Convention Collective de la Production Cinématographique 2026 : Grille des Salaires des Techniciens, Artistes et Droits

Mise à jour : 29/09/2026 Convention collective IDCC 3097 · brochure JORF 3376

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 3097. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Chef opérateur, machiniste, scripte, chef décorateur, monteuse, régisseur, habilleur, comédien ou figurant : tous ceux qui travaillent à la fabrication d'un film de cinéma ou d'un film publicitaire relèvent de la convention collective nationale de la production cinématographique du 19 janvier 2012, numéro IDCC 3097. Elle fixe, fonction par fonction, le salaire minimum d'une semaine de 39 heures, et les règles très particulières d'une journée de tournage.

C'est une convention atypique. Elle ne raisonne pas en coefficients ni en échelons, mais en titres de fonctions : 118 métiers de l'équipe technique ont chacun leur minimum hebdomadaire. Elle distingue ensuite l'équipe de tournage, engagée film par film en CDD d'usage, de l'équipe artistique payée au cachet, et des salariés permanents des sociétés de production, qui ont leur propre grille mensuelle. Et elle organise des exceptions au droit commun de la durée du travail, parce qu'une journée de tournage se prolonge souvent au-delà de dix heures.

Cette page donne la grille complète en vigueur depuis le 1er mai 2026, après l'extension de l'avenant du 26 septembre 2025, les semaines de tournage avec équivalences, les majorations d'heures supplémentaires, de nuit, de dimanche et de jour férié, la paie à la journée, le régime des films à petit budget, les cachets des artistes et les droits des permanents. Un simulateur calcule le minimum d'une semaine ou d'une journée pour votre fonction. Tous les montants sont sourcés sur Légifrance ou, à défaut, sur deux documents concordants des organisations signataires ; ce qui n'a pas pu être vérifié est signalé.

Étape 0 : votre employeur relève-t-il de l'IDCC 3097 ?

L'article 1er du titre I retient l'activité de production de films : longs métrages, courts métrages et films publicitaires, par des entreprises françaises, par des entreprises étrangères qui tournent en France et par des sociétés de production exécutive. Les codes NAF cités à titre indicatif sont le 59.11C et le 59.11B. Un code NAF ne fait pas la convention : c'est l'objet du contrat qui tranche, et il peut changer d'un tournage à l'autre dans une même société.

Longs métrages — NAF 59.11C Œuvres soumises à un visa d'exploitation, d'une durée d'au moins une heure. C'est le cœur de la convention et de ses grilles.
Courts métrages Œuvres de moins d'une heure. La convention s'applique, mais pas les annexes qui fixent les niveaux de rémunération des techniciens.
Films publicitaires — NAF 59.11B Œuvres courtes qui font la promotion d'un produit, d'un service, d'une marque ou d'une cause. Elles ont leurs règles de paie à la journée.

Les confusions les plus fréquentes

La production de films côtoie plusieurs conventions voisines. L'article 3 du titre I organise elle-même une partie des frontières : une société de cinéma qui produit ponctuellement autre chose qu'un film applique, pour ce contrat, la convention de l'activité concernée.

Activité réelle de l'employeur ou objet du contratConvention applicable
Produire un long métrage, un court métrage ou un film publicitaireIDCC 3097
Produire un programme pour la télévision ou une plateforme (fiction, documentaire, magazine)Production audiovisuelle (IDCC 2642)
Produire un film d'animationProduction de films d'animation (IDCC 2412), par réciprocité
Prestation technique pour un tiers : location de matériel, postproduction, doublage, studiosCréation et événement (IDCC 3252), qui a remplacé l'IDCC 2717
Exploiter une salle de cinémaExploitation cinématographique (IDCC 1307)
Produire ou diffuser un spectacle vivant privéSpectacle vivant privé (IDCC 3090)
Agence qui conçoit la campagne publicitaire, sans produire le filmPublicité (IDCC 86)

Le piège du nombre 3097

3097 est l'IDCC de la production cinématographique, mais c'est aussi le numéro de brochure de la convention des salles de cinéma, dont l'IDCC est le 1307. La brochure de la production cinématographique porte, elle, le numéro 3376. Si un document mêle salles et tournages, vérifiez la mention portée sur votre bulletin de paie, obligatoire en application de l'article R. 3243-1 du code du travail.

Numéro, brochure et codes NAF : voir la fiche technique IDCC 3097.

1. Une convention en quatre titres, pour trois catégories de salariés

La convention part d'un constat qu'elle écrit à son article 2 : une société de production a deux activités. L'une est intermittente, la fabrication d'un film déterminé, pour laquelle elle engage une équipe le temps de la préparation, du tournage et de la postproduction. L'autre est permanente, la gestion administrative et commerciale des films produits. D'où une architecture en quatre titres, chacun visant un public précis.

Titre I — Dispositions communes

Champ, contrats, congés payés et familiaux, jours fériés, durée du travail de droit commun, dialogue social. Il vaut pour tous, sauf règle plus précise d'un autre titre.

