Grue à tour : câbles de levage, assemblages et structure, les anomalies à repérer
Un câble qui s'effiloche, un arrêt d'axe manquant, une corrosion sur la structure : le grutier ne répare pas, mais il regarde, signale et refuse de lever si la grue est douteuse. Le thème « Entretien » du test théorique CACES R487 vaut 10 points sur 100.
Ce que vérifie le test théorique R487
Cette fiche couvre 10 points sur 100, dans le thème « Entretien » (10 points) :
- Câbles de levage (4 pts)
- Assemblages (3 pts)
- Structure (3 pts)
Source : R.487A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
L'annexe 2 de la R.487A, au chapitre « Vérifications d'usage des grues à tour », demande de connaître les principales anomalies concernant les câbles de levage, les assemblages, la structure, la liaison équipotentielle du châssis au circuit de protection (p. 24). Le barème du test théorique répartit ce thème en trois points d'évaluation : câbles de levage (4 points), assemblages (3 points) et structure (3 points) (p. 27). Le test porte donc sur le repérage des anomalies et sur la conduite à tenir, pas sur les opérations de maintenance elles-mêmes.
Câbles de levage : 4 points
L'INRS demande que les câbles soient vérifiés sur toute leur longueur, selon le mode opératoire et la fréquence décrits dans la notice d'instructions, et que tous ceux qui sont usés soient remplacés ; cette vérification est confiée à du personnel spécialisé (ED 6338, § 9.2.1, p. 51). Trois règles à retenir :
- Une rupture de toron impose le remplacement du câble.
- Les critères de dépose sont détaillés dans la notice du fabricant ; ils sont généralement issus de la norme NF ISO 4309. Ils ne sont donc pas à connaître par cœur au test, mais à chercher dans la notice.
- Dès qu'apparaît un défaut de la liste ci-dessous, on demande l'avis d'un spécialiste pour déterminer la conduite à tenir.
| Défaut | Ce que l'on voit |
|---|---|
| Tire-bouchon, panier | Déformation du câble en spirale ou en cage, qui change sa forme générale |
| Extrusion de fils, coque | Fils ou âme qui sortent du câble, ou renflement local |
| Étranglement, rupture de toron | Câble resserré ou toron rompu |
| Aplatissement, pliage | Câble écrasé ou plié |
| Toron desserré, corrosion, usure | Toron qui se détache, câble rouillé, ou usure externe |
| Fils cassés | Fils rompus, notamment au niveau des parures |
À la prise de poste, le grutier vérifie aussi le bon enroulement des câbles sur le tambour de levage (ED 6338, § 9.2, p. 51). Pour les câbles synthétiques, que certains fabricants proposent, les critères de rebut ou de réparation sont communiqués par le fabricant, et la dégradation de la couche externe tressée est un critère d'alerte qui exige l'expertise d'une personne compétente (§ 9.2.1, p. 51-52). L'entretien des câbles métalliques est l'affaire du personnel de maintenance : gants, brossage régulier pour éliminer les dépôts de graisse durcis, vérification visuelle ; pour les synthétiques, prescriptions du fabricant (§ 12.2.7, p. 67).
Assemblages : 3 points
Sur une grue à tour, les éléments s'assemblent par des axes et des liaisons. À la prise de poste, l'INRS liste notamment la présence des arrêts d'axes, en particulier au niveau des axes de liaisonnage, le bon fonctionnement du linguet de sécurité du crochet, la position et la fixation des lests (ED 6338, § 9.2, p. 51). L'absence d'un arrêt d'axe fait partie des défectuosités qui peuvent justifier le droit de retrait, avec la corrosion d'un élément de structure (§ 9.1, p. 50). Le référentiel pratique demande aussi la vérification visuelle de la charpente, des câbles et des lests (R.487A, annexe 2, p. 24, pratique A).
