qu'elle soit sécurisée (ED 6338, p. 66). Vêtements ajustés, bagues et montres déconseillées (p. 32).
ÉlectriqueRespecter la notice, notamment la qualité de la prise de terre le cas échéant ; ne pas travailler sur un circuit électrique sous tension (ED 6338, p. 66). Le référentiel cite la liaison équipotentielle du châssis au circuit de protection parmi les points de vérification d'usage (R.487A, p. 24).
HydrauliqueCitée par le référentiel (R.487A, p. 23). Les textes lus n'en donnent pas de règle générale : on suit la notice du constructeur.
IncendieSavoir où se trouve l'extincteur ; ne jamais nettoyer les pièces à l'essence ou au gazole (ED 6338, p. 66-67). Vérifier la présence et le bon entretien de l'extincteur en cabine à la prise de poste (R.487A, p. 24) et pour la conduite en cabine (p. 25).

Arrêt d'urgence et sectionnement : deux dispositifs différents

Sur une grue à tour, plusieurs dispositifs d'arrêt d'urgence sont placés au poste de commande ou sur la radiocommande, et parfois près des zones comportant des pièces en mouvement, comme les treuils. Ils coupent l'alimentation en énergie des actionneurs. Ils ne doivent pas être confondus avec le dispositif de sectionnement général, qui met hors énergie électrique l'ensemble du réseau électrique de la grue : l'arrêt d'urgence prévient une mise en mouvement des éléments mobiles mais n'obtient pas cette mise hors énergie (ED 6338, § 7.3.4, p. 39).

Autre sécurité à connaître : l'accès à la contre-flèche. Présente sur de nombreux modèles de grues à montage par éléments, elle arrête les mouvements dangereux quand du personnel y accède, notamment le treuil de levage ; pour les opérations de maintenance où le treuil doit tourner avec du personnel à proximité, un dispositif à action maintenue autorise la rotation, commandée par le grutier, seul à voir correctement la zone de débattement du crochet (§ 7.3.6, p. 39-40 ; annexe E, p. 76). La chaînette doit rester ouverte pour ne pas autoriser le mouvement du treuil.

En fin de poste, le référentiel demande de mettre la grue en position hors service : mise en girouette, coupure de l'alimentation électrique (R.487A, A2|2 C, p. 24). Le détail de cette séquence figure dans la fiche opérations interdites et mouflage.

Foudre : l'orage arrête la grue

Logigramme de la conduite à tenir par temps orageux : mettre la grue à l'arrêt ; si le grutier n'a pas le temps de quitter la grue, il reste dans sa cabine et met la grue en girouette Temps orageux annoncé ou constaté Mise à l'arrêt de la grue Pas le temps de quitter la grue : rester en cabine et mettre la grue en girouette Délai suffisant : arrêt avant l'orage
Conduite à tenir par temps orageux d'après l'INRS (ED 6338, § 10.2.2, p. 55-56). Le schéma ne donne ni distance ni délai : aucun texte lu n'en fixe.

Deux points d'évaluation du thème tiennent à la météo : les risques liés à la foudre (2 points) et, au titre du vent, la mise en girouette traitée dans la fiche équilibre, stabilisation et vent. Le référentiel cite l'orage avec le vent, la neige et le gel parmi les risques climatiques et demande de mesurer leur « impact sur les manutentions prévues (coup de vent, orage…) » à la prise de poste (R.487A, p. 23-24). La grille pratique y consacre 3 points : « évaluer les conditions météorologiques » (p. 28).

  • Principe : par temps orageux, la grue à tour doit être mise à l'arrêt (ED 6338, § 10.2.2, p. 55). Le Code du travail demande de plus de mettre fin à l'emploi à l'air libre d'un appareil de levage de charges non guidées dès que la dégradation des conditions météorologiques compromet la sécurité, l'employeur devant se doter des moyens et des informations sur l'évolution de la météo (R4323-46).
  • Anticiper : il peut être utile de souscrire un abonnement météorologique qui prévient du risque d'orage avec un délai suffisant pour mettre la grue à l'arrêt ; à défaut, on se renseigne au jour le jour par les prévisions (p. 55-56).
  • Si l'orage surprend le grutier : quand il n'a pas le temps de quitter la grue, il reste dans sa cabine, où il est en sécurité, et met sa grue en girouette (p. 56).

Les textes lus ne détaillent pas le mécanisme de la foudre sur une grue ni de seuil chiffré : la conduite à retenir est l'arrêt, la mise en girouette et le maintien en cabine si le conducteur ne peut pas redescendre à temps. Les restrictions propres à votre grue figurent dans sa notice d'instructions.

Les pièges du test

  • « La chute de hauteur ne concerne que la maintenance. » Elle se produit déjà à l'accès à la cabine et sur la flèche et la contre-flèche.
  • « L'arrêt d'urgence met la grue hors énergie. » Il coupe l'alimentation des actionneurs ; le sectionnement général met hors énergie le réseau électrique.
  • « Je finis la manœuvre avant l'orage. » Par temps orageux, la grue est mise à l'arrêt, et l'anticipation prime sur la dernière charge.
  • « En cas d'orage, je descends coûte que coûte. » Si le grutier n'a pas le temps de quitter la grue, l'INRS le fait rester en cabine avec la grue en girouette.
  • « L'extincteur, c'est pour la maintenance. » Sa présence et son entretien en cabine sont vérifiés à la prise de poste et notés au test pratique (1 point).
  • Donner des chiffres de vent ou de distance d'orage. Ils ne figurent pas dans ces textes : la valeur de vent est celle de la notice.

Questions fréquentes

Combien de points valent ces trois sujets ?

Chute de hauteur 2 points, énergies 3 points, foudre 2 points : 7 des 33 points du thème « Exploitation » (R.487A, p. 27).

Où le grutier risque-t-il de chuter ?

À l'accès à la cabine et sur la flèche et la contre-flèche (ED 6338, p. 6). Le référentiel cite la règle des 3 appuis (R.487A, p. 24).

Que faire en cas d'orage ?

Mettre la grue à l'arrêt ; si le temps manque pour quitter la grue, rester en cabine et mettre la grue en girouette (ED 6338, p. 55-56).

Quelle différence entre arrêt d'urgence et sectionnement général ?

L'arrêt d'urgence coupe l'alimentation des actionneurs ; le sectionnement général met hors énergie l'ensemble du réseau électrique de la grue (ED 6338, p. 39).

Y a-t-il un extincteur à vérifier ?

Oui, en cabine : présence et bon entretien à la prise de poste (R.487A, p. 24-25), noté 1 point à l'épreuve pratique (p. 28).

S'entraîner sur ce thème

Approfondir dans la formation en ligne : module 5, chapitre 1.

Sources : recommandation R.487A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 F et G, p. 23 ; A2|2 A à C et F, p. 24-25 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique A3|2, p. 28) ; recommandation R.495 du CTN B, 25 octobre 2016 (p. 3-4) ; INRS, Grues à tour, ED 6338, 3e édition, avril 2025 (§ 1.4, p. 6 ; § 6.5, p. 32 ; § 7.3.4 à 7.3.6, p. 39-40 ; § 10.2.2, p. 55-56 ; § 12.2, p. 66-67 ; annexe E, p. 76) ; Code du travail, art. R4323-46. Racines officielles : inrs.fr, legifrance.gouv.fr, ameli.fr. La brochure INRS cite des textes remplacés depuis, que cette fiche ne reprend pas. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R487.