Examen théorique CCA
Communication, facteurs humains et passagers

Module 2 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 2 : Communication, FH et passagers 20 min de lecture C02

2.1 Communication à bord : phraséologie, cockpit stérile, collationnement

L'appendice 1 de la Part-CC demande d'insister sur une communication efficace entre l'équipage de cabine et l'équipage de conduite. Le domaine C02 du guide en détaille les normes, les moyens et les restrictions, avec les passagers et avec le personnel au sol.

Les quatre canaux de communication du PNC (C02 01 03)

Entre PNC

Interphone, briefing, phraséologie

PNC et pilotes

Interphone, signaux sonores et lumineux, cockpit stérile

PNC et passagers

Annonces, démonstrations, consignes, mégaphone

PNC et sol

Personnel au sol, SSLIA

1

Les normes : langue commune, UTC, terminologie

Le guide (C02 01 et C02 01 01) cite plusieurs normes de communication : signalétique, langue commune, phraséologie, heure universelle, alphabet phonétique, terminologie aéronautique.

  • Langue commune : l'exploitant s'assure que tous les membres d'équipage peuvent communiquer entre eux dans une langue commune (CAT.GEN.MPA.120).
  • Heure universelle : les communications et documents aéronautiques utilisent le temps universel coordonné (UTC), ce qui évite toute ambiguïté entre fuseaux horaires.
  • Terminologie : unités (pied pour l'altitude, nœud pour la vitesse, mille nautique pour la distance), sigles et abréviations du métier (C01 01 01).

Le guide attend aussi une communication écrite correcte : rapport de vol, rapport d'incident, mentions dans le journal technique. Un rapport factuel, daté et précis sert la sécurité ; un rapport vague ne sert à rien.

2

L'alphabet d'épellation de l'OACI

L'Annexe 10 de l'OACI attribue un mot à chaque lettre. À l'oral, il évite de confondre deux lettres proches, par exemple pour un numéro de siège (« 23 Delta ») ou une immatriculation.

A AlfaB BravoC CharlieD DeltaE EchoF FoxtrotG Golf
H HotelI IndiaJ JuliettK KiloL LimaM MikeN November
O OscarP PapaQ QuebecR RomeoS SierraT TangoU Uniform
V VictorW WhiskeyX X-rayY YankeeZ Zulu« Zulu » désigne aussi l'heure UTC

L'orthographe officielle de deux mots surprend souvent : Alfa (et non « Alpha ») et Juliett (avec deux t), choisies pour être prononcées de la même façon dans toutes les langues.

3

Le poste de pilotage stérile

C'est la restriction de communication la plus citée du domaine C02. Le règlement Air OPS la définit dans ses moyens acceptables de conformité (AMC1 ORO.GEN.110(f)).

Les activités des pilotes sont limitées aux activités opérationnelles essentielles, et les communications de l'équipage de cabine vers les pilotes, comme l'entrée dans le poste, sont limitées aux questions de sécurité ou de sûreté.

— AMC1 ORO.GEN.110(f), règlement (UE) n° 965/2012 (traduction)

Ces procédures s'appliquent :

  • pendant les phases critiques du vol ;
  • pendant le roulage ;
  • en dessous de 10 000 ft au-dessus de l'aérodrome de départ après le décollage et de l'aérodrome de destination avant l'atterrissage, sauf en croisière ;
  • pendant toute autre phase décidée par le commandant.
Le cockpit stérile n'interdit pas d'appeler : il interdit d'appeler pour autre chose que la sécurité ou la sûreté. Une odeur de brûlé, une fumée, un passager violent justifient un appel immédiat, quelle que soit la phase.
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S'assurer d'avoir été compris : collationnement et écoute active

Le guide demande de « savoir s'assurer de la bonne compréhension d'une information donnée (read back / écoute active) », entre PNC comme avec les pilotes.

Le collationnement (read back) : celui qui reçoit l'information répète les éléments essentiels ; celui qui l'a donnée confirme ou corrige.

