Convention Collective de la Production Agricole et des CUMA 2026 : Grille de Salaires, Paliers et Accords Territoriaux

Mise à jour : 22/09/2026 Convention collective IDCC 7024

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 7024. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Ouvrier viticole, vacher, tractoriste, agent de cultures, maraîcher, arboriculteur, mécanicien de CUMA, chef de culture : depuis le 1er avril 2021, tous relèvent d'un même texte national, la convention collective de la production agricole et des CUMA du 15 septembre 2020. Un texte jeune, dans une branche qui n'en avait jamais eu — et qui a la particularité d'être un socle, pas un code complet.

C'est le point que presque aucune page ne dit correctement, et c'est celui par lequel cette page commence. Contrairement aux fusions de branches habituelles, la convention nationale n'a pas abrogé les conventions agricoles départementales : son préambule écrit noir sur blanc qu'elles « ne sont pas remises en cause » et qu'elles « deviennent des accords collectifs étendus ». Il n'y a donc aucune date-butoir de survie de cinq ans — Légifrance recense aujourd'hui 152 textes territoriaux en vigueur étendu rattachés à cette convention. Conséquence très concrète : votre prime d'ancienneté, votre prime de fin d'année, vos majorations de dimanche et vos frais de déplacement ne sont pas dans le texte national. Ils sont dans l'accord de votre département.

Vous trouverez ensuite les deux grilles de salaires de 2026 — celle qui s'applique jusqu'au 30 septembre, dont trois paliers sur douze sont passés sous le SMIC le 1er juin, et celle qui prend le relais le 1er octobre —, le fonctionnement réel de la classification en points, le régime des saisonniers et du contrat vendanges, ce que la convention donne vraiment au moment du départ (et ce qu'elle ne donne pas), et le démontage de trois primes que plusieurs sites attribuent à tort à cette branche. Chaque chiffre publié ici a été relu sur Légifrance ou au Journal officiel ; ce qui n'a pas pu l'être figure dans une section dédiée, en clair.

ÉTAPE 0 : êtes-vous bien couvert par l'IDCC 7024 ?

L'article 1.1 définit le champ par renvoi au code rural, et non par une liste de codes d'activité : sont couvertes les exploitations et entreprises agricoles exerçant une activité de l'article L. 722-1, 1° et 4° du code rural, ainsi que les CUMA. La convention s'applique en métropole et outre-mer, à l'exception de Wallis-et-Futuna et de la Polynésie française.

IDCC 7024 — Production agricole et CUMA Exploitations de culture et d'élevage de toute nature au sens du 1° de l'article L. 722-1 — grandes cultures, élevage, viticulture, arboriculture, maraîchage, horticulture — et coopératives d'utilisation de matériel agricole, expressément visées par le texte.
Exclus par le texte lui-même L'article 1.1 écarte nommément les centres équestres, les entraîneurs de chevaux de course, les champs de courses, les parcs zoologiques et la conchyliculture. Ces cinq exclusions sont dans le texte : ce ne sont pas des interprétations.
Travaux agricoles pour des tiers : autre convention L'entreprise qui réalise des travaux agricoles, ruraux ou forestiers pour le compte de tiers (ETARF) relève de sa propre convention nationale du 8 octobre 2020. La CUMA, elle, met du matériel en commun entre ses adhérents : elle reste dans le 7024. ⚠️ Beaucoup d'accords territoriaux couvrent pourtant les deux ensemble.
Paysage, coopératives, machinisme Créer et entretenir des espaces verts pour des tiers relève des entreprises du paysage ; produire des végétaux en pépinière relève du 7024. La coopérative qui collecte ou transforme (laitière, vinicole, céréalière) a ses propres conventions — ne pas la confondre avec la CUMA. Le concessionnaire qui répare les tracteurs relève de la convention SDLM (IDCC 1404) et du régime général, alors que le mécanicien salarié d'une CUMA relève du 7024 et de la MSA.

Aucun code NAF n'est cité par la convention

Le champ est défini par renvoi au code rural, pas par la nomenclature d'activités. Toute liste de codes NAF présentée comme « celle de la convention » est une reconstruction — nous n'en publions donc pas. Et de toute façon, le code APE attribué par l'INSEE n'est pas opposable pour déterminer la convention applicable : c'est l'activité principale réelle qui commande. Le réflexe fiable reste votre bulletin de paie, sur lequel la convention doit obligatoirement figurer (article R. 3243-1 du code du travail).

Pour la carte d'identité technique du numéro — état du texte, rattachement, liens Légifrance —, voir la fiche IDCC 7024.

1. Le socle national ne fait pas tout votre droit — et c'est écrit dans le préambule

Quand une branche se restructure, le schéma habituel est connu : une convention absorbe les autres, et les textes absorbés survivent cinq ans au maximum avant de disparaître. Ce n'est pas ce qui s'est passé en production agricole, et c'est la source d'à peu près toutes les erreurs que l'on trouve sur le sujet. Le préambule de la convention du 15 septembre 2020, issu de l'accord d'objectifs du 15 novembre 2016 sur la restructuration de la négociation collective agricole, est explicite : les conventions territoriales et professionnelles existantes « ne sont pas remises en cause. Elles deviennent des accords collectifs étendus ».

Autrement dit, les conventions départementales agricoles ont changé de nature juridique, pas d'existence. Elles restent en vigueur, étendues, et continuent d'être renégociées chaque année. L'article 1.4.2 pose la règle de leur articulation avec le national : des stipulations peuvent être « définies, adaptées ou complétées au niveau territorial et/ou professionnel », sous réserve d'être plus favorables. Et l'article 5.1 le dit pour les salaires : le minimum horaire est fixé « soit par l'annexe "Grille de salaires" de la présente convention, soit par accord territorial ou sectoriel », la grille territoriale ne pouvant jamais être inférieure à la nationale.

La règle à retenir avant tout le reste

Sur la production agricole, la convention nationale est un plancher, pas votre contrat social complet. Prime d'ancienneté, prime de fin d'année, majorations de dimanche et de jours fériés, indemnités kilométriques, paniers, congés d'ancienneté, congé endométriose : tout cela existe en agriculture, mais par accord territorial, département par département ou région par région. Une page — y compris celle-ci — qui vous donnerait « les primes de l'IDCC 7024 » vous mentirait. La bonne question n'est jamais « que dit la 7024 ? » mais « que dit la 7024 et l'accord de mon département ? ».

