Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.3 Se préparer : condition physique, entretien et premiers mois
Les chapitres précédents ont décrit le cadre : conditions, engagement, formation, droits. Celui-ci est plus pratique. Il rassemble des conseils pour arriver prêt au recrutement et aborder sereinement la première année. Ce sont des conseils de méthode, pas des règles : chaque service d'incendie et de secours organise ses propres tests et son propre accueil.
Une préparation en quatre temps
Se renseigner
SDIS, centre, besoins locaux
Préparer son corps
Régularité et progressivité
Préparer l'entretien
Motivation, disponibilité, projet
Réussir sa première année
Formation et période probatoire
Connaître le SDIS et le centre que l'on veut rejoindre
On ne s'engage pas « chez les pompiers » en général, mais auprès d'un service d'incendie et de secours, pour servir dans un centre. Avant de candidater, il est utile de savoir comment fonctionne celui de son département : où se trouvent les centres proches de son domicile ou de son travail, quels sont leurs besoins, comment se déroule le recrutement.
Deux documents structurent la vie d'un SDIS et figurent parmi les ressources de la formation initiale : le règlement opérationnel, arrêté par le préfet, qui organise la distribution des secours, et le règlement intérieur du service. Le site internet du SDIS présente en général la démarche de recrutement des volontaires et les modalités propres au département.
Le meilleur moyen de se faire une idée reste de prendre contact avec le centre : beaucoup organisent des réunions d'information ou reçoivent les candidats avant le dépôt du dossier. Cette démarche aide aussi à répondre, plus tard, à la question que pose presque toujours un entretien : « pourquoi ce centre ? »
Pour réviser le fonctionnement institutionnel (SDIS, conseil d'administration, rôle du préfet et du maire), le quiz de culture administrative des sapeurs-pompiers est un bon support.
La condition physique : une préparation sur la durée
Il n'existe pas de barème national unique des tests d'entrée des volontaires : chaque SDIS fixe les siens (voir le chapitre 1.3). En revanche, la condition physique compte tout au long de l'activité. Le référentiel national de l'équipier SPV demande de « développer et améliorer son potentiel physique en référence aux indicateurs de la condition physique (ICP) » et cite parmi les connaissances attendues les principes de l'entraînement physique : régularité, intensité et récupération.
Le même référentiel liste deux ressources nationales utiles à connaître : le guide de l'entraînement physique du sapeur-pompier (ENSOSP, 2015) et les modalités relatives aux indicateurs de la condition physique. Ce chapitre n'en reproduit pas les épreuves ni les barèmes : ils se consultent auprès du SDIS.
Quelques principes généraux, qui ne remplacent pas un avis médical ni l'accompagnement d'un professionnel du sport :
- Commencer tôt : plusieurs mois de pratique régulière valent mieux que quelques semaines intensives avant les tests.
- Progresser par paliers, en augmentant la charge d'entraînement petit à petit.
- Varier les activités : endurance, renforcement musculaire, souplesse, et la natation si le SDIS la teste.
- Respecter la récupération : sommeil et repos font partie de l'entraînement.
- Consulter un médecin avant de reprendre une activité intense après une longue interruption.
L'aptitude médicale, elle, n'est pas une affaire d'entraînement : selon l'article R722-2 du code de la sécurité intérieure, elle est appréciée lors du premier engagement puis tout au long de l'activité, et repose sur une évaluation médicale des capacités physiques, sensorielles et psychologiques.
Les tests écrits et d'aptitude : s'entraîner sans se tromper de cible
Certains SDIS font passer aux candidats des épreuves écrites : compréhension d'un texte, calcul, raisonnement. Leur existence et leur forme varient selon les départements, et aucun texte national ne les fixe. S'entraîner reste utile, à condition de ne pas croire qu'un entraînement reproduit l'épreuve de son SDIS.
Le portail propose un QCM d'entraînement aux tests de recrutement SPV, construit sur des textes fictifs et des problèmes simples du même type. Pour vérifier ses connaissances sur le cadre du volontariat lui-même, le quiz devenir sapeur-pompier volontaire reprend les conditions, l'engagement et la formation.
Pour les épreuves de compréhension, l'entraînement le plus efficace reste simple : lire régulièrement des textes courts et factuels (notes de service, articles de presse locale, consignes) et vérifier qu'on en restitue l'information principale sans la déformer. Pour le calcul, revoir les conversions d'unités, les pourcentages et la règle de trois, qui reviennent dans la plupart des tests d'aptitude, quels que soient les organisateurs. Travailler sans calculatrice, sauf indication contraire de la convocation, évite les mauvaises surprises le jour venu.
Un conseil de méthode : demander au SDIS, au moment de la candidature, quelles épreuves sont prévues. C'est la seule information fiable, et elle permet de concentrer son entraînement sur ce qui sera réellement évalué.
