Premiers Secours en Santé Mentale
Module 2 : Reconnaître les troubles
2.1 Dépression et troubles de l'humeur
La dépression caractérisée (épisode dépressif caractérisé — EDC) est le trouble psychique le plus fréquent : 17 % de prévalence vie entière en population générale française, et 18 % des salariés qui en ont déjà souffert au moins une fois (DARES 2024). Cause directe de 60 à 70 % des suicides, elle multiplie par 4 le risque d'absentéisme. Comprendre ses critères diagnostiques (DSM-5, CIM-11), savoir la distinguer du deuil, d'une réaction d'adaptation ou d'un trouble bipolaire, et appliquer la posture du secouriste PSSM : c'est l'objet de ce chapitre.
Les 9 critères diagnostiques DSM-5 de l'EDC (≥ 5 sur 9 pendant ≥ 2 semaines)
Source : DSM-5 (APA 2013, TR 2022), CIM-11 (OMS 2022) – code 6A70. Diagnostic exclusivement médical.
Définition clinique : l'épisode dépressif caractérisé (EDC)
La dépression caractérisée — ou épisode dépressif caractérisé (EDC) dans la nomenclature francophone, major depressive disorder dans le DSM-5 anglo-saxon — est un trouble de l'humeur défini par un ensemble de symptômes durables qui altèrent significativement le fonctionnement social, professionnel ou personnel. Le diagnostic suit deux référentiels internationaux complémentaires : le DSM-5 de l'American Psychiatric Association (édition 2013, révision textuelle DSM-5-TR en 2022) et la CIM-11 de l'OMS (en vigueur depuis le 1er janvier 2022, code 6A70 pour le « trouble dépressif – épisode unique »).
Selon le DSM-5, le diagnostic d'EDC exige au moins 5 symptômes sur 9 présents pendant au moins 2 semaines consécutives, dont obligatoirement l'un des deux suivants : (a) humeur dépressive quasi quotidienne, (b) anhédonie (perte d'intérêt ou de plaisir). Les sept autres critères couvrent l'appétit/poids, le sommeil, l'activité psychomotrice, la fatigue, la dévalorisation, la concentration et les idées suicidaires (voir visuel ci-dessus). L'anhédonie est cliniquement la plus spécifique : une personne qui pleure beaucoup mais qui peut encore prendre du plaisir à voir ses enfants ou écouter de la musique n'est probablement pas en EDC. Une personne qui décrit « je ne ressens plus rien » l'est très probablement.
Le secouriste PSSM ne diagnostique pas. Le diagnostic relève exclusivement d'un médecin — généraliste en première intention, psychiatre en cas de doute ou de gravité. Le rôle du secouriste est de repérer les signes évocateurs, d'écouter sans juger, et de relayer vers un professionnel. Cette distinction est fondamentale juridiquement (l'exercice illégal de la médecine est sanctionné par l'art. L4161-1 du Code de la santé publique) et déontologiquement (poser une étiquette psychiatrique sans formation peut blesser durablement la personne).
Prévalence en France : les données de Santé publique France (Baromètre santé 2021, actualisé 2024) et de la DARES (2024) convergent. Sur la vie entière, 17 % de la population générale souffre ou a souffert d'un EDC. La prévalence sur l'année écoulée est de 9,8 % (12,5 % femmes, 6,4 % hommes). Chez les salariés, 18 % rapportent un épisode dépressif au cours de leur vie professionnelle. Les secteurs les plus touchés : santé/social, action sociale, enseignement, hôtellerie-restauration. Les conséquences sur l'entreprise sont massives : absentéisme multiplié par 4, présentéisme avec -30 % de productivité, turn-over augmenté, coût annuel estimé par la Sécurité sociale à 3 à 4 milliards d'euros.
Signes observables en entreprise : ce que voit le collègue
Le secouriste PSSM en entreprise n'a accès ni au dossier médical, ni à l'intimité de la personne. Il observe des signaux comportementaux qui, combinés et persistants, doivent l'alerter. Aucun de ces signaux pris isolément n'est diagnostique ; c'est leur combinaison, leur persistance (plus de 2 semaines) et leur rupture avec le fonctionnement habituel de la personne qui font signal.
