Article L2314-18 · En vigueur

Article L2314-18 — Electorat aux elections du CSE

L'article L2314-18 fixe les conditions pour être électeur aux élections du CSE : être salarié des deux sexes, âgé de 16 ans révolus, travailler depuis 3 mois au moins dans l'entreprise, et ne pas être frappé d'incapacité, interdiction ou déchéance relative aux droits civiques.

Ce que dit l'article L2314-18

Texte officiel en vigueur depuis le 01/01/2018 :

Sont électeurs les salariés des deux sexes, âgés de seize ans révolus, travaillant depuis trois mois au moins dans l'entreprise et n'ayant fait l'objet d'aucune interdiction, déchéance ou incapacité relatives à leurs droits civiques.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre III
Titre
Titre Ier CSE
Chapitre
Chapitre IV Elections

L'article L2314-18 du Code du travail définit les conditions pour être électeur aux élections du Comité Social et Économique (CSE) : être salarié, avoir au moins 16 ans, travailler depuis 3 mois minimum dans l'entreprise, et ne pas être frappé d'incapacité civique. Conditions cumulatives qui permettent aux salariés de participer activement à la désignation de leurs représentants.

Texte officiel

« Sont électeurs les salariés des deux sexes, âgés de seize ans révolus, travaillant depuis trois mois au moins dans l'entreprise et n'ayant fait l'objet d'aucune interdiction, déchéance ou incapacité relatives à leurs droits civiques. »

En clair

Le CSE est l'instance représentative du personnel élue. Les salariés y désignent leurs représentants tous les 4 ans (en principe). Pour participer au vote, il faut remplir des conditions minimales d'âge, d'ancienneté et de capacité civique. Ces conditions visent à équilibrer l'inclusion la plus large possible (16 ans, 3 mois d'ancienneté) avec la nécessité d'une capacité juridique effective.

Les 4 conditions cumulatives

1. Statut de salarié

Salarié de l'entreprise au moment de l'élection, tous statuts confondus : CDI, CDD, intérim (sous certaines conditions), apprentis, contrat de professionnalisation. Stagiaires : non concernés (pas de contrat de travail).

2. Âge ≥ 16 ans

Au jour du scrutin. Cohérent avec l'âge légal d'admission au travail (L4153-1). Les jeunes en apprentissage à partir de 15 ans révolus sont électeurs dès leur 16e anniversaire.

3. Ancienneté ≥ 3 mois

3 mois minimum de présence dans l'entreprise au jour du scrutin. Calcul de l'ancienneté : périodes de travail effectif + suspensions assimilées (congés payés, maladie, AT/MP, congé maternité). Le seuil peut être abaissé par accord collectif.

4. Pas d'incapacité civique

Absence d'interdiction, déchéance ou incapacité relative aux droits civiques (résultat d'une condamnation pénale notamment). Condition rare en pratique. Vérification au cas par cas si doute.

Cas particulier des intérimaires

StatutÉlectorat
Salarié CDI/CDDÉlecteur dès 3 mois d'ancienneté
Apprenti / contrat de proÉlecteur dès 16 ans + 3 mois de présence
Intérimaire chez l'ETTÉlecteur pour les élections du CSE de l'ETT
Intérimaire chez l'utilisateurNon électeur pour le CSE de l'EU (sauf cas spécifiques de mission longue durée)
StagiaireNon électeur (pas de contrat de travail)
Mandataire social non salariéNon électeur (gérant majoritaire SARL, président SAS)

Établissement de la liste électorale

L'employeur établit la liste des électeurs avant les élections, en respectant :

  • Information précise sur les critères d'inclusion ou d'exclusion
  • Communication aux organisations syndicales
  • Affichage dans les locaux pour permettre aux salariés de vérifier leur inscription
  • Délai pour réclamations sur la liste (généralement 3 jours avant le scrutin)
  • Possibilité de contestation devant le tribunal judiciaire (dans les 15 jours suivant la proclamation des résultats — L2314-32)

Distinction électorat / éligibilité

Être électeur (L2314-18) ne signifie pas être éligible (L2314-19). Pour être éligible (candidat), il faut être électeur + avoir au moins 18 ans et 1 an d'ancienneté dans l'entreprise. Conditions de l'éligibilité plus strictes : exclusion notamment des proches parents de l'employeur (conjoint, partenaire PACS, ascendants, descendants, frères et sœurs).