Préparer l'entretien de motivation
La plupart des recrutements comprennent un échange avec des responsables du SDIS ou du centre. Son contenu n'est fixé par aucun texte national. Voici des questions qui peuvent être posées, données comme exemples pour s'y préparer :
Motivation
Pourquoi voulez-vous devenir sapeur-pompier volontaire ? Pourquoi maintenant ?
Disponibilité
Combien de temps pouvez-vous consacrer au volontariat, et à quels moments ?
Employeur
Votre employeur est-il informé ? Comment concilierez-vous les deux ?
Entourage
Comment votre famille voit-elle votre engagement ?
Collectif
Avez-vous l'expérience d'un travail en équipe, d'une association, d'un sport collectif ?
Valeurs
Que signifie pour vous s'engager à servir avec obéissance, discrétion et responsabilité ?
La dernière question n'est pas un hasard : l'engagement à exercer son activité « avec obéissance, discrétion et responsabilité », dans le respect de la charte nationale du sapeur-pompier volontaire, figure parmi les conditions de l'article R723-6. Lire la charte avant l'entretien permet d'en parler concrètement.
Sur la disponibilité, mieux vaut être réaliste que généreux : annoncer des créneaux que l'on ne tiendra pas crée des difficultés dès la première année. Le chapitre disponibilité, gardes et astreintes aide à évaluer ce que l'on peut offrir, et le chapitre volontaire et employeur à préparer la discussion avec son employeur.
Premiers secours : se former aux gestes avant même l'engagement
La formation initiale de l'équipier comprend un module transverse où l'on apprend à agir en qualité d'équipier prompt-secours, puis, selon les missions confiées, une formation au secours d'urgence aux personnes. Ces gestes s'apprennent en présentiel, avec des formateurs certifiés : une page en ligne ne peut pas les enseigner, et ce chapitre n'en décrit aucun.
Rien n'empêche en revanche de se familiariser avec les premiers secours avant de candidater. La formation « prévention et secours civiques de niveau 1 » (PSC1), ouverte au grand public et proposée par des associations agréées et des services de secours, donne les bases des gestes qui sauvent. Elle ne remplace pas la formation du SDIS, mais elle aide à aborder celle-ci plus sereinement.
Sur le site, deux sensibilisations complètent cette approche sans remplacer aucune formation certifiante : la formation sauveteur secouriste du travail (SST) pour le cadre du travail, et la formation premiers secours en santé mentale, utile pour une activité au contact de personnes en détresse.
Les premiers mois : formation, période probatoire, disponibilité
Une fois l'engagement signé, la première année est chargée. Le volontaire suit sa formation initiale, par blocs de compétences, dans les délais que fixe son SDIS (voir le chapitre 2.2). Il effectue une période probatoire d'un an au moins et de trois ans au plus, qui lui permet de satisfaire aux obligations de formation initiale de son grade (article R723-15 ; voir le chapitre 2.1).
Il ne part pas tout de suite sur toutes les interventions. L'article R723-15 prévoit qu'il peut participer à une intervention en qualité d'apprenant dès qu'il a validé le bloc relatif aux règles de sécurité individuelle et collective, puis être engagé sur des opérations au fur et à mesure de la validation des blocs concernés.
Quelques réflexes de méthode, pour cette période :
- Planifier les sessions de formation dès qu'elles sont connues, avec son employeur et sa famille.
- Participer aux manœuvres et à la vie du centre : c'est là que l'on apprend le fonctionnement de l'équipe.
- Poser des questions : les anciens et l'encadrement attendent d'un nouveau qu'il demande plutôt qu'il improvise.
- Faire le point sur sa disponibilité après quelques mois, et l'ajuster si elle ne tient pas.
Avant de déposer sa candidature
Pour aller plus loin, tous les quiz du thème sapeurs-pompiers et le quiz JSP pour les plus jeunes.
Sources
- Code de la sécurité intérieure, articles R722-2, R723-6 et R723-15 — Légifrance
- DGSCGC, référentiel national d'activités et de compétences « Sapeur-pompier volontaire équipier », version n° 1 du 22 août 2019 (module transverse, ressources) — interieur.gouv.fr
- ENSOSP, guide de l'entraînement physique du sapeur-pompier (2015), cité par le référentiel
- Formation prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) — service-public.gouv.fr
À retenir
- On s'engage auprès d'un SDIS : se renseigner sur son fonctionnement et contacter le centre avant de candidater.
- Les tests d'entrée varient selon les SDIS : demander les épreuves prévues et s'entraîner en conséquence.
- Condition physique : régularité, intensité, récupération, et un avis médical avant une reprise intense.
- À l'entretien, motivation, disponibilité réaliste et adhésion à la charte nationale du SPV comptent.
- Les gestes de secours s'apprennent en présentiel : une formation PSC1 est une bonne première étape.
- Première année : formation par blocs, période probatoire d'un à trois ans, interventions en apprenant dès le bloc sécurité validé.