Article L3141-3 · En vigueur

Article L3141-3 — Acquisition des congés payés — 2,5 jours par mois

L'article L3141-3 fixe le droit à congés payés : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, plafonnés à 30 jours ouvrables par an (5 semaines). Tous salariés concernés, sans condition d'ancienneté.

Ce que dit l'article L3141-3

Texte officiel en vigueur depuis le 10/08/2016 :

Le salarié a droit à un congé de deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur. La durée totale du congé exigible ne peut excéder trente jours ouvrables.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie III
Durée du travail, salaire, intéressement, participation et épargne salariale
Livre
Livre Ier — Durée du travail, repos et congés
Titre
Titre IV — Congés payés et autres congés
Chapitre
Chapitre Ier — Congés payés
Section
Section 2 — Droit au congé

L'article L3141-3 fixe le droit à congés payés de tout salarié : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, plafonné à 30 jours ouvrables par an (soit 5 semaines). C'est le socle du droit aux congés payés, instauré en 1936 et progressivement étendu.

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Trois règles fondamentales :

  • Tout salarié (CDI, CDD, temps partiel, intérimaire, stagiaire rémunéré) acquiert des congés payés.
  • L'acquisition est de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif (4 semaines de travail = 1 mois entier d'acquisition).
  • Le plafond annuel est de 30 jours ouvrables, soit l'équivalent de 5 semaines.

Conversion : 30 jours ouvrables (du lundi au samedi inclus) = 25 jours ouvrés (du lundi au vendredi). C'est l'équivalent strict, le décompte ouvrables/ouvrés ne change rien à la durée réelle des congés.

La période de référence

L'article L3141-10 fixe la période d'acquisition à 12 mois. La période légale court par défaut du 1er juin de l'année N-1 au 31 mai de l'année N. Beaucoup de conventions collectives ou d'accords d'entreprise calent cette période sur l'année civile (1er janvier - 31 décembre).

PériodeDescription
Période d'acquisition1er juin N-1 → 31 mai N (par défaut)
Période de prise1er mai N → 30 avril N+1 (par défaut, comprend 1er mai-31 octobre obligatoire)
Acquisition mensuelle2,5 jours ouvrables / mois travaillé
Plafond annuel30 jours ouvrables (5 semaines)

Qui est concerné ?

  • Tous les salariés, sans condition d'ancienneté (depuis la loi du 22 mars 2012).
  • Tous types de contrats : CDI, CDD, temps partiel, apprentis, intérimaires, stagiaires rémunérés.
  • Quelle que soit la taille de l'entreprise et le secteur d'activité.

Les périodes assimilées à du travail effectif

L'article L3141-5 énumère les périodes qui, bien que non travaillées, sont assimilées à du travail effectif pour l'acquisition des congés payés :

  • Périodes de congés payés de l'année précédente ;
  • Périodes de congé maternité, paternité, adoption ;
  • Périodes de congé pour événement familial ;
  • Périodes de repos compensateur obligatoire ;
  • Périodes de contrepartie obligatoire en repos ;
  • Périodes de maladie professionnelle ou accident du travail (intégrales) ;
  • Périodes de maladie non professionnelledepuis la loi du 22 avril 2024, désormais assimilées à du travail effectif pour l'acquisition de congés, mais à raison de 2 jours ouvrables par mois (et non 2,5) et plafonné à 24 jours ouvrables/an. Cette réforme transpose la jurisprudence européenne (CJUE) et plusieurs arrêts de la Cour de cassation du 13 septembre 2023 (n° 22-17.340 et autres) ;
  • Périodes de chômage technique ou partiel (L5122-2) ;
  • Périodes de formation professionnelle sur ordre de l'employeur.

Décompte en jours ouvrables ou ouvrés

Le Code du travail raisonne en jours ouvrables (du lundi au samedi inclus, soit 6 jours/semaine). Beaucoup d'entreprises pratiquent un décompte en jours ouvrés (lundi-vendredi, 5 jours/semaine). Les deux méthodes sont équivalentes :

Durée des congésJours ouvrables (légal)Jours ouvrés (équivalent)
1 semaine65
1 mois2,52,083
5 semaines3025

La méthode ouvrés est avantageuse pour le salarié si elle conduit à plus de jours réels — c'est-à-dire si le décompte ne pénalise pas le samedi.

Cas particuliers — congés supplémentaires

  • Congés supplémentaires pour fractionnement (L3141-23) : 1 ou 2 jours supplémentaires si le congé principal est fractionné en dehors de la période 1er mai - 31 octobre.
  • Congés pour enfants à charge (L3141-8) : 2 jours supplémentaires par enfant de moins de 15 ans à charge (limite : congé total ≤ 30 jours ouvrables).
  • Conventions collectives plus favorables : beaucoup prévoient des congés d'ancienneté supplémentaires.

Que faire des congés non pris ?

Le principe (L3141-12) est que les congés doivent être pris chaque année sur la période de prise. Mais plusieurs cas autorisent un report :

  • Salarié en arrêt maladie au moment de la prise ;
  • Accord d'entreprise prévoyant le report ;
  • Compte épargne temps (CET) ;
  • Maternité, paternité (report obligatoire).

À défaut, les congés non pris sont en principe perdus, sauf si la perte est imputable à l'employeur (qui n'a pas permis leur prise) — auquel cas le salarié peut réclamer une indemnité compensatrice ou la prise différée (Cass. Soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929).