152
textes en vigueur étendu rattachés à l'IDCC 7024 sur Légifrance
0
date-butoir de survie : les textes locaux ne sont pas condamnés à cinq ans
12
paliers dans la grille nationale de classification
1er avril 2021
entrée en vigueur de la convention nationale

Quelques accords territoriaux vérifiés, pour donner la mesure

Ces exemples ne valent que pour les territoires cités — ils sont là pour montrer ce que le niveau local décide vraiment, et pourquoi il faut aller le chercher.

TerritoireCe que l'accord ajouteStatut
Bretagne (Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan) Prime d'ancienneté : 1 % du salaire de base après 2 ans, progressant jusqu'à 8 % après 15 ans, hors heures supplémentaires et autres primes — accord du 30 août 2023. étendu arrêté du 10 avril 2024, JORF du 20 avril 2024
Limousin (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne) Accord territorial du 8 mars 2023, qui a remplacé les trois anciennes conventions départementales. étendu
Grand Est (Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges) Accord du 26 juin 2018, toujours vivant, modifié par avenant n° 3 du 21 mars 2024. étendu
Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime Régime de complémentaire santé des non-cadres — avenant n° 1 du 28 mars 2025. étendu
Divers départements (dont le Gers) Congé endométriose, introduit fin 2025 et début 2026 par avenants territoriaux — il n'existe aucune disposition nationale sur ce sujet. accords territoriaux 2025-2026

Sources : préambule de la CCN (Légifrance), articles 1.4.2 et 5.1 (art. 1.4, art. 5.1), accord d'ancienneté de Bretagne du 30 août 2023 (KALITEXT000049337609), liste Légifrance des textes IDCC 7024 en vigueur étendu (152 textes au 22 septembre 2026).

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2. Deux grilles de salaires en 2026 — et trois paliers rattrapés par le SMIC

L'année 2026 est atypique : la branche a signé deux avenants salariaux. Le premier, l'avenant n° 10, a placé le bas de grille exactement au niveau du SMIC de janvier 2026. Cinq semaines après son entrée en application, la revalorisation du SMIC du 1er juin l'a dépassé — et trois paliers sur douze sont passés sous le minimum légal. La branche a réagi vite en signant l'avenant n° 11 dès juillet, étendu en septembre et applicable au 1er octobre.

  • 20 janvier 2026 — signature de l'avenant n° 10, grille de 12,02 € à 24,16 € de l'heure, appliquée à partir du 1er mai 2026 et consolidée dans l'annexe 1 « Grille de salaires » sur Légifrance.
  • 1er juin 2026 — le SMIC passe à 12,31 €/h : les paliers 1, 2 et 3 décrochent de 29, 20 et 3 centimes. C'est le SMIC qui s'applique à ces trois paliers.
  • 2 juillet 2026 — signature de l'avenant n° 11 (+ 1,96 % en moyenne), qui recale le palier 1 sur le SMIC.
  • 2 septembre 2026étendu par arrêté, publié au Journal officiel n° 0207 du 5 septembre 2026 : la nouvelle grille s'imposera à toutes les entreprises de la branche.
  • 1er octobre 2026 — entrée en application de la grille de l'avenant n° 11, de 12,31 € à 24,45 € de l'heure.

Grille applicable jusqu'au 30 septembre 2026 étendue

C'est la grille consolidée sur Légifrance à la date de publication de cette page. Les montants mensuels sont calculés sur la base mensualisée de 151,67 heures. Les trois premières lignes sont barrées : leur minimum conventionnel est devenu inférieur au SMIC, qui s'y substitue.

PalierCoefficientsTaux horaireMensuel 151,67 hÉcart au SMIC horaire
19 à 1112,02 €
12,31 €*
1 823,07 €
1 867,02 €*
− 0,29 €
212 à 1612,11 €
12,31 €*
1 836,72 €
1 867,02 €*
− 0,20 €
317 à 2412,28 €
12,31 €*
1 862,51 €
1 867,02 €*
− 0,03 €
425 à 3512,55 €1 903,46 €+ 0,24 €
536 à 5113,08 €1 983,84 €+ 0,77 €
652 à 7313,70 €2 077,88 €+ 1,39 €
774 à 10414,50 €2 199,22 €+ 2,19 €
8105 à 14315,50 €2 350,89 €+ 3,19 €
9144 à 19616,78 €2 545,02 €+ 4,47 €
10197 à 27018,58 €2 818,03 €+ 6,27 €
11271 à 39921,15 €3 207,82 €+ 8,84 €
12400 et plus24,16 €3 664,35 €+ 11,85 €

Source : annexe 1 « Grille de salaires » de la convention, version consolidée sur Légifrance (grille de l'avenant n° 10, appliquée depuis le 1er mai 2026) ; coefficients de l'article 4.5 (Légifrance). Montants mensuels calculés par nos soins (taux × 151,67, arrondi au centime). * Paliers 1 à 3 : minimum conventionnel inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (12,31 €/h, 1 867,02 €/mois) — c'est le SMIC qui est dû. Nous ne publions pas les dates d'extension de l'avenant n° 10 : les sources secondaires annoncent un arrêté du 1er avril 2026, mais l'arrêté d'extension d'avril 2026 que nous avons ouvert au Journal officiel ne vise pas l'IDCC 7024. Contradiction non tranchée.

Grille applicable à compter du 1er octobre 2026 avenant étendu montants : deux sources concordantes

L'extension est acquise et primaire : arrêté du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel n° 0207 du 5 septembre 2026, qui vise expressément « Convention collective nationale Production agricole / Cuma du 15 septembre 2020 — Avenant n° 11 du 2 juillet 2026 ». En revanche, les montants ci-dessous ne sont pas encore consolidés dans la base Légifrance à la date de rédaction : ils proviennent de deux sources de branche concordantes et sont publiés ici étiquetés comme tels, à recontrôler sur le bulletin officiel des conventions collectives 2026/31.

