Examen théorique CCA
Aspects aéromédicaux et premiers secours

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Aéromédical et secours 25 min de lecture C05 01 02 · C05 03 · C05 04

3.2 Premiers secours à bord : bilan, malaises et urgences en vol

En vol, l'équipage de cabine est le premier maillon de la chaîne de secours, parfois pendant des heures. Ce chapitre présente la démarche et les conduites à tenir de base, d'après les recommandations nationales de premiers secours que le guide de la DGAC cite parmi ses références.

Ce chapitre prépare une épreuve théorique : il ne remplace pas l'apprentissage pratique des gestes, réalisé pendant la formation initiale et évalué à l'épreuve pratique (partie médicale, coefficient 1). Les conduites à tenir ci-dessous reprennent les recommandations PSC1 de la Direction générale de la sécurité civile (version de décembre 2023).

La démarche, dans l'ordre (C05 01 02 01)

1

Protéger

Se protéger et protéger la victime

2

Examiner

Bilan : conscience, respiration, signes de détresse

3

Alerter

Collègues PNC, pilotes, médecin éventuel

Secourir

Gestes adaptés, puis surveillance

1

Bilan et alerte : les spécificités de la cabine

Le guide demande de savoir effectuer un bilan, citer les éléments d'une détresse vitale, connaître les positions d'attente et les paramètres vitaux à surveiller.

L'alerte change de nature en vol. Il n'y a pas de numéro d'urgence à composer : le guide cite trois destinataires.

  • les autres membres d'équipage de cabine, à commencer par le responsable de cabine ;
  • l'équipage de conduite, qui décide de la suite du vol (déroutement, assistance médicale au sol) ;
  • un médecin, présent parmi les passagers ou joint depuis le sol.

Le guide demande aussi de connaître la chaîne de secours, ses maillons et les conditions d'intervention de chacun, ainsi que les objectifs d'un compte rendu médical : transmettre au relais (médecin, secours au sol) un bilan clair et chronologique.

Les médicaments de la trousse médicale d'urgence ne sont administrés que par des personnes qualifiées : le commandant y veille (CAT.IDE.A.225 (b)). Le PNC, lui, agit avec les gestes de secours et le matériel de premiers secours.

2

La victime a perdu connaissance mais respire

Une personne inconsciente laissée sur le dos risque l'étouffement : la langue chute en arrière et les liquides (salive, sang, vomissements) encombrent la gorge.

  1. Rechercher une réponse : questions simples, demander de serrer la main.
  2. Si elle ne répond pas : demander de l'aide, l'allonger sur le dos, libérer les voies aériennes.
  3. Apprécier la respiration pendant 10 secondes au plus : regarder, écouter, sentir.
  4. Si elle respire, après un événement non traumatique : position latérale de sécurité (PLS), alerte, surveillance permanente de la respiration.
Après un traumatisme ou un événement d'origine inconnue, la victime est laissée sur le dos, sous surveillance ; on ne la tourne sur le côté que si elle vomit, en maintenant l'axe tête-cou-tronc. Si sa respiration s'arrête ou devient anormale : conduite à tenir de l'arrêt cardiaque (chapitre 3.3).
3

Le malaise : écouter, observer, transmettre

Un malaise peut annoncer une détresse grave. Les recommandations nationales demandent de mettre la personne au repos, puis de recueillir les informations à transmettre pour obtenir un avis médical.

Certains signes d'apparition soudaine, même brefs, imposent une alerte immédiate :

Accident cardiaque

Douleur dans la poitrine.

Accident vasculaire cérébral

Faiblesse ou paralysie d'un bras ; déformation de la face ; perte de la vision d'un œil ou des deux ; difficulté de langage ou de compréhension ; mal de tête sévère et inhabituel ; perte d'équilibre ou chute inexpliquée.

La conduite à tenir : installer la personne allongée confortablement, ou assise si elle a du mal à respirer ; desserrer les vêtements ; la rassurer ; la protéger du froid ou de la chaleur ; s'informer sur son âge, la durée du malaise, ses antécédents et ses traitements.

À sa demande ou à celle du médecin consulté, on peut lui donner son traitement habituel pour ce malaise ou du sucre en morceaux. Le guide détaille ensuite les malaises les plus courants : malaise vagal, syncope, hypoglycémie, troubles digestifs, hyperventilation.

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4

L'obstruction des voies aériennes

Un repas servi à bord rend cette urgence très concrète. Les recommandations distinguent deux situations.

Obstruction partielle

La personne parle, tousse, respire. On l'installe dans la position où elle se sent le mieux, on l'encourage à tousser, on demande un avis médical et on la surveille. Aucune claque, aucune compression.

Obstruction complète

Elle ne peut plus parler, crier, tousser ni émettre un son, garde la bouche ouverte, s'agite, bleuit rapidement.

