Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.1 Marchandises dangereuses : classes, batteries au lithium, incidents
L'appendice 1 de la Part-CC renvoie aux instructions techniques de l'OACI. Le guide de la DGAC (C06) demande la philosophie générale du transport des marchandises dangereuses, les classes, l'étiquetage, l'usage du tableau 2.3.A de l'IATA et les procédures d'urgence. Ce chapitre se concentre sur ce qu'un PNC rencontre réellement : les marchandises dangereuses des passagers.
Les neuf classes de marchandises dangereuses
1
Explosifs
2
Gaz
3
Liquides inflammables
4
Solides inflammables
5
Comburants, peroxydes
6
Toxiques, infectieux
7
Radioactifs
8
Corrosifs
9
Divers, dont les piles au lithium
Classification de l'ONU reprise par les Instructions techniques de l'OACI (Doc 9284) et le manuel DGR de l'IATA.
La philosophie générale
Une marchandise dangereuse est un article ou une matière qui présente un risque pour la santé, la sécurité, les biens ou l'environnement, et qui figure dans les listes des instructions techniques de l'OACI ou est classée selon ces instructions.
Le transport aérien en est encadré par trois niveaux de textes :
- l'Annexe 18 de la convention de Chicago, qui pose les principes ;
- les Instructions techniques de l'OACI (Doc 9284), qui en détaillent l'application ;
- le manuel DGR de l'IATA (Dangerous Goods Regulations), utilisé par les compagnies, qui reprend ces instructions et ajoute des divergences d'États ou d'exploitants plus restrictives.
Le guide (C06 01 01 01) demande aussi de connaître l'obligation d'informer les passagers des marchandises dangereuses interdites, et l'existence de procédures de détection : un PNC qui repère un objet suspect (bouteille de gaz, liquide inflammable) applique la procédure de son exploitant et informe le commandant.
Emballage, marquage et étiquetage
Le guide (C06 01 01 02 02) demande de connaître l'existence d'exigences d'emballage, de marquage et d'étiquetage, ainsi que les étiquettes de classe de danger et de manutention.
Étiquettes de danger
En losange, avec le numéro de la classe en bas : elles indiquent la nature du danger.
Étiquettes de manutention
Elles donnent une consigne de manipulation : sens du colis, « avion cargo seulement », batteries au lithium.
Les marchandises dangereuses expédiées comme fret voyagent déclarées, emballées et étiquetées selon les instructions techniques.
Le PNC est surtout concerné par les marchandises dangereuses non déclarées, celles qu'un passager emporte sans le savoir ou sans le dire. D'où l'importance du tableau 2.3.A.
Le tableau 2.3.A de l'IATA : batteries et appareils
Le guide demande de « savoir utiliser » le tableau 2.3.A, « Dispositions pour les marchandises dangereuses transportées par les passagers ou les membres d'équipage ». Le principe : rien n'est admis, sauf ce que le tableau autorise, dans les conditions qu'il fixe. Voici les lignes les plus utiles, d'après la 67e édition (1er janvier 2026).
| Article | Cabine | Soute | Conditions |
|---|---|---|---|
| Appareils électroniques portables (téléphone, ordinateur) au lithium | Oui | Oui | ≤ 100 Wh (lithium-ion) ; éteints complètement en soute ; 15 appareils au plus par personne |
| Batteries de rechange, dont les batteries externes (power banks) | Oui | Non | ≤ 100 Wh ; protégées individuellement contre les courts-circuits ; 20 au plus par personne |
| Batteries de rechange de 100 à 160 Wh | Oui | Non | Approbation de l'exploitant ; 2 au plus |
| Cigarette électronique | Oui | Non | Protégée contre l'activation accidentelle |
| Allumettes de sûreté ou petit briquet | Sur soi uniquement | Un seul ; recharges de briquet interdites | |
| Boissons alcoolisées de 24 % à 70 % | Oui | Oui | Emballage de vente, 5 L au plus par personne |
Les dispositions du tableau peuvent être restreintes par des divergences d'États ou d'exploitants. La règle sur les liquides au contrôle de sûreté (contenants de 100 ml) est une autre règle, de sûreté : elle est traitée au chapitre 4.2.
