Article L3141-19 · En vigueur

Article L3141-19 — Fractionnement du conge principal et jours supplementaires

L'article L3141-19 organise le fractionnement du congé principal. Bloc continu obligatoire de 12 jours minimum entre deux jours de repos dans la période principale. Jours supplémentaires de fractionnement (1 ou 2 jours) attribués si une partie du congé principal est prise hors période.

Ce que dit l'article L3141-19

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Lorsque le congé ne dépasse pas douze jours ouvrables, il doit être continu.

Lorsque le congé principal est d'une durée supérieure à douze jours ouvrables et au plus égale à vingt-quatre jours ouvrables, il peut être fractionné par l'employeur avec l'accord du salarié. Dans ce cas, une des fractions est au moins égale à douze jours ouvrables continus compris entre deux jours de repos hebdomadaire.

Lorsque le congé est pris en plusieurs fractions, deux jours ouvrables supplémentaires sont attribués lorsque le nombre de jours de congé pris en dehors de cette période est au moins égal à six et un seul jour lorsque ce nombre est compris entre trois et cinq jours. Les jours de congé principal dus au-delà de vingt-quatre jours ouvrables ne sont pas pris en compte pour l'ouverture du droit à ce supplément.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre Ier
Titre
Titre IV Conges payes
Chapitre
Chapitre Ier Conges payes

L'article L3141-19 du Code du travail organise le fractionnement du congé principal. Le congé doit en principe être continu jusqu'à 12 jours. Au-delà, il peut être fractionné avec l'accord du salarié, avec un bloc continu d'au moins 12 jours ouvrables. Mécanisme de jours supplémentaires de fractionnement : 1 ou 2 jours additionnels si une partie est prise hors période principale.

Texte officiel (extrait)

« Lorsque le congé ne dépasse pas douze jours ouvrables, il doit être continu.

Lorsque le congé principal est d'une durée supérieure à douze jours ouvrables et au plus égale à vingt-quatre jours ouvrables, il peut être fractionné par l'employeur avec l'accord du salarié. Dans ce cas, une des fractions est au moins égale à douze jours ouvrables continus compris entre deux jours de repos hebdomadaire.

Lorsque le congé est pris en plusieurs fractions, deux jours ouvrables supplémentaires sont attribués lorsque le nombre de jours de congé pris en dehors de cette période est au moins égal à six et un seul jour lorsque ce nombre est compris entre trois et cinq jours. »

En clair

Les 5 semaines de congés payés annuels se décomposent en : « congé principal » (4 semaines, soit 24 jours ouvrables) à prendre dans la période 1er mai - 31 octobre, et « 5e semaine » (6 jours) à prendre hors cette période. L3141-19 organise comment ces 24 jours peuvent être fractionnés et comment des jours supplémentaires sont attribués au salarié en compensation.

Les règles de fractionnement

Bloc continu obligatoire

Un bloc continu d'au moins 12 jours ouvrables (2 semaines pleines) doit être pris entre deux jours de repos hebdomadaire. Garantie de vraies vacances de récupération. Pris dans la période 1er mai - 31 octobre.

Fractionnement du solde

Les 12 autres jours du congé principal (24 - 12 = 12) peuvent être fractionnés avec l'accord du salarié. Pris en plusieurs fois selon les besoins (vacances scolaires, événements familiaux, etc.).

Les jours supplémentaires de fractionnement

Jours pris hors période principale (1er mai - 31 octobre)Jours supplémentaires
1 ou 2 jours hors période0 jour supplémentaire
3 à 5 jours hors période+1 jour ouvrable
6 jours et plus hors période+2 jours ouvrables
Calcul sur les jours du congé principal (entre le 5e et le 24e jour). Les jours au-delà de 24 (5e semaine) ne sont pas pris en compte.

