Article L1233-16 · En vigueur

Article L1233-16 — Lettre de licenciement économique — énoncé des motifs

L'article L1233-16 impose que la lettre de licenciement économique énonce les motifs économiques invoqués (cause + incidence sur l'emploi) et mentionne la priorité de réembauche. Une motivation insuffisante prive le licenciement de cause réelle et sérieuse.

Ce que dit l'article L1233-16

Texte officiel en vigueur depuis le 01/04/2018 :

La lettre de licenciement comporte l'énoncé des motifs économiques invoqués par l'employeur.

Elle mentionne également la priorité de réembauche prévue par l'article L. 1233-45 et ses conditions de mise en oeuvre.

Un arrêté du ministre chargé du travail fixe les modèles que l'employeur peut utiliser pour procéder à la notification du licenciement.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre III — Rupture du contrat de travail à durée indéterminée
Chapitre
Chapitre III — Licenciement pour motif économique
Section
Section 3 — Licenciement de moins de 10 salariés sur 30 jours

L'article L1233-16 impose que la lettre de licenciement économique énonce les motifs économiques invoqués par l'employeur et mentionne la priorité de réembauche. Une exigence de motivation cruciale : sans elle, le licenciement est privé de cause.

Ce que dit l'article L1233-16

Texte officiel en vigueur depuis le 1er avril 2018 :

La lettre de licenciement comporte l'énoncé des motifs économiques invoqués par l'employeur.

Elle mentionne également la priorité de réembauche prévue par l'article L. 1233-45 et ses conditions de mise en œuvre.

Un arrêté du ministre chargé du travail fixe les modèles que l'employeur peut utiliser pour procéder à la notification du licenciement.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Quand un employeur licencie pour motif économique, sa lettre de licenciement doit énoncer précisément les motifs économiques : la cause (difficultés économiques, mutation technologique, sauvegarde de la compétitivité, cessation — L1233-3) ET son incidence sur l'emploi (suppression, transformation, modification refusée). Elle doit aussi rappeler la priorité de réembauche dont bénéficie le salarié pendant un an.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié licencié pour motif économique (individuel ou collectif) ;
  • Tout employeur procédant à un tel licenciement ;
  • S'applique aux licenciements de moins de 10 salariés comme aux PSE.

Ce que cela implique en pratique

1. La double exigence de motivation

La lettre doit énoncer :

  • Le motif économique (la cause : difficultés, mutation technologique, réorganisation, cessation) ;
  • L'incidence sur l'emploi du salarié (suppression de poste, transformation, modification refusée).

Une lettre qui se contente d'invoquer « des raisons économiques » sans précision est insuffisamment motivée (Cass. Soc., 30 mars 1999, n° 97-41.013).

2. La possibilité de préciser les motifs (depuis 2017)

Comme pour le licenciement personnel, l'employeur peut, depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, préciser les motifs de la lettre après son envoi, à son initiative ou à la demande du salarié (article L1235-2). Cette faculté peut « sauver » une motivation initialement imprécise.

3. La priorité de réembauche (L1233-45)

Le salarié licencié pour motif économique bénéficie, pendant un an à compter de la rupture, d'une priorité de réembauche sur les postes compatibles avec sa qualification qui se libèrent, s'il en fait la demande. La lettre doit l'informer de ce droit.

Risques en cas de non-respect

  • Absence ou insuffisance de motivation : licenciement sans cause réelle et sérieuse, sauf si l'employeur précise les motifs dans les délais (L1235-2) ; à défaut de demande de précision du salarié, l'irrégularité devient un simple vice ouvrant droit à 1 mois d'indemnité ;
  • Omission de la priorité de réembauche : dommages-intérêts spécifiques (Cass. Soc., 10 février 2016, n° 14-14.143) ;
  • Non-respect de la priorité de réembauche elle-même : indemnité d'au moins 1 mois de salaire (article L1235-13).

Cas pratiques

Cas n°1 — Motif précis

La lettre indique : « baisse du chiffre d'affaires de 3 trimestres consécutifs entraînant la suppression de votre poste de comptable ». Motif économique + incidence sur l'emploi énoncés : conforme à L1233-16.

Cas n°2 — Motif vague

La lettre invoque seulement « des raisons économiques ». Motivation insuffisante (Cass. Soc., 30 mars 1999, n° 97-41.013) : sans cause réelle et sérieuse, sauf précision dans les délais de L1235-2.

Cas n°3 — Oubli de la priorité de réembauche

La lettre énonce le motif mais omet de mentionner la priorité de réembauche. Le salarié peut obtenir des dommages-intérêts pour ce manquement (Cass. Soc., 10 février 2016, n° 14-14.143).

Cas n°4 — Priorité non respectée

Un poste compatible se libère dans l'année ; l'employeur recrute un externe sans proposer le poste au salarié qui avait demandé la priorité. Indemnité d'au moins 1 mois de salaire (L1235-13).

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Motif précis

« Baisse de CA sur 3 trimestres entraînant la suppression du poste » : motif + incidence énoncés, conforme.

Cas n°2 — Motif vague

« Des raisons économiques » : motivation insuffisante (Cass. Soc., 30 mars 1999, n° 97-41.013), sans cause sauf précision (L1235-2).

Cas n°3 — Oubli priorité de réembauche

Dommages-intérêts pour ce manquement (Cass. Soc., 10 février 2016, n° 14-14.143).

Cas n°4 — Priorité non respectée

Poste libéré attribué à un externe : indemnité d'au moins 1 mois (L1235-13).

Questions fréquentes

L'énoncé des motifs économiques invoqués par l'employeur (article L1233-16) : la cause économique (difficultés, mutation technologique, sauvegarde de la compétitivité, cessation — L1233-3) ET son incidence sur l'emploi (suppression, transformation, modification refusée). Elle doit aussi mentionner la priorité de réembauche.

Non. Une lettre invoquant seulement « des raisons économiques » sans précision est insuffisamment motivée (Cass. Soc., 30 mars 1999, n° 97-41.013) et prive le licenciement de cause réelle et sérieuse, sauf si l'employeur précise les motifs dans les délais de l'article L1235-2.

Oui, depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017 (article L1235-2). L'employeur peut, à son initiative ou à la demande du salarié, préciser les motifs dans un délai de 15 jours. Cette faculté peut sauver une motivation initialement imprécise.

Pendant un an à compter de la rupture, le salarié licencié pour motif économique bénéficie d'une priorité de réembauche sur les postes compatibles avec sa qualification qui se libèrent, s'il en fait la demande (article L1233-45). La lettre de licenciement doit l'informer de ce droit.

L'omission de la mention de la priorité de réembauche dans la lettre ouvre droit à des dommages-intérêts spécifiques pour le salarié (Cass. Soc., 10 février 2016, n° 14-14.143). Le non-respect de la priorité elle-même est sanctionné par une indemnité d'au moins 1 mois de salaire (L1235-13).

Oui. L'exigence de motivation de la lettre de licenciement économique s'applique tant aux licenciements individuels et de moins de 10 salariés qu'aux licenciements collectifs avec plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Chaque lettre doit énoncer le motif économique et son incidence sur l'emploi du salarié concerné.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.