Équilibre, stabilisation de la catégorie 3 et vent : tenir debout
Une grue à tour tient par un équilibre entre le moment de la charge et ce qui la retient. La charge, la portée, le sol, la stabilisation et le vent le font varier : 7 des 100 points du test théorique portent sur ces conditions.
Ce que vérifie le test théorique R487
Cette fiche couvre 7 points sur 100, dans le thème « Technologie et stabilité des grues à tour » (32 points) :
- Condition d'équilibre et facteurs de stabilité (3 pts)
- Règles de stabilisation pour les grues à tour de catégorie 3 (2 pts)
- Vent (2 pts)
Source : R.487A, barème du test théorique, p. 27 et suivante. Pour réussir : 70/100 et au moins la moyenne dans chaque thème.
Ce que le test attend
Trois points d'évaluation du thème « Technologie et stabilité » sont traités ici (barème, p. 27) : « condition d'équilibre et facteurs de stabilité » (3 points), « règles de stabilisation pour les grues à tour de catégorie 3 » (2 points) et « vent » (2 points). Le référentiel les formule ainsi : identifier les conditions d'équilibre de la grue et les facteurs qui influent sur la stabilité, connaître les règles de stabilisation des grues de catégorie 3, et connaître l'indicateur de vitesse de vent (annexe 2, A2|1 E, p. 23).
Les conditions d'équilibre
Une grue à tour est soumise à deux effets opposés. D'un côté, la charge, à une certaine portée, crée un moment de renversement (masse × distance à l'axe, voir la fiche courbes de charge). De l'autre, le poids de la grue, de son contrepoids et de son lestage crée un moment stabilisant. Tant que le second l'emporte avec la marge prévue par le constructeur, la grue est en équilibre. Quand le premier s'approche du second, la grue risque le renversement ou le basculement : ces deux mots figurent au référentiel (A2|1 D, p. 22).
Les facteurs qui influent sur cet équilibre, que le conducteur doit pouvoir identifier (p. 23) :
- La charge et la portée : plus l'une ou l'autre augmente, plus le moment de renversement croît. Les courbes de charge du constructeur traduisent cette limite.
- Le vent : il pousse la charge, la flèche et la grue elle-même ; une charge à grande surface au vent accentue l'effet.
- L'assise : le sol, les appuis, la voie en cas de translation. Un sol qui cède ou une voie défaillante modifie l'équilibre.
- La configuration : lestage, contrepoids, longueur de flèche, telles que le constructeur les prévoit. Elle ne se modifie pas sur le chantier de sa propre initiative.
- Les mouvements brusques et le ballant : une charge qui balance ajoute des efforts dynamiques ; maîtriser et rattraper le ballant fait partie des épreuves pratiques (A2|2 B, p. 24 ; grille p. 28).
Stabilisation de la catégorie 3 (grue à montage automatisé)
La catégorie 3 regroupe les grues à tour à montage automatisé (R.487A, annexe 2 C, p. 22). Le référentiel retient deux choses distinctes :
- Les règles de stabilisation sont au programme de connaissances (A2|1 E, p. 23 ; 2 points au barème, p. 27).
- La mise en place elle-même est hors référentiel : le positionnement et la mise en place de la grue, y compris le déploiement et le repli d'une grue à montage automatisé, relèvent d'opérateurs ayant reçu une formation adaptée (p. 22). Le conducteur CACES n'est pas, du seul fait de son CACES, autorisé à les faire.
Les anomalies de stabilisation que le conducteur doit savoir reconnaître sont citées au chapitre exploitation : proximité d'un talus et résistance du sol non adaptée (A2|1 G, p. 23). Concrètement, avant de lever :
- Regarder l'assise : appuis ou stabilisateurs posés, en contact avec un sol sain, sans affaissement visible. La vérification visuelle des « contacts avec le sol (voies et appuis…) » est prévue à la prise de poste (p. 24).
- Regarder les abords : un talus, une fouille ou un remblai tout proche d'un appui est une anomalie à signaler, pas à « tenter ».
- Ne pas lever si un doute subsiste sur la stabilité : informer le responsable hiérarchique (les anomalies sont à signaler, p. 24) et attendre la décision.
- Rendre compte d'un affaissement, d'un jeu ou d'un appui qui a bougé en cours de journée (p. 24, fin de poste : rendre compte des anomalies).
Les valeurs de résistance du sol, les distances au talus et les règles de calage dépendent de la notice du constructeur et de l'étude du site : elles ne se déduisent pas d'une règle générale et ne sont pas reprises ici.
Le vent : indicateur, notice, girouette
Le vent est le facteur extérieur qui revient partout dans le référentiel : « risques liés aux conditions climatiques (vent, orage, neige, gel et restriction d'usage associée) » (A2|1 F, p. 23), « impact des conditions météorologiques sur les manutentions prévues (coup de vent, orage…) » à la prise de poste (A2|2 A, p. 24), « évaluer les conditions météorologiques », 3 points à l'épreuve pratique (p. 28), et « vent », 2 points au test théorique (p. 27).