Renonciation aux jours de fractionnement

Le salarié peut renoncer aux jours supplémentaires de fractionnement par accord avec l'employeur. Cas typiques :

  • Convention collective excluant le fractionnement (préciser dans le contrat)
  • Accord d'entreprise prévoyant la renonciation systématique en échange d'autres avantages
  • Décision individuelle du salarié au moment de la demande de fractionnement
  • Bonne pratique : formaliser la renonciation par écrit pour éviter les contestations ultérieures

Exemples concrets de calcul

Exemple 1 — Fractionnement substantiel

Salarié prend : 12 jours en juillet (1er au 13) + 12 jours en septembre (1er au 13) + 6 jours en décembre. Le bloc de 12 jours en juillet est inclus dans le congé principal. Les 12 jours de septembre incluent 6 jours en septembre (= dans la période principale jusqu'au 31 octobre). Pas de jours pris hors période = pas de jour supplémentaire. Mais s'il prend 12 jours en juillet + 12 jours en novembre + 6 en décembre : 12 jours du congé principal hors période → +2 jours supplémentaires.

Exemple 2 — Petit fractionnement

Salarié prend : 14 jours en août + 5 jours en novembre + 5 jours en mars (5e semaine). Les 5 jours de novembre sont du congé principal hors période = +1 jour supplémentaire (entre 3 et 5 jours hors période). Salarié gagne 1 jour de plus pour son fractionnement.

Sanctions du non-respect

Si l'employeur fractionne sans accord du salarié au-delà de 12 jours, ou refuse les jours supplémentaires de fractionnement dus : action prud'homale pour rappel des jours dus (prescription 3 ans, L3245-1) + dommages-intérêts pour préjudice. Possible discrimination si la pratique est systématique et frappe certains salariés. Amende contraventionnelle de la 5e classe (1 500 €) pour non-respect des règles de congés (R3143-1).

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour optimiser le fractionnement : planifier ses congés en intégrant les jours supplémentaires acquis. Possibilité de renoncer aux jours de fractionnement par accord. Vérifier la convention collective applicable (certaines en prévoient des modalités différentes).

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Cas pratiques

Cas 1 — Congé classique 24 jours en août

Un salarié prend ses 24 jours de congé principal en bloc continu en août. Application de L3141-19 : pas de fractionnement (bloc continu de 24 jours). Aucun jour supplémentaire dû. Configuration classique. La 5e semaine (6 jours) prise en décembre ne donne pas non plus droit à des jours supplémentaires (elle n'est pas dans le congé principal au sens de L3141-19).

Cas 2 — Fractionnement avec 5 jours hors période : +1 jour

Un salarié prend : 12 jours en juillet (bloc continu obligatoire) + 7 jours en septembre + 5 jours en novembre (5e semaine partielle). Sur les 24 jours de congé principal, 5 jours sont pris en novembre (hors période 1er mai - 31 octobre). Application de L3141-19 : 5 jours hors période = +1 jour supplémentaire. Le salarié obtient 1 jour de fractionnement supplémentaire. Total : 24 + 1 = 25 jours de congé principal effectif + 5e semaine.

Cas 3 — Fractionnement substantiel : +2 jours

Un salarié prend : 12 jours en juillet + 6 jours en septembre + 6 jours en décembre (du congé principal). Sur les 24 jours de congé principal, 6 jours sont pris en décembre (hors période). Application de L3141-19 : 6 jours hors période ≥ 6 → +2 jours supplémentaires. Total : 24 + 2 = 26 jours de congé principal + 5e semaine. Avantage substantiel pour le salarié qui prend une partie de son congé principal en hiver.

Cas 4 — Renonciation par accord

Une entreprise négocie un accord d'entreprise prévoyant la renonciation aux jours supplémentaires de fractionnement en échange d'une prime d'été (200 €). Application de L3141-19 + accord d'entreprise : accord valable si signature majoritaire. Les salariés peuvent fractionner librement leurs congés (avec accord employeur) sans gain de jours supplémentaires. Compensation par la prime. Bonne pratique pour les entreprises qui veulent simplifier la gestion des congés.