PalierCoefficientsTaux horaireMensuel 151,67 hÉcart au SMICÉvolution
19 à 1112,31 €1 867,06 €± 0,00 €+ 2,41 %
212 à 1612,40 €1 880,71 €+ 0,09 €+ 2,39 %
317 à 2412,57 €1 906,49 €+ 0,26 €+ 2,36 %
425 à 3512,84 €1 947,44 €+ 0,53 €+ 2,31 %
536 à 5113,37 €2 027,83 €+ 1,06 €+ 2,22 %
652 à 7313,99 €2 121,86 €+ 1,68 €+ 2,12 %
774 à 10414,79 €2 243,20 €+ 2,48 €+ 2,00 %
8105 à 14315,79 €2 394,87 €+ 3,48 €+ 1,87 %
9144 à 19617,07 €2 589,01 €+ 4,76 €+ 1,73 %
10197 à 27018,87 €2 862,01 €+ 6,56 €+ 1,56 %
11271 à 39921,44 €3 251,80 €+ 9,13 €+ 1,37 %
12400 et plus24,45 €3 708,33 €+ 12,14 €+ 1,20 %

Extension : arrêté du 2 septembre 2026 portant extension d'avenants salariaux à des conventions collectives de travail étendues relatives aux professions agricoles, JORF n° 0207 du 5 septembre 2026 — source primaire. Taux horaires : deux publications de branche concordantes, montants non encore consolidés dans Légifrance au 22 septembre 2026 ; montants mensuels et évolutions calculés par nos soins. Coefficients : article 4.5 de la convention.

Ce que fait exactement le SMIC quand la grille passe dessous

Il ne « remplace » pas la grille : il s'y superpose. Un salarié au palier 1 entre le 1er juin et le 30 septembre 2026 doit être payé 12,31 €/h, pas 12,02 €. Mais son palier reste le palier 1 pour tout le reste — classification, évolution, comparaison avec l'accord territorial. Et l'effet secondaire est réel : à ces trois paliers, la grille conventionnelle ne produit plus aucun avantage pendant quatre mois, les salariés du palier 3 et ceux du palier 1 se retrouvant payés à l'identique. C'est exactement ce que l'avenant n° 11 corrige — sans marge, puisque le palier 1 y est fixé au centime du SMIC.

3. Simulateur : votre minimum de palier, avant et après le 1er octobre

Choisissez votre palier et la période : le simulateur applique la bonne grille, place automatiquement le SMIC en plancher lorsque le minimum conventionnel est passé dessous, et compare au salaire que vous saisissez. Rappel : il calcule le minimum national — si un accord territorial s'applique chez vous, son minimum peut être supérieur, jamais inférieur.

Minimum conventionnel — grilles des avenants n° 10 et n° 11

Votre minimum brut mensuel

Constantes du 22/09/2026 : grille de l'avenant n° 10 (annexe 1 Légifrance, applicable jusqu'au 30/09/2026) ; grille de l'avenant n° 11 (étendu le 02/09/2026, JORF du 05/09/2026, applicable au 01/10/2026 — montants à recontrôler au BOCC 2026/31) ; SMIC 12,31 €/h et 1 867,02 €/mois depuis le 01/06/2026 ; base mensualisée 151,67 h. Résultat indicatif : il ne tient pas compte de votre accord territorial, qui peut être plus favorable.

4. Classification : cinq critères, des points, puis un palier

La convention a fait un choix inhabituel : elle ne classe pas les gens par métier, elle cote les emplois par critères. Il n'y a donc pas de liste du type « vacher = coefficient X » : votre coefficient dépend de ce que votre poste exige réellement. C'était le seul moyen de faire tenir dans une même grille des filières aussi différentes que la viticulture, l'élevage laitier, le maraîchage et l'atelier d'une CUMA — c'est d'ailleurs l'objectif affiché par l'article 4.1, qui précise que la classification s'applique à tous les CDI et CDD, contrats saisonniers compris.

Étape 1 — cinq critères L'emploi est pesé sur la technicité, l'autonomie, les responsabilités, le management et le relationnel. Chaque critère comporte plusieurs degrés, affectés de points.
Étape 2 — l'addition fait le coefficient Les points des cinq critères s'additionnent : le total est le coefficient de l'emploi. Un emploi coté 80 points a le coefficient 80.
Étape 3 — le coefficient donne le palier Le coefficient se lit dans la table des 12 paliers de l'article 4.5, et c'est le palier qui porte le minimum horaire. Coefficient 80 → palier 7.

Les trois seuils qui commandent votre statut

L'article 4.6 ne se contente pas d'un nombre de points : chaque statut exige aussi un degré minimal sur certains critères. On ne devient donc pas agent de maîtrise par simple accumulation.

StatutSeuil de pointsConditions de degréPalier minimal correspondant
Technicienà partir de 74 pointsau minimum degré 4 en technicité et degré 3 en responsabilités ou degré 3 en autonomiepalier 7
Agent de maîtriseà partir de 105 pointsau minimum degré 3 en autonomie et degré 3 en management ou degré 4 en technicitépalier 8
Cadreà partir de 197 pointsau minimum degré 4 en autonomie et degré 4 en technicité ou degré 4 en managementpalier 10

Sources : articles 4.1 (objet et champ de la classification), 4.3 (critères classants), 4.5 (paliers et coefficients) et 4.6 (catégories socioprofessionnelles) de la convention. Le détail des points attribués à chaque degré n'est pas publié ici (voir « Ce que nous ne publions pas »).

Votre rendez-vous pour faire bouger la cotation

L'article 4.7 impose un entretien professionnel tous les deux ans et un bilan de parcours tous les six ans. Dans une branche où la cotation de l'emploi détermine tout le salaire minimum, ce sont les seuls moments formalisés pour faire constater qu'un poste a gagné en autonomie, en technicité ou en encadrement — et donc en points. Préparez-les avec des exemples concrets de tâches nouvelles, critère par critère.

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5. Primes : ce que la convention nationale ne prévoit pas — et les trois primes qu'on lui prête à tort

Le chapitre 5 de la convention s'intitule « Rémunération ». Il contient exactement deux articles : l'article 5.1, sur le salaire, et l'article 5.2, sur la paie. C'est tout. Aucune prime d'ancienneté, aucun 13e mois, aucune prime de panier n'existe au niveau national — non pas parce que nous ne les aurions pas trouvés, mais parce que le chapitre entier a été lu et qu'ils n'y sont pas. Ce n'est pas un oubli de rédaction : la branche a délibérément laissé ces sujets au niveau territorial, conformément à l'article 1.4.2.

Trois primes attribuées à l'IDCC 7024 appartiennent en réalité à une autre convention

Plusieurs sites grand public publient, sous l'étiquette « production agricole et CUMA », une prime d'ancienneté de 22 € à 150 €, un 13e mois et une prime de panier de 2,60 €. Ces trois éléments n'appartiennent pas à cette branche : ils viennent de la convention des entreprises d'accouvage et de sélection avicoles (IDCC 7009). Les pages concernées se trahissent d'ailleurs elles-mêmes en précisant, au milieu du texte, « pour les entreprises de sélection et accouvage ». Un couvoir et une exploitation d'élevage ne relèvent pas de la même convention.