Sanctions du non-respect

  • Annulation des élections en cas d'erreur grave sur la liste électorale (omission d'électeurs, inscription d'électeurs non éligibles, etc.)
  • Contestation devant le tribunal judiciaire dans les 15 jours suivant la proclamation des résultats (L2314-32)
  • Délit d'entrave aux fonctions du CSE (L2317-1 : 1 an + 7 500 €) si l'employeur écarte volontairement des électeurs ou empêche le vote
  • Si nouvelle élection requise : recalcul de la représentativité syndicale, possibles requalifications

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour les salariés : vérifier sa présence sur la liste électorale avant les élections, participer au vote (acte citoyen important : la représentativité syndicale et les accords d'entreprise majoritaires en dépendent). Pour les employeurs : établir la liste avec rigueur, conserver les preuves de communication aux salariés et OS.

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Cas pratiques

Cas 1 — Apprenti de 16 ans : électeur

Un apprenti boulanger de 16 ans est embauché en septembre. Élections CSE prévues en décembre (3 mois et 2 semaines plus tard). Application de L2314-18 : âge ≥ 16 ans ✓ + ancienneté ≥ 3 mois ✓ + statut de salarié ✓ + pas d'incapacité civique ✓. Conditions cumulatives remplies. L'apprenti figure sur la liste électorale et vote. Importance pour les jeunes salariés : leur voix compte autant que celle des cadres confirmés.

Cas 2 — Salarié embauché 2 mois avant : non électeur

Une commerciale est embauchée le 1er octobre. Élections CSE le 5 décembre (2 mois et 4 jours plus tard). Application de L2314-18 : ancienneté de 2 mois + 4 jours, soit inférieure à 3 mois. Non électrice pour ces élections. Pourra voter aux prochaines élections (4 ans plus tard) ou aux élections partielles si organisées en cas de carence. Sauf abaissement du seuil par accord collectif.

Cas 3 — Omission d'électeurs : annulation

L'employeur établit la liste électorale en omettant 12 salariés (apprentis et CDD de courte durée). Le syndicat conteste. Application de L2314-18 + L2314-32 : omission grave d'électeurs. Saisine du tribunal judiciaire dans les 15 jours suivant la proclamation des résultats. Annulation des élections. Organisation de nouvelles élections. Recalcul de la représentativité syndicale. Possible requalification des accords signés entre-temps. Délit d'entrave possible (L2317-1).

Cas 4 — Accord collectif abaissant le seuil

Une entreprise négocie avec ses OS un accord majoritaire abaissant le seuil d'ancienneté à 2 mois pour participer aux élections CSE (au lieu de 3 mois). Application de L2314-18 + accord d'entreprise plus favorable : accord valable car il étend l'électorat. Plus d'inclusion, davantage de salariés peuvent voter. Effet positif : meilleure représentativité, meilleure participation aux élections. Bonne pratique dans les entreprises à forte rotation du personnel.

Cas 5 — Intérimaire chez l'utilisateur

Un intérimaire est en mission de longue durée (12 mois) chez une entreprise utilisatrice. Élections CSE de l'EU. Application de L2314-18 : en principe, l'intérimaire vote pour le CSE de son ETT (employeur juridique), pas celui de l'EU. Mais s'il a accompli un nombre suffisant de missions dans la même EU pendant une période significative, il peut être considéré comme électeur dans l'EU dans certains cas (jurisprudence évolutive). Vérification au cas par cas.

