Grue à tour : dispositifs de sécurité et aides à la conduite
Limiteurs de charge et de moment, fins de course, freinage de la charge, gestion des interférences, puis indicateurs de portée, de hauteur sous crochet et de vent : le test demande le rôle de chaque dispositif et le risque de le neutraliser. Ces points valent 7 des 32 points du thème « Technologie et stabilité ».
Ce que vérifie le test théorique R487
Cette fiche couvre 7 points sur 100, dans le thème « Technologie et stabilité des grues à tour » (32 points) :
- Dispositifs de sécurité (4 pts)
- Dispositifs d'aide à la conduite (3 pts)
Source : R.487A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Le référentiel demande d'identifier le rôle et le principe de fonctionnement des dispositifs de sécurité (limiteurs de charge et de moment, fins de course, dispositif de gestion des interférences et zones interdites), les risques liés à leur neutralisation, les technologies de freinage de la charge (détection de survitesse, fonction de surveillance de certains variateurs, contrôle de l'état du frein) et les aides à la conduite : indicateur de portée et de hauteur sous crochet, indicateur de vitesse de vent (R.487A, annexe 2 B, p. 22). Le barème attribue 4 points aux dispositifs de sécurité et 3 aux aides à la conduite (p. 27). Le vocabulaire de base est à la fiche terminologie, composants et organes de service.
L'INRS rappelle la règle d'or : il faut savoir identifier et localiser les dispositifs de sécurité pour s'assurer périodiquement de leur bon état, de leur fixation et de leur branchement électrique, mais les réglages ne doivent en aucun cas être modifiés ; les anomalies sont signalées et consignées sur le registre d'observations (ED 6338, § 7.3, p. 35).
Où sont les dispositifs ?
Limiteurs de mouvements : fins de course et hors course
Ces sécurités maintiennent les déplacements, sous le contrôle du grutier, dans des zones définies ; elles agissent en cas de dépassement (ED 6338, § 7.3.1, p. 35).
| Dispositif | Rôle | Source (ED 6338) |
|---|---|---|
| Fin de course de levage, haut | Évite le contact du moufle avec la flèche, qui pourrait endommager la flèche et entraîner la rupture du câble de levage | § 7.3.1, p. 36 |
| Fin de course de levage, bas | Conserve un minimum de tours morts de câble sur le tambour (en général trois) et prévient un enroulement du câble en sens inverse | § 7.3.1, p. 36 |
| Fins de course de distribution | Sur toutes les grues à flèche distributrice : évitent le blocage mécanique du chariot sur la butée avant ou arrière, donc une détérioration de la structure et la rupture éventuelle du câble de distribution | § 7.3.1, p. 36 |
| Fins de course de relevage de flèche | Sur les grues à flèche relevable à treuil : fin de course haut qui maintient un angle garantissant le non-basculement de la flèche en arrière, fin de course bas qui conserve un minimum de tours morts ; un dispositif hors course coupe les mouvements de flèche si le fin de course haut est défaillant | § 7.3.1, p. 36 |
| Limiteur d'orientation | Sur les grues sans collecteur électrique tournant : limite le nombre de tours pour ne pas détériorer le câble d'alimentation (le plus souvent à trois tours) | § 7.3.1, p. 36 |
| Fin de course et hors course de translation | Sur les grues sur chemin de roulement : deux limiteurs par sens pour éviter tout heurt brutal sur les butoirs. Le fin de course arrête la grue, on peut ensuite commander le sens inverse ; le hors course agit si le fin de course est défaillant, neutralise la translation et impose une réparation immédiate | § 7.3.1, p. 36 |
Limiteur de moment et limiteur de charge
- Limiteur de moment : toutes les grues à tour en sont équipées. Il doit empêcher la grue de porter une charge hors des limites de portée admissibles définies par le tableau des charges, couper les mouvements dangereux dès le dépassement de la capacité maximale et présignaler l'approche de la coupure (ED 6338, § 7.3.3, p. 38).
