Arrêt maladie en intérim : qui paie, à partir de quand, combien ?

Un intérimaire en arrêt n'est pas indemnisé comme un salarié en CDI : le complément légal de l'employeur ne s'applique pas aux salariés temporaires (article L1226-1 du Code du travail). Après les indemnités de la Sécurité sociale, c'est le régime de prévoyance de la branche qui peut compléter, au-delà de 414 heures de mission. Indiquez votre cas : l'outil dit qui verse quoi et estime les indemnités journalières.

Vous êtes en CDI ? Utilisez plutôt le simulateur d'arrêt maladie (IJSS et maintien employeur).

Votre situation

1. L'arrêt
2. Vos heures de mission
Toutes entreprises de travail temporaire confondues.
Sert à vérifier la condition de 150 heures de la Sécurité sociale.
3. Votre rémunération
Indemnités de fin de mission et de congés payés comprises.
Sert à calculer le plafond de 100 % du net.

Résultat

Renseignez la durée de l'arrêt, vos heures et votre salaire pour obtenir le résultat.

Estimation indicative fondée sur les textes en vigueur en octobre 2026 : indemnités journalières maladie estimées pour un arrêt débutant à compter du 1er juillet 2026, accord de branche du 16 novembre 2018 sur la prévoyance des intérimaires. Le montant réel du complément est calculé par le régime de prévoyance, et celui des indemnités journalières par la caisse d'assurance maladie. Cet outil ne remplace ni leur décision ni un conseil individuel.

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Sommaire

Les trois étages de l'indemnisation d'un intérimaire

Contrairement à un salarié en CDI, l'intérimaire ne bénéficie pas du maintien de salaire de l'employeur. Trois mécanismes se superposent ou s'excluent :

ÉtageQui verseRègle
Indemnités journalières de la Sécurité socialeLa caisse d'assurance maladie50 % du salaire journalier de base en maladie, 3 jours de carence ; conditions d'heures à remplir
Complément légal de l'employeurPersonneExclu pour les salariés temporaires (article L1226-1 du Code du travail)
Complément de prévoyance de la brancheL'entreprise de travail temporaire pendant le contrat, puis le régime de prévoyancePlus de 414 heures sur 12 mois en maladie ; sans condition d'heures en accident du travail ; plafond de 100 % du net

Le complément de prévoyance est prévu par l'accord du 16 novembre 2018 relatif aux garanties de prévoyance des salariés intérimaires non cadres et cadres, étendu et modifié par avenants. C'est un accord de branche : il s'applique à toutes les entreprises de travail temporaire, quelle que soit celle qui vous emploie.

Les conditions d'heures

Pour obtenir…Condition
Les IJSS, arrêt de moins de 6 mois150 heures sur les 3 mois précédents, ou une rémunération d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois précédents ; pour une activité discontinue, 600 heures sur 12 mois à défaut
Les IJSS, arrêt de plus de 6 moisAffiliation depuis 12 mois et 600 heures sur 12 mois, ou une rémunération d'au moins 2 030 fois le SMIC horaire
Le complément de prévoyance, maladiePlus de 414 heures sur les 12 derniers mois consécutifs, l'arrêt débutant au plus tôt le premier jour du mois suivant la 414e heure
Le complément de prévoyance, accident du travailAucune condition d'heures ; arrêt pris en charge par la Sécurité sociale

Les 414 heures se comptent « dans une ou plusieurs entreprises de travail temporaire » : les heures de toutes vos agences s'additionnent. Le seuil est « plus de 414 heures » : 414 heures pile ne suffisent pas.

Carence et plafond : le calendrier d'un arrêt maladie

  • Carence de 3 jours. En maladie, les trois premiers jours ne sont pas indemnisés par la Sécurité sociale, et le complément de prévoyance n'est dû qu'à compter du quatrième jour calendaire. En accident du travail, il n'y a pas de carence.
  • Calcul des indemnités journalières. Elles valent 50 % du salaire journalier de base, plafonné : le salaire pris en compte est limité à 1,4 SMIC mensuel (2 613,83 € pour un arrêt débutant à compter du 1er juillet 2026), soit au plus 42,97 € par jour. Pour une activité discontinue, le revenu de base est le douzième des revenus des douze mois civils précédents, divisé par 365 (article R323-4 du code de la sécurité sociale) ; avec un salaire régulier, le résultat est le même que le calcul sur trois mois.
  • Plafond de l'ensemble. Les indemnités de la Sécurité sociale et le complément de prévoyance ne peuvent pas dépasser, ensemble, 100 % du salaire net de la mission suspendue (ou de la dernière mission après la fin de mission).
  • Durée. L'accord limite le complément à 92 jours indemnisés sur 12 mois en maladie (150 jours en accident du travail), avec une indemnisation possible au-delà pour un arrêt continu de plus de 95 jours en maladie (91 jours en accident du travail) et jusqu'au 1 095e jour ou à la mise en invalidité.

Quand la mission se termine pendant l'arrêt

C'est la question la plus fréquente, et la fin du contrat n'efface pas l'indemnisation de la branche. Selon l'article 4.6 de l'accord, le complément est payé directement par l'entreprise de travail temporaire jusqu'à la fin du contrat ; au-delà, si l'arrêt se poursuit sans interruption et dépasse 10 jours calendaires, il est payé directement au salarié. Le plafond de 100 % se calcule alors sur le net de la dernière mission.