- Retrait social : ne déjeune plus avec les collègues, refuse les pauses café, ne participe plus aux réunions informelles, garde la porte fermée, évite les déplacements professionnels.
- Baisse de productivité inhabituelle : erreurs en série, retards de livrables, oublis, mails qui restent sans réponse pendant des jours, dossiers traités au minimum.
- Absentéisme répété ou prolongé : arrêts maladie courts répétés (« mal au dos », « gastro »), retards récurrents, départs anticipés, lundis manquants.
- Irritabilité ou agressivité inhabituelle : réactions disproportionnées, larmes inopinées en réunion, retraits brusques, conflits récents avec des collègues qu'on appréciait.
- Apparence physique dégradée : vêtements négligés, perte de poids visible, traits creusés, regard fixe ou fuyant, hygiène en baisse — surtout chez une personne habituellement soignée.
- Propos évocateurs : « je n'en peux plus », « tout va mal », « je ne vois pas le bout », « rien ne sert à rien », « tout le monde serait mieux sans moi ». Cette dernière formule est un signal d'alerte majeur à évaluer immédiatement (cf. Module 4 — crise suicidaire).
Facteurs déclenchants et aggravants connus en milieu de travail : stress chronique non régulé, harcèlement moral ou sexuel, surcharge structurelle, perte de sens (bullshit jobs, conflits éthiques), isolement (télétravail subi sans accompagnement), événements de vie privée (deuil, divorce, licenciement d'un proche), placard professionnel, mise au placard, restructuration anxiogène. La directive européenne 89/391/CEE et l'article L4121-1 du Code du travail imposent à l'employeur d'évaluer ces risques psychosociaux dans le DUERP — c'est précisément ce qui légitime le déploiement d'une démarche PSSM en entreprise (cf. Module 5).
Différencier dépression, deuil, réaction d'adaptation
Toute tristesse n'est pas une dépression. Le DSM-5 et la CIM-11 distinguent soigneusement plusieurs entités voisines, dont la prise en charge diffère.
(a) Réaction normale au stress / d'adaptation. Face à un événement de vie difficile (deuil, séparation, échec professionnel), une période de tristesse de quelques jours à 2 semaines est physiologique. La fonction sociale et professionnelle reste globalement préservée. Pas de critère DSM-5 rempli durablement. Le soutien social informel suffit le plus souvent. Si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines avec retentissement fonctionnel, on bascule en EDC.
(b) Deuil. Le deuil n'est pas un trouble en soi – c'est une réaction normale à la perte d'un proche. Le DSM-5 a longtemps exclu le diagnostic d'EDC pendant les deux premiers mois du deuil (critère « bereavement exclusion »), exclusion supprimée dans le DSM-5 de 2013 puis nuancée dans le DSM-5-TR (2022). Une nouvelle entité a été ajoutée : le « trouble de deuil prolongé » (CIM-11 code 6B42, DSM-5-TR 2022). Critères : persistance > 12 mois (adulte) ou 6 mois (enfant) après le décès d'une préoccupation intense pour le défunt, incapacité à reprendre les activités habituelles, déni de la perte, sentiment d'inutilité de la vie. Référence : Société Française de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent (SFPEADA) et American Academy of Pediatrics.
(c) Dépression saisonnière (SAD, Seasonal Affective Disorder). Variante de l'EDC à pattern saisonnier (DSM-5, spécificateur « with seasonal pattern »). Survient typiquement à l'automne-hiver, avec rémission au printemps. Lien établi avec la diminution de la lumière naturelle (axe rétine – noyau suprachiasmatique – mélatonine – sérotonine). Luminothérapie (10 000 lux, 30 min/jour le matin) en première intention, avec efficacité démontrée par méta-analyses (Cochrane 2019).