Quant au barème « 3 % / 6 % / 9 %, plafond 15 % » que l'on retrouve recopié de branche en branche : il n'a aucune base dans la convention de la production agricole. Il est réellement exact dans certaines conventions — ce qui explique sa diffusion —, mais pas ici.

La prime d'ancienneté existe bien en agriculture — mais par accord territorial

Le meilleur exemple vérifié est breton. L'accord du 30 août 2023, applicable dans les Côtes-d'Armor, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan, institue une prime d'ancienneté de 1 % du salaire de base après deux ans, progressant jusqu'à 8 % après quinze ans, calculée hors heures supplémentaires et hors autres primes. Il a été étendu par arrêté du 10 avril 2024, publié au Journal officiel du 20 avril 2024 : il s'impose donc à toutes les exploitations de ces quatre départements. Un salarié du Cantal ou du Loiret, à ancienneté égale et sur le même poste, n'y a aucun droit au titre de la branche.

Sources : chapitre 5 de la convention — article 5.1 (Salaire) et article 5.2 (Paie), lus intégralement ; accord d'ancienneté de Bretagne du 30 août 2023 (KALITEXT000049337609), étendu par arrêté du 10 avril 2024 (JORF du 20 avril 2024) ; convention des entreprises d'accouvage et de sélection, IDCC 7009 sur Légifrance. Les paliers intermédiaires du barème breton (entre 2 et 15 ans) ne sont pas publiés ici.

Ce que le national prévoit quand même

Astreintes L'accord national du 23 décembre 1981 prévoit, à défaut de stipulation plus favorable, une indemnité forfaitaire égale à 1 fois le minimum garanti par nuit d'astreinte et 2 fois le minimum garanti par période de 24 heures consécutives. Le minimum garanti est la valeur de référence de l'article L. 3231-12 du code du travail, revalorisée chaque année.
Avantages en nature L'article 5.2.2 encadre la nourriture, le logement, les équipements et les véhicules : ils sont portés au bulletin de paie, soumis à cotisations, puis déduits du net à payer. C'est un point sensible en agriculture, où logement et repas fournis sont fréquents — un avantage en nature non déclaré n'est pas un avantage, c'est une irrégularité.
Déplacements (article 8.1) La convention distingue le trajet vers le lieu habituel de travail, le trajet vers un autre lieu, les trajets entre deux lieux de travail — qui sont du temps de travail effectif — et le grand déplacement, indemnisé par nuit d'absence du domicile. Nous ne publions pas les montants : leur libellé exact n'a pas pu être relu mot à mot.
Carte campagne (article 10.6) Sous condition d'ancienneté, les salariés accèdent aux actions sociales et culturelles de l'accord national du 4 décembre 2012 — l'équivalent, pour une branche composée de très petites entreprises souvent sans CSE, de ce qu'un comité social offre ailleurs.

6. Durée du travail : 35 heures, mais des plafonds agricoles à part

Le chapitre 8 de la convention tient en trois articles, et commence par une phrase qui explique tout : « l'essentiel des dispositions relatives à la durée du travail en agriculture est issu de l'accord national du 23 décembre 1981 modifié ». C'est donc dans ce texte, bien plus ancien que la convention, qu'il faut chercher — et il porte les spécificités qui distinguent vraiment l'agriculture du régime général : des plafonds annuels propres, une modulation large, et l'absence de tout régime d'équivalence.

RègleEn production agricole et CUMA
Durée normale35 h par semaine, mensualisées sur 151,67 h
Maximum quotidien10 h, avec dépassements possibles mais limités à 50 h de dépassement par année
Maximum hebdomadaire48 h, et 44 h en moyenne sur 12 mois consécutifs (réserve d'extension, article L. 713-13 du code rural)
Maximum annuel1 940 h — porté à 2 000 h dans les CUMA et dans les exploitations n'employant qu'un seul salarié permanent
Modulation / annualisationsur une période d'au maximum 12 mois consécutifs, dans la limite de 250 h de modulation par an, majorable par accord collectif dans la limite de 100 heures supplémentaires — soit 350 h au maximum ; rémunération lissée sur 151,67 h/mois
Journée réduite en modulationjamais inférieure à la demi-journée, sauf entretien, maintenance ou surveillance : minimum 2 h
Forfait annuel en heurespossible pour les cadres et les non-cadres autonomes ; la durée annuelle peut dépasser 1 607 h sans excéder les maxima ci-dessus
Repos quotidien11 h consécutives minimum
Repos hebdomadaire24 h consécutives le dimanche ; il peut être suspendu six fois par an au maximum en cas de circonstances exceptionnelles
Jours fériéstous les jours fériés légaux sont chômés et payés lorsqu'ils tombent un jour normalement ouvré ; les heures perdues ne sont pas récupérables

Sources : chapitre 8 de la convention (Légifrance) et accord national du 23 décembre 1981 modifié sur la durée du travail dans les exploitations et entreprises agricoles, version consolidée publiée par la DREETS Nouvelle-Aquitaine. Le contingent annuel d'heures supplémentaires et les majorations conventionnelles de dimanche et de jours fériés ne sont pas publiés ici (voir « Ce que nous ne publions pas »).

Deux idées fausses sur le temps de travail agricole

  • Il n'y a pas d'« heures d'équivalence » en production agricole. Le mécanisme agricole n'est pas un taux du type « 45 heures payées 35 » : c'est l'exclusion des périodes d'inaction du temps de travail effectif, prévue par le décret n° 97-540 du 26 mai 1997. Ne cherchez pas de taux d'équivalence pour cette branche : il n'en existe pas.
  • Les « bonifications de 25 % » de l'accord de 1981 sont périmées. Le texte consolidé porte encore le régime transitoire des lois Aubry — bonification de 25 %, ramenée à 10 % la première année. Ce régime a été abrogé en 2003. Ce qui s'applique aujourd'hui, c'est le régime légal de l'article L. 3121-36 : + 25 % pour les huit premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e), + 50 % ensuite, sauf accord d'entreprise ou de branche plus favorable.

