Article L1242-12 · En vigueur

Article L1242-12 — Mentions obligatoires du CDD écrit

L'article L1242-12 impose que le CDD soit écrit et comporte la définition précise de son motif ainsi que 8 mentions obligatoires. À défaut, requalification automatique en CDI avec indemnité d'au moins 1 mois de salaire.

Ce que dit l'article L1242-12

Texte officiel en vigueur depuis le 01/05/2008 :

Le contrat de travail à durée déterminée est établi par écrit et comporte la définition précise de son motif. A défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée.

Il comporte notamment :

1° Le nom et la qualification professionnelle de la personne remplacée lorsqu'il est conclu au titre des 1°, 4° et 5° de l'article L. 1242-2 ;

2° La date du terme et, le cas échéant, une clause de renouvellement lorsqu'il comporte un terme précis ;

3° La durée minimale pour laquelle il est conclu lorsqu'il ne comporte pas de terme précis ;

4° La désignation du poste de travail en précisant, le cas échéant, si celui-ci figure sur la liste des postes de travail présentant des risques particuliers pour la santé ou la sécurité des salariés prévue à l'article L. 4154-2, la désignation de l'emploi occupé ou, lorsque le contrat est conclu pour assurer un complément de formation professionnelle au salarié au titre du 2° de l'article L. 1242-3, la désignation de la nature des activités auxquelles participe le salarié dans l'entreprise ;

5° L'intitulé de la convention collective applicable ;

6° La durée de la période d'essai éventuellement prévue ;

7° Le montant de la rémunération et de ses différentes composantes, y compris les primes et accessoires de salaire s'il en existe ;

8° Le nom et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire ainsi que, le cas échéant, ceux de l'organisme de prévoyance.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre IV — Contrat de travail à durée déterminée
Chapitre
Chapitre II — Conclusion et exécution du contrat
Section
Section 4 — Forme, contenu et transmission du contrat

L'article L1242-12 fixe les mentions obligatoires du contrat à durée déterminée. La sanction d'un défaut d'écrit ou d'un défaut de motif précis ? Requalification automatique en CDI. Une règle d'ordre public qui transforme tout CDD bâclé en CDI.

Ce que dit l'article L1242-12

Texte officiel en vigueur depuis le 1er mai 2008 :

Le contrat de travail à durée déterminée est établi par écrit et comporte la définition précise de son motif. À défaut, il est réputé conclu pour une durée indéterminée.

Il comporte notamment : 1° nom et qualification du remplacé ; 2° date du terme et clause de renouvellement éventuelle ; 3° durée minimale si pas de terme précis ; 4° poste de travail (et risques particuliers L4154-2) ; 5° intitulé de la convention collective ; 6° durée de la période d'essai ; 7° montant de la rémunération ; 8° caisse de retraite complémentaire et organisme de prévoyance.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Pour qu'un CDD soit valide, deux conditions absolues :

  1. Il doit être écrit ;
  2. Il doit comporter la définition précise du motif de recours (par exemple : « remplacement de Mme Dupont, comptable, en congé maternité »).

Si l'une de ces deux conditions manque, le contrat est réputé conclu pour une durée indéterminée (CDI). Le salarié pourra alors faire constater cette requalification au conseil de prud'hommes et obtenir une indemnité (article L1245-2). À cela s'ajoute la liste des 8 mentions obligatoires (alinéa 2).

Qui est concerné ?

  • Tout salarié en CDD, quel que soit le motif (remplacement, surcroît, saisonnier, CDDU).
  • Tout employeur embauchant en CDD, sans seuil d'effectif.
  • L'article L1251-16 reprend des dispositions équivalentes pour le contrat de mission (intérim).

Ce que cela implique en pratique

1. Les 8 mentions obligatoires (alinéa 2)

Mention
Nom et qualification du salarié remplacé (CDD de remplacement)
Date du terme + clause de renouvellement éventuelle
Durée minimale (si pas de terme précis : ex. remplacement maternité)
Poste de travail (et mention « poste à risques particuliers L4154-2 » si concerné)
Intitulé de la convention collective applicable
Durée de la période d'essai éventuelle
Montant de la rémunération (salaire + primes et accessoires)
Nom et adresse de la caisse de retraite complémentaire et de l'organisme de prévoyance

2. Délai de transmission du contrat

L'article L1242-13 impose la transmission du contrat écrit au salarié au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant l'embauche. Le défaut de transmission dans ce délai est sanctionné par une indemnité forfaitaire au profit du salarié (article L1245-1 et L1245-2).

3. Précision du motif : exigence stricte

Le motif doit être précisément identifié, pas simplement énoncé :

  • « Remplacement » : nom de la personne remplacée + qualification + nature de l'absence (Cass. Soc., 23 janvier 2008, n° 06-44.197) ;
  • « Surcroît d'activité » : motifs concrets (commande exceptionnelle de tel client, lancement de tel produit…) ;
  • « Saisonnier » : nature exacte de la saison concernée.