Cas 6 — Mandataire social non salarié

Un gérant majoritaire de SARL souhaite voter aux élections CSE de sa société. Application de L2314-18 : pas de statut de salarié au sens du droit du travail (mandataire social non titulaire d'un contrat de travail distinct). Non électeur. Idem pour le président de SAS sans contrat de travail. Si le mandataire cumule un contrat de travail distinct pour des fonctions techniques séparées de son mandat social : électeur au titre du contrat de travail.

4 conditions essentielles pour voter

(1) Statut de salarié (CDI, CDD, intérim chez ETT, apprenti, contrat de pro). Pas les stagiaires, ni les mandataires sociaux non salariés. (2) Âge ≥ 16 ans au jour du scrutin. (3) Ancienneté ≥ 3 mois dans l'entreprise (peut être abaissée par accord collectif). (4) Pas d'incapacité civique (rare en pratique). Voter aux élections CSE est un acte important : ces élections fixent la représentativité syndicale (10 % minimum, L2122-1) et conditionnent la validité des accords d'entreprise (majorité 50 %, L2232-12).

Questions fréquentes

Quatre conditions cumulatives (L2314-18) : (1) être salarié de l'entreprise (CDI, CDD, intérim chez ETT, apprenti, contrat de professionnalisation) ; (2) être âgé de 16 ans révolus au jour du scrutin ; (3) avoir au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise au jour du scrutin ; (4) ne pas être frappé d'incapacité, interdiction ou déchéance relative aux droits civiques. Les stagiaires et mandataires sociaux non salariés sont exclus.

À partir de la date d'entrée dans l'entreprise jusqu'au jour du scrutin. Sont prises en compte : périodes de travail effectif + suspensions assimilées (congés payés, maladie, AT/MP, congé maternité). Les périodes de suspension non assimilées (congé sans solde, congé sabbatique) sont en principe exclues. L'ancienneté peut être abaissée par accord collectif (avantage aux salariés). Pas de seuil maximum à respecter.

Pour les élections du CSE de leur ETT (employeur juridique) : oui, dès 3 mois d'ancienneté. Pour les élections du CSE de l'entreprise utilisatrice (EU) : non en principe, sauf cas spécifiques de missions très longues durée dans la même EU. La jurisprudence évolue. Les intérimaires en CDI intérimaire (CDI-I) votent pour le CSE de l'ETT. Vérification au cas par cas en cas de doute.

Être ÉLECTEUR (L2314-18) : conditions plus souples (16 ans, 3 mois). Être ÉLIGIBLE (L2314-19, candidat aux élections) : conditions plus strictes (18 ans, 1 an d'ancienneté). Sont aussi exclus de l'éligibilité les proches parents de l'employeur (conjoint, partenaire PACS, ascendants, descendants, frères et sœurs). Tous les éligibles sont électeurs, mais tous les électeurs ne sont pas éligibles.

Signaler immédiatement à l'employeur (avant le scrutin, pour rectification). Recours interne d'abord : demande de rectification au service RH. Si refus : contestation devant le tribunal judiciaire dans les 15 jours suivant la proclamation des résultats (L2314-32). En cas d'omission grave avérée : annulation possible des élections par le tribunal, organisation de nouvelles élections, recalcul de la représentativité syndicale.

Importance majeure : (1) désignation des représentants du personnel pour 4 ans ; (2) mesure de la représentativité syndicale (seuil 10 % au 1er tour, L2122-1) qui détermine quels syndicats peuvent désigner un délégué syndical et signer des accords ; (3) validité des accords d'entreprise (majorité 50 % requise pour les accords majoritaires, L2232-12) qui priment sur la convention de branche dans la plupart des domaines ; (4) instance centrale du dialogue social. Acte citoyen majeur dans la vie de l'entreprise.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 04/06/2026.