7. Saisonniers, contrat vendanges et TESA : le droit du travail agricole en accéléré

Aucune autre branche ne fait entrer et sortir autant de salariés en aussi peu de temps. La convention en tire deux conséquences. La première est protectrice, et souvent ignorée : la classification de l'article 4.1 s'applique explicitement aux contrats saisonniers. Un vendangeur, un cueilleur, un agent de conditionnement recruté pour six semaines a donc un palier, un coefficient et un minimum horaire opposable — pas un « tarif saisonnier » à part. La seconde est organisationnelle : l'article 7.1.2 ouvre le contrat de travail intermittent à tous les métiers de la production agricole et des CUMA, pour les emplois soumis à des variations saisonnières ou de production.

Le contrat vendanges, un contrat à part entière Prévu par les articles L. 718-4 à L. 718-6 du code rural, il couvre les travaux de vendanges, « des préparatifs jusqu'au rangement ». Sa durée est de un mois au maximum ; plusieurs contrats successifs sont possibles, avec un ou plusieurs employeurs, sans dépasser deux mois sur douze. Sa singularité : un salarié en congés payés et un agent public peuvent en signer un, ce qu'aucun autre contrat ne permet. En contrepartie, les règles du code du travail propres aux contrats saisonniers ne s'y appliquent pas.
TESA et TESA+ : la paie passe par la MSA Le titre emploi simplifié agricole, géré par la MSA, existe en deux versions : le TESA simplifié, pour les CDD courts — saisonnier, remplacement, accroissement d'activité —, et le TESA+, ouvert à tous les contrats, CDI compris, des petites entreprises sans logiciel de paie, qui produit les bulletins, la déclaration sociale nominative et le prélèvement à la source. Nous ne publions pas les seuils du TESA simplifié : les sources se contredisent sur la durée et le plafond de rémunération. Vérifiez-les directement auprès de la MSA.

Saisonnier : les trois réflexes qui vous protègent

  • Exigez votre palier sur le contrat. Il conditionne votre minimum horaire, et la classification vous est due comme à un permanent.
  • Vérifiez l'accord territorial. C'est lui qui porte, le cas échéant, les paniers, les majorations et les frais — le texte national n'en prévoit aucun.
  • Comptez vos heures. Avec la modulation agricole, une semaine à 48 heures est licite ; ce qui ne l'est pas, c'est qu'elle disparaisse du compteur annuel. Les majorations de 25 et 50 % restent dues au-delà de 35 heures hebdomadaires hors modulation : notre calculateur d'heures supplémentaires vous donne le compte.

Sources : article 4.1 de la convention (classification applicable aux contrats saisonniers), article 7.1.2 (contrat de travail intermittent), articles L. 718-4 à L. 718-6 du code rural, portail TESA de la MSA.

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8. Essai, préavis, licenciement, retraite : où la convention apporte vraiment quelque chose

Sur la rupture du contrat, cette convention est d'une honnêteté rare : elle recopie souvent la loi plutôt que de faire semblant d'améliorer. Il faut donc savoir où regarder, parce que l'avantage réel n'est pas là où les sites le placent habituellement — il n'est pas dans l'indemnité de licenciement, il est dans le départ à la retraite.

Période d'essai (article 7.2) : la convention reprend les plafonds légaux

CatégorieEssai initialMaximum, renouvellement comprisComparaison au légal
Salariés (hors agents de maîtrise et cadres)2 mois, renouvelable une fois4 moisidentique
Agents de maîtrise3 mois, renouvelable une fois6 moisidentique
Cadres4 mois, renouvelable une fois8 moisidentique

Ces durées sont exactement celles de l'article L. 1221-19 du code du travail : la convention n'est ici ni plus ni moins favorable. En CDD, elle renvoie au droit commun de l'article L. 1242-10 — un jour par semaine de contrat dans la limite de deux semaines si le contrat n'excède pas six mois, un mois au maximum au-delà. Les délais de prévenance sont eux aussi ceux de la loi : 24 heures, 48 heures, deux semaines puis un mois côté employeur, selon la durée de présence.

Préavis (article 9.1) : un vrai gain pour les cadres, et pour les plus courtes anciennetés

SituationCatégoriePréavis conventionnelMinimum légalCe qui s'applique
DémissionNon-cadres1 moisaucun minimum légalla convention
Techniciens et agents de maîtrise2 moisaucun minimum légalla convention
Cadres3 moisaucun minimum légalla convention
LicenciementMoins de 2 ans d'ancienneté1 mois1 mois entre 6 mois et 2 ans, rien en dessous de 6 moisla convention est plus favorable sous 6 mois d'ancienneté
2 ans d'ancienneté et plus2 mois2 moisidentique
Cadres3 mois2 moisla convention est plus favorable
Départ à la retraitetous2 mois (1 mois si moins de 2 ans d'ancienneté)la convention

Le point le plus utile en pratique concerne les anciennetés courtes : l'article L. 1234-1 du code du travail ne fixe aucun préavis légal en dessous de six mois d'ancienneté et renvoie à la convention ou à l'usage. En posant « un mois si moins de deux ans », la convention offre donc un préavis à des salariés qui, ailleurs, n'en auraient aucun. À l'inverse, les heures pour recherche d'emploi sont chiches : l'article 9.4 n'accorde, à défaut d'accord plus favorable, que quatre heures par mois pendant le préavis de licenciement, là où beaucoup de branches prévoient deux heures par jour. Vérifiez votre accord territorial sur ce point.

Deux autres règles de fin de contrat méritent d'être connues : la mise à la retraite par l'employeur n'est possible qu'à 67 ans avec l'accord du salarié et à 70 ans sans son accord (article 9.1), et le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans les six mois (article 9.6). Si un logement de fonction est attaché au poste — situation fréquente en élevage —, l'article 9.5 fixe sa libération à la date convenue, à défaut à la date de sortie des effectifs.

Indemnité de licenciement (article 9.2) : strictement le barème légal

Aucune amélioration conventionnelle — et il faut le dire

L'article 9.2 renvoie aux articles R. 1234-1 à R. 1234-5 du code du travail et reprend leur barème : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, un tiers de mois par année au-delà, avec un droit ouvert dès huit mois d'ancienneté. C'est exactement le barème de l'article R. 1234-2. La règle du plus favorable ne change donc rien ici : c'est le barème légal qui s'applique, et toute page annonçant une indemnité conventionnelle supérieure pour cette branche est fausse. Notre simulateur d'indemnité de licenciement donne le montant exact.