(d) Dépression du post-partum. Touche 15 à 20 % des jeunes mères dans l'année suivant l'accouchement. À distinguer absolument du baby blues (transitoire, 50-80 % des accouchées, dure quelques jours, résolutif spontané sans traitement). La dépression du post-partum est une vraie EDC qui s'installe, avec un risque accru de troubles de l'attachement mère-enfant et de suicide maternel (1re cause de mortalité maternelle dans l'année post-accouchement en France selon Santé publique France). Repérage systématique recommandé par la HAS depuis 2014 lors de l'entretien postnatal précoce (EPNP).
(e) Trouble bipolaire à phase dépressive actuelle. Crucial à distinguer ! L'EDC chez une personne bipolaire ressemble cliniquement à une dépression unipolaire, mais les antidépresseurs en monothérapie sont contre-indiqués car ils peuvent déclencher un virage maniaque ou une accélération des cycles. Drapeaux rouges suggestifs de bipolarité : début précoce avant 25 ans, dépressions à répétition, antécédents familiaux de bipolarité ou de suicide, hypersomnie + hyperphagie, sensibilité atypique, résistance aux antidépresseurs, antécédents d'épisodes d'excitation. Tout cela justifie un avis psychiatrique avant prescription.
Comparatif : dépression vs deuil vs trouble d'adaptation
| Critère | Dépression (EDC) | Deuil normal | Trouble d'adaptation |
|---|---|---|---|
| Déclencheur | Souvent absent ou minime | Perte d'un proche (toujours) | Événement stressant identifié (3 mois max) |
| Durée | ≥ 2 semaines, sans amélioration | Vagues, atténuation 6-12 mois | ≤ 6 mois après fin du stresseur |
| Anhédonie | Globale, permanente | Préservation des plaisirs hors souvenirs | Variable, partielle |
| Estime de soi | Effondrée, dévalorisation | Globalement préservée | Atteinte modérée |
| Idées suicidaires | Fréquentes, à évaluer | Rejoindre le défunt (passive), rare actif | Possibles si stresseur majeur |
| Prise en charge | Médicale + psy + (antidépresseur) | Soutien social, accompagnement | Psychothérapie brève, gestion stress |
Le trouble bipolaire : alternance de phases
Le trouble bipolaire (anciennement psychose maniaco-dépressive) touche 1 à 2 % de la population en France (≈ 650 000 à 1,3 million de personnes selon les estimations Santé publique France et HAS 2014). Maladie chronique cyclique caractérisée par l'alternance, sur une vie, de phases dépressives (cliniquement indistinguables d'une EDC unipolaire) et de phases d'excitation (maniaques ou hypomaniaques), entrecoupées de périodes de stabilité.
Phase maniaque (manie) — DSM-5 / CIM-11 6A60 : humeur euphorique ou irritable de manière persistante (≥ 1 semaine), avec au moins 3 symptômes parmi : (a) estime de soi exagérée / idées de grandeur (« je suis génial », « je vais révolutionner le monde »), (b) réduction du besoin de sommeil (3-4h suffisent sans fatigue diurne), (c) logorrhée, (d) fuite des idées, (e) distractibilité, (f) hyperactivité orientée vers un but ou agitation, (g) conduites à conséquences dommageables (dépenses inconsidérées, conduite dangereuse, désinhibition sexuelle, investissements absurdes). Possibles symptômes psychotiques associés en phase sévère : hallucinations, délires de grandeur ou mystiques. Retentissement fonctionnel majeur. Hospitalisation parfois nécessaire (consentement ou SDT/SPDRE).
Phase hypomaniaque — version atténuée de la manie, durée ≥ 4 jours, sans symptômes psychotiques, sans retentissement fonctionnel marqué. Souvent vécue positivement par la personne (« je pète la forme ») — ce qui rend le diagnostic difficile, le patient ne consultant pas pendant ces périodes mais uniquement lors des phases dépressives.
Sous-types (DSM-5 / CIM-11) : type I = au moins un épisode maniaque caractérisé dans la vie (avec ou sans dépression) ; type II = au moins un épisode hypomaniaque + au moins un épisode dépressif caractérisé (sans phase maniaque pleine). Le type II est plus fréquent et plus difficile à diagnostiquer. Cycle long = épisode dure quelques semaines à plusieurs mois. Cycle rapide = ≥ 4 épisodes thymiques par an, forme plus sévère.