Pour les opérations de montage, l'INRS demande de mettre en place tous les axes et goupilles prévus par le constructeur (ED 6338, § 12.2.6, p. 67). Ce n'est pas le métier du grutier : le référentiel précise qu'il ne couvre pas la mise en place de la grue, qui suppose une formation adaptée (R.487A, annexe 2, p. 22). Mais le grutier qui constate un arrêt d'axe manquant ou un jeu inhabituel à un axe n'a pas à « faire avec » : il signale.
Structure : 3 points
La structure comprend la charpente (mât, flèche, contre-flèche), les lests et la liaison de la grue au sol. Ce que la brochure demande de regarder à la prise de poste (ED 6338, § 9.2, p. 51) : l'horizontalité du châssis et le bon état du chemin de roulement, le bon état de la prise de terre et de l'éclissage des voies de roulement, la position et la fixation des lests, le bon état du sectionneur. Le référentiel ajoute, dans l'épreuve pratique, la vérification visuelle des contacts avec le sol (voies et appuis) afin de déceler les anomalies et d'en informer son responsable (R.487A, p. 24).
Les défauts de la structure se cherchent à l'œil : fissures, corrosion d'un élément, pièce déformée. La brochure ED 6338 cite la corrosion d'un élément de structure comme une défectuosité qui peut fonder un droit de retrait (§ 9.1, p. 50). Au-delà de l'examen visuel, la vérification générale périodique comprend un examen approfondi des éléments dont l'état ne peut être constaté qu'après démontage (structure, support de passerelles, organes d'assemblage, mécanismes), par un agent agréé par le fabricant ou un technicien hautement qualifié (§ 3.2.2, p. 20).
La liaison équipotentielle du châssis
La R.487A cite la liaison équipotentielle du châssis au circuit de protection parmi les anomalies à connaître (p. 24). Elle ne donne ni valeur de résistance ni méthode : on retient que cette liaison fait partie des points de la vérification, que son état se constate à l'œil (continuité, connexions en place) et que toute anomalie se signale. L'INRS demande par ailleurs de respecter la qualité de la prise de terre prescrite par la notice d'utilisation (ED 6338, § 12.2.3, p. 66) ; pour toute mesure ou intervention électrique, il faut une habilitation électrique (§ 12, p. 65).
Qui fait quoi : grutier, maintenance, vérificateur
Trois niveaux de contrôle, à ne pas confondre. Le test les confond volontiers.
- Le grutier utilise la notice d'instructions et le rapport de vérification périodique (validité, observations, restrictions d'usage), vérifie visuellement la grue et ses équipements, le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité (linguet, limiteurs de course), puis, en fin de poste, met la grue hors service (girouette, coupure de l'alimentation), effectue les opérations d'entretien journalier et rend compte des anomalies et dysfonctionnements (R.487A, annexe 2, p. 24). À l'épreuve pratique, la maintenance journalière vaut 10 points et le compte rendu 5 points (p. 28).
- La maintenance : les opérations d'entretien, de montage et démontage sont réalisées par du personnel correctement formé, et le carnet de maintenance est renseigné après toute opération avec la date, les personnes, la nature des travaux et la référence de l'élément remplacé (ED 6338, § 12, p. 65). La brochure rattache ce carnet à l'arrêté du 2 mars 2004 (§ 3.3.3, p. 22-23).
- Le vérificateur effectue les vérifications générales périodiques en référence aux articles R4323-23 à R4323-27 du Code du travail et à l'arrêté du 1er mars 2004 (ED 6338, p. 20). Ce texte fixe la périodicité selon le type d'appareil, et nous ne la reprenons pas ici. L'INRS demande de veiller à la levée des observations mentionnées dans les rapports, et les travaux réalisés sont portés au carnet de maintenance (p. 21).
Piège : la vérification que fait le grutier à la prise de poste ne se confond pas avec l'examen d'adéquation requis par l'arrêté du 1er mars 2004, qui relève du chef d'établissement (R.487A, annexe 2, nota, p. 24), ni avec la vérification générale périodique.