Face à une obstruction complète :

  1. donner de 1 à 5 claques dans le dos ;
  2. si elles sont inefficaces, réaliser de 1 à 5 compressions : abdominales chez l'adulte et l'enfant ; thoraciques chez le nourrisson, la femme enceinte ou la personne obèse quand on ne peut pas encercler l'abdomen, et la personne alitée ;
  3. répéter le cycle jusqu'au rejet du corps étranger, à la reprise de la respiration, à l'apparition d'une toux, de cris ou de pleurs.

Si la victime perd connaissance, on l'accompagne au sol et on applique la conduite à tenir de l'arrêt cardiaque.

5

Saignements et brûlures

L'hémorragie externe : comprimer immédiatement l'endroit qui saigne (ou faire comprimer par la victime), maintenir la compression, allonger la victime, alerter, la rassurer et surveiller. Un pansement compressif ne remplace la compression que si celle-ci a arrêté le saignement.

Le saignement de nez : asseoir la personne tête penchée en avant, ne jamais l'allonger ; lui demander de se moucher vigoureusement, puis de comprimer les deux narines pendant 10 minutes sans relâcher. Un avis médical s'impose si le saignement persiste ou revient, s'il fait suite à un choc, ou si la personne prend des médicaments qui favorisent les saignements.

La brûlure :

  • refroidir immédiatement à l'eau courante tempérée, à faible pression, au moins 10 minutes, idéalement 20 ;
  • retirer vêtements et bijoux s'ils n'adhèrent pas à la peau ;
  • évaluer la gravité : une brûlure est grave notamment si les cloques dépassent la moitié de la paume de la main de la victime, si elle touche le visage, le cou, les mains, les articulations ou la proximité des orifices naturels, ou si elle est chimique, électrique ou radiologique ;
  • ne jamais percer les cloques ; aucun produit sur une brûlure grave sans avis médical.
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6

La carte des urgences au programme

Le guide liste de nombreuses situations, avec pour chacune une définition, des signes et une conduite à tenir. L'appendice 1 de la Part-CC en fixe le socle européen. Ce tableau aide à vérifier que rien n'est oublié pendant les révisions.

FamilleSituations citées par le guide
MalaisesMalaise vagal, syncope, hypoglycémie, intoxication alimentaire, diarrhée, vomissements, hyperventilation, tétanie, alcool, drogue, panique
CirconstancesBrûlures, plaies, contusions, saignement de nez ou dentaire, morsures et piqûres, intoxication par les fumées, perte de connaissance, fractures, entorses, luxations, convulsions, épilepsie
Urgences en volAsthme, réaction allergique, œdème de Quincke, choc anaphylactique, AIT, AVC, angine de poitrine, infarctus, urgences abdominales et urologiques, diabète, accouchement, grossesse extra-utérine
Première urgenceÉtat de choc, coma, hémorragies graves, obstruction des voies aériennes, œdème aigu du poumon, pneumothorax, embolie pulmonaire
PédiatrieObstruction des voies aériennes chez l'enfant et le nourrisson, asthme, bronchiolite, déshydratation, convulsions, hyperthermie, traumatisme crânien, brûlures, arrêt cardiaque
Santé du voyageHygiène à bord, maladies infectieuses, vaccinations, déchets médicaux, désinsectisation, décès à bord (qui peut le constater)

Pour chaque situation, une même logique : reconnaître les signes, apprécier la gravité (la notion d'urgence), alerter l'équipage, appliquer la conduite à tenir et surveiller. Les gestes de secours de base se révisent aussi avec la formation sauveteur secouriste du travail du site.

Une personne ne répond pas : que faire ?

Demander de l'aide · allonger sur le dos · libérer les voies aériennes · apprécier la respiration (10 s au plus)

Elle respire

PLS (sauf traumatisme) · alerte · surveillance continue

Elle ne respire pas ou respire anormalement

Arrêt cardiaque : RCP et défibrillateur (chapitre 3.3)

Sources

  • Ministère de l'Intérieur, DGSCGC, recommandations relatives à l'unité d'enseignement PSC1 (version de décembre 2023) : malaise, perte de connaissance, obstruction des voies aériennes, hémorragies, brûlures — interieur.gouv.fr
  • DGAC, guide de l'examen théorique CCA, V3, domaine C05 (et ses références documentaires) — ecologie.gouv.fr
  • Règlement (UE) n° 1178/2011, appendice 1 de la Part-CC, points 5.3 et 5.4 ; règlement (UE) n° 965/2012, CAT.IDE.A.225 — EASA

À retenir

  • Démarche : protéger, examiner, alerter, secourir ; en vol, l'alerte va aux PNC, aux pilotes et à un médecin.
  • Inconscient qui respire (hors traumatisme) : PLS et surveillance continue.
  • Signes d'AVC ou douleur thoracique soudaine : alerte immédiate.
  • Obstruction complète : 1 à 5 claques dans le dos, puis 1 à 5 compressions, en cycle.
  • Saignement de nez : assis, tête penchée en avant, compression 10 minutes.
  • Brûlure : eau tempérée 10 minutes au moins, idéalement 20 ; ne jamais percer les cloques.

Sommaire de la formation