Concours d'ATSEM principal de 2e classe
Le QCM du concours externe

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : Le QCM du concours externe 22 min de lecture

2.3 Réviser l'hygiène, les repas, la sieste et le développement de l'enfant

L'article 2 du statut place l'hygiène au cœur du métier : celle des enfants, et celle des locaux et du matériel qui leur servent. S'y ajoutent les temps qui rythment la journée d'un enfant de 2 à 6 ans, le repas, la sieste, le passage aux toilettes. Ce chapitre rassemble ce que disent les textes et les organismes publics sur chacun de ces moments.

Les moments de la journée où l'hygiène est en jeu

Accueil

Ateliers

Toilettes

Repas

Sieste

Remise en état

1

La propreté des locaux et du matériel servant aux enfants

Le premier alinéa de l'article 2 du décret n° 92-850 charge l'ATSEM de « la préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants ». Le mot « directement » délimite la mission : la classe, le dortoir, les sanitaires, le matériel des ateliers, les jeux, les lits. L'entretien général du bâtiment relève d'autres agents de la commune.

La commune a en effet la charge matérielle de l'école. Le code de l'éducation range parmi ses dépenses obligatoires l'entretien des bâtiments, l'acquisition et l'entretien du mobilier scolaire, le chauffage, l'éclairage et la rémunération des personnels de service (art. L212-5). Le règlement type départemental de la Haute-Loire (2020) précise que « le nettoyage des locaux assuré par la commune doit être quotidien et l'aération suffisante pour les maintenir en état de salubrité ».

La « préparation » compte autant que la remise en état : installer le matériel d'un atelier prévu par l'enseignant, préparer la peinture, disposer les lits du dortoir. C'est là que la mission d'hygiène rejoint la participation aux activités pédagogiques, prévue par le même article 2 « sous la responsabilité » des enseignants.

Dans un QCM, une question sur l'entretien se tranche rarement sur la technique de ménage : elle porte plutôt sur ce qui relève de l'ATSEM, sur le bon moment (pas de produit utilisé en présence des enfants quand l'étiquette l'exclut, par exemple) et sur la sécurité des produits, objet de la zone suivante.

2

Produits d'entretien : ce que disent l'INRS et l'Anses

Les produits de nettoyage et de désinfection exposent à la fois l'agent qui les manipule et les enfants. Trois sources publiques couvrent l'essentiel.

Ne pas mélanger

L'INRS (fiche toxicologique FT 157) explique que l'eau de Javel au contact d'un acide dégage du chlore, et au contact de l'ammoniaque des chloramines, deux gaz très irritants. L'eau de Javel ne s'associe à aucun autre produit.

Suivre le fournisseur

L'INRS recommande de respecter strictement les indications du fournisseur : concentration, technique d'application, temps de contact, tels qu'ils figurent sur l'étiquette, la fiche technique et la fiche de données de sécurité. Gants adaptés au produit.

Garder l'emballage d'origine

L'Anses (Vigil'Anses n° 22) a relevé plus de 6 000 appels par an aux centres antipoison entre 2017 et 2021 liés au transvasement de produits, souvent dans des bouteilles d'eau. Le nouveau contenant perd l'étiquette et les pictogrammes.

À ces règles s'ajoute un principe d'organisation : les produits sont rangés dans un local ou un placard auquel les enfants n'ont pas accès. Ce point relève du bon sens et des consignes de la commune employeur plus que d'un texte unique ; il revient pourtant souvent dans les situations proposées aux candidats.

Retenir la logique plutôt que la liste : un produit est utilisé tel que prévu par son fabricant, seul, dans son emballage, hors de portée des enfants, avec la protection prévue. Ce sont aussi les questions que pose la prévention des risques professionnels de l'agent lui-même, dont la commune est responsable en tant qu'employeur.

3

L'hygiène des enfants : mains, toilettes et propreté

L'assistance à l'enseignant « pour l'accueil et l'hygiène des enfants » est la première mission du statut. Elle comprend l'accompagnement aux toilettes, le lavage des mains, le change après un accident, l'habillage et le déshabillage. Pour les jeunes enfants, ces gestes sont aussi des apprentissages : l'objectif est qu'ils deviennent progressivement autonomes.