Risques en cas de non-respect

  • Rappel d'indemnité de congés payés sur 3 ans (L3245-1) en cas de paiement insuffisant.
  • Indemnité compensatrice de congés payés due à la rupture du contrat pour les congés non pris (L3141-28) : 1/10 de la rémunération brute totale perçue depuis le début de la période d'acquisition.
  • Sanctions contraventionnelles (R3143-1) en cas de violation du droit aux congés.
  • Dommages-intérêts pour atteinte à la santé du salarié si le congé n'a pas été pris pendant une période prolongée.

Comment se mettre en conformité

  1. Établir un compteur d'acquisition par salarié, à jour mois par mois.
  2. Vérifier les périodes assimilées (maladie professionnelle, congé maternité, et maladie non professionnelle depuis la réforme 2024).
  3. Définir une période de prise (par accord ou affichage L3141-13).
  4. Informer chaque salarié de son solde de congés (sur le bulletin de paie L3243-2 ou via le portail RH).
  5. Permettre la prise : pas de pression pour reporter ; encourager la prise pendant la période légale.
  6. Régler l'indemnité compensatrice en cas de rupture du contrat avec congés non pris.
  7. Utilisez notre simulateur de congés payés pour estimer les droits.

À titre informatif. Les règles peuvent varier selon la convention collective et les accords d'entreprise (notamment sur la période d'acquisition et le fractionnement). Vérifiez systématiquement votre accord applicable.

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Cas pratiques

Cas n°1 — Acquisition pour une année complète

Un salarié travaille du 1er juin N-1 au 31 mai N sans interruption. Il acquiert 12 × 2,5 = 30 jours ouvrables, soit le plafond légal. Ces 30 jours pourront être pris du 1er mai N au 30 avril N+1 (sauf accord modifiant la période de prise).

Cas n°2 — CDD de 6 mois

Un salarié en CDD du 1er janvier au 30 juin acquiert 6 × 2,5 = 15 jours ouvrables (soit 12,5 jours ouvrés). En fin de contrat, il n'a pas pu prendre tous ses congés : indemnité compensatrice versée avec le solde de tout compte (L3141-28). Calcul : 1/10 de la rémunération brute totale ou maintien de salaire pendant la durée des congés, selon la formule la plus favorable.

Cas n°3 — Maladie non professionnelle (réforme 2024)

Une salariée est en arrêt maladie classique 4 mois. Avant la loi du 22 avril 2024, ces mois n'ouvraient pas droit à congés. Depuis, les périodes de maladie non professionnelle sont assimilées à du travail effectif, à raison de 2 jours ouvrables par mois (et non 2,5) plafonné à 24 jours/an. Soit 4 × 2 = 8 jours supplémentaires acquis. Cette assimilation s'applique rétroactivement selon les modalités fixées par les arrêts Cassation du 13 septembre 2023 (n° 22-17.340) — durée de prescription : 2 ans à compter du retour de l'arrêt.

Cas n°4 — Plafond conventionnel plus favorable

Un salarié de la métallurgie avec 10 ans d'ancienneté bénéficie, en plus des 30 jours légaux, de 2 jours d'ancienneté prévus par la convention collective. Total : 32 jours ouvrables. La convention est plus favorable, c'est elle qui s'applique. À noter : ces jours conventionnels supplémentaires sont également ouvrables, sauf disposition contraire.

Cas n°5 — Congés perdus du fait de l'employeur

Une salariée demande à prendre ses congés mais l'employeur les refuse à plusieurs reprises pour cause de surcharge. À la fin de la période de prise, les congés sont prétendument perdus. La jurisprudence Cass. Soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929 protège la salariée : la perte étant imputable à l'employeur (qui n'a pas pris les mesures permettant la prise), le report ou l'indemnité compensatrice est dû. Le salarié peut saisir les prud'hommes.

Questions fréquentes

2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur (article L3141-3), soit 30 jours ouvrables par an (5 semaines). En jours ouvrés (lundi-vendredi), l'équivalent est de 2,083 jours par mois, soit 25 jours par an.

Les jours ouvrables incluent du lundi au samedi inclus (6 jours/semaine). Les jours ouvrés ne couvrent que les jours réellement travaillés (lundi-vendredi, 5 jours/semaine). 30 jours ouvrables = 25 jours ouvrés. Les deux méthodes donnent la même durée réelle de congés.

Oui, depuis la loi du 22 avril 2024 transposant la jurisprudence européenne et les arrêts Cassation du 13 septembre 2023. Les arrêts maladie d'origine professionnelle (AT/MP) ouvrent droit à 2,5 jours par mois ; les arrêts maladie non professionnelle ouvrent désormais droit à 2 jours par mois, plafonnés à 24 jours/an.

Non, depuis la loi du 22 mars 2012. Le droit à congés payés s'ouvre dès le premier mois de travail, peu importe l'ancienneté. Auparavant, un seuil minimum d'1 mois de travail effectif était requis pour ouvrir le droit.

Par défaut (L3141-10), la période d'acquisition court du 1er juin de l'année N-1 au 31 mai de l'année N. Une convention collective ou un accord d'entreprise peut fixer une autre période, fréquemment alignée sur l'année civile (1er janvier - 31 décembre).

Les congés non pris sont en principe perdus à la fin de la période de prise, sauf : accord d'entreprise prévoyant le report, salarié en arrêt maladie au moment de la prise, dépôt sur un CET, ou faute de l'employeur n'ayant pas permis la prise (Cass. Soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929). En cas de rupture du contrat, une indemnité compensatrice est obligatoirement versée (L3141-28).
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.