Article L1233-45 · En vigueur

Article L1233-45 — Priorité de réembauche après licenciement économique

L'article L1233-45 ouvre au salarié licencié pour motif économique une priorité de réembauche pendant un an à compter de la rupture, s'il en fait la demande. L'employeur doit l'informer de tout poste disponible compatible avec sa qualification.

Ce que dit l'article L1233-45

Texte officiel en vigueur depuis le 28/06/2014 :

Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche durant un délai d'un an à compter de la date de rupture de son contrat s'il en fait la demande au cours de ce même délai.

Dans ce cas, l'employeur informe le salarié de tout emploi devenu disponible et compatible avec sa qualification. En outre, l'employeur informe les représentants du personnel des postes disponibles.

Le salarié ayant acquis une nouvelle qualification bénéficie également de la priorité de réembauche au titre de celle-ci, s'il en informe l'employeur.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre III — Rupture du contrat de travail à durée indéterminée
Chapitre
Chapitre III — Licenciement pour motif économique
Section
Section 4 — Licenciement de 10 salariés ou plus (Sous-section 3 : Procédure à l'égard des salariés)

L'article L1233-45 ouvre au salarié licencié pour motif économique une priorité de réembauche pendant un an : si un poste compatible se libère, l'employeur doit l'en informer. Un dispositif protecteur, à condition que le salarié en fasse la demande.

Ce que dit l'article L1233-45

Texte officiel en vigueur depuis le 28 juin 2014 :

Le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche durant un délai d'un an à compter de la date de rupture de son contrat s'il en fait la demande au cours de ce même délai.

L'employeur informe le salarié de tout emploi devenu disponible et compatible avec sa qualification. Il informe également les représentants du personnel des postes disponibles.

Le salarié ayant acquis une nouvelle qualification bénéficie aussi de la priorité, s'il en informe l'employeur.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Un salarié licencié pour motif économique conserve, pendant un an, une priorité d'accès aux postes qui se libèrent dans son ancienne entreprise. Mais ce droit n'est pas automatique : il doit en faire la demande. Une fois la demande effectuée, l'employeur est tenu de l'informer de tout poste disponible compatible avec sa qualification.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié licencié pour motif économique (individuel ou collectif) ;
  • Tout employeur ayant procédé à un tel licenciement ;
  • La lettre de licenciement économique doit mentionner ce droit (article L1233-16).

Ce que cela implique en pratique

1. Les conditions du bénéfice

  • Demande du salarié dans l'année suivant la rupture (par écrit recommandé, idéalement) ;
  • La priorité s'exerce sur les postes disponibles compatibles avec la qualification du salarié ;
  • Possibilité d'étendre à une nouvelle qualification acquise depuis le licenciement, sur information à l'employeur.

2. Les obligations de l'employeur

  • Mentionner la priorité dans la lettre de licenciement (article L1233-16) ;
  • Informer le salarié des postes disponibles compatibles pendant un an ;
  • Informer les représentants du personnel des postes disponibles.

3. Le « droit prioritaire » : portée et limites

La priorité de réembauche n'est pas un droit absolu à la réembauche : c'est un droit à l'information et à une priorité d'examen. L'employeur peut refuser de réembaucher pour des raisons objectives, mais ne peut pas écarter le salarié au profit d'un externe sans justification.

Risques en cas de non-respect

  • Omission de la mention dans la lettre de licenciement (L1233-16) : dommages-intérêts spécifiques ;
  • Non-information du salarié ou recrutement d'un externe sans information préalable : indemnité d'au moins 1 mois de salaire (article L1235-13) ;
  • Discrimination dans l'application : sanctions classiques de L1132-1.

Cas pratiques

Cas n°1 — Demande dans l'année

Salarié licencié en mars 2025. Il adresse en juin une LRAR demandant à bénéficier de la priorité. L'employeur doit, jusqu'en mars 2026, l'informer de tout poste disponible compatible.

Cas n°2 — Embauche d'un externe sans information

Un poste compatible se libère 4 mois après le licenciement. L'employeur recrute un externe sans informer l'ex-salarié pourtant prioritaire : indemnité d'au moins 1 mois de salaire (L1235-13).

Cas n°3 — Nouvelle qualification

Le salarié obtient une nouvelle certification 6 mois après son licenciement. Il en informe l'employeur, qui doit étendre l'examen à des postes correspondant à cette nouvelle qualification.

Cas n°4 — Pas de demande du salarié

Le salarié n'a pas fait de demande dans l'année. L'employeur n'est pas tenu de l'informer des postes disponibles : la priorité ne s'exerce pas sans demande préalable.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Demande dans l'année

Demande par LRAR : l'employeur doit informer le salarié des postes disponibles pendant 12 mois.

Cas n°2 — Externe recruté sans information

Poste compatible attribué à un externe sans information : indemnité d'au moins 1 mois (L1235-13).

Cas n°3 — Nouvelle qualification

Sur information à l'employeur, la priorité s'étend à des postes correspondant à la nouvelle qualification.

Cas n°4 — Pas de demande du salarié

Sans demande dans l'année, l'employeur n'est pas tenu d'informer : la priorité ne s'exerce pas.

Questions fréquentes

Un droit ouvert au salarié licencié pour motif économique (article L1233-45) de bénéficier, pendant un an à compter de la rupture, d'une priorité sur les postes compatibles avec sa qualification qui se libèrent. L'employeur doit l'en informer s'il en fait la demande.

Le salarié doit en faire la demande à son ancien employeur dans le délai d'un an suivant la rupture du contrat, de préférence par LRAR pour conserver une preuve. Sans cette demande, la priorité ne s'exerce pas : l'employeur n'est pas tenu de l'informer.

Tous les emplois devenus disponibles et compatibles avec la qualification du salarié pendant l'année suivant son licenciement. Si le salarié a acquis une nouvelle qualification et en informe l'employeur, la priorité s'étend aussi aux postes correspondants.

Mentionner la priorité dans la lettre de licenciement (article L1233-16), informer le salarié de tout poste disponible compatible avec sa qualification pendant l'année, et informer également les représentants du personnel des postes disponibles.

Indemnité d'au moins 1 mois de salaire (article L1235-13) en cas de recrutement d'un externe sans information préalable du salarié prioritaire. L'omission de la mention dans la lettre de licenciement ouvre droit à des dommages-intérêts spécifiques.

Non. C'est une priorité d'information et d'examen, pas une obligation absolue de réembauche. L'employeur peut refuser pour des raisons objectives (qualifications insuffisantes pour le poste précis, etc.), mais ne peut pas écarter le salarié au profit d'un externe sans justification.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 28/05/2026.