Exemple de principe

PNC : « Fumée légère, office arrière, odeur de plastique brûlé, origine en cours de recherche. »

Pilote : « Fumée légère office arrière, odeur de plastique, origine en recherche. Tenez-moi informé. »

L'écoute active consiste à reformuler, à poser des questions fermées et à vérifier le point clé avant d'agir.

Le guide demande aussi d'avoir conscience des obstacles à la communication, physiques (bruit, distance, masque à oxygène) et non physiques (stress, hiérarchie, langue, fatigue). Ce point rejoint les facteurs humains du chapitre 2.2.

5

Communiquer avec les passagers : briefing et carte de sécurité

L'exploitant doit donner aux passagers des briefings et des démonstrations de sécurité, et leur fournir une notice de sécurité illustrée qui montre le fonctionnement des équipements et des issues (CAT.OP.MPA.170).

MomentContenu recommandé (AMC1 CAT.OP.MPA.170)
Avant le décollageCabine sécurisée (dossiers, tablettes, hublots), éclairage de secours au sol, bagages à main (et les laisser en cas d'évacuation), appareils électroniques, notice de sécurité. Démonstration : ceinture, issues, oxygène, gilets si nécessaire
Après le décollageGarder la ceinture attachée une fois assis, même signal éteint ; prudence à l'ouverture des coffres
Avant l'atterrissageCeinture, cabine sécurisée, bagages, appareils électroniques, notice
Après l'atterrissageCeinture, appareils électroniques, prudence à l'ouverture des coffres

Les passagers assis à une issue non gardée par un PNC reçoivent un briefing supplémentaire sur le fonctionnement et l'utilisation de cette issue.

En situation d'urgence, la communication avec les passagers passe par les annonces, le mégaphone et des ordres courts. Le guide demande de s'assurer de la bonne compréhension des informations diffusées.

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Communiquer avec le sol et les secours

La dernière ligne du domaine (C02 01 03 04) porte sur la communication avec le personnel au sol, et notamment avec le SSLIA, le service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs.

Quand les moteurs tournent ou que le bruit est trop fort, l'échange passe par des signaux manuels normalisés entre les pompiers et l'équipage. Le guide demande d'en connaître l'existence (C08 02 05).

Avec le personnel au sol (agents d'escale, techniciens), la communication suit les mêmes principes : message bref, vérification de la compréhension, information remontée au responsable de cabine et au commandant.

Un rappel enfin : le guide ne demande aucune phraséologie propre à une compagnie. Les mots exacts des annonces et des ordres d'évacuation sont fixés par chaque exploitant dans son manuel ; l'examen porte sur les principes.

Avant d'appeler le poste de pilotage pendant une phase stérile

Le sujet touche-t-il la sécurité ou la sûreté ? Si oui, appeler sans attendre.
Message préparé : quoi, où, quelle ampleur, actions en cours.
Mots normalisés, épellation OACI si besoin (rang, siège).
Collationnement de la réponse, puis information du responsable de cabine.

Sources

  • Règlement (UE) n° 965/2012 : CAT.GEN.MPA.120, CAT.OP.MPA.170 et AMC1, AMC1 ORO.GEN.110(f) — EASA, Easy Access Rules for Air Operations
  • Règlement (UE) n° 1178/2011, appendice 1 de la Part-CC, point 2 (communication)
  • OACI, Annexe 10, alphabet d'épellation radiotéléphonique — icao.int
  • DGAC, guide de l'examen théorique CCA, V3, domaine C02 — ecologie.gouv.fr

À retenir

  • Langue commune obligatoire entre membres d'équipage ; heure de référence : UTC.
  • Alphabet OACI : Alfa, Bravo, Charlie, Delta…
  • Cockpit stérile : phases critiques, roulage, sous 10 000 ft (hors croisière) : seulement sécurité ou sûreté.
  • Collationnement : le récepteur répète, l'émetteur confirme ou corrige.
  • Briefing passagers + notice de sécurité ; briefing supplémentaire aux issues non gardées.
  • Avec le SSLIA : signaux manuels normalisés (existence à connaître).

Sommaire de la formation