Départ volontaire à la retraite (article 9.3.1) : là, le gain est substantiel

C'est le vrai avantage de cette convention, et celui dont on parle le moins. Quand un salarié part volontairement à la retraite, la loi prévoit une indemnité modeste, qui plafonne à deux mois de salaire après trente ans de carrière. La convention, elle, va nettement plus loin — et distingue les non-cadres des techniciens, agents de maîtrise et cadres.

AnciennetéNon-cadresTechniciens, AM et cadresBarème légal (D. 1237-1)
Moins de 10 ans
De 10 à 20 ans1 mois1,5 mois0,5 mois (10 ans) puis 1 mois (15 ans)
De 20 à 30 ans2 mois3 mois1,5 mois
30 ans et plus3 mois4 mois2 mois

Sources : articles 7.2 (période d'essai), 9.1 (préavis et mise à la retraite), 9.2 (indemnité de licenciement), 9.3 (indemnité de fin de carrière), 9.4 (recherche d'emploi) et 9.6 (documents de fin de contrat) de la convention ; barèmes légaux des articles L. 1221-19, L. 1242-10, L. 1234-1, R. 1234-2 et D. 1237-1 du code du travail. La mise à la retraite par l'employeur (article 9.3.2) ouvre droit à l'indemnité de l'article 9.2, donc au barème légal.

9. Simulateur : votre indemnité de départ volontaire à la retraite

Ce simulateur compare le barème conventionnel de l'article 9.3.1 au barème légal, et retient le plus favorable — c'est la règle. Il ne concerne que le départ volontaire : si c'est votre employeur qui vous met à la retraite, l'indemnité est celle du licenciement, donc le barème légal.

Indemnité de départ volontaire — article 9.3.1

Indemnité due

Constantes du 22/09/2026 : barème conventionnel de l'article 9.3.1 (non-cadres 1 / 2 / 3 mois ; techniciens, AM et cadres 1,5 / 3 / 4 mois, aux paliers 10, 20 et 30 ans) ; barème légal D. 1237-1 (0,5 mois à 10 ans, 1 mois à 15 ans, 1,5 mois à 20 ans, 2 mois à 30 ans). Résultat indicatif : le salaire de référence se détermine selon les règles légales, et un accord territorial peut être plus favorable. Aux anciennetés pivots exactes (20 et 30 ans), la rédaction conventionnelle se lit par tranches ouvertes — nous retenons ici le palier supérieur dès l'année atteinte.

10. Congés : le droit commun, et un article resté en arrière de la loi

Contrairement au bâtiment ou au spectacle, la production agricole n'a ni régime dérogatoire ni caisse de congés payés. Le régime est celui de l'accord national de 1981, qui reprend le droit commun : 2,5 jours ouvrables par mois de travail, plafonnés à 30 jours ouvrables, après un mois de travail effectif chez le même employeur — c'est-à-dire exactement l'article L. 3141-3. Une particularité toutefois : la fraction de congé excédant 24 jours ouvrables peut être fractionnée sans ouvrir droit aux jours supplémentaires de fractionnement. Et il n'existe aucun congé d'ancienneté national : l'accord de 1981 se contente de renvoyer à la négociation collective — donc, là encore, au territorial.

Congés pour événements familiaux : comparez ligne à ligne

ÉvénementConvention (article 10.1.2)Plancher légalCe qui s'applique
Mariage ou Pacs du salarié4 jours4 jourségal
Mariage d'un enfant1 jour1 jourégal
Naissance ou arrivée d'un enfant adopté3 jours3 jourségal
Décès d'un enfant7 jours ouvrés12 jours ouvrables, et 14 jours ouvrables si l'enfant a moins de 25 ans, s'il était lui-même parent, ou en cas de décès d'une personne à charge de moins de 25 ansla loi — la convention est en dessous
Décès du conjoint, concubin, partenaire de Pacs, père, mère, beau-père, belle-mère, frère, sœur3 jours3 jourségal
Annonce du handicap d'un enfant2 jours2 jours (annonce d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer)égal, mais la convention ne vise que le handicap

Ces jours « n'entraînent pas de réduction de la rémunération » et se prennent dans un délai raisonnable, concomitant avec l'événement. S'y ajoute le congé de deuil de 8 jours ouvrables (article 10.1.4), fractionnable dans l'année, en cas de décès d'un enfant de moins de 25 ans ou d'une personne à charge de moins de 25 ans — pris en charge par la MSA. Le congé pour enfant malade (article 10.1.3) est de 3 jours par an, porté à 5 jours si l'enfant a moins d'un an ou si le salarié a la charge de trois enfants de moins de 16 ans : il n'est pas rémunéré, la convention reprenant ici strictement le droit commun sans l'améliorer. Enfin, l'article 10.2 protège le salarié contre le licenciement pendant 13 semaines après le décès d'un enfant de moins de 25 ans.

Sources : accord national du 23 décembre 1981, chapitre III (congés payés) ; articles 10.1.2 (événements familiaux), 10.1.3, 10.1.4 et 10.2 (protection de la maternité, de l'adoption et du deuil) de la convention ; planchers légaux de l'article L. 3142-4 du code du travail, dans leur rédaction issue de la loi n° 2023-622 du 19 juillet 2023. Les durées de congé de maternité, de paternité et d'adoption de l'article 10.1.1 ne sont pas reproduites ici : leur libellé n'a pas pu être relu mot à mot, et elles reprennent de toute façon les durées légales.

11. Maladie, prévoyance et MSA : ce que la convention ne traite pas elle-même

C'est une absence qu'il faut signaler plutôt que masquer : la convention ne contient aucun article sur le maintien de salaire en cas de maladie, ni sur un délai de carence. Les dix chapitres ont été lus : le sujet n'y est pas. L'article 6.2 le renvoie ailleurs — soit à l'accord national du 10 juin 2008 sur la protection sociale complémentaire en agriculture « ainsi que les éventuels accords territoriaux existants », soit, pour les techniciens, agents de maîtrise et cadres, à la convention nationale de prévoyance des ingénieurs et cadres d'entreprises agricoles du 2 avril 1952. Nous ne publions donc aucun barème de maintien de salaire pour cette branche : il faudrait l'avoir lu dans l'un de ces textes, ou dans votre accord territorial.

Ni CPAM, ni URSSAF : la MSA fait tout

C'est la différence la plus structurante entre un salarié agricole et un salarié du régime général. La Mutualité sociale agricole assure à elle seule le rôle de l'assurance maladie, des prestations familiales, de la retraite de base, de la collecte des cotisations — à la place de l'URSSAF — et de la médecine du travail. Un guichet unique, un interlocuteur unique, et des démarches qui ne passent jamais par la caisse primaire.

