Article L2261-1 · En vigueur

Article L2261-1 — Entree en vigueur des conventions et accords collectifs

L'article L2261-1 fixe la règle d'entrée en vigueur des conventions et accords collectifs : le jour qui suit leur dépôt auprès du service compétent (DREETS), sauf stipulations contraires (date différée, rétroactive). Disposition essentielle pour déterminer l'opposabilité aux salariés.

Ce que dit l'article L2261-1

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Les conventions et accords sont applicables, sauf stipulations contraires, à partir du jour qui suit leur dépôt auprès du service compétent, dans des conditions déterminées par voie réglementaire.

Source : Légifrance

Nature
Partie legislative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre VI Application des conventions et accords
Chapitre
Chapitre Ier Conditions applicables

L'article L2261-1 du Code du travail fixe la date d'entrée en vigueur des conventions et accords collectifs : sauf stipulation contraire, à partir du jour qui suit leur dépôt auprès du service compétent (généralement la DREETS). Disposition essentielle qui détermine quand un accord devient applicable et opposable aux salariés et à l'employeur.

Texte officiel

« Les conventions et accords sont applicables, sauf stipulations contraires, à partir du jour qui suit leur dépôt auprès du service compétent, dans des conditions déterminées par voie réglementaire. »

En clair

Un accord collectif n'est pas applicable dès sa signature : il faut qu'il soit déposé administrativement auprès de la DREETS (Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités). Le dépôt fait courir la date d'application : le jour suivant le dépôt. Sauf si l'accord prévoit lui-même une autre date d'entrée en vigueur (rétroactive ou différée).

Les modalités de dépôt

Dépôt à la DREETS
  • Service en ligne TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr)
  • Format dématérialisé (PDF + XML signé)
  • Délai : sans condition (mais le plus tôt possible après signature)
  • Acte de dépôt délivré électroniquement
Conséquences du dépôt
  • Entrée en vigueur le lendemain du dépôt (par défaut)
  • Opposabilité aux salariés et à l'employeur
  • Mise à disposition du public (transparence)
  • Possibilité d'extension par le ministère pour les accords de branche

Date d'entrée en vigueur : les options

CasDate d'application
Pas de stipulation expresseLendemain du jour de dépôt à la DREETS (règle par défaut, L2261-1)
Stipulation contraire dans l'accordLa date prévue par l'accord (peut être : date de signature, date ultérieure fixée, date rétroactive, date conditionnée à un événement)
Accord d'entreprise majoritaireMêmes règles, mais validation préalable des conditions de validité (50 % des suffrages au CSE, L2232-12) avant dépôt
Accord de branche soumis à extensionDate d'effet immédiate pour les entreprises signataires, élargie aux non-signataires par arrêté d'extension du ministère du Travail
PSE (validation/homologation DREETS)Date d'effet après validation ou homologation par la DREETS (procédure spécifique L1233-57-2 et L1233-57-3)

Publicité et accès aux accords

Les accords déposés sont :

  • Publiés sur Légifrance (légifrance.gouv.fr) - accès libre et gratuit pour le grand public
  • Anonymisés sur certains aspects (noms des signataires personnes physiques) sauf demande contraire
  • Consultables par tous les salariés de l'entreprise concernée (obligation d'information de l'employeur)
  • Disponibles auprès de la DREETS à la demande

Information des salariés

L'employeur a l'obligation d'informer les salariés de l'existence et du contenu des accords applicables dans l'entreprise (L2262-5 et L2262-6). Modalités : affichage des accords, distribution par mail, intranet, livret d'accueil. À défaut : possible préjudice indemnisable (rappel de salaire si l'accord prévoit des avantages non versés faute d'information du salarié). Importance critique pour la sécurité juridique de l'employeur.

Articles connexes

Vulgarisation à but informatif. Pour vérifier l'applicabilité d'un accord : consulter Légifrance, demander une copie à l'employeur, vérifier la date de dépôt à la DREETS. Pour les employeurs : déposer rapidement après signature pour assurer l'effet juridique, et informer les salariés (obligation L2262-5).

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Cas pratiques

Cas 1 — Entrée en vigueur par défaut (lendemain du dépôt)

Un accord d'entreprise est signé le 1er mars. Dépôt à la DREETS le 5 mars via TéléAccords. Application de L2261-1 : entrée en vigueur le 6 mars (lendemain du dépôt). Aucune stipulation contraire dans l'accord. Application immédiate à tous les salariés de l'entreprise. Information par mail à l'ensemble du personnel. Bonne pratique : déposer dans les 7-15 jours suivant la signature pour minimiser le délai.

Cas 2 — Date d'effet différée

Un accord d'entreprise est signé le 15 octobre, déposé le 20 octobre. L'accord stipule expressément une entrée en vigueur le 1er janvier suivant (pour aligner avec l'année civile). Application de L2261-1 + stipulation contraire : la date de l'accord prévaut. Application le 1er janvier. Période transitoire entre le dépôt et l'effet. Avantage : permet aux services RH de préparer l'application (mise à jour des bulletins de paie, communication aux salariés, intégration dans les logiciels).

