Examen théorique CCA
Aspects aéromédicaux et premiers secours

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Aéromédical et secours 20 min de lecture C05 01 · C05 02

3.1 Effets physiologiques du vol : hypoxie, pression, sécheresse

L'appendice 1 de la Part-CC insiste sur les effets physiologiques du vol, « en particulier l'hypoxie, les besoins en oxygène, la fonction de la trompe d'Eustache et les barotraumatismes ». Ce chapitre explique ces mécanismes, que le guide de la DGAC détaille dans le domaine C05 02.

Plus on monte, moins l'air « pousse » l'oxygène dans le sang

Niveau de la mer

Pression maximale

Cabine : 8 000 ft au plus

Pression réduite mais tolérée

Croisière, cabine dépressurisée

Risque d'hypoxie rapide

Schéma qualitatif. Altitude cabine maximale en conditions normales : 8 000 ft (CS 25.841). La proportion d'oxygène dans l'air (environ 21 %) ne change pas ; c'est sa pression partielle qui baisse.

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Ce que le guide attend en anatomie et physiologie

La partie secourisme du guide commence par des notions d'anatomie et de physiologie (C05 01 01). Elles servent à comprendre les malaises et les urgences des chapitres suivants.

Squelette

Os du crâne, colonne, thorax, membres, bassin ; articulations ; peau

Système nerveux

Encéphale, moelle épinière, méninges, nerfs

Cœur et vaisseaux

Fonction électrique du cœur, circulation, composants du sang

Respiration et oreille

Voies aériennes, poumons, échanges gazeux ; oreille externe, moyenne, interne

Appareil digestif

De la bouche au gros intestin, foie, pancréas, rate

Appareils génital et urinaire

Dont la grossesse et son évolution

Le guide ajoute des spécificités de l'environnement aéronautique : la survie en zone polaire, désertique ou maritime (hypothermie, déshydratation, coup de chaleur) et le tri des blessés après un accident (urgences absolues et relatives).

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L'air de la cabine : pression, sécheresse, ozone

La pression. La cabine est pressurisée, mais pas au niveau de la mer : son altitude peut atteindre 8 000 ft en conditions normales (CS 25.841). L'organisme y dispose donc d'un peu moins d'oxygène qu'au sol, ce que la plupart des personnes en bonne santé tolèrent sans symptôme.

La sécheresse. L'air de la cabine est sec. Le guide demande de connaître l'hygrométrie (le taux d'humidité de l'air), les effets de sa baisse sur l'organisme et les moyens de les prévenir : boire régulièrement, notamment.

L'ozone. Le guide demande de le définir et de connaître les conséquences de son inhalation, essentiellement irritantes pour les voies respiratoires et les yeux.

Les autres effets du vol que le guide liste (turbulences, bruit, vibrations, accélérations et décélérations) agissent surtout sur la fatigue, l'équilibre et le risque de chute ou de blessure en cabine.

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L'hypoxie

L'hypoxie est un apport insuffisant d'oxygène aux tissus de l'organisme. En vol, sa cause principale est la baisse de la pression partielle d'oxygène avec l'altitude, notamment lors d'une dépressurisation.

Le piège de l'hypoxie : elle est insidieuse. Les premiers effets (euphorie, baisse du jugement, ralentissement) empêchent souvent la personne de se rendre compte de son propre état.

Le guide demande (C05 02 02) :

  • sa définition et ses causes ;
  • ses stades, ses conséquences et ses facteurs favorisants (effort, fatigue, tabac, alcool, froid, maladie) ;
  • le temps de conscience utile : le délai pendant lequel une personne privée d'oxygène reste capable d'agir efficacement. Il diminue fortement quand l'altitude augmente ;
  • le rôle de l'oxygène dans l'organisme, son transport par le sang (l'hémoglobine des globules rouges) et le traitement à bord : l'oxygène.

Les équipements de protection et de secours (masques à oxygène, oxygène de premiers secours) relèvent de la partie sécurité ; leurs règles d'emport sont au chapitre 3.3.

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Oreilles, sinus, dents : les cavités et les variations de pression

Un gaz enfermé dans une cavité se dilate quand la pression baisse (montée) et se contracte quand elle augmente (descente). Le guide (C05 02 03 01) cite les cavités semi-closes concernées : oreille moyenne, sinus, dents, tube digestif.

L'oreille moyenne communique avec l'arrière-gorge par la trompe d'Eustache.

  • À la montée, l'air en excès s'échappe en général facilement par la trompe.
  • À la descente, l'air doit rentrer dans l'oreille moyenne. Si la trompe est obstruée (rhume, allergie), la pression extérieure enfonce le tympan : c'est l'otite barotraumatique, douloureuse.

