Concours de rédacteur territorial
L'entretien, l'après-concours et le plan de préparation

Module 5 / 5  ·  Sommaire complet de la formation

Module 5 : L'entretien, l'après-concours et le plan de préparation 18 min de lecture

5.1 L'entretien de 20 minutes : exposé de 5 minutes et questions du jury

Pour les candidats admissibles, l'entretien est la dernière marche : une seule épreuve orale, de 20 minutes, qui pèse autant que chacun des deux écrits. Le décret n° 2012-942 en fixe l'objet avec précision, et les rapports de jury de la session 2023 disent ce qui a manqué aux candidats. Ce chapitre part de ces textes pour construire l'exposé, réviser l'environnement territorial et s'entraîner aux mises en situation de déontologie.

Ce que l'entretien doit permettre au jury d'apprécier (décret n° 2012-942, art. 2)

La capacité à s'intégrer

« dans l'environnement professionnel au sein duquel il est appelé à exercer ses fonctions » : les collectivités, leurs services, leurs élus.

La motivation

Pourquoi ce cadre d'emplois, pourquoi la fonction publique territoriale, et quel projet professionnel derrière le choix.

L'aptitude aux missions

« à assurer les missions dévolues au cadre d'emplois » : gestion administrative, budgétaire et comptable, rédaction d'actes.

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Ce que dit le décret : un exposé, puis un entretien

L'épreuve d'admission du concours externe est décrite à l'article 2 du décret n° 2012-942 du 1er août 2012 :

« Un entretien, ayant pour point de départ un exposé du candidat sur sa formation et son projet professionnel et permettant au jury d'apprécier sa capacité à s'intégrer dans l'environnement professionnel au sein duquel il est appelé à exercer ses fonctions, sa motivation et son aptitude à assurer les missions dévolues au cadre d'emplois (durée totale de l'entretien : vingt minutes, dont cinq minutes au plus d'exposé ; coefficient 1). »

— Décret n° 2012-942 du 1er août 2012, article 2

Trois enseignements se lisent dans le texte. D'abord, l'exposé n'est pas facultatif : il est le « point de départ » de l'entretien, et il porte sur la formation et le projet professionnel du candidat, pas sur ses loisirs ni sur un sujet imposé. Ensuite, sa durée est un plafond : cinq minutes au plus, ce qui laisse au moins quinze minutes d'échange avec le jury. Enfin, le coefficient est de 1, comme chacune des deux épreuves écrites : à l'externe, les trois épreuves (note, questions, entretien) pèsent chacune un tiers du total.

Le texte ne fixe ni programme ni liste de questions pour l'oral. Ce que le jury apprécie est cadré par les trois critères de l'article 2 ; la manière de les évaluer relève de chaque jury. Les concours internes et le troisième concours ont un entretien de même durée, mais dont l'exposé porte sur « les acquis de [l']expérience » du candidat : ce chapitre traite l'entretien du concours externe.

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Le jury, la note et l'élimination

L'article 9 du décret fixe la composition minimale du jury de chaque concours, nommé par arrêté du président du centre de gestion qui organise le concours :

CollègeMembres prévus par l'article 9
a) FonctionnairesUn fonctionnaire territorial de catégorie A ou B et un fonctionnaire désigné dans les conditions de l'article 14 du décret du 20 novembre 1985
b) Personnalités qualifiéesDeux personnalités qualifiées
c) ÉlusDeux élus locaux

Le jury comprend donc des élus locaux : l'environnement dans lequel le futur rédacteur travaillera est représenté dans la salle. Le texte ne dit rien de l'organisation matérielle de l'entretien (sous-jurys, ordre des questions) : elle relève du centre de gestion organisateur.

L'article 10 donne à chaque épreuve une note de 0 à 20, multipliée par le coefficient, et prévoit que « toute note inférieure à 5 sur 20 à l'une des épreuves d'admissibilité entraîne l'élimination du candidat ». Le texte de l'article vise les épreuves d'admissibilité. La note de cadrage nationale des centres de gestion du 19/08/2022, document indicatif qui ne constitue pas un texte réglementaire, écrit en revanche que toute note inférieure à 5 sur 20 « à l'une des épreuves d'admissibilité ou d'admission » entraîne l'élimination ; le rapport du jury du centre de gestion du Calvados (CDG 14), session 2023, écrit lui aussi : « Toute note inférieure à 5 sur 20 entraîne l'élimination du candidat » à propos de l'entretien. Il faut donc retenir que, dans la pratique des centres de gestion, une note d'entretien inférieure à 5 est traitée comme éliminatoire, et que cette règle vient du cadrage, pas de l'article 10.

Le rapport du CDG 29 (session 2023) comptabilise, pour l'oral, une note inférieure à 5 sur 20 dans chacune des trois voies (externe, interne, troisième concours), et celui du CDG 51 (même session) aucune pour le concours externe, avec un seuil d'admission fixé par le jury à 10,47 sur 20. Ces chiffres sont propres à ces sessions et à ces jurys : ils montrent que l'élimination à l'oral existe, pas qu'elle est fréquente.