La MSA intervient d'ailleurs directement dans le texte conventionnel : elle prend en charge le congé de deuil (article 10.1.4), et son fonds national de prévention rembourse à l'employeur le salaire et les cotisations des salariés désignés à la CPHSCT — la commission paritaire d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail propre à l'agriculture, qui joue le rôle d'un CSE dans des exploitations trop petites pour en avoir un. Ces salariés disposent de 4 heures de délégation par mois, cumulables sur deux mois (article 2.6, sur le fondement de l'article L. 717-7 du code rural).

Côté retraite complémentaire, l'article 6.1 distingue selon la date de création de l'entreprise : celles créées avant le 1er janvier 2002 relèvent de l'institution désignée par les anciennes conventions locales, aujourd'hui Alliance professionnelle retraite AGIRC-ARRCO « ou toute autre institution » ; celles créées à compter de cette date ont l'obligation de cotiser auprès d'Alliance professionnelle retraite AGIRC-ARRCO.

Sources : articles 6.1 (retraite complémentaire), 6.2 (prévoyance et frais de santé) et 2.6 (CPHSCT) de la convention ; MSA et présentation du régime agricole par le CLEISS. Les taux de cotisation de prévoyance et de frais de santé ne sont pas publiés : ils figurent dans l'accord national du 10 juin 2008 et dans les accords territoriaux, que nous n'avons pas ouverts.

12. Les textes périmés que la convention affiche encore

Une convention n'est pas un texte figé, et celle-ci n'a pas été consolidée depuis 2020. Plusieurs de ses articles, et plusieurs de ceux de l'accord national de 1981 auquel elle renvoie, portent encore des références dépassées. Les signaler n'est pas un procès : c'est le seul moyen d'éviter qu'un lecteur applique de bonne foi une règle qui n'existe plus.

Ce que le texte dit encoreCe qui s'applique réellement
Article 10.1.2 — décès d'un enfant : 7 jours ouvrés12 jours ouvrables, 14 si l'enfant a moins de 25 ans (loi n° 2023-622 du 19 juillet 2023), plus le congé de deuil de 8 jours. La loi l'emporte.
Article 9.6.3 — « attestation Pôle emploi », transmission « à Pôle emploi »L'opérateur s'appelle France Travail depuis le 1er janvier 2024.
Article 6.1 — institutions « ARRCO et AGIRC »Les deux régimes ont fusionné le 1er janvier 2019 en AGIRC-ARRCO. Le même article cite d'ailleurs correctement Alliance professionnelle retraite AGIRC-ARRCO.
Annexe 1 « Grille de salaires » sur LégifranceElle porte encore la grille de l'avenant n° 10 alors que l'avenant n° 11 est étendu depuis le 5 septembre 2026 : simple décalage de consolidation de la base, mais qui induit en erreur.
Accord de 1981, article 7.3 — « bonification » de 25 %, ramenée à 10 % la première annéeRégime transitoire des lois Aubry, abrogé en 2003. Le régime applicable est celui de l'article L. 3121-36 : + 25 % puis + 50 %.
Accord de 1981, articles 3.3 et 3.4 — articles L. 223-7, L. 223-7-1 et L. 223-8 du code du travailArticles abrogés par la recodification de 2008 ; le contenu se retrouve aux articles L. 3141-13 et suivants.
Accord de 1981, articles 8.2 et 8.3 — articles 992 et 994 de l'ancien code rural ; article 6.3 — article L. 141-8 du code du travailRecodifiés respectivement aux articles L. 713-2 et suivants du code rural, et à l'article L. 3231-12 du code du travail pour le minimum garanti.

13. Ce que nous ne publions pas — et pourquoi

Cette section n'est pas un aveu de faiblesse : c'est la différence entre une page vérifiée et un agrégateur. Les éléments ci-dessous circulent sur d'autres sites ; nous ne les publions pas parce que nous n'avons pas pu les établir sur une source fiable. Le numéro d'article est indiqué à chaque fois, pour que vous puissiez aller vérifier vous-même.

  • Le numéro de brochure au Journal officiel de cette convention : aucune source primaire ne l'indique. Les conventions agricoles de la série 7000 relèvent du ministère de l'Agriculture et n'ont pas toutes de brochure classique.
  • Les effectifs de la branche (nombre de salariés, d'entreprises, de saisonniers) : les fiches statistiques de référence sur les conventions collectives excluent explicitement les branches agricoles. Le chiffre de « 45 000 salariés » trouvé sur un agrégateur est manifestement incohérent avec la taille réelle du salariat agricole français.
  • Les dates d'extension de l'avenant n° 10 : plusieurs sites annoncent un arrêté du 1er avril 2026 publié le 4 avril, mais l'arrêté d'extension d'avril 2026 que nous avons ouvert au Journal officiel ne vise pas l'IDCC 7024. Contradiction non tranchée — la grille, elle, est bien consolidée sur Légifrance.
  • Le nombre exact de conventions territoriales concernées par la restructuration (« environ 140 » selon plusieurs sources) : ni le préambule ni l'accord d'objectifs du 15 novembre 2016 ne le donnent.
  • Le détail des points attribués à chaque degré des cinq critères classants (article 4.3) et toute liste d'emplois repères : la classification est critérielle, et nous n'avons trouvé aucune liste « métier → coefficient » dans le texte. Se méfier de celles qui circulent.
  • Le contingent annuel d'heures supplémentaires en agriculture (accord de 1981, chapitre VII) et les majorations conventionnelles du dimanche et des jours fériés travaillés (accord de 1981, article 4.4) : les « dimanche à 150 % » et « jour férié payé double » que l'on voit circuler proviennent de notes départementales et relèvent très probablement d'accords territoriaux, pas du socle national.
  • Les montants des indemnités de déplacement et de grand déplacement (article 8.1) et le taux de majoration du travail de nuit (article 8.2) : les articles ont bien été ouverts, mais leur libellé chiffré n'a pas pu être relu mot à mot. Les mécanismes sont décrits plus haut, les montants attendront une relecture littérale.
  • La liste des emplois concernés par l'exclusion des périodes d'inaction (article 5 du décret n° 97-540 du 26 mai 1997). Et, une fois de plus : il n'existe pas d'heures d'équivalence dans cette branche.
  • Les seuils du TESA simplifié : « 3 mois maximum et 3 plafonds mensuels de sécurité sociale » selon la MSA, « moins de 119 jours et 3 SMIC mensuels » selon d'autres sources. Contradiction non tranchée.
  • Tout barème de maintien de salaire en cas de maladie et tout taux de cotisation de prévoyance ou de frais de santé : ils ne sont pas dans la convention, qui renvoie à l'accord national du 10 juin 2008 et aux accords territoriaux. Nous ne les avons pas ouverts.
  • Les paliers intermédiaires du barème d'ancienneté breton : seuls les deux points d'ancrage vérifiés — 1 % à 2 ans et 8 % à 15 ans — sont publiés.
  • Une liste de codes NAF : la convention n'en cite aucun, et la liste la plus répandue inclut des codes d'aquaculture alors que la conchyliculture est expressément exclue du champ.