La manœuvre de Valsalva

Bouche fermée, nez pincé, on souffle doucement pour forcer l'air à rentrer dans l'oreille moyenne par la trompe. Déglutir, bâiller ou mâcher aident aussi. Chez le nourrisson, faire téter ou boire pendant la descente produit le même effet.

Le guide demande aussi les causes qui favorisent ces otites (infection des voies respiratoires notamment) et les mesures préventives associées : c'est la raison pour laquelle voler enrhumé est déconseillé.

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Décompression, plongée et immobilité

La décompression rapide. Une perte brutale de pressurisation fait chuter la pression et la température de la cabine, avec un risque immédiat d'hypoxie. Le premier geste de tout secours s'applique : se protéger soi-même avant d'aider, ici avec l'oxygène disponible, pour ne pas devenir à son tour une victime.

La plongée sous-marine avant un vol. Après une plongée, l'organisme contient de l'azote dissous. Monter en altitude trop tôt peut provoquer un accident de décompression (aéroembolisme). Le guide demande d'en connaître les effets et les mesures préventives, c'est-à-dire le respect d'un délai entre la plongée et le vol.

La thrombose veineuse (C05 02 03 03). L'immobilité prolongée favorise la formation d'un caillot dans une veine, le plus souvent de la jambe. Sa complication majeure est l'embolie pulmonaire, quand le caillot migre vers le poumon.

  • Signes évocateurs : douleur, gonflement, chaleur d'un mollet.
  • Facteurs favorisants : immobilité, antécédents, grossesse, certains traitements, déshydratation.
  • Prévention : bouger les jambes, marcher quand c'est possible, boire suffisamment.
  • Conduite à tenir devant une suspicion : alerter le responsable de cabine et le commandant, pour obtenir un avis médical.
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Sommeil, décalage horaire, mal de l'air

Le guide (C05 03 02) traite aussi des effets des voyages sur l'organisme, ceux des passagers comme ceux de l'équipage.

Le rythme circadien est l'horloge biologique d'environ 24 heures qui règle la veille, le sommeil, la température du corps. Le décalage horaire le désynchronise : fatigue, troubles du sommeil, de la digestion, baisse de la vigilance.

Le guide demande de savoir calculer un décalage horaire, par exemple pour l'heure de prise d'un médicament ou d'un repas d'un passager. Un exemple : un passager doit prendre un traitement à 20 h, heure de Paris. Si l'avion arrive dans un pays à Paris + 6 h, la prise correspond à 2 h du matin, heure locale.

Le sommeil se compose de cycles successifs. Le manque de sommeil réduit la vigilance et la performance ; le guide demande de savoir gérer son sommeil et lutter contre l'hypovigilance.

Le mal de l'air (cinétose) naît d'un conflit entre ce que perçoivent l'oreille interne et les yeux. Il se manifeste par des nausées, des sueurs, une pâleur, parfois des vomissements. On installe la personne au calme, on la rassure et on prévoit un sac ; le guide demande d'en connaître les moyens de prévention et la conduite à tenir.

Montée ou descente : ce qui se passe dans les cavités

Montée : la pression baisse

  • Les gaz enfermés se dilatent
  • L'air sort facilement de l'oreille moyenne
  • Gaz intestinaux : ballonnements possibles

Descente : la pression augmente

  • L'air doit rentrer dans l'oreille moyenne
  • Trompe bouchée : douleur, otite barotraumatique
  • Valsalva, déglutition, tétée chez le nourrisson

Sources

  • DGAC, guide de l'examen théorique CCA, V3, partie secourisme, domaine C05 01 à C05 03 02 — ecologie.gouv.fr
  • Règlement (UE) n° 1178/2011, appendice 1 de la Part-CC, points 5.1, 5.2 et 5.7 — EASA
  • EASA, CS-25, CS 25.841 (cabines pressurisées)
  • OACI, Doc 8984, Manuel de médecine aéronautique civile, cité par le guide — icao.int

À retenir

  • En altitude, la proportion d'oxygène ne change pas : c'est sa pression partielle qui baisse.
  • Hypoxie : manque d'oxygène des tissus ; insidieuse ; traitement : l'oxygène.
  • Temps de conscience utile : diminue fortement avec l'altitude.
  • Barotraumatisme de l'oreille : surtout à la descente, trompe d'Eustache bouchée ; manœuvre de Valsalva.
  • Thrombose veineuse : immobilité ; complication majeure : embolie pulmonaire.
  • Décalage horaire : savoir convertir l'heure d'une prise de médicament.

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