Égalité F/H & Index Pénicaud
Égalité professionnelle Femmes-Hommes

Module 1 / 5 : Cadre légal et enjeux · Sommaire complet

Module 1 : Cadre légal 16 min de lecture

1.2 Lois Avenir pro 2018 et Rixain 2021 : de la déclaration au résultat chiffré

Jusqu'en 2018, l'égalité professionnelle reposait surtout sur des rapports et des négociations. La loi Avenir professionnel a introduit une mesure chiffrée, publique et sanctionnée : l'Index de l'égalité. La loi Rixain de 2021 a durci le dispositif et l'a étendu au sommet de la hiérarchie.

Deux lois, deux étages

5 septembre 2018

Loi n° 2018-771 « Avenir professionnel »

Index de l'égalité dès 50 salariés ; référents harcèlement ; pénalité jusqu'à 1 %.
24 décembre 2021

Loi n° 2021-1774 « Rixain »

30 % puis 40 % de chaque sexe parmi les dirigeants dès 1 000 salariés ; objectifs de progression sous 85.
1

La loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018

La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, portée par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, réforme l'apprentissage, la formation et l'assurance chômage. Elle contient aussi un volet égalité qui change la logique du droit :

  • Obligation de suppression des écarts : l'employeur « prend en compte un objectif de suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes » (article L1142-7).
  • Index de l'égalité : dans les entreprises d'au moins 50 salariés, publication annuelle d'indicateurs et d'une note sur 100 (article L1142-8), mesures de correction sous un certain niveau (L1142-9), pénalité si la note reste trop basse (L1142-10).
  • Référents harcèlement : un référent désigné par le CSE parmi ses membres, dans toutes les entreprises dotées d'un CSE (article L2314-1), et un référent désigné par l'employeur dans les entreprises d'au moins 250 salariés (article L1153-5-1).

L'idée centrale : passer d'une obligation de moyens (produire un rapport, négocier) à une obligation de résultat mesurée, rendue publique et assortie d'une sanction.

2

Le décret du 8 janvier 2019 et le calendrier de mise en place

Le décret n° 2019-15 du 8 janvier 2019 fixe les indicateurs, leur méthode de calcul et les barèmes (articles D1142-2 et suivants du Code du travail). Il prévoit deux architectures : 5 indicateurs au-delà de 250 salariés, 4 indicateurs entre 50 et 250 salariés (détail au chapitre 2.1).

Première publication :

EffectifPremière publication
1 000 salariés et plus1er mars 2019
250 à 999 salariés1er septembre 2019
50 à 249 salariés1er mars 2020

Depuis, la date limite est le 1er mars de chaque année, pour la période de référence de l'année précédente. La déclaration se fait sur le téléservice Egapro.

3

La loi Rixain du 24 décembre 2021

La loi n° 2021-1774 du 24 décembre 2021 visant à accélérer l'égalité économique et professionnelle porte le nom de la députée Marie-Pierre Rixain, alors présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale. Pour les employeurs, ses apports principaux :

  • Quotas de dirigeants (articles L1142-11 à L1142-13) : dans les entreprises d'au moins 1 000 salariés trois exercices de suite, au moins 30 % de chaque sexe depuis le 1er mars 2026 parmi les cadres dirigeants et parmi les membres des instances dirigeantes, puis 40 % au 1er mars 2029, avec publication annuelle des écarts de représentation.
  • Objectifs de progression : les entreprises dont l'Index est inférieur à 85 fixent et publient des objectifs de progression pour chaque indicateur (article L1142-9-1).
  • Publicité des mesures de correction pour les entreprises sous 75 points.
  • Versement du salaire sur un compte dont le salarié est titulaire ou cotitulaire.

Le détail du calendrier et des sanctions des quotas est au chapitre 5.3.

— Publicité —
4

Le décret du 25 février 2022 : objectifs et mesures publiés

Le décret n° 2022-243 du 25 février 2022 précise les obligations créées par la loi Rixain :

  • sous 85 points, les objectifs de progression sont fixés pour chaque indicateur dont la note maximale n'est pas atteinte (article D1142-6-1), par accord ou, à défaut, par décision unilatérale après consultation du CSE ;
  • objectifs et mesures de correction sont publiés sur le site internet de l'entreprise, sur la même page que la note, et transmis à l'administration ;
  • ils sont mis à la disposition du CSE dans la BDESE.

Ces règles s'appliquent depuis la campagne de publication 2022. Le chapitre 2.3 détaille la publication.

5

La prochaine étape : la directive de 2023

La directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 impose une transparence beaucoup plus fine que l'Index : information du candidat sur la rémunération proposée, interdiction de l'interroger sur son salaire antérieur, droit de chaque salarié de connaître les niveaux de rémunération moyens par sexe pour un travail de même valeur, rapport sur sept indicateurs d'écart, évaluation conjointe au-delà de 5 % d'écart injustifié.

Le délai de transposition a expiré le 7 juin 2026. Le Gouvernement a présenté le projet de loi de transposition le 10 septembre 2026 ; il prévoit que ce nouveau dispositif remplace l'Index.

Tant que la loi de transposition n'est pas adoptée et publiée, l'Index reste obligatoire dans sa forme actuelle. Le chapitre 5.3 fait le point sur le texte.
— Publicité —
6

Qui fait quoi autour de l'Index

Ministère du Travail

Définit la méthode, gère le téléservice Egapro, publie les notes des entreprises et les écarts de représentation.

DREETS et inspection du travail

Contrôlent la publication et les mesures, mettent en demeure et fixent les pénalités.

CSE et délégués syndicaux

Reçoivent les indicateurs via la BDESE, sont consultés sur la politique sociale, négocient l'accord égalité.

Employeur

Calcule, publie, déclare, fixe les objectifs et les mesures de correction, et en porte la responsabilité.

Ce que chaque loi a ajouté

ObligationAvenir pro 2018Rixain 2021
Index publié dès 50 salariés créé—
Mesures de correction sous 75 créées publiées
Objectifs de progression sous 85— créés
Référents harcèlement créés—
Quotas de dirigeants (≥ 1 000 salariés)— 30 % en 2026, 40 % en 2029

À retenir

  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 : Index de l'égalité dès 50 salariés (L1142-7 à L1142-10), référents harcèlement.
  • Décret n° 2019-15 : indicateurs et barèmes ; premières publications en 2019 (≥ 1 000 et 250-999) et 2020 (50-249) ; puis chaque 1er mars.
  • Loi Rixain n° 2021-1774 : 30 % de chaque sexe parmi les dirigeants depuis le 1er mars 2026, 40 % au 1er mars 2029 ; objectifs de progression sous 85.
  • Décret n° 2022-243 : publication des objectifs et des mesures de correction.
  • Directive 2023/970 : projet de loi de transposition présenté le 10 septembre 2026, qui remplacerait l'Index.

Sources

  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 ; décret n° 2019-15 du 8 janvier 2019 — legifrance.gouv.fr
  • Loi n° 2021-1774 du 24 décembre 2021 ; décret n° 2022-243 du 25 février 2022 — legifrance.gouv.fr
  • Code du travail, art. L1142-7 à L1142-13, D1142-6-1, L1153-5-1, L2314-1 — legifrance.gouv.fr

Textes vérifiés en septembre 2026. Le projet de loi de transposition de la directive (UE) 2023/970 est en cours d'examen au Parlement : vérifiez l'état du texte avant toute décision.

Sommaire de la formation