Cas 5 — Refus de l'employeur des jours supplémentaires

Un salarié a fractionné son congé principal sur l'année (12 + 6 + 6 hors période). Il a donc droit à +2 jours supplémentaires. Son employeur refuse de les lui accorder, prétextant que la convention collective ne les prévoit pas. Application de L3141-19 (disposition d'ordre public) : les jours supplémentaires sont dus de plein droit, sauf renonciation expresse du salarié. Action prud'homale possible : reconnaissance des 2 jours + rappel de salaire éventuel (si non pris) + dommages-intérêts.

Cas 6 — Convention collective excluant le fractionnement

Une convention collective prévoit explicitement que les jours supplémentaires de fractionnement ne sont pas applicables. Le salarié fractionne son congé principal mais ne reçoit pas de jours supplémentaires. Application de L3141-19 + CC : la convention collective peut exclure les jours supplémentaires de fractionnement (jurisprudence Cass. soc.). Mais elle ne peut pas imposer le fractionnement sans l'accord du salarié. Vérifier sa convention collective avant tout calcul.

4 règles essentielles du fractionnement

(1) Congé ≤ 12 jours : continu obligatoire. (2) Bloc de 12 jours minimum entre deux dimanches dans la période 1er mai - 31 octobre. (3) Fractionnement du reste avec accord du salarié. (4) Jours supplémentaires : +1 jour si 3-5 jours du congé principal sont pris hors période, +2 jours si 6 jours et plus. Renonciation possible par accord. Convention collective peut exclure les jours supplémentaires. La 5e semaine n'est pas comptée pour les jours supplémentaires.

Questions fréquentes

Le congé principal de 24 jours ouvrables peut être fractionné, mais avec un bloc continu d'au moins 12 jours ouvrables entre deux jours de repos hebdomadaire, à prendre dans la période 1er mai - 31 octobre (L3141-19). Les 12 jours restants peuvent être pris en plusieurs fois avec l'accord du salarié. La 5e semaine (6 jours) peut être prise en dehors de la période principale (généralement décembre ou mars).

Si une partie du congé principal (entre le 5e et le 24e jour) est prise EN DEHORS de la période 1er mai - 31 octobre : +1 jour ouvrable supplémentaire si 3 à 5 jours sont pris hors période, +2 jours ouvrables supplémentaires si 6 jours et plus sont pris hors période. Compensation pour l'éclatement du congé. La 5e semaine (au-delà du 24e jour) n'est pas prise en compte pour ce calcul.

Oui, par accord du salarié. Cas typiques : (1) renonciation individuelle au moment de la demande de fractionnement ; (2) accord d'entreprise prévoyant la renonciation en échange d'avantages (prime de fractionnement, par exemple) ; (3) convention collective excluant les jours supplémentaires (jurisprudence Cass. soc. l'admet). Bonne pratique : formaliser la renonciation par écrit (avenant, lettre) pour éviter les contestations ultérieures.

Au-delà de 12 jours, l'accord du salarié est requis (L3141-19 al. 2). L'employeur ne peut imposer un fractionnement contre l'avis du salarié pour la partie au-delà de 12 jours. En revanche, l'employeur peut imposer un fractionnement en deçà de 12 jours (en respectant l'ordre des départs L3141-15). Refus de l'employeur sans motif valable peut donner lieu à action prud'homale.

Uniquement les jours du congé principal (24 jours ouvrables = 4 semaines) pris EN DEHORS de la période 1er mai - 31 octobre. La 5e semaine (jours 25 à 30) n'est pas prise en compte (elle est par définition censée être prise hors période principale). Exemple : prendre 5 jours en novembre du congé principal = +1 jour supplémentaire. Prendre 5 jours en novembre de la 5e semaine = pas de jour supplémentaire.

(1) Demande écrite à l'employeur de régularisation (LRAR avec calcul précis). (2) Vérifier la convention collective applicable (peut exclure les jours supplémentaires). (3) Vérifier un éventuel accord d'entreprise (peut prévoir un régime différent). (4) À défaut, action prud'homale : reconnaissance des jours dus + rappel de salaire (si non pris) + dommages-intérêts. Prescription 3 ans (L3245-1). Conserver tous les justificatifs (planning de congés validés, bulletins de paie).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 11/06/2026.