Risque suicidaire majeur : 15 fois supérieur à celui de la population générale, particulièrement lors des phases dépressives et des états mixtes (mélange dépression + excitation). Traitement de fond : thymorégulateurs — lithium (référence depuis Cade 1949, demi-vie courte, fenêtre thérapeutique étroite, lithiémie cible 0,6-1,0 mmol/L, surveillance rénale et thyroïdienne), valproate de sodium (contre-indiqué chez femme en âge de procréer depuis 2018, ANSM), lamotrigine (efficace surtout sur pôle dépressif), antipsychotiques atypiques (quétiapine, olanzapine, aripiprazole). Suivi spécialisé psychiatre + éducation thérapeutique + psychothérapie. Diagnostic souvent retardé de 10 ans en moyenne entre les premiers symptômes et la mise sous traitement adapté (HAS 2014).
Posture du secouriste PSSM face à une personne déprimée
La méthode officielle PSSM (méthode AERER — Approcher, Écouter, Rassurer, Encourager, Recommander — détaillée au Module 3) s'applique pleinement à la dépression. Sur ce chapitre, retenons les principes opérationnels spécifiques.
- Approcher avec calme, sans précipitation, en privé, en proposant un temps dédié (« j'ai 20 minutes si tu veux qu'on prenne un café »). Pas de surprise, pas de mise en scène, pas d'« intervention » de groupe.
- Écouter sans juger. La personne déprimée a souvent honte. Toute remarque culpabilisante referme la parole pour des mois. Reformuler ce qui est dit, valider les émotions (« je comprends que ce soit dur »), ne pas couper, ne pas conseiller dans les 10 premières minutes.
- Évaluer le risque suicidaire systématiquement. La règle PSSM : poser la question directement. « Est-ce que tu as parfois des pensées de te faire du mal, ou de mettre fin à tes jours ? » Ne pas avoir peur d'en parler — il est démontré (méta-analyse Dazzi et al., Psychol Med 2014) que poser la question ne fait pas naître l'idée suicidaire et au contraire la désamorce souvent (cf. Module 4).
- Rassurer sans minimiser. Messages clés : « la dépression est une maladie, comme un diabète », « elle se soigne », « avec un traitement adapté, environ 90 % des personnes récupèrent », « tu n'es pas seul(e) », « ce n'est pas de ta faute ».
- Encourager une aide professionnelle. Porte d'entrée habituelle : le médecin traitant. Évoquer aussi le médecin du travail (consultation à la demande possible — art. R4624-34 du Code du travail, sans autorisation employeur), un psychiatre, un psychologue (50 % remboursé depuis 2022 dispositif « Mon soutien psy » — 12 séances/an). En cas d'idées suicidaires actives : 3114 (numéro national 24h/24, gratuit, créé en 2021).
- Recommander des stratégies d'auto-soin : activité physique régulière (30 min/jour, méta-analyse Cooney 2013 Cochrane — effet comparable à un antidépresseur de classe ISRS sur dépressions légères à modérées), sommeil régulier, lumière du jour, lien social, alimentation. Pas de promesse miracle, juste des leviers.
Ce qu'il ne faut JAMAIS dire à une personne déprimée — phrases iatrogènes et culpabilisantes :
- « Secoue-toi, fais un effort. »
- « Il y a pire ailleurs, pense aux gens qui n'ont rien. »
- « Pense positif. »
- « Moi aussi je suis fatigué(e), tout le monde l'est. »
- « Tu as tout pour être heureux, je ne comprends pas. »
- « C'est dans la tête, t'as pas besoin de médicaments. »
Ces phrases, même bien intentionnées, renforcent la culpabilité, l'isolement et la dévalorisation déjà présents. Une dépression n'est pas un problème de volonté ; c'est une maladie neurobiologique (dysrégulation sérotoninergique, noradrénergique et dopaminergique, neuro-inflammation, axe HHS) qui ne se résout pas par un effort.
Traitement et pronostic : ce que sait le secouriste pour rassurer
Le secouriste PSSM ne prescrit rien et ne conseille pas de traitement. Mais il doit connaître les grandes lignes pour pouvoir rassurer la personne et déconstruire les peurs (antidépresseurs « qui rendent zombies » ou « qui rendent dépendant » — idées reçues très fréquentes).