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Construire l'exposé de cinq minutes

Le rapport du CDG 51 (session 2023) relève « la problématique de gestion du temps dans les cinq minutes au plus d'exposé ». Celui du CDG 14 observe au contraire que les présentations sont « en général bien préparées et structurées, dans le respect du temps imparti, cependant la gestion du stress n'est pas toujours maîtrisée ». Les deux remarques convergent : l'exposé doit être écrit, chronométré et répété à voix haute.

Une trame possible (conseil de méthode, pas exigence du décret) répond aux deux premiers critères de l'article 2, formation et projet :

  1. Parcours (environ 1 min 30) : le diplôme qui ouvre le concours, le contenu de la formation qui sert le métier (droit, gestion, rédaction), un stage, un emploi ou une expérience associative où l'on a manipulé un dossier, un budget, un courrier ou un public.
  2. Choix du métier (environ 1 min 30) : ce que l'on a compris des missions du cadre d'emplois, à partir du décret n° 2012-924 (voir zone 4), et pourquoi elles correspondent au projet.
  3. Projet (environ 1 min 30) : les services dans lesquels on se projette (finances, ressources humaines, état civil, affaires juridiques, secrétariat de direction), sans prétendre déjà tout connaître, et la manière dont on compte progresser.
  4. Ouverture (environ 30 s) : une phrase de conclusion qui invite le jury à poser ses questions, plutôt qu'une chute improvisée.
Piège : un exposé qui s'arrête à trois minutes n'est pas pénalisé en soi, puisque le texte parle de cinq minutes « au plus », mais il laisse le jury piocher dans le parcours à sa convenance. Un exposé qui déborde est interrompu. Visez quatre minutes et demie chronométrées.

Chaque élément cité doit pouvoir être développé : le jury peut demander de détailler une expérience, un cours ou un choix d'orientation. Évitez de mentionner un dispositif, une loi ou une collectivité que vous ne sauriez pas expliquer en deux phrases.

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Connaître le métier : les missions écrites dans le statut

L'aptitude à « assurer les missions dévolues au cadre d'emplois » se prépare avec le statut particulier, le décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012. Son article 3 décrit les rédacteurs territoriaux comme chargés de « fonctions administratives d'application » :

« Ils assurent en particulier des tâches de gestion administrative, budgétaire et comptable, et participent à la rédaction des actes juridiques. Ils contribuent à l'élaboration et à la réalisation des actions de communication, d'animation et de développement économique, social, culturel et sportif de la collectivité. »

— Décret n° 2012-924, article 3, I

Le même article précise que les rédacteurs peuvent se voir confier l'encadrement d'agents d'exécution, des fonctions d'assistant de direction ou, dans une commune de moins de 2 000 habitants, celles de secrétaire général de mairie. Les rédacteurs principaux de 2e et de 1re classe occupent des emplois qui correspondent à un niveau d'expertise supérieur : tâches complexes de gestion, analyse, suivi ou contrôle de dispositifs, coordination de projets ou d'équipes (article 3, II).

Les jurys de la session 2023 insistent sur un second pan de connaissances. Le CDG 51 « a constaté des lacunes sur les connaissances territoriales » et regrette que les candidats restent « trop restreints sur leur domaine d'activités et leur poste, sans s'élargir sur les autres collectivités ». Le CDG 14 relève un « déficit de connaissance sur l'environnement territorial et professionnel » ; ses conseils au candidat tiennent en quatre lignes : lire la note de cadrage du concours, connaître l'environnement territorial, apprendre à gérer son stress et son temps, se préparer à ce type d'épreuve.

Pour combler ce pan, le chapitre 2.2 de cette formation rassemble le socle sur les missions, compétences et moyens d'action des collectivités, et le QCM collectivités territoriales permet de vérifier ses réflexes. La grille du rédacteur territorial donne la carrière sur une page.

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Déontologie et mises en situation : les textes à avoir en tête

Le rapport du CDG 14 note que les mises en situation sont « bien appréhendées par la majorité des candidats ». Le décret ne prévoit pas de mise en situation à l'externe : il ne dit pas non plus que le jury n'en posera pas. Se préparer à répondre à une question du type « que feriez-vous si… ? » suppose de connaître les obligations des agents publics, réunies aux articles L121-1 à L121-11 du code général de la fonction publique. Les scénarios ci-dessous sont fictifs, rédigés pour cette formation.