- Limiteur de charge (de capacité nominale) : toutes les grues en sont équipées. Il doit empêcher de soulever une charge supérieure à la capacité maximale, ce qui pourrait provoquer la ruine de l'appareil par surcharge, avec les mêmes fonctions de coupure et de présignalisation (§ 7.3.3, p. 39). Sur les nouvelles générations, cette fonction est réalisée électroniquement (p. 39).
- Ni l'un ni l'autre ne sert d'arrêt normal : ils agissent en général après le dépassement de la capacité de la grue.
Freinage de la charge et défaillances du matériel
Le référentiel cite les technologies de freinage de la charge et leurs sécurités : détection de survitesse, fonction de surveillance de certains variateurs, contrôle de l'état du frein (R.487A, annexe 2 B, p. 22). L'INRS décrit les dispositifs agissant en cas de dysfonctionnement (ED 6338, § 7.3.2, p. 37) :
- Dispositif de survitesse : agit en cas de défaillance du variateur si la vitesse de la charge dépasse la vitesse de descente maximale, avant un seuil critique où le frein de service ne pourrait plus la retenir ; il déclenche un arrêt d'urgence et un actionnement immédiat du frein de levage.
- Contrôle de cohérence de la vitesse de consigne : sur les grues les plus récentes, compare la vitesse de descente à celle commandée par le grutier et arrête la charge en cas d'incohérence.
- Contrôle d'état du frein de levage (ouvert ou fermé) : vérifie le bon désengagement du frein avant la mise en rotation du moteur de levage, pour éviter une dégradation très rapide du frein (§ 7.3.2, p. 38).
- Basculeur (« sabre »), sur les grues à flèche distributrice : pièce mécanique qui bloque le chariot en cas de rupture du câble de direction, pour qu'il ne se déplace pas en charge en bout de flèche et ne fasse pas basculer la grue (p. 37).
- Mou de câble et frein de secours, sur les grues à flèche relevable à treuil : la sécurité de mou de câble prévient une non-descente de la flèche alors que le treuil déroule le câble ; le frein de secours agit directement sur le tambour de relevage (p. 37-38).
Interférences et zones interdites
Deux fonctions, souvent réunies dans un même système (ED 6338, § 7.3.5, p. 39 et § 2.2.2, p. 14) :
- Système anticollision : destiné à éviter les heurts entre le câble de levage d'une grue et la flèche ou la contre-flèche d'une autre grue qui partage une zone de travail.
- Limitation de l'espace de travail : empêche une charge de survoler une zone définie, par exemple pour éviter le survol de personnes ; ces zones sont communément appelées « zones interdites » (route, voie publique, base vie du chantier).
- Sécurité d'accès à la contre-flèche : présente sur de nombreux modèles, elle arrête les mouvements dangereux, notamment le treuil de levage, pendant l'accès du personnel (ED 6338, § 7.3.6, p. 39-40).
Le grutier voit l'état de ces systèmes aux voyants extérieurs : le flash blanc clignotant signale un défaut du système anticollision (ED 6338, § 7.4, p. 40). Les règles d'emploi (voyant de signalisation, neutralisation et mesures associées) sont détaillées à la fiche interférences entre grues et lignes électriques.
Neutraliser un dispositif : le risque
Le référentiel parle explicitement des « risques liés à la neutralisation » de ces dispositifs (R.487A, annexe 2 B, p. 22). Ce que dit l'INRS : dans certains cas particuliers, comme un changement de mouflage, il peut être nécessaire de neutraliser certains limiteurs en fonctionnement normal ; l'actionnement se fait alors par action maintenue sur un organe spécifique de neutralisation (ED 6338, § 7.3.1, p. 35-36). Pour la sécurité d'accès à la contre-flèche, un dispositif à action maintenue autorise la rotation du treuil pendant la maintenance, sous la seule commande du grutier, qui a la meilleure visibilité sur la zone de débattement du crochet (p. 39-40).
Piège du test : neutraliser n'est pas « régler ». Le grutier ne modifie jamais les réglages d'un dispositif (ED 6338, p. 35), et un limiteur qu'on contourne ne protège plus de rien : le risque, c'est la rupture du câble, la ruine par surcharge ou le basculement. En cas de doute sur un dispositif, on signale et on s'arrête.
