Renversement, heurts de personnes et visibilité en grue à tour

La grue qui bascule, la charge ou une pièce mobile qui heurte quelqu'un, la zone que le grutier ne voit pas : trois risques majeurs du référentiel, 6 des 100 points du test théorique, avec leurs origines et leurs moyens de prévention.

Ce que vérifie le test théorique R487

Cette fiche couvre 6 points sur 100, dans le thème « Exploitation des grues à tour » (33 points) :

  • Renversement de la grue (3 pts)
  • Heurts de personnes avec la grue ou la charge (2 pts)
  • Manque de visibilité (1 pt)

Source : R.487A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.

Ce que le test attend

Le référentiel R.487A demande, pour chaque risque, d'en identifier l'origine et les moyens de prévention (annexe 2, A2|1 F, p. 23). Trois lignes du barème théorique sont traitées ici : « renversement de la grue » (3 points), « heurts de personnes avec la grue ou la charge » (2 points) et « manque de visibilité » (1 point) (p. 27). Les mêmes sujets reviennent dans la grille pratique : vérification des protections des zones de danger (4 points), positionnement hors zone dangereuse en catégorie 3 (3 points), gestes de commandement et radio pour une charge non visible (5 + 5 points) (p. 28).

Vue de dessus d'une grue à tour : zone balayée par la charge, zone du contrepoids de catégorie 3, voie de translation sur rail protégée, personne à pied hors zone, signaleur placé dans le champ de vision du grutier près de la zone de dépose masquée par un bâtiment Zone balayée par la charge Contrepoids (catégorie 3) Voie de translation protégée Bâtiment (zone de dépose masquée) Signaleur dans le champ de vue Personne hors des zones
Schéma de principe vu de dessus, sans échelle ni distance : les zones réelles dépendent de la grue, de sa catégorie et du chantier. Le conducteur ne laisse aucune personne dans la zone balayée par la charge, dans la zone de débattement du contrepoids ni sur la voie de translation ; pour une dépose qu'il ne voit pas, un signaleur placé dans son champ de vision le guide (trait pointillé), complété par la radio.

Renversement de la grue

C'est le premier risque cité par le référentiel (p. 23) et le mieux doté au barème (3 points). Le renversement survient quand le moment de renversement dépasse ce que l'équilibre de la grue peut supporter (voir la fiche équilibre, stabilisation et vent). Ses origines, à connaître :

  • Une charge ou une portée qui dépasse la courbe de charge de la notice du constructeur, par exemple parce qu'on a regardé la portée de prise et pas la portée de dépose.
  • Le vent, surtout avec une charge à grande surface au vent.
  • Une assise défaillante : sol de résistance non adaptée, talus proche d'un appui (catégorie 3), voie ou appuis qui cèdent (p. 23-24).
  • Des dispositifs de sécurité neutralisés : limiteurs de charge et de moment contournés (« risques liés à la neutralisation de ces dispositifs », p. 22).
  • Des manœuvres brusques qui amplifient le ballant.

Les moyens de prévention en découlent : vérifier l'adéquation de la grue à la charge avant de lever (grille p. 28, 10 points), évaluer la météo (3 points), contrôler les contacts avec le sol (voies et appuis) et le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité à la prise de poste (p. 24), ne jamais neutraliser un limiteur, et arrêter si un doute subsiste.

Heurts de personnes : charge, contrepoids, châssis

Le référentiel distingue deux sources (A2|1 F, p. 23) : les heurts avec la charge et les heurts avec les parties mobiles de la grue, avec deux exemples : le contrepoids pour la catégorie 3 (grue à montage automatisé, à rotation par le bas, dont le contrepoids décrit un cercle près du sol) et le châssis lors d'une translation sur rail. Ce qui s'applique :

  1. Protéger les zones de danger : à la prise de poste, vérifier la présence des protections dans la zone de débattement du contrepoids ou de translation de la grue (A2|2 A, p. 24 ; grille p. 28). En translation sur rail, s'assurer que la protection est bien en place dans les zones de translation (A2|2 D, p. 25).
  2. Ne pas laisser de personne dans la zone balayée : par la charge, par le contrepoids, par le châssis. Quand une présence est nécessaire (élingueur, signaleur), elle est organisée : voir l'article R4323-52 du Code du travail, qui demande des mesures d'organisation évitant que des travailleurs à pied se trouvent dans la zone d'évolution d'un équipement de travail mobile, et, quand leur présence est requise, des mesures pour éviter qu'ils soient blessés (texte repris à l'identique dans la fiche R482 du hub).
  3. Ne jamais faire passer la charge au-dessus de personnes : choisir un trajet qui l'évite, et attendre si une personne s'engage dans le trajet.
  4. Se positionner hors zone en télécommande : le conducteur au sol choisit un emplacement offrant la meilleure vision de la manœuvre et de son environnement, tout en restant hors de la zone de risque (A2|2 E, p. 25). En catégorie 3, le « positionnement hors de la zone dangereuse » vaut 3 points à la grille pratique (p. 28).
  5. Sécuriser en fin de poste : en translation sur rail, effectuer les opérations de fin de poste (griffage…) (p. 25).