Situation fictiveTexte à mobiliser (CGFP)
Un adjoint au maire demande à une rédactrice de modifier un procès-verbal de commission après coup, sans raison de fond.L121-1 : dignité, impartialité, intégrité, probité ; L121-10 : l'agent doit se conformer aux instructions de son supérieur, « sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public »
Un ami demande à un rédacteur du service de la commande publique de connaître le montant des offres concurrentes avant l'ouverture des plis.L121-7 : discrétion professionnelle, dont l'agent ne peut être délié que « par décision expresse de l'autorité dont il dépend » ; L121-4 et L121-5 : conflit d'intérêts, situation de nature à « influencer ou paraître influencer » l'exercice indépendant, impartial et objectif des fonctions
Un rédacteur de l'état civil constate qu'un agent a falsifié un document dont il a la garde.L121-11 : les agents publics se conforment au second alinéa de l'article 40 du code de procédure pénale pour tout crime ou délit dont ils acquièrent la connaissance dans l'exercice de leurs fonctions
Une rédactrice de l'accueil est sollicitée par un usager pour des informations sur son dossier et par un tiers pour des informations sur le dossier d'un voisin.L121-8 : devoir de satisfaire aux demandes d'information du public, « sous réserve » du secret professionnel (L121-6) et de la discrétion professionnelle (L121-7)
Un rédacteur hésite sur la conduite à tenir dans une situation délicate et ne veut pas décider seul.L124-2 : tout agent public a le droit de consulter un référent déontologue, sans préjudice de la responsabilité et des prérogatives du chef de service

La neutralité et la laïcité (L121-2) sont des classiques : l'agent public « s'abstient notamment de manifester ses opinions religieuses » et « traite de façon égale toutes les personnes ». L'obligation de réserve, elle, ne figure pas dans le code : c'est une construction jurisprudentielle, qu'il faut présenter comme telle.

Pour s'exercer sur ces notions, le QCM droits et obligations du fonctionnaire reprend les textes, et le chapitre sur les droits et obligations du fonctionnaire de la formation de culture administrative les détaille.

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Ce que les rapports de jury de la session 2023 recommandent

Trois rapports de jury du concours de rédacteur territorial, session 2023 (centres de gestion du Calvados, du Finistère et de la Marne, désignés ici par leur numéro de département), ont été lus pour ce chapitre. Leurs remarques sur l'oral se recoupent :

  • CDG 29 : les examinateurs « conseillent aux candidats de prendre connaissance de la note de cadrage afin de préparer au mieux leur épreuve (déroulé, attendus…) ». Pour les candidats externes et du troisième concours, ils « conseillent de travailler leurs connaissances sur l'environnement territorial ainsi que les motivations et l'aptitude pour exercer les missions d'un rédacteur territorial ».
  • CDG 14 : « trop de candidats se présentent à l'épreuve de l'entretien sans préparation ». En externe, « le jury a constaté un travail de préparation de qualité ».
  • CDG 51 : « un manque de préparation aux exigences de l'épreuve orale » et des « lacunes sur les connaissances territoriales ».

Trois priorités en découlent. D'abord, lire la note de cadrage du centre de gestion organisateur, que deux de ces jurys recommandent expressément. Ensuite, élargir sa connaissance de l'environnement territorial au-delà d'une seule collectivité. Enfin, s'entraîner à l'oral : chronométrer l'exposé, répondre à voix haute à des questions sur son parcours, et accepter qu'une question puisse porter sur une notion vue pour l'écrit.

La formation Méthode des épreuves rédigées ne traite que les écrits ; pour l'oral, le plan d'entraînement du chapitre 5.3 propose des séances concrètes.

Les 20 minutes de l'entretien

Admissibilité

Note et questions écrites, aucune note inférieure à 5 sur 20

Exposé

5 minutes au plus : formation et projet professionnel

Échange

Le reste des 20 minutes : questions du jury sur le parcours, le métier, le territoire

Admission

Note de 0 à 20, coefficient 1, puis liste d'admission arrêtée par le jury

Sources

  • Décret n° 2012-942 du 1er août 2012 fixant les modalités d'organisation des concours pour le recrutement des rédacteurs territoriaux, art. 2, 9 et 10 (relus le 01/10/2026) — Légifrance
  • Décret n° 2012-924 du 30 juillet 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux, art. 3 — Légifrance
  • Code général de la fonction publique, art. L121-1 à L121-11 et L124-2 (édition du 03/09/2026) — Légifrance
  • Note de cadrage nationale des centres de gestion, « Rédacteur territorial : réponses à une série de questions par domaine », 19/08/2022 (document indicatif) — agirhe-concours.fr
  • Rapports de jury du concours de rédacteur territorial, session 2023, des centres de gestion du Calvados (14), du Finistère (29) et de la Marne (51) (sites des centres de gestion)

À retenir

  • Entretien d'admission du concours externe : 20 minutes, dont 5 au plus d'exposé, coefficient 1 (décret n° 2012-942, art. 2).
  • L'exposé porte sur la formation et le projet professionnel ; le jury apprécie l'intégration, la motivation et l'aptitude aux missions du cadre d'emplois.
  • Le jury comprend au moins deux élus locaux et deux personnalités qualifiées (art. 9).
  • Le texte de l'article 10 vise les épreuves d'admissibilité ; l'élimination sous 5 sur 20 à l'oral vient du cadrage des centres de gestion.
  • Les jurys de 2023 relèvent des lacunes sur l'environnement territorial et un manque de préparation : lire la note de cadrage et chronométrer l'exposé.
  • Déontologie : CGFP L121-1 à L121-11 ; l'obligation de réserve est jurisprudentielle.

Sommaire de la formation