Article L1226-11 · En vigueur

Article L1226-11 — Reprise du salaire un mois après inaptitude AT/MP

L'article L1226-11 impose à l'employeur de reprendre le versement du salaire un mois après l'avis d'inaptitude d'origine professionnelle, si le salarié n'est ni reclassé ni licencié. C'est le pendant de l'article L1226-4 pour l'inaptitude AT/MP.

Ce que dit l'article L1226-11

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Lorsque, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'examen médical de reprise du travail, le salarié déclaré inapte n'est pas reclassé dans l'entreprise ou s'il n'est pas licencié, l'employeur lui verse, dès l'expiration de ce délai, le salaire correspondant à l'emploi que celui-ci occupait avant la suspension de son contrat de travail.

Ces dispositions s'appliquent également en cas d'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise constatée par le médecin du travail.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II — Formation et exécution du contrat de travail
Chapitre
Chapitre VI — Maladie, accident et inaptitude médicale
Section
Section 3 — Accident du travail ou maladie professionnelle (Sous-section 3)

L'article L1226-11 impose à l'employeur de reprendre le versement du salaire un mois après l'avis d'inaptitude d'origine professionnelle, s'il n'a ni reclassé ni licencié le salarié. C'est le pendant, pour l'inaptitude AT/MP, de l'article L1226-4.

Ce que dit l'article L1226-11

Texte officiel en vigueur depuis le 1er mai 2008 :

Lorsque, à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'examen médical de reprise, le salarié déclaré inapte n'est pas reclassé ou licencié, l'employeur lui verse, dès l'expiration de ce délai, le salaire correspondant à l'emploi qu'il occupait avant la suspension de son contrat.

Ces dispositions s'appliquent également en cas d'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise constatée par le médecin du travail.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Après un avis d'inaptitude consécutif à un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'employeur a un mois pour agir : reclasser (L1226-10) ou licencier. S'il ne fait ni l'un ni l'autre, il doit reprendre le versement du salaire à compter du 31ᵉ jour, même sans travail effectif. Disposition identique à l'article L1226-4 pour l'inaptitude non professionnelle.

Qui est concerné ?

  • Les salariés inaptes d'origine professionnelle (AT/MP) ;
  • Tout employeur ;
  • S'applique aussi en cas d'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise.

Ce que cela implique en pratique

1. Le délai d'un mois

Le délai court à compter de la date de l'avis d'inaptitude. Pendant ce mois, l'employeur recherche un reclassement (consultation du CSE, périmètre groupe). À l'expiration, sans décision, reprise automatique du salaire.

2. Le salaire dû

Le salaire correspond à celui de l'emploi occupé avant la suspension du contrat, primes et accessoires compris. Il est dû tant que la situation n'est pas régularisée (reclassement ou licenciement).

3. Spécificités de l'inaptitude professionnelle

L'inaptitude d'origine professionnelle ouvre des droits renforcés par rapport à l'inaptitude non professionnelle : indemnité spéciale de licenciement (double de l'indemnité légale, L1226-14) et indemnité compensatrice de préavis, en plus de la reprise du salaire à un mois.

Risques en cas de non-respect

  • Non-reprise du salaire à 1 mois : rappel de salaire intégral + intérêts ;
  • Décision tardive : l'obligation de salaire court jusqu'à la décision effective ;
  • Reclassement insuffisant / défaut de consultation CSE : licenciement sans cause réelle et sérieuse + indemnités renforcées (L1226-15).

Cas pratiques

Cas n°1 — Inaction de l'employeur

Avis d'inaptitude AT le 1ᵉʳ mars. Au 1ᵉʳ avril, ni reclassement ni licenciement. À partir du 2 avril, l'employeur doit verser le salaire intégral correspondant à l'ancien poste (L1226-11).

Cas n°2 — Inaptitude à tout emploi

Le médecin déclare le salarié inapte à tout emploi dans l'entreprise. L'obligation de reprise du salaire à un mois s'applique aussi (L1226-11 alinéa 2).

Cas n°3 — Reclassement à 5 semaines

L'employeur trouve un reclassement au bout de 5 semaines. Du 31ᵉ jour à la date du reclassement, le salaire est dû (L1226-11).

Cas n°4 — Licenciement pour inaptitude AT

À défaut de reclassement, l'employeur licencie : indemnité spéciale doublée (L1226-14) + indemnité compensatrice de préavis, en plus de la reprise du salaire éventuellement due.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Inaction de l'employeur

Avis AT le 1ᵉʳ mars, rien au 1ᵉʳ avril : reprise du salaire intégral dès le 2 avril (L1226-11).

Cas n°2 — Inaptitude à tout emploi

Reprise du salaire à 1 mois applicable aussi (L1226-11 alinéa 2).

Cas n°3 — Reclassement à 5 semaines

Salaire dû du 31ᵉ jour à la date du reclassement.

Cas n°4 — Licenciement pour inaptitude AT

Indemnité spéciale doublée (L1226-14) + indemnité compensatrice de préavis.

Questions fréquentes

À l'issue d'un délai d'un mois à compter de la date de l'avis d'inaptitude d'origine professionnelle, si le salarié n'a été ni reclassé ni licencié (article L1226-11). Le salaire dû correspond à celui de l'emploi occupé avant la suspension du contrat, primes comprises.

L'article L1226-11 concerne l'inaptitude d'origine professionnelle (AT/MP) ; l'article L1226-4 concerne l'inaptitude non professionnelle. Le mécanisme est identique (reprise du salaire à 1 mois), mais l'inaptitude professionnelle ouvre des indemnités de licenciement renforcées (L1226-14).

Oui. L'article L1226-11 précise que la reprise du salaire s'applique également lorsque le médecin du travail constate l'inaptitude à tout emploi dans l'entreprise, et non seulement à l'emploi précédemment occupé.

Oui. Si la recherche de reclassement dépasse le délai d'un mois, l'employeur doit verser le salaire à compter du 31ᵉ jour et jusqu'à la décision effective (reclassement ou licenciement), même s'il agit de bonne foi.

Le salaire correspondant à l'emploi que le salarié occupait avant la suspension de son contrat, primes et accessoires compris. Il est dû dès l'expiration du délai d'un mois et jusqu'à la régularisation de la situation.

Outre la reprise éventuelle du salaire, le licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle ouvre droit à l'indemnité spéciale de licenciement (double de l'indemnité légale, article L1226-14) et à une indemnité compensatrice équivalente au préavis non exécuté.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 27/05/2026.