Le lavage des mains. Santé publique France et l'Assurance maladie recommandent un lavage à l'eau et au savon, de préférence liquide, d'une trentaine de secondes, en frottant les paumes, le dos des mains, l'espace entre les doigts, le bout des doigts, les ongles et les poignets, puis un séchage avec une serviette propre ou à l'air libre. À l'école, ces moments se placent naturellement avant le repas, après le passage aux toilettes, après la récréation ou une activité salissante.

La propreté. Beaucoup d'enfants de petite section ne sont pas encore tout à fait propres. Aucun texte ne subordonne l'accès à l'école à cette acquisition : l'instruction est obligatoire dès trois ans (code de l'éducation, art. L131-1). Dans une réponse publiée au JO du Sénat le 20 novembre 2025, le ministère précise que « l'ATSEM et l'enseignant sont appelés à effectuer les gestes d'hygiène nécessaires pour accompagner l'enfant à franchir cette étape, dans le respect de sa maturation et de son intimité », en lien avec les familles.

L'intimité est le mot à retenir. Changer un enfant à l'écart du groupe, lui parler, lui proposer de faire seul ce qu'il sait faire, informer discrètement la famille : ces attitudes ne sont pas codifiées une à une, mais elles découlent directement de la formule ministérielle et sont attendues d'un candidat, à l'écrit comme à l'oral.

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4

Le repas et la restauration scolaire

Le statut prévoit que les ATSEM « peuvent être chargés de la surveillance des enfants des classes maternelles ou enfantines dans les lieux de restauration scolaire » (décret n° 92-850, art. 2). La pause méridienne n'est pas du temps d'enseignement : son organisation relève de la collectivité ou de la structure qui gère le service de restauration, et ses règles sont fixées localement.

Deux textes encadrent l'information sur les allergènes :

  • le règlement (UE) n° 1169/2011, dont l'annexe II liste quatorze substances ou produits provoquant allergies ou intolérances (céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, sulfites, lupin, mollusques) ;
  • le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015, qui rend cette information obligatoire aussi pour les denrées non préemballées, restauration collective comprise.

Pour un enfant allergique, l'information générale ne suffit pas : c'est son PAI, qui s'applique aussi au temps périscolaire, qui précise les conditions de prise des repas (panier-repas, plats exclus, conduite à tenir). Le chapitre 2.2 détaille ce document.

Au-delà des règles, le repas est un moment éducatif : apprendre à se servir, goûter, rester assis, respecter les autres. La surveillance porte sur la sécurité (fausse route, allergie, chute) autant que sur l'autonomie et le calme. Un ATSEM ne décide pas seul d'un changement de régime alimentaire demandé oralement par un parent : il le transmet à qui organise le service.

5

La sieste selon le Conseil scientifique de l'éducation nationale

La sieste est souvent le domaine le plus directement confié aux ATSEM : installation du dortoir, accompagnement de l'endormissement, surveillance, lever échelonné. Le Conseil scientifique de l'éducation nationale (CSEN) a publié sur ce sujet une synthèse, « La sieste à l'école maternelle », dont voici les principaux repères.

RepèreCe qu'en dit le CSEN
Besoin de sommeil10 à 13 heures par jour en maternelle, nuit et sieste comprises
Un besoin individuelCertains enfants n'en ont plus besoin dès la petite section, d'autres plus longtemps ; il y a des « siesteurs » et des « reposeurs »
MomentLe plus tôt possible après le déjeuner, pour ne pas retarder le coucher du soir
DuréeIdéalement un cycle de sommeil, environ 1 h 30 hors endormissement
LumièreLa lumière naturelle favorise le rythme circadien ; l'obscurité complète est déconseillée
Pour quiTous les enfants qui en ont besoin, y compris en moyenne et grande section ; un temps de repos ne remplace pas la sieste de ceux qui ont encore besoin de dormir

Ces repères sont des recommandations scientifiques, pas des obligations réglementaires : l'organisation de la sieste dépend de chaque école, de ses locaux et de l'équipe. Mais ils fournissent la base de raisonnement attendue dans une situation de QCM : respecter le rythme de chaque enfant, ne pas le réveiller sans raison, ne pas forcer un enfant qui ne dort pas.

Le dortoir est aussi un lieu où l'ATSEM se trouve parfois seul avec un groupe d'enfants : la surveillance y reste continue, et les consignes du PPMS s'y appliquent comme ailleurs.

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6

L'enfant de 2 à 6 ans et les missions de l'école maternelle

Les situations du QCM supposent de connaître le public de l'école maternelle et ce que l'école cherche à lui apporter. Le code de l'éducation en donne le cadre.