Si l'arrêt commence après la fin de la mission, une portabilité conventionnelle d'un mois s'applique à titre gratuit, sous condition d'avoir plus de 414 heures sur 12 mois et d'être inscrit comme demandeur d'emploi. La portabilité légale peut ensuite la prolonger, dans la limite de 12 mois au total, si les conditions de l'article L911-8 du code de la sécurité sociale sont remplies. Dans ce cas, il vous revient de déclarer vous-même l'arrêt, d'après la notice annexée à l'avenant n° 2 de l'accord.

Et le chômage ? Pour les règles propres à l'intérim après une fin de mission, voir le simulateur de chômage après une fin de mission.

Accident du travail : ce qui change

  • Le salaire du jour de l'accident reste à la charge de l'employeur ; les indemnités journalières de la Sécurité sociale commencent le lendemain, sans délai de carence.
  • Elles s'élèvent à 60 % du gain journalier jusqu'au 28e jour, puis 80 %, dans la limite du salaire net. Les plafonds évoluent au 1er novembre 2026 : consultez le simulateur d'indemnités journalières d'accident du travail.
  • Le complément de prévoyance est dû dès le premier jour, sans condition d'heures, pour un accident du travail, un accident de trajet ou une maladie professionnelle pris en charge par la Sécurité sociale.
  • Si l'arrêt dure au moins 25 jours, dont 15 jours après la fin de la mission, une avance de 300 € doit être versée par le régime dans un délai maximal de 5 jours après la déclaration de l'arrêt.

Ce que l'outil ne calcule pas

  • Le montant exact du complément de prévoyance. Son taux est fixé par les tableaux de garanties annexés à l'accord, qui ont évolué par avenants : l'outil donne donc le plafond de 100 % du net et la part maximale que le régime peut compléter, sans l'inventer. Le montant exact figure dans la notice d'information remise par votre entreprise de travail temporaire.
  • Les cadres. Les garanties des intérimaires cadres suivent des tranches de salaire différentes.
  • La majoration après 30 jours des indemnités journalières pour trois enfants à charge, et la durée maximale de 360 jours sur 3 ans.
  • Les dispositions plus favorables d'un contrat ou d'un accord d'entreprise.

Questions fréquentes

Oui, par deux étages. L'Assurance maladie verse des indemnités journalières (50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carence en cas de maladie) si les conditions d'heures sont remplies : 150 heures sur les 3 mois précédents ou 600 heures sur 12 mois selon les cas. Le régime de prévoyance de la branche du travail temporaire peut ensuite verser une indemnité complémentaire, à condition d'avoir effectué plus de 414 heures de mission sur les 12 derniers mois. L'ensemble des deux ne peut pas dépasser 100 % du salaire net de la mission.

Pas au titre du Code du travail. L'article L1226-1, qui prévoit une indemnité complémentaire de l'employeur après un an d'ancienneté, exclut expressément les salariés temporaires. Le complément vient de l'accord de branche du 16 novembre 2018 relatif aux garanties prévoyance des salariés intérimaires : pendant la mission, il est payé par l'entreprise de travail temporaire (article 4.6). Une stipulation plus favorable du contrat ou d'un accord d'entreprise reste possible.

Pour une maladie ou un accident de la vie privée, il faut plus de 414 heures de travail sur les 12 derniers mois consécutifs, dans une ou plusieurs entreprises de travail temporaire (article 4.2 de l'accord). L'arrêt doit commencer à partir du premier jour du mois qui suit la 414e heure (article 4.3). Pour un accident du travail, un accident de trajet ou une maladie professionnelle, l'accord ne pose pas de condition d'heures : l'indemnité complémentaire est due dès le premier jour si la Sécurité sociale prend l'arrêt en charge.

L'indemnité complémentaire ne s'arrête pas à la fin de la mission. Selon l'article 4.6 de l'accord, elle est payée par l'entreprise de travail temporaire jusqu'à la fin du contrat ; au-delà, si l'arrêt se poursuit sans interruption et dépasse 10 jours calendaires, elle est payée directement au salarié. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale dépendent, elles, des droits appréciés à la date de l'arrêt. Le plafond de 100 % se calcule alors sur le net de la dernière mission.

Une portabilité conventionnelle d'un mois peut s'appliquer, à titre gratuit, sous condition d'avoir plus de 414 heures sur les 12 derniers mois et d'être inscrit comme demandeur d'emploi ; elle peut se prolonger par la portabilité légale, jusqu'à 12 mois au total si les conditions de l'article L911-8 du code de la sécurité sociale sont remplies (article 8 de l'accord). Côté Sécurité sociale, les indemnités journalières restent possibles pour une personne sans emploi qui perçoit une allocation chômage ou qui a cessé son activité salariée depuis moins de 12 mois. Déclarez l'arrêt vous-même, dans les délais.

Le salaire du jour de l'accident reste à la charge de l'employeur ; les indemnités journalières de la Sécurité sociale commencent le lendemain, sans carence (60 % du gain journalier jusqu'au 28e jour, puis 80 %). Le complément de prévoyance est dû dès le premier jour, sans condition d'heures, dans la limite de 150 jours indemnisés sur 12 mois, et au-delà pour un arrêt continu de plus de 91 jours. Si l'arrêt dure au moins 25 jours dont 15 jours après la fin de la mission, une avance de 300 euros doit être versée par le régime sous 5 jours.

Les repères

Carence maladie3 jours
Complément de brancheplus de 414 h
Plafond total100 % du net
Après fin de contratarrêt > 10 jours
Maintien légalexclu (L1226-1)

Valeurs en vigueur en octobre 2026, sous réserve de dispositions plus favorables.