Article L1226-13 · En vigueur

Article L1226-13 — Nullité de la rupture en violation de la protection AT/MP

L'article L1226-13 frappe de nullité toute rupture du contrat prononcée en violation de la protection du salarié en arrêt suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle (articles L1226-9 et L1226-18).

Ce que dit l'article L1226-13

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Toute rupture du contrat de travail prononcée en méconnaissance des dispositions des articles L. 1226-9 et L. 1226-18 est nulle.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre II — Formation et exécution du contrat de travail
Chapitre
Chapitre VI — Maladie, accident et inaptitude médicale
Section
Section 3 — Accident du travail ou maladie professionnelle (Sous-section 4 : Indemnités et sanctions)

L'article L1226-13 sanctionne par la nullité toute rupture du contrat prononcée en violation de la protection du salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. C'est le verrou qui rend effective la protection des articles L1226-9 et L1226-18.

Ce que dit l'article L1226-13

Texte officiel en vigueur depuis le 1er mai 2008 :

Toute rupture du contrat de travail prononcée en méconnaissance des dispositions des articles L. 1226-9 et L. 1226-18 est nulle.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Pendant la suspension du contrat consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le salarié bénéficie d'une protection renforcée contre la rupture (article L1226-9) : l'employeur ne peut le licencier que pour faute grave sans lien avec l'AT/MP ou impossibilité absolue de maintenir le contrat pour un motif étranger.

L'article L1226-13 ajoute la sanction : toute rupture prononcée en dehors de ces deux cas est nulle. La nullité est la sanction la plus forte : le licenciement est anéanti, ouvrant droit à réintégration ou à une indemnisation lourde.

Qui est concerné ?

  • Les salariés dont le contrat est suspendu suite à un AT (hors trajet) ou une MP ;
  • Tout employeur ;
  • S'applique également à la période de suspension liée aux stages de réadaptation (L1226-18).

Ce que cela implique en pratique

1. La protection de l'article L1226-9

Pendant la suspension du contrat pour AT/MP, l'employeur ne peut rompre le contrat que dans deux cas :

  • Faute grave du salarié sans lien avec l'accident ou la maladie ;
  • Impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'AT/MP (ex. cessation totale d'activité).

2. Les conséquences de la nullité

  • Réintégration du salarié à sa demande, avec versement des salaires de la période d'éviction ;
  • À défaut de réintégration : indemnités spécifiques (indemnité de l'article L1226-15 — minimum 12 mois de salaire pour les salariés ayant 2 ans d'ancienneté dans une entreprise ≥ 11 salariés) ;
  • Cumul avec l'indemnité de licenciement et l'indemnité compensatrice de préavis.

3. Distinction avec l'inaptitude

L1226-13 sanctionne la rupture pendant la suspension (arrêt de travail en cours). À l'issue de l'arrêt, si le salarié est déclaré inapte, c'est le régime du reclassement (L1226-10) et des indemnités spéciales (L1226-14) qui s'applique.

Risques pour l'employeur

  • Nullité du licenciement (L1226-13) : réintégration possible + salaires de la période d'éviction ;
  • Indemnité minimale de 12 mois (L1226-15) en cas de non-réintégration, pour les salariés protégés ;
  • Faute inexcusable possible si l'AT révèle un manquement à l'obligation de sécurité (L4121-1) ;
  • Dommages-intérêts complémentaires.

Cas pratiques

Cas n°1 — Licenciement pendant l'arrêt AT

Un salarié en arrêt suite à un accident du travail est licencié pour « réorganisation ». Sauf impossibilité absolue de maintenir le contrat pour un motif étranger, le licenciement est nul (L1226-13) : réintégration + salaires de la période.

Cas n°2 — Faute grave indépendante

Pendant son arrêt AT, un salarié commet une faute grave sans lien avec l'accident (vol). L'employeur peut le licencier (exception de L1226-9) : pas de nullité.

Cas n°3 — Non-réintégration

Licenciement nul mais le salarié ne demande pas sa réintégration : il perçoit une indemnité d'au moins 12 mois de salaire (L1226-15) + indemnité de licenciement + préavis.

Cas n°4 — Accident de trajet

Un salarié en arrêt suite à un accident de trajet ne bénéficie pas de la protection de L1226-9/L1226-13 (régime des AT au sens strict). Sa protection relève du droit commun de la maladie.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Licenciement pendant l'arrêt AT

Licenciement pour « réorganisation » pendant un arrêt AT : nul (L1226-13) sauf impossibilité absolue indépendante. Réintégration + salaires.

Cas n°2 — Faute grave indépendante

Vol commis pendant l'arrêt, sans lien avec l'AT : licenciement possible (exception L1226-9), pas de nullité.

Cas n°3 — Non-réintégration

Licenciement nul sans réintégration : indemnité d'au moins 12 mois (L1226-15) + indemnité de licenciement + préavis.

Cas n°4 — Accident de trajet

Pas de protection L1226-9/L1226-13 : régime de droit commun de la maladie.

Questions fréquentes

Lorsqu'il est prononcé en violation des articles L1226-9 et L1226-18 (article L1226-13). Pendant la suspension du contrat pour accident du travail ou maladie professionnelle, l'employeur ne peut licencier que pour faute grave sans lien avec l'AT/MP ou impossibilité absolue de maintenir le contrat pour un motif étranger. Hors ces cas, le licenciement est nul.

Le salarié peut demander sa réintégration, avec versement des salaires de la période d'éviction. À défaut de réintégration, il perçoit une indemnité spécifique d'au moins 12 mois de salaire (article L1226-15) pour les salariés ayant 2 ans d'ancienneté dans une entreprise d'au moins 11 salariés, cumulable avec l'indemnité de licenciement et le préavis.

Deux exceptions (article L1226-9) : faute grave du salarié sans lien avec l'accident ou la maladie, ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'AT/MP (par exemple une cessation totale d'activité). En dehors de ces cas, toute rupture est nulle.

Non. La protection des articles L1226-9 et L1226-13 vise l'accident du travail au sens strict et la maladie professionnelle. L'accident de trajet relève du régime de droit commun de la maladie (protection moindre, article L1226-1).

L'article L1226-13 sanctionne la rupture prononcée pendant la suspension (arrêt de travail en cours). Lorsque l'arrêt prend fin et que le salarié est déclaré inapte, c'est le régime du reclassement (L1226-10) et des indemnités spéciales (L1226-14) qui s'applique, distinct de la nullité de L1226-13.

Au minimum 12 mois de salaire (article L1226-15) pour un salarié ayant au moins 2 ans d'ancienneté dans une entreprise d'au moins 11 salariés qui ne demande pas sa réintégration. Cette indemnité se cumule avec l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement et l'indemnité compensatrice de préavis.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 27/05/2026.