  • L'âge. L'instruction est obligatoire dès trois ans (art. L131-1, loi du 26 juillet 2019). Les enfants de deux ans au jour de la rentrée peuvent être admis dans la limite des places disponibles (art. D113-1).
  • Le cycle. L'école maternelle correspond au cycle 1, « cycle des apprentissages premiers », en trois niveaux : petite, moyenne et grande section (art. D311-10).
  • Les missions. Selon l'article L321-2, la formation dispensée en maternelle « favorise l'éveil de la personnalité des enfants, stimule leur développement sensoriel, moteur, cognitif et social, développe l'estime de soi et des autres et concourt à leur épanouissement affectif ». Elle doit donner « l'envie et le plaisir d'apprendre afin de lui permettre progressivement de devenir élève », prévenir les difficultés scolaires, dépister les handicaps, compenser les inégalités et apprendre les principes de la vie en société.
  • L'inclusion. La formation est « adaptée aux besoins des élèves en situation de handicap » (même article). Le statut permet aux ATSEM d'assister les enseignants auprès d'enfants à besoins éducatifs particuliers ; l'accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), recruté par l'État (code de l'éducation, art. L917-1), exerce une fonction distincte.

« La formation dispensée dans les écoles maternelles […] s'attache à développer chez chaque enfant l'envie et le plaisir d'apprendre afin de lui permettre progressivement de devenir élève. »

— Code de l'éducation, art. L321-2

Pour l'ATSEM, cette mission éducative se traduit au quotidien : encourager l'autonomie (s'habiller, se laver les mains, ranger), respecter le rythme de chaque enfant, parler avec lui, valoriser ses progrès. Ce sont les attitudes qu'un jury attend de voir apparaître dans les réponses, sans que le candidat ait à maîtriser les programmes d'enseignement, qui relèvent de l'enseignant.

Règle écrite ou recommandation ? Bien classer ce que l'on révise

Fixé par un texte

  • Missions de l'ATSEM (décret 92-850, art. 2)
  • Instruction obligatoire à 3 ans (L131-1)
  • Admission possible à 2 ans (D113-1)
  • Quatorze allergènes (règlement UE 1169/2011)
  • Nettoyage quotidien des locaux (règlement type)

Recommandé par un organisme public

  • Lavage des mains d'une trentaine de secondes (Santé publique France)
  • Ne pas mélanger les produits, suivre le fournisseur (INRS)
  • Ne pas transvaser (Anses)
  • Sieste tôt, environ 1 h 30, sans obscurité complète (CSEN)
  • Respect de la maturation et de l'intimité (réponse ministérielle 2025)

Sources

  • Décret n° 92-850 du 28 août 1992, art. 2 (rédaction du décret n° 2018-152) — Légifrance
  • Code de l'éducation, art. L131-1, L212-5, L321-2, L917-1, D113-1, D311-10 — Légifrance
  • Règlement type départemental des écoles de la Haute-Loire (2020) — education.gouv.fr
  • INRS, fiche toxicologique FT 157 (hypochlorite de sodium) et questions-réponses sur le nettoyage — inrs.fr ; Anses, Vigil'Anses n° 22 — anses.fr
  • Santé publique France et Assurance maladie, lavage des mains — ameli.fr
  • Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe II ; décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 — Légifrance
  • Conseil scientifique de l'éducation nationale, « La sieste à l'école maternelle » — csen.education.gouv.fr
  • Réponse ministérielle publiée au JO du Sénat le 20 novembre 2025 (QE n° 02430, 17e législature) — senat.fr

À retenir

  • L'ATSEM prépare et remet en état de propreté les locaux et le matériel servant directement aux enfants ; la commune assure un nettoyage quotidien.
  • Un produit s'emploie seul, selon le fournisseur, dans son emballage d'origine, hors de portée des enfants.
  • Propreté : aucun texte ne permet d'écarter un enfant ; gestes d'hygiène dans le respect de sa maturation et de son intimité.
  • Cantine : surveillance possible (art. 2), 14 allergènes à signaler, le PAI prime pour l'enfant allergique.
  • Sieste (CSEN) : tôt après le repas, environ 1 h 30, lumière naturelle, pour tous ceux qui en ont besoin.
  • Maternelle = cycle 1 ; instruction obligatoire à 3 ans, admission possible à 2 ans dans la limite des places.

Sommaire de la formation