Article L1243-1 · En vigueur

Article L1243-1 — Cas de rupture anticipée du CDD

L'article L1243-1 encadre strictement la rupture anticipée du CDD : sauf accord des parties, il ne peut être rompu avant son terme qu'en cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude. Une dérogation permet au salarié de rompre pour une embauche en CDI (L1243-2).

Ce que dit l'article L1243-1

Texte officiel en vigueur depuis le 22/12/2014 :

Sauf accord des parties, le contrat de travail à durée déterminée ne peut être rompu avant l'échéance du terme qu'en cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail.

Lorsqu'il est conclu en application du 6° de l'article L. 1242-2, le contrat de travail à durée déterminée peut, en outre, être rompu par l'une ou l'autre partie, pour un motif réel et sérieux, dix-huit mois après sa conclusion puis à la date anniversaire de sa conclusion.

Source : Légifrance

Nature
Partie législative
Partie II
Les relations collectives de travail
Livre
Livre II
Titre
Titre IV — Contrat de travail à durée déterminée
Chapitre
Chapitre III — Rupture anticipée, échéance du terme et renouvellement
Section
Section 1 — Rupture anticipée du contrat

L'article L1243-1 verrouille la rupture anticipée du CDD : sauf accord des parties, un CDD ne peut être rompu avant son terme que dans quatre cas — faute grave, force majeure, inaptitude, ou embauche en CDI (par dérogation, à l'initiative du salarié).

Ce que dit l'article L1243-1

Texte officiel en vigueur depuis le 22 décembre 2014 :

Sauf accord des parties, le CDD ne peut être rompu avant l'échéance du terme qu'en cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail.

Lorsqu'il est conclu en application du 6° de l'article L. 1242-2 (CDD à objet défini), le contrat peut, en outre, être rompu par l'une ou l'autre partie, pour un motif réel et sérieux, dix-huit mois après sa conclusion puis à la date anniversaire.

Source : Légifrance

En clair, qu'est-ce que ça veut dire ?

Le CDD est conclu pour une durée déterminée : par principe, il va jusqu'à son terme. Il ne peut être rompu de façon anticipée que dans des cas limités. À ces cas s'ajoute une dérogation importante prévue à l'article L1243-2 : le salarié peut rompre son CDD s'il justifie d'une embauche en CDI.

Qui est concerné ?

  • Tout salarié en CDD et son employeur ;
  • S'applique après la période d'essai (pendant l'essai, la rupture est libre).

Ce que cela implique en pratique

1. Les cas de rupture anticipée autorisés

CasInitiative
Accord des partiesCommun accord
Faute graveEmployeur ou salarié
Force majeureIndépendant
Inaptitude constatée par le médecin du travailEmployeur
Embauche en CDI (L1243-2)Salarié
CDD à objet défini, après 18 moisEmployeur ou salarié (motif réel et sérieux)

2. La rupture pour embauche en CDI (L1243-2)

Le salarié en CDD peut le rompre pour conclure un CDI, en respectant un préavis (1 jour par semaine, plafonné à 2 semaines). Il doit apporter la preuve de l'embauche en CDI.

3. Les conséquences d'une rupture anticipée illicite

  • Rupture anticipée par l'employeur hors cas autorisés : dommages-intérêts au salarié au moins égaux aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme (article L1243-4) ;
  • Rupture anticipée par le salarié hors cas autorisés : dommages-intérêts à l'employeur correspondant au préjudice subi (article L1243-3).

Cas pratiques

Cas n°1 — Rupture pour embauche en CDI

Un salarié en CDD trouve un CDI ailleurs. Il peut rompre son CDD (L1243-2), en respectant le préavis et en justifiant de l'embauche. Aucune indemnité n'est due à l'employeur.

Cas n°2 — Rupture par l'employeur sans motif valable

L'employeur rompt un CDD de 6 mois au bout de 2 mois « pour baisse d'activité ». Hors cas autorisés : dommages-intérêts au salarié au moins égaux aux 4 mois de salaire restants (L1243-4).

Cas n°3 — Faute grave

Un salarié en CDD commet un vol. L'employeur peut rompre le CDD par anticipation pour faute grave (L1243-1), après procédure disciplinaire.

Cas n°4 — Inaptitude

Un salarié en CDD est déclaré inapte par le médecin du travail. Après recherche de reclassement, l'employeur peut rompre le CDD (L1243-1), avec versement d'une indemnité spécifique.

Articles connexes du Code du travail

Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète, référez-vous au texte officiel sur Légifrance.
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Cas pratiques

Cas n°1 — Embauche en CDI

Le salarié rompt son CDD pour un CDI (L1243-2), avec préavis et preuve de l'embauche. Aucune indemnité à l'employeur.

Cas n°2 — Rupture employeur sans motif

CDD de 6 mois rompu au 2ᵉ mois « pour baisse d'activité » : DI au moins égaux aux 4 mois restants (L1243-4).

Cas n°3 — Faute grave

Vol commis par le salarié : rupture anticipée possible pour faute grave après procédure disciplinaire.

Cas n°4 — Inaptitude

Inaptitude constatée : rupture possible après recherche de reclassement, indemnité spécifique due.

Questions fréquentes

Sauf accord des parties, le CDD ne peut être rompu de façon anticipée qu'en cas de faute grave, de force majeure ou d'inaptitude constatée par le médecin du travail (article L1243-1). S'y ajoute la possibilité, pour le salarié, de rompre pour une embauche en CDI (article L1243-2).

Oui (article L1243-2). Le salarié en CDD peut le rompre par anticipation s'il justifie d'une embauche en CDI, en respectant un préavis d'un jour par semaine de contrat, plafonné à deux semaines. Aucune indemnité n'est due à l'employeur dans ce cas.

La rupture anticipée à l'initiative de l'employeur, hors cas de faute grave ou de force majeure, ouvre droit pour le salarié à des dommages-intérêts au moins égaux aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'au terme du contrat (article L1243-4), sans préjudice de la prime de précarité.

La rupture anticipée à l'initiative du salarié, hors cas autorisés et hors embauche en CDI, ouvre droit pour l'employeur à des dommages-intérêts correspondant au préjudice subi (article L1243-3).

Oui, l'inaptitude constatée par le médecin du travail est un cas de rupture anticipée (article L1243-1). L'employeur doit toutefois respecter une procédure de reclassement et verser une indemnité spécifique, dans des conditions proches de celles du CDI.

Oui, librement. Les restrictions de l'article L1243-1 ne s'appliquent qu'après la période d'essai. Pendant l'essai (article L1242-10), chaque partie peut rompre le CDD sans motivation, sous réserve du délai de prévenance.
Cet article a une vocation pédagogique. Pour toute application concrète à votre situation, référez-vous au texte officiel sur Légifrance et, si nécessaire, consultez un professionnel du droit social.
Page mise à jour le 27/05/2026.