Pourquoi les batteries de rechange restent en cabine
Une batterie au lithium endommagée, écrasée ou en court-circuit peut s'échauffer et s'enflammer. Quand une cellule s'emballe, la chaleur peut gagner les cellules voisines : c'est l'emballement thermique, qui explique les reprises de feu.
En cabine, un départ de feu est vu et traité immédiatement par l'équipage. En soute, il ne le serait pas. C'est la logique du tableau 2.3.A : les batteries de rechange et les batteries externes voyagent uniquement en cabine.
Le règlement Air OPS recommande d'ailleurs d'inclure dans les supports d'information des passagers (GM2 CAT.OP.MPA.170) :
- le danger d'incendie d'un appareil endommagé ;
- la nécessité d'appeler immédiatement l'équipage si un appareil est endommagé, chaud, fume, est perdu ou tombe dans la structure du siège, en s'abstenant de manipuler le siège ;
- la surveillance des appareils pendant leur recharge.
Procédures d'urgence : ce que demande le guide
La ligne C06 01 02 attend quatre connaissances :
- les objectifs de formation des PNC sur les marchandises dangereuses ;
- les procédures d'urgence à appliquer en cas d'accident ou d'incident ;
- l'importance de communiquer et coordonner efficacement avec les autres membres d'équipage ;
- les types d'incidents : fuite, déversement, émanation, échauffement ou feu.
Quelle que soit la situation, le premier réflexe est commun à tout incident en cabine : informer immédiatement l'équipage de conduite, comme le demande l'appendice 1 de la Part-CC pour tout feu ou fumée.
Un feu d'appareil électronique relève de la procédure feu-fumée-odeur (FFO) du chapitre 4.3 : attaque du feu avec l'extincteur adapté, puis surveillance prolongée de l'appareil, en raison du risque de reprise. Le détail des gestes (kit, contenant, refroidissement) relève des procédures de l'exploitant.
Cas pratiques à l'embarquement
Les questions de l'épreuve portent souvent sur une situation concrète. Trois exemples à raisonner avec le tableau 2.3.A :
Une valise cabine doit finalement aller en soute
Les batteries de rechange et les batteries externes qu'elle contient doivent être retirées et gardées en cabine.
Un passager voyage avec deux batteries de 140 Wh
Admises en cabine seulement, avec l'approbation de l'exploitant, deux au plus.
Un passager a deux briquets dans sa poche
Le tableau admet un seul petit briquet, porté sur soi.
Le guide cite aussi parmi ses références le document de la DGAC « L'ABC des MD », une introduction aux marchandises dangereuses, et les guides de l'IATA sur les batteries au lithium.
Batteries : cabine ou soute ?
Cabine uniquement
- Batteries de rechange
- Batteries externes (power banks)
- Cigarettes électroniques
Cabine ou soute
- Appareils électroniques avec leur batterie (≤ 100 Wh)
- En soute : complètement éteints et protégés
Sources
- IATA, Dangerous Goods Regulations, 67e édition (1er janvier 2026), tableau 2.3.A — iata.org
- OACI, Annexe 18 et Instructions techniques pour la sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses (Doc 9284) — icao.int
- Règlement (UE) n° 965/2012, GM2 CAT.OP.MPA.170 — EASA ; règlement (UE) n° 1178/2011, appendice 1 de la Part-CC, points 6 et 8.2
- DGAC, guide de l'examen théorique CCA, V3, domaine C06 — ecologie.gouv.fr
À retenir
- 9 classes ; les piles au lithium sont en classe 9.
- Textes : Annexe 18, Instructions techniques de l'OACI, DGR de l'IATA (avec divergences).
- Batteries de rechange et power banks : cabine uniquement, ≤ 100 Wh, protégées, 20 au plus.
- 100 à 160 Wh : approbation de l'exploitant, 2 au plus, cabine uniquement.
- Cigarette électronique : cabine uniquement ; briquet : un, sur soi.
- Appareil chaud, qui fume ou coincé dans un siège : appeler l'équipage, ne pas manipuler le siège.