Une motivation vague (« raisons commerciales », « besoins ponctuels ») entraîne la requalification.

4. Sanctions en cas de manquement

  • Absence d'écrit ou défaut de motif précis : requalification automatique en CDI (L1242-12) ;
  • Indemnité de requalification ≥ 1 mois de salaire (L1245-2) ;
  • Transmission tardive (> 2 jours ouvrables, L1242-13) : indemnité forfaitaire d'1 mois de salaire (Cass. Soc., 17 juin 2005, n° 03-42.596) ;
  • Sanction pénale (L1248-1) : 3 750 € d'amende par contrat irrégulier, 7 500 € en récidive ;
  • En cas de rupture, indemnités du barème Macron pour licenciement sans cause réelle (L1235-3).

Cas pratiques

Cas n°1 — Embauche sans écrit

Un salarié travaille « en CDD » mais aucun contrat écrit n'a été signé. À défaut d'écrit, requalification automatique en CDI (L1242-12 alinéa 1) + indemnité de 1 mois (L1245-2) + droit à l'IFC s'il s'agit d'un CDD prévu (L1243-8).

Cas n°2 — Motif imprécis

CDD pour « surcroît temporaire d'activité » sans aucune précision. Le motif est trop vague (Cass. Soc., 23 janvier 2008, n° 06-44.197) → requalification en CDI possible si le salarié saisit le conseil de prud'hommes.

Cas n°3 — Transmission tardive

Embauche lundi 1er, contrat écrit transmis et signé vendredi 5. Délai de 2 jours ouvrables dépassé : indemnité forfaitaire d'1 mois de salaire (Cass. Soc., 17 juin 2005, n° 03-42.596). Le CDD reste valide sur le fond.

Cas n°4 — Oubli de la convention collective

Le contrat omet d'indiquer l'intitulé de la convention collective applicable (5° de L1242-12). Cette mention manquante constitue une irrégularité, sanctionnée par une indemnité (Cass. Soc., 26 janvier 2005, n° 02-46.146). Mais ne déclenche pas systématiquement la requalification.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Embauche sans écrit

Aucun contrat signé : requalification automatique en CDI + 1 mois (L1245-2).

Cas n°2 — Motif imprécis

« Surcroît temporaire d'activité » sans précision : requalification possible (Cass. Soc., 23 janvier 2008, n° 06-44.197).

Cas n°3 — Transmission tardive

Contrat transmis 5 jours après l'embauche : indemnité d'1 mois (Cass. Soc., 17 juin 2005, n° 03-42.596).

Cas n°4 — Mention convention collective oubliée

Indemnité due (Cass. Soc., 26 janvier 2005, n° 02-46.146), pas nécessairement requalification.

Questions fréquentes

Le CDD doit comporter (article L1242-12) : 1° nom et qualification du remplacé, 2° date du terme et clause de renouvellement, 3° durée minimale à défaut de terme précis, 4° poste de travail (et mention 'risques particuliers L4154-2' si concerné), 5° intitulé de la convention collective, 6° durée de la période d'essai, 7° rémunération et accessoires, 8° caisse de retraite complémentaire et organisme de prévoyance.

Requalification automatique en CDI (article L1242-12 alinéa 1). Le salarié peut faire constater cette requalification au conseil de prud'hommes et obtenir une indemnité d'au moins 1 mois de salaire (article L1245-2). La sanction est d'ordre public : aucune régularisation a posteriori n'est possible.

Au plus tard dans les 2 jours ouvrables suivant l'embauche (article L1242-13). Au-delà, l'employeur s'expose à une indemnité forfaitaire d'un mois de salaire (Cass. Soc., 17 juin 2005, n° 03-42.596). Le CDD reste valide sur le fond mais l'irrégularité est sanctionnée.

Précis. La Cassation est constante (Cass. Soc., 23 janvier 2008, n° 06-44.197) : un motif vague (« surcroît », « besoins ponctuels ») entraîne la requalification. Pour un remplacement, indiquer nom, qualification et nature de l'absence. Pour un surcroît, détailler le contexte concret.

Non, tous les manquements ne se valent pas. L'absence d'écrit ou de motif précis (alinéa 1) entraîne une requalification automatique. L'omission d'une mention secondaire (alinéa 2) ouvre droit à une indemnité spécifique mais ne déclenche pas nécessairement la requalification, sauf si elle vide le motif de sa précision.

Amende de 3 750 € par contrat irrégulier (article L1248-1), portée à 7 500 € + 6 mois d'emprisonnement en cas de récidive. Risque cumulé : requalification, indemnité civile, et sanction pénale, sans compter le travail dissimulé (L8221-5) si l'irrégularité est volontaire et dissimule la véritable nature de l'emploi.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 26/05/2026.