Article L6321-1 · En vigueur

Article L6321-1 — Obligation d'adaptation et de formation par l'employeur

L'article L6321-1 impose à l'employeur d'assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi face à l'évolution des métiers, technologies et organisations.

Ce que dit l'article L6321-1

Texte officiel en vigueur depuis le 26/10/2025 :

L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations.

L'employeur peut proposer des actions formatives contribuant au développement des aptitudes, y compris dans le domaine numérique, ainsi qu'à la lutte contre l'illettrisme. Il peut aussi proposer aux salariés allophones des formations pour atteindre un niveau de maîtrise du français déterminé par décret.

Les mesures de formation sont intégrées, si nécessaire, dans le plan de développement des compétences mentionné à l'article L. 6312-1. Elles peuvent permettre l'obtention partielle d'une certification professionnelle, notamment l'acquisition d'un bloc de compétences.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie VI
La formation professionnelle tout au long de la vie
Livre
Livre III
Titre
Titre II — Dispositifs de formation professionnelle continue
Chapitre
Chapitre Ier — Formations à l'initiative de l'employeur et plan de développement des compétences
Section
Section 1 — Obligations de l'employeur

L'article L6321-1 pose l'obligation d'adaptation et de formation de l'employeur : il doit veiller à ce que ses salariés restent capables d'occuper leur emploi face à l'évolution des métiers, des technologies et de l'organisation. Une obligation continue, dont le manquement fragilise les licenciements.

Ce que dit l'article L6321-1

Texte officiel en vigueur depuis le 26 octobre 2025 :

L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur poste de travail. Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations.

L'employeur peut proposer des actions formatives contribuant au développement des aptitudes (y compris numériques) et à la lutte contre l'illettrisme, ainsi que des formations en français pour les salariés allophones.

Les mesures de formation sont intégrées, si nécessaire, dans le plan de développement des compétences (L6312-1).

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

L'employeur a une double obligation envers chaque salarié :

  • Adaptation au poste de travail : fournir la formation nécessaire pour que le salarié puisse tenir son poste (notamment après une évolution technologique) ;
  • Maintien de l'employabilité : veiller à ce que le salarié conserve sa capacité à occuper un emploi, face aux mutations du métier.

Cette obligation découle de l'exécution de bonne foi (L1222-1). Son non-respect peut priver de cause un licenciement pour insuffisance professionnelle.

Qui est concerné ?

  • Tout employeur, sans condition d'effectif ;
  • Tous les salariés, quels que soient leur contrat et leur ancienneté.

Ce que cela implique en pratique

1. L'obligation d'adaptation au poste

Lorsqu'un poste évolue (nouveau logiciel, nouvelle machine, réorganisation), l'employeur doit former le salarié pour qu'il puisse continuer à l'occuper. Il ne peut pas lui reprocher une inadaptation qu'il n'a pas cherché à corriger (Cass. Soc., 23 octobre 2007, n° 06-40.950).

2. L'obligation de maintien de l'employabilité

Au-delà du poste actuel, l'employeur doit anticiper les évolutions et proposer des formations permettant au salarié de rester employable. La Cassation sanctionne l'absence totale de formation sur une longue période (Cass. Soc., 5 juin 2013, n° 11-21.255 : 24 ans sans formation = manquement).

3. Le plan de développement des compétences

Les actions de formation sont regroupées dans le plan de développement des compétences (ex-plan de formation, article L6312-1). On distingue les formations obligatoires (conditionnant l'exercice = temps de travail effectif) et les autres formations.

Risques en cas de manquement

  • Licenciement pour insuffisance professionnelle sans formation préalable : sans cause réelle et sérieuse (Cass. Soc., 23 octobre 2007, n° 06-40.950) ;
  • Licenciement économique avec obligation de reclassement non précédée d'adaptation : fragilisé ;
  • Dommages-intérêts pour défaut de formation, même sans licenciement (Cass. Soc., 5 juin 2013, n° 11-21.255), réparant la perte de chance et le préjudice d'employabilité.

Cas pratiques

Cas n°1 — Nouveau logiciel sans formation

L'entreprise déploie un nouvel ERP ; un salarié n'arrive pas à l'utiliser et est licencié pour insuffisance. L'employeur n'ayant pas formé le salarié au nouvel outil, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse (L6321-1).

Cas n°2 — Absence de formation sur 20 ans

Un salarié n'a bénéficié d'aucune formation pendant 20 ans. Même sans licenciement, il peut obtenir des dommages-intérêts pour manquement à l'obligation de maintien de l'employabilité (Cass. Soc., 5 juin 2013, n° 11-21.255).

Cas n°3 — Formation obligatoire = temps de travail

Une formation conditionnant l'exercice du métier (habilitation électrique, CACES) est suivie pendant le temps de travail effectif, avec maintien de la rémunération (L6321-2).

Cas n°4 — Reclassement économique et adaptation

Dans un licenciement économique, l'employeur doit proposer un reclassement en mettant en œuvre, au besoin, une formation d'adaptation au nouveau poste (combinaison L1233-4 et L6321-1).

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Nouveau logiciel sans formation

Licenciement pour insuffisance après déploiement d'un ERP sans formation : sans cause réelle et sérieuse (Cass. Soc., 23 octobre 2007, n° 06-40.950).

Cas n°2 — 20 ans sans formation

Dommages-intérêts pour manquement au maintien de l'employabilité (Cass. Soc., 5 juin 2013, n° 11-21.255).

Cas n°3 — Formation obligatoire

Habilitation/CACES : temps de travail effectif avec maintien de la rémunération (L6321-2).

Cas n°4 — Reclassement économique

Reclassement avec formation d'adaptation au nouveau poste (L1233-4 + L6321-1).

Questions fréquentes

L'employeur doit assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations (article L6321-1). C'est une double obligation : adaptation au poste actuel et maintien de l'employabilité.

Un licenciement pour insuffisance professionnelle prononcé sans avoir formé le salarié à l'évolution de son poste est sans cause réelle et sérieuse (Cass. Soc., 23 octobre 2007, n° 06-40.950). Même sans licenciement, l'absence prolongée de formation ouvre droit à des dommages-intérêts (Cass. Soc., 5 juin 2013, n° 11-21.255).

Oui. Lorsqu'un poste évolue (nouveau logiciel, nouvelle machine, réorganisation), l'employeur doit former le salarié pour qu'il puisse continuer à l'occuper. Il ne peut pas reprocher une inadaptation qu'il n'a pas cherché à corriger par la formation.

L'ancien plan de formation (article L6312-1). Il regroupe les actions de formation décidées par l'employeur. On y distingue les formations obligatoires (conditionnant l'exercice de l'activité, qui constituent du temps de travail effectif) et les autres formations.

Oui. Toute action de formation qui conditionne l'exercice d'une activité ou d'une fonction en application de dispositions légales ou conventionnelles (habilitation électrique, CACES…) constitue du temps de travail effectif et donne lieu au maintien de la rémunération (article L6321-2).

Oui. Dans le cadre de l'obligation de reclassement (article L1233-4), l'employeur doit, au besoin, mettre en œuvre une formation d'adaptation au nouveau poste proposé. L'absence d'effort de formation peut fragiliser le licenciement économique.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 27/05/2026.