Recommandations HAS (Haute Autorité de Santé, « Épisode dépressif caractérisé de l'adulte : prise en charge en soins de premier recours », 2017, actualisé 2023). Trois piliers :
- Psychothérapie structurée : TCC (thérapie comportementale et cognitive), thérapie interpersonnelle (TIP), thérapie de pleine conscience (MBCT pour prévention récidives). Première intention dans les dépressions légères à modérées. Efficacité comparable aux antidépresseurs sur l'épisode, supérieure pour la prévention des récidives.
- Antidépresseurs : indiqués dans les dépressions modérées à sévères, ou en cas d'échec de la psychothérapie seule. ISRS en première ligne (sertraline, escitalopram, fluoxétine, paroxétine). Délai d'action : 2 à 4 semaines. Durée recommandée : 6 mois minimum après rémission, plus en cas de récidive. Pas de dépendance au sens addictologique, mais syndrome d'arrêt si arrêt brutal (donc décroissance progressive).
- Hygiène de vie et auto-soin : activité physique régulière, sommeil, lumière naturelle, lien social, réduction alcool. Validés comme adjuvants par méta-analyses Cochrane.
En cas de résistance (échec de 2 antidépresseurs bien conduits) : avis psychiatre, électroconvulsivothérapie (ECT) dans formes sévères, kétamine intranasale (eskétamine, AMM 2019), stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS). Sismothérapie reste très efficace dans les formes mélancoliques et catatoniques.
Pronostic global : avec un traitement adapté, environ 80-90 % des EDC évoluent vers la rémission en quelques mois. Risque de récidive sur la vie : 50 % après un premier épisode, 70 % après deux, 90 % après trois. D'où l'importance du traitement de maintenance et de la prévention secondaire. 10 à 15 % des EDC évoluent vers une forme chronique (durée > 2 ans) — dysthymie ou trouble dépressif persistant dans le DSM-5.
Le secouriste PSSM peut donc dire en confiance : « ce n'est pas une fatalité, ça se soigne, et la plupart des personnes vont mieux dans les mois qui suivent une prise en charge ». Cette phrase, dite avec calme et conviction, fait souvent basculer une personne hésitante vers la consultation.
À retenir
- EDC = ≥ 5 critères / 9 du DSM-5 pendant ≥ 2 semaines, dont obligatoirement humeur dépressive ou anhédonie (critère le plus spécifique). Diagnostic médical exclusif — le secouriste PSSM repère, ne diagnostique pas.
- Prévalence vie entière en France : 17 % en population générale, 18 % chez les salariés (DARES 2024). Absentéisme ×4, présentéisme -30 %. Cause directe de 60-70 % des suicides.
- Signes observables en entreprise : retrait social, baisse productivité, absentéisme, irritabilité, vêtements négligés, propos désespérés. Combinaison + persistance + rupture avec le fonctionnement habituel = signal.
- Distinguer : réaction d'adaptation (≤ 2 sem, fonction préservée), deuil normal (vagues, plaisirs hors souvenirs préservés), trouble de deuil prolongé (> 6 mois, CIM-11 6B42), dépression saisonnière, post-natale (15-20 % des mères), trouble bipolaire (drapeaux rouges : âge précoce, antécédents familiaux, hypersomnie).
- Trouble bipolaire : 1-2 % prévalence, suicide ×15, alternance dépression / (hypo)manie, type I/II, traitement thymorégulateurs (lithium référence). Antidépresseurs seuls contre-indiqués car risque de virage maniaque.
- Posture PSSM : Approcher en privé, Écouter sans juger, évaluer le risque suicidaire en posant la question directement, Rassurer (« ça se soigne, 80-90 % de rémission »), Encourager médecin traitant + 3114 si urgence, Recommander activité physique / sommeil / lien.
- Phrases à proscrire : « secoue-toi », « pense positif », « il y a pire ». La dépression n'est pas un problème de volonté : c'est une maladie neurobiologique.