À la prise de poste, le référentiel demande de vérifier le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité (linguet de sécurité, limiteurs de course) et la présence des protections dans les zones de danger (R.487A, annexe 2, p. 24). L'INRS ajoute le bon fonctionnement des afficheurs, de l'anémomètre et de ses alarmes, et l'activation du système anticollision ou de limitation de l'espace de travail (ED 6338, § 9.2, p. 51). Les vérifications réglementaires comprennent des essais de fonctionnement des dispositifs de sécurité (fins de course, hors course, sécurité d'accès à la contre-flèche, limiteur de moment et de charge) (§ 3.2.2, p. 18-20).
Les aides à la conduite
Les aides à la conduite que le référentiel cite sont l'indicateur de portée, l'indicateur de hauteur sous crochet et l'indicateur de vitesse de vent, avec les indicateurs de charge et de portée à comprendre dans leur principe de fonctionnement (R.487A, annexe 2 B, p. 22 et E, p. 23). En cabine, l'INRS en donne un exemple d'affichage (ED 6338, § 7.4, fig. 19, p. 40) :
Ce que le grutier lit
- La distance admissible de distribution de la charge.
- La distance du crochet par rapport au chariot.
- Le poids de la charge.
- Le pourcentage du moment de renversement par rapport au moment maximum admissible.
- La vitesse du vent en service.
Ce que voit le chantier
- Jaune clignotant : préalarme vent.
- Rouge clignotant : alarme vent.
- Blanc clignotant : défaut du système anticollision.
- Vert continu : radiocommande en action.
- Vert clignotant (facultatif) : mise en girouette de la grue.
À retenir pour le vent : l'anémomètre est une bonne aide à la conduite ; il doit être régulièrement vérifié pour s'assurer de la fiabilité de ses informations, et il doit exister sur le chantier une procédure claire définissant la conduite du grutier au déclenchement de la préalarme et de l'alarme (ED 6338, § 10.2.1, p. 55). Les valeurs à respecter viennent de la notice de la grue : voir la fiche équilibre, stabilisation et vent et le test vent et girouette.
Piège du test : une aide à la conduite aide, elle ne remplace ni le tableau des charges ni la notice. Le grutier reste responsable de vérifier l'adéquation de la grue à l'opération (charge, portée), même quand aucune alarme ne s'est déclenchée (R.487A, annexe 2, p. 24).
Questions fréquentes
À quoi sert le limiteur de moment d'une grue à tour ?
Il doit empêcher la grue de porter une charge en dehors des limites de portée admissibles définies par le tableau des charges : il coupe les mouvements dangereux dès le dépassement de la capacité maximale et présignale l'approche de la coupure. Il ne doit pas servir d'arrêt normal de l'appareil (INRS ED 6338, § 7.3.3).
Peut-on régler ou neutraliser un limiteur de grue à tour ?
Le grutier ne modifie jamais les réglages. Dans certains cas particuliers, par exemple lors d'un changement de mouflage, certains limiteurs peuvent devoir être neutralisés : l'actionnement se fait alors par action maintenue sur un organe spécifique de neutralisation (INRS ED 6338, § 7.3).
Quelle est la différence entre un fin de course et un hors course ?
Le fin de course arrête le mouvement avant la butée. Le hors course est un second limiteur qui agit en cas de défaillance du fin de course : sur la translation, il neutralise les mouvements et impose la réparation immédiate du fin de course défectueux (INRS ED 6338, § 7.3.1).
Sources : recommandation R.487A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2 B p. 22, E p. 23, A2|2 p. 24, barème du test théorique p. 27) ; INRS ED 6338, Engins de chantier et appareils de levage : grues à tour, 3e édition, avril 2025 (§ 2.2.2 p. 14, § 3.2.2 p. 18-20, § 7.3 p. 35-40, § 7.4 p. 40, § 9.2 p. 51, § 10.2.1 p. 55). Vérifié le 23 octobre 2026. INRS · ameli.fr. Notre méthode · Tout sur le CACES R487.