Un piège de méthode, pour ceux qui iront vérifier

Sur Légifrance, une URL d'article de convention collective ouverte sans le paramètre d'identifiant de conteneur peut renvoyer le contenu d'un tout autre article — en l'espèce, systématiquement celui de l'article 1.1. Deux de nos premières lectures s'y sont trompées avant d'être refaites. Si vous contrôlez nos chiffres, ajoutez toujours ?idConteneur=KALICONT000043036630 à l'adresse de l'article.

FAQ — Convention de la production agricole et des CUMA

Les sept questions les plus posées sur cette convention, avec des réponses datées du 22 septembre 2026.

Il y en a deux dans la même année. Jusqu'au 30 septembre 2026 s'applique la grille de l'avenant n° 10, consolidée sur Légifrance : douze paliers de 12,02 € à 24,16 € de l'heure. Depuis la hausse du SMIC du 1er juin 2026, les paliers 1, 2 et 3 de cette grille sont passés sous le SMIC de 12,31 € de l'heure — de 29, 20 et 3 centimes — et c'est donc le SMIC qui s'applique à ces trois paliers. À compter du 1er octobre 2026, la grille de l'avenant n° 11 du 2 juillet 2026, étendu par arrêté du 2 septembre 2026 publié au Journal officiel du 5 septembre, porte les minima de 12,31 € à 24,45 € de l'heure : plus aucun palier n'est alors sous le SMIC, mais le palier 1 est exactement égal au SMIC, sans la moindre marge.

Pas au niveau national. Le chapitre 5 de la convention, consacré à la rémunération, ne contient que deux articles : le salaire et la paie. Aucun article ne crée de prime d'ancienneté, de 13e mois ou de prime de panier. Le barème de 3, 6 et 9 % plafonné à 15 % que l'on voit circuler n'a aucune base dans ce texte. En revanche, des primes d'ancienneté existent bel et bien par accord territorial : en Bretagne, l'accord du 30 août 2023 étendu le 10 avril 2024 prévoit 1 % après deux ans d'ancienneté, progressivement porté à 8 % après quinze ans. Tout dépend donc du département où vous travaillez.

Non, et c'est le contresens le plus répandu sur cette branche. Le préambule de la convention dit littéralement que les conventions collectives territoriales et professionnelles existantes ne sont pas remises en cause et qu'elles deviennent des accords collectifs étendus. Il ne s'agit donc pas d'une fusion de branches avec une survie limitée à cinq ans : les textes locaux continuent d'exister, d'être étendus et d'être renégociés — Légifrance en recense 152 rattachés à cette convention. L'article 5.1 le confirme pour les salaires : le minimum peut être fixé soit par la grille nationale, soit par accord territorial, ce dernier ne pouvant être inférieur au national.

La classification est critérielle, et non fondée sur une liste d'emplois. Cinq critères sont pesés : technicité, autonomie, responsabilités, management et relationnel. Chaque critère est noté selon plusieurs degrés affectés de points, et l'addition des points donne le coefficient de l'emploi, qui détermine le palier et donc le minimum horaire. Les douze paliers vont du coefficient 9 au coefficient 400 et plus. Trois seuils commandent le statut : technicien à partir de 74 points, agent de maîtrise à partir de 105 points, cadre à partir de 197 points, chacun assorti de conditions de degré minimal sur certains critères. Cette classification s'applique aussi aux contrats saisonniers.

Exactement l'indemnité légale, ni plus ni moins. L'article 9.2 renvoie aux articles R. 1234-1 à R. 1234-5 du code du travail et reprend leur barème : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, un tiers de mois par année ensuite, avec un droit ouvert à partir de huit mois d'ancienneté. Il n'y a donc aucune indemnité conventionnelle plus favorable, contrairement à ce qu'affirment plusieurs sites. Le vrai avantage de cette convention est ailleurs : sur le départ volontaire à la retraite, où l'article 9.3.1 accorde de 1 à 3 mois de salaire aux non-cadres et de 1,5 à 4 mois aux techniciens, agents de maîtrise et cadres, là où la loi plafonne à 2 mois.

Le chapitre 8 de la convention est très court : il renvoie l'essentiel à l'accord national du 23 décembre 1981 modifié. La durée normale reste de 35 heures par semaine, mensualisées sur 151,67 heures, avec un maximum de 10 heures par jour et de 48 heures par semaine. La spécificité agricole est ailleurs : un plafond annuel de 1 940 heures, porté à 2 000 heures dans les CUMA et dans les exploitations n'employant qu'un seul salarié permanent, et une modulation possible sur douze mois dans la limite de 250 heures par an, majorable jusqu'à 350 heures par accord collectif. Attention : il n'existe pas d'heures d'équivalence en production agricole ; le mécanisme est l'exclusion des périodes d'inaction du temps de travail effectif.

La convention s'applique aux exploitations et entreprises agricoles relevant de l'article L. 722-1, 1° et 4° du code rural, ainsi qu'aux coopératives d'utilisation de matériel agricole. Sont exclus nommément par le texte lui-même les centres équestres, les entraîneurs de chevaux de course, les champs de courses, les parcs zoologiques et la conchyliculture. L'entreprise qui réalise des travaux agricoles pour le compte de tiers relève d'une autre convention, celle des entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers ; la création et l'entretien d'espaces verts relèvent de la convention des entreprises du paysage. Attention toutefois : de nombreux accords territoriaux couvrent conjointement la production agricole, les CUMA et les entreprises de travaux, ce qui brouille la frontière localement. La convention réellement appliquée figure sur votre bulletin de paie.
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Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 22 septembre 2026, article par article, sur les documents suivants :

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