Le référentiel cite aussi, pour la télécommande, le risque de chute de plain-pied du conducteur qui se déplace en manipulant le boîtier (p. 23, A2|1 F ; p. 25, E : « énumérer les risques liés à l'utilisation de la télécommande »). Le conducteur qui marche en regardant la charge peut trébucher : il s'arrête pour regarder, puis se déplace.

Au test pratique. Le référentiel n'établit pas de liste de critères éliminatoires pour la R487 : la réussite exige 70/100, la moyenne dans chaque thème et une note supérieure à zéro à chaque point d'évaluation (p. 28). Un geste dangereux pour une personne fait donc perdre des points sur les critères concernés.

Le point « vérifier visuellement la grue et les protections des zones de danger » vaut 4 points, indépendants de la conduite.

Manque de visibilité

Le référentiel cite deux sources de « risques liés au manque de visibilité » : le défaut d'éclairage et la zone de prise ou de dépose de charge masquée (A2|1 F, p. 23). Un seul point au barème théorique, mais c'est un sujet central de la conduite d'une grue : le grutier, souvent à grande hauteur, ne voit pas toujours le point de dépose.

Défaut d'éclairage

Poste tôt le matin, en hiver, sous un ciel sombre : un éclairage insuffisant de la zone de travail ou du poste de conduite masque les personnes et les obstacles. L'éclairage est un équipement de la grue et du chantier, à signaler s'il est défaillant ; le conducteur ne lève pas ce qu'il ne voit pas correctement, et s'en remet à un guidage si nécessaire. Les niveaux d'éclairement requis ne sont pas donnés par le référentiel et ne sont pas repris ici.

Zone de prise ou de dépose masquée

Quand la dépose se fait derrière un bâtiment, sous la flèche ou à l'aplomb d'un point caché, le conducteur n'a pas de vue directe. Le référentiel prévoit alors :

  • Communiquer avec le chef de manœuvre, l'élingueur et, le cas échéant, le signaleur au moyen des gestes et signaux conventionnels (norme FDE 52-401), et par radio (A2|2 B, p. 24). À l'épreuve pratique, « prendre, déplacer et déposer la charge à un endroit précis et non visible » vaut 10 points : compréhension des gestes de commandement (5) et respect des consignes données par radio (5) (grille p. 28).
  • Une seule personne qui commande : le conducteur obéit à un interlocuteur désigné et exécute un seul ordre à la fois ; il s'arrête si un doute apparaît ou si la communication est perdue.
  • Un chef de manœuvre qui dirige : le Code du travail précise que, lorsque le conducteur ne peut observer le trajet entier de la charge, ni directement ni par des dispositifs auxiliaires, un chef de manœuvre en communication avec lui le dirige (R4323-41, texte repris à l'identique dans la fiche R482 du hub).
  • Le signaleur est placé dans le champ de vision du conducteur et visible depuis la zone de dépose ; il ne se trouve pas dans la zone de chute ni sous la charge.
  • Dispositif de gestion de zone interdite : lorsque la grue en est équipée, le conducteur doit maîtriser le ballant en s'approchant de la zone, avec les indicateurs (p. 24, grille p. 28, 4 points).

Les pièges du test

  • « La grue est stable, donc il n'y a pas de risque de renversement. » La stabilité dépend de la charge, de la portée, du vent et de l'assise : elle ne se constate pas une fois pour toutes.
  • Oublier le contrepoids de la catégorie 3. C'est une partie mobile citée au programme : la zone qu'il balaie est interdite aux personnes.
  • Oublier le châssis en translation. Sur rail, les protections de la zone de translation se vérifient à la prise de poste.
  • Déposer une charge à l'aveugle sans guidage. Zone masquée : gestes ou radio avec un interlocuteur, sinon on ne dépose pas.
  • Passer la charge au-dessus de quelqu'un « parce qu'il est vite passé ». Le trajet se choisit pour éviter les personnes.
  • Croire qu'un dispositif de gestion d'interférences ou de zones interdites rend la vigilance inutile. Il aide à maîtriser le ballant ; il ne remplace ni le regard ni le guidage.

Questions fréquentes

Quelles parties mobiles peuvent heurter une personne ?

La charge, le contrepoids pour la catégorie 3 et le châssis en translation sur rail (R.487A, p. 23). Les protections de ces zones se vérifient à la prise de poste (p. 24).

Que faire si la zone de dépose n'est pas visible ?

Communiquer avec le chef de manœuvre, l'élingueur ou le signaleur par gestes conventionnels et par radio (p. 24) ; un chef de manœuvre en communication dirige le conducteur quand il ne voit pas le trajet de la charge (R4323-41).

Quelles origines du renversement ?

Charge ou portée excessives, vent, assise défaillante, dispositifs de sécurité neutralisés (p. 22-23).

Combien de points au test ?

Renversement de la grue 3, heurts de personnes 2, manque de visibilité 1, sur 100 (barème, p. 27).

S'entraîner sur ce thème

Approfondir dans la formation en ligne : module 4, chapitre 2.

Sources : recommandation R.487A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 F et G, p. 22-23 ; A2|2 A, B, D et E, p. 24-25 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique A3|2, p. 28) ; Code du travail, art. R4323-41 et R4323-52. Les zones de sécurité, niveaux d'éclairement et distances ne sont pas repris : le référentiel n'en donne pas, ils figurent dans la notice du constructeur et les consignes du site. Racines officielles : inrs.fr, legifrance.gouv.fr, ameli.fr. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R487.