Une anomalie constatée : la conduite à tenir
- Ne pas lever. Une grue en mauvais état ne doit pas être utilisée (ED 6338, § 9.2, p. 51).
- Prévenir le responsable de chantier : le référentiel demande d'informer son responsable hiérarchique des anomalies décelées (R.487A, p. 24, pratique A).
- Consigner l'anomalie dans le registre d'observations (ED 6338, § 9.2, p. 51).
- Laisser un spécialiste trancher : pour un câble avec défaut listé, la conduite à tenir est déterminée par un spécialiste (§ 9.2.1). La défectuosité d'une sécurité essentielle, d'un câble ou de la structure peut aussi fonder un droit de retrait, avec information de l'employeur ou du responsable (§ 9.1, p. 50).
- Reprendre seulement après remise en état, consignée au carnet de maintenance (§ 12, p. 65). Après tout accident provoqué par la défaillance d'un organe essentiel, une vérification de remise en service est nécessaire (p. 20).
Le devoir d'alerter et le droit de retrait sont détaillés dans la fiche rôles et responsabilités.
Les pièges les plus fréquents
- Croire que le grutier remplace le câble : il le regarde et signale, le remplacement et les critères de dépose relèvent de la notice et d'un personnel spécialisé.
- Chercher un seuil chiffré du référentiel : la R.487A n'en donne aucun ; on renvoie à la notice du fabricant.
- Confondre vérification d'usage, entretien et VGP : trois acteurs, trois documents (rapport, registre d'observations, carnet de maintenance).
- Oublier les arrêts d'axe : leur absence est une anomalie à signaler, pas un détail.
- Négliger la liaison à la terre : elle figure au référentiel, au même titre que les câbles et la structure.
- Lever « une dernière fois » avec un câble douteux : une rupture de toron impose le remplacement.
Questions fréquentes
Combien de points valent les vérifications d'usage au CACES R487 ?
Le thème « Entretien » vaut 10 points : 4 pour les câbles de levage, 3 pour les assemblages et 3 pour la structure (R.487A, p. 27). La liaison équipotentielle du châssis figure aussi au référentiel (p. 24).
Quand faut-il remplacer un câble de levage de grue à tour ?
Tout câble présentant une rupture de toron doit être remplacé ; les critères de dépose sont dans la notice du fabricant, et un défaut listé impose l'avis d'un spécialiste (ED 6338, § 9.2.1).
Le grutier peut-il entretenir lui-même la grue ?
Entretien et montage relèvent de personnel formé (ED 6338, § 12). Le grutier fait la vérification visuelle, l'entretien journalier prévu par la notice et rend compte des anomalies (R.487A, p. 24).
Où consigne-t-on les anomalies et l'entretien ?
Les anomalies de prise de poste vont au registre d'observations, après information du responsable de chantier ; le carnet de maintenance est renseigné après chaque opération d'entretien, de réparation, de remplacement ou de modification (ED 6338, § 9.2 et § 12).
Faut-il connaître la périodicité de la VGP ?
Non pour le référentiel, qui renvoie à l'arrêté du 1er mars 2004 sans chiffre, la périodicité dépendant du type d'appareil. Il faut surtout savoir distinguer la vérification d'usage de la vérification générale périodique.
Sources : recommandation R.487A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, « I » et savoir-faire A et C, p. 24 ; nota p. 24 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique, p. 28 ; mise en place de la grue, p. 22) ; INRS ED 6338, Grues à tour, 3e édition, avril 2025 (§ 3.2 et 3.3, p. 20 à 23 ; § 9.1, p. 50 ; § 9.2 et 9.2.1, p. 51-52 et figure 28 ; § 12, p. 65 à 67) ; Code du travail, articles R4323-23 à R4323-27 ; arrêtés du 1er mars 2004 (vérifications) et du 2 mars 2004 (carnet de maintenance) tels que cités par l'ED 6338. Aucune périodicité ni aucun seuil de dépose n'est repris : ils relèvent de la notice du fabricant et des arrêtés. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R487.