Cas 3 — Effet rétroactif

Un accord d'entreprise signé en novembre prévoit une revalorisation salariale avec effet rétroactif au 1er janvier de la même année (rattrapage). Application de L2261-1 + stipulation contraire : effet rétroactif autorisé si l'accord le stipule expressément. Application : recalcul des salaires sur 11 mois et versement du différentiel. Pratique fréquente pour les NAO signées tardivement dans l'année. Avantage pour les salariés (rattrapage immédiat).

Cas 4 — Accord de branche étendu

Un accord de branche est signé le 1er février, déposé le 5 février. Les entreprises signataires l'appliquent dès le 6 février. Le 15 juin, arrêté ministériel d'extension. Application de L2261-1 + extension : à compter du 15 juin (date de publication au JORF de l'arrêté d'extension), l'accord s'applique à toutes les entreprises de la branche, signataires ou non. Effet érga omnes après l'arrêté. Mécanisme essentiel d'application uniforme des accords de branche.

Cas 5 — Défaut d'information : préjudice

Un accord d'entreprise signé en 2025 prévoit une prime supplémentaire de 500 €/an pour tous les salariés. L'employeur ne communique pas l'accord aux salariés et ne verse pas la prime. Un salarié découvre l'accord 2 ans plus tard sur Légifrance. Application de L2261-1 + obligation d'information L2262-5 : rappel de la prime sur 3 ans = 1 500 € + dommages-intérêts pour préjudice (~ 500 €) + autres rappels éventuels (intérêts, congés payés afférents).

Cas 6 — Accord d'entreprise majoritaire

Un accord est signé par CFDT 30 % et CGT 25 % (55 % cumulés, accord majoritaire). Dépôt à la DREETS via TéléAccords. Application de L2261-1 + L2232-12 : entrée en vigueur le lendemain du dépôt. Pas de référendum nécessaire (signataires > 50 %). Validité immédiate, application à tous les salariés de l'entreprise. Procédure rapide et sécurisée. Bonne pratique : vérifier les conditions de validité avant signature et dépôt.

4 points clés sur l'entrée en vigueur

(1) Lendemain du dépôt à la DREETS par défaut (L2261-1). (2) Stipulation contraire possible : date différée, rétroactive, conditionnée. (3) Dépôt via TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr) en format dématérialisé. (4) Obligation d'information des salariés (L2262-5). En cas de non-information : rappel des avantages dus + dommages-intérêts. Publication sur Légifrance pour transparence. Accords de branche : possible extension ultérieure par arrêté ministériel (érga omnes).

Questions fréquentes

Sauf stipulation contraire de l'accord lui-même, l'entrée en vigueur intervient le jour qui suit le dépôt à la DREETS (L2261-1). Le dépôt s'effectue via le service en ligne TéléAccords (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr) en format dématérialisé. L'accord peut prévoir une autre date d'entrée en vigueur : date différée (par exemple : 1er janvier suivant), date rétroactive (par exemple : 1er janvier de l'année en cours), ou date conditionnée à un événement.

Via le service en ligne TéléAccords du ministère du Travail (teleaccords.travail-emploi.gouv.fr). Format dématérialisé : PDF de l'accord signé + XML structuré + éventuels annexes. Information sur les signataires, dates, contenu, suffrages obtenus (pour les accords majoritaires d'entreprise). Acte de dépôt délivré électroniquement. Délai : sans contrainte légale, mais le plus tôt possible après signature pour assurer l'effet juridique.

Oui, si l'accord lui-même le prévoit expressément (L2261-1, 'sauf stipulations contraires'). Cas fréquent : NAO signées tardivement dans l'année avec effet rétroactif au 1er janvier (rattrapage salarial). Conditions : (1) stipulation expresse dans l'accord ; (2) caractère favorable aux salariés (la rétroactivité défavorable est encadrée) ; (3) cohérence avec les principes généraux du droit. Application : recalcul rétroactif et versement des différentiels.

Procédure spécifique aux accords de branche. Sur demande des partenaires sociaux, le ministre du Travail peut prendre un arrêté d'extension qui rend l'accord applicable à TOUTES les entreprises de la branche, y compris non signataires. Effet érga omnes. Publication au JORF. Date d'effet de l'extension : date de publication de l'arrêté. Mécanisme essentiel pour assurer l'application uniforme des conventions de branche sur l'ensemble du secteur.

Oui, obligation forte (L2262-5 et L2262-6). Modalités : affichage des accords dans l'entreprise, distribution par mail, mise à disposition sur l'intranet, mention dans le livret d'accueil. Liste des accords applicables avec leurs intitulés et dates. Possibilité de consultation libre. En cas de non-information : possible préjudice indemnisable (rappel de salaire si l'accord prévoit des avantages non versés, dommages-intérêts).

(1) Consulter Légifrance (légifrance.gouv.fr) : tous les accords déposés y sont publiés. (2) Demander à son employeur ou au service RH la liste des accords applicables. (3) Consulter le CSE ou les délégués syndicaux. (4) Pour les accords de branche : vérifier le code APE/NAF de l'entreprise pour identifier la branche applicable. En cas de doute : demande à la DREETS qui peut confirmer l'applicabilité d'un accord à une entreprise donnée.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 11/06/2026.