Article L2411-1 — Liste des salariés protégés contre le licenciement
L'article L2411-1 énumère les salariés protégés titulaires d'un mandat représentatif (délégués syndicaux, élus du CSE, conseillers du salarié et prud'hommes…) dont la rupture du contrat nécessite l'autorisation préalable de l'inspection du travail.
Ce que dit l'article L2411-1
Texte officiel en vigueur depuis le 01/01/2018 :
Bénéficie de la protection contre le licenciement prévue par le présent chapitre, y compris lors d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, le salarié investi de l'un des mandats suivants :
1° Délégué syndical ;
2° Délégué du personnel ;
3° Membre élu du comité d'entreprise ;
4° Représentant syndical au comité d'entreprise ;
5° Membre du groupe spécial de négociation et membre du comité d'entreprise européen ;
6° Représentant syndical au comité de la société européenne ;
6° bis Membre du groupe spécial de négociation et représentant au comité de la société coopérative européenne ;
6° ter Membre du groupe spécial de négociation et représentant au comité de la société issue de la fusion transfrontalière ;
7° Représentant du personnel au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail ;
8° Représentant du personnel d'une entreprise extérieure ;
9° Membre d'une commission paritaire d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail en agriculture ;
10° Salarié mandaté ;
11° Représentant des salariés en redressement ou liquidation judiciaire ;
12° Représentant des salariés au conseil d'administration ou de surveillance ;
13° Membre du conseil ou administrateur d'une caisse de sécurité sociale ;
14° Membre du conseil d'administration d'une mutuelle ;
15° Représentant des salariés dans une chambre d'agriculture ;
16° Conseiller du salarié ;
17° Conseiller prud'homme.
L'article L2411-1 dresse la liste des « salariés protégés » — titulaires d'un mandat représentatif — qui bénéficient d'une protection renforcée contre le licenciement. Leur rupture de contrat ne peut intervenir qu'avec l'autorisation préalable de l'inspection du travail.
Ce que dit l'article L2411-1
Texte officiel en vigueur depuis le 1er janvier 2018 :
Bénéficie de la protection contre le licenciement prévue par le présent chapitre, y compris lors d'une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, le salarié investi de l'un des mandats suivants : délégué syndical, membre élu du CSE, représentant syndical, représentant de proximité, conseiller du salarié, conseiller prud'homme, défenseur syndical, et les autres mandats énumérés (membres de groupes de négociation, représentants des salariés en redressement judiciaire, administrateurs de caisses de sécurité sociale ou de mutuelles…).
En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?
Les salariés qui exercent un mandat de représentation (élus, délégués syndicaux, conseillers…) bénéficient d'un « statut protecteur » : leur licenciement ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail. Objectif : éviter que l'employeur ne se débarrasse d'un représentant gênant sous couvert d'un motif fallacieux.
Qui est concerné ?
- Les délégués syndicaux (L2143-1) ;
- Les membres élus du CSE (titulaires et suppléants) ;
- Les représentants syndicaux, de proximité, conseillers du salarié, conseillers prud'hommes, défenseurs syndicaux ;
- Les candidats aux élections et anciens représentants (protection « post-mandat » pendant 6 ou 12 mois).
Ce que cela implique en pratique
1. La procédure spéciale de licenciement
- Entretien préalable classique ;
- Consultation du CSE (avis sur le projet de licenciement) ;
- Demande d'autorisation à l'inspecteur du travail ;
- Enquête contradictoire de l'inspecteur ;
- Décision de l'inspecteur (autorisation ou refus), susceptible de recours hiérarchique et contentieux.
2. L'étendue de la protection
La protection couvre tous les modes de rupture : licenciement (personnel ou économique), rupture conventionnelle, mise à la retraite, fin de CDD, transfert d'entreprise. Elle s'étend aussi à la période suivant le mandat (6 ou 12 mois selon le mandat) et aux candidats aux élections.
3. Le contrôle de l'inspecteur du travail
L'inspecteur vérifie la réalité du motif ET l'absence de lien avec le mandat. Si le licenciement est en lien avec les fonctions représentatives, il refuse l'autorisation. C'est un contrôle plus poussé qu'un licenciement ordinaire.
Risques en cas de non-respect
- Licenciement sans autorisation : nul de plein droit ; réintégration de droit + paiement des salaires de la période d'éviction (Cass. Soc., 10 décembre 1997, n° 94-45.254) ;
- Indemnité forfaitaire si le salarié ne demande pas la réintégration (montant correspondant aux salaires de la période protégée) ;
- Délit pénal : entrave (article L2437-1) — un an d'emprisonnement et 7 500 € d'amende.
Cas pratiques
Cas n°1 — Licenciement d'un élu CSE
Un membre élu du CSE est visé par un licenciement disciplinaire. L'employeur doit consulter le CSE et obtenir l'autorisation de l'inspecteur du travail. Sans autorisation, le licenciement est nul.
Cas n°2 — Rupture conventionnelle d'un délégué syndical
Même une rupture conventionnelle avec un salarié protégé doit être autorisée par l'inspecteur du travail (article L1237-15). À défaut, elle est nulle.
Cas n°3 — Protection post-mandat
Un ancien délégué syndical dont le mandat a pris fin il y a 6 mois reste protégé pendant 12 mois (s'il a exercé au moins un an). Son licenciement nécessite toujours l'autorisation de l'inspecteur.
Cas n°4 — Licenciement sans autorisation
L'employeur licencie un conseiller du salarié sans solliciter l'inspecteur. Licenciement nul : réintégration de droit + paiement intégral des salaires entre le licenciement et la réintégration, sans déduction.
Articles connexes du Code du travail
- Article L2143-1 — Délégué syndical.
- Article L2314-1 — Composition du CSE.
- Article L1232-4 — Conseiller du salarié.
Cas pratiques
Cas n°1 — Licenciement d'un élu CSE
Consultation du CSE + autorisation de l'inspecteur du travail requise. Sans autorisation : nul.
Cas n°2 — Rupture conventionnelle d'un DS
Autorisation de l'inspecteur du travail requise (L1237-15). À défaut, nullité.
Cas n°3 — Protection post-mandat
Ancien DS protégé 12 mois après la fin du mandat (si ≥ 1 an d'exercice).
Cas n°4 — Licenciement sans autorisation
Nul : réintégration de droit + salaires intégraux de la période d'éviction.
Questions fréquentes
Articles connexes
Page mise à jour le 27/05/2026.