Pas de seuil universel
Aucune valeur de vitesse de vent n'est donnée par le référentiel. La limite de vent en service, comme la vitesse à partir de laquelle on met la grue hors service, est une donnée de la grue : elle figure dans la notice d'instructions du constructeur, que le conducteur doit savoir exploiter pour « justifier une interdiction d'emploi ou une règle d'utilisation » (grille p. 28), et dans les consignes du chantier. Les chiffres lus sur un forum ou dans une ancienne brochure ne remplacent pas la notice de votre grue.
Ce qu'on fait, étape par étape
- Avant de lever : s'informer de la météo prévue, regarder l'indicateur de vitesse de vent (aide à la conduite citée p. 22-23) et le comparer à la limite de la notice, en tenant compte de la surface au vent de la charge prévue.
- Pendant le poste : surveiller l'indicateur et le ballant ; si la limite de la notice est atteinte ou si le vent annoncé se renforce, on réduit puis on arrête les manutentions (en particulier les charges à grande surface), et on se conforme à la notice et aux consignes du site.
- Orage : le référentiel cite l'orage dans les conditions météorologiques à évaluer (p. 24). La conduite à tenir exacte (arrêt, mise en position hors service) se prend selon la notice et les consignes du site ; voir aussi la fiche sur la foudre.
- Fin de poste : mettre la grue en position hors service, avec la mise en girouette et la coupure de l'alimentation électrique (A2|2 C, p. 24).
- Prise de poste suivante : supprimer la mise en girouette, libérer les griffes ou haubans d'amarrage s'il y en a, régler le siège, vérifier l'extincteur (« mise en configuration d'exploitation », A2|2 A, p. 24).
Pourquoi la girouette
Mise en girouette signifie que la flèche est libre de s'orienter avec le vent au lieu d'être tenue par le freinage d'orientation : elle présente alors le moins de prise au vent. C'est la position hors service d'une grue qu'on quitte. La condition de libre rotation, l'espace nécessaire autour de la grue et les réglages exacts sont décrits dans la notice du constructeur ; le référentiel cite seulement l'action (mettre en position hors service avec girouette, puis la supprimer à la prise de poste).
Au test pratique. « Évaluer les conditions météorologiques » vaut 3 points, « mettre la grue en position hors service » 10 points (grille p. 28). Le jury attend que vous connaissiez l'ordre : évaluer le vent avant de lever, puis mettre en girouette et couper l'alimentation en fin de poste.
Le quiz « vent et girouette » du site (lien en fin de fiche) reprend cette chronologie.
Les pièges du test
- Citer un chiffre de vent « par cœur ». Le référentiel n'en donne aucun : la valeur est celle de la notice de la grue.
- Oublier la surface au vent de la charge. Une charge à grande surface est plus sensible au vent qu'une charge compacte de même masse.
- Confondre fin de poste et prise de poste. On met en girouette en fin de poste, on supprime la mise en girouette à la prise de poste.
- Croire que la catégorie 3 s'installe seule. La mise en place relève de personnes formées à cela (p. 22) ; le conducteur détecte les anomalies de stabilisation, talus et sol, et les signale.
- Ne pas relire l'indicateur de vent après une rafale : c'est une aide à la conduite, à consulter régulièrement, pas seulement avant de commencer.
- Lever « parce que ça tient » avec un appui proche d'un talus ou un sol qui bouge : ce sont les anomalies citées au programme.
Questions fréquentes
Que signifie mettre une grue en girouette ?
Laisser la flèche s'orienter librement avec le vent en position hors service ; fait en fin de poste avec la coupure de l'alimentation, et supprimé à la prise de poste (R.487A, p. 24).
À partir de quel vent arrêter la grue ?
Le référentiel ne donne pas de valeur : elle est dans la notice du constructeur et les consignes du site.
Quelles anomalies de stabilisation en catégorie 3 ?
Proximité d'un talus et résistance du sol non adaptée (R.487A, p. 23).
Le conducteur met-il en place une grue de catégorie 3 ?
Pas du seul fait du CACES : la mise en place demande une formation adaptée, hors du référentiel (p. 22).
Sources : recommandation R.487A de l'Assurance Maladie, 2e édition, mai 2026 (annexe 2, A2|1 A à G, p. 22-23 ; A2|2 A et C, p. 24 ; barème du test théorique, p. 27 ; grille pratique A3|2, p. 28). Les limites de vent, les valeurs de résistance du sol et les règles de calage ne sont pas reprises : elles figurent dans la notice d'instructions du constructeur de chaque grue et dans les consignes du site. Racines officielles : inrs.fr, legifrance.gouv.fr, ameli.fr. Vérifié le 23 octobre 2026. Notre méthode · Tout sur le CACES R487.