Titre II — Techniciens et ouvriers

L'équipe technique d'un film, du machiniste au directeur de la photographie, et le réalisateur. Il contient la grille de l'annexe I, les semaines d'équivalence et les majorations de tournage.

Titre III — Équipe artistique

Artistes-interprètes et acteurs de complément (figurants, silhouettes, doublures), ajouté par l'avenant du 1er juillet 2013.

Titre IV — Salariés permanents

Personnel de siège en CDI ou en CDD de droit commun, avec une grille mensuelle sur six niveaux. Créé par l'accord du 29 juillet 2016.

Une précision que l'on lit souvent de travers : il n'existe pas de titre propre aux ouvriers. Les machinistes, électriciens, menuisiers, peintres ou staffeurs de décor figurent dans le titre II, aux côtés des techniciens, sous l'intitulé « travailleurs ». Autre point d'histoire : l'extension a été chaotique. Un premier arrêté du 1er juillet 2013 a été annulé par le Conseil d'État le 24 février 2015, à la demande de plusieurs organisations de producteurs, avant que la convention ne soit à nouveau étendue par un arrêté du 31 mars 2015.

  • 19 janvier 2012 — signature de la convention par l'API et plusieurs syndicats de salariés ; d'autres organisations de producteurs, dont le SPI, y adhèrent ensuite.
  • 1er juillet 2013 — avenant créant le titre III (équipe artistique) et premier arrêté d'extension, annulé en 2015.
  • 31 mars 2015 — étendue par arrêté publié au Journal officiel du 10 avril 2015, avec l'exclusion de l'article 11 du titre I.
  • 29 juillet 2016 — accord créant le titre IV des salariés permanents.
  • 23 janvier 2024 — dernière revalorisation de la grille des techniciens (grille dite « du 1er mars 2024 »).
  • 26 mars 2025 — prorogation pour cinq ans de l'annexe III et nouvelle grille des permanents.
  • 26 septembre 2025 — avenant de classification du titre II : quinze fonctions créées ou redéfinies, une supprimée.
  • 3 avril 2026 — publication de son arrêté d'extension ; les montants modifiés s'appliquent au 1er mai 2026.

Source : texte de base de la convention, articles 1er à 3 du titre I ; arrêté d'extension du 31 mars 2015 ; Conseil d'État, 24 février 2015, n° 370629.

2. Grille 2026 des techniciens étendue : 118 fonctions, de 534,74 € à 2 758,11 € la semaine

L'article 9 du titre II fixe, pour chaque fonction, un salaire minimum garanti pour 39 heures par semaine : 35 heures au taux horaire de base et 4 heures majorées de 25 %. Le taux horaire de base s'obtient donc en divisant le montant hebdomadaire par 40, et non par 39. Cette grille s'applique à toutes les fonctions en préparation, en repérages et en postproduction, et pendant le tournage à toutes celles qui ne figurent pas dans l'annexe II (section 3).

La convention prévoit une négociation de la grille au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année (article 10). Dans les faits, les minima n'ont pas bougé depuis la grille de l'avenant du 23 janvier 2024 : aucune revalorisation n'a été conclue au 1er juillet 2025 ni au 1er janvier 2026. L'avenant du 26 septembre 2025, étendu par arrêté du 26 mars 2026, a en revanche refondu une partie de la classification : il crée quinze fonctions (superviseur de décor, étalonneur, coordinateur de production, directeur de casting, repéreur…), supprime celle de secrétaire de production et revalorise le chargé de la figuration, de 1 070,37 € à 1 121,74 €.

534,74 €
plus bas minimum (13,37 €/h)
2 758,11 €
directeur de la photographie
492,40 €
SMIC pour 39 h (35 + 4 × 1,25)
0
fonction sous le SMIC

Choisissez une filière. La colonne « taux horaire de base » sert de point de départ à toutes les majorations. Les deux colonnes de droite donnent le minimum d'une journée pour un engagement de moins de cinq jours, calculé selon l'article 34 : taux de base majoré de 25 % pour un film de cinéma (7 heures minimum), de 50 % pour un film publicitaire (8 heures minimum).

FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
Machiniste de prise de vues cinéma1 009,05 €25,23 €220,73 €302,72 €
Sous-chef machiniste de prise de vues cinéma1 069,67 €26,74 €233,99 €320,90 €
Chef machiniste de prise de vues cinéma1 211,99 €30,30 €265,12 €363,60 €
Électricien de prise de vues cinéma1 009,05 €25,23 €220,73 €302,72 €
Sous-chef électricien de prise de vues cinéma1 069,67 €26,74 €233,99 €320,90 €
Conducteur de groupe cinéma1 087,48 €27,19 €237,89 €326,24 €
Chef électricien de prise de vues cinéma1 211,99 €30,30 €265,12 €363,60 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
Maçon de décor cinéma1 041,16 €26,03 €227,75 €312,35 €
Machiniste de construction cinéma1 044,21 €26,11 €228,42 €313,26 €
Électricien de construction cinéma1 044,21 €26,11 €228,42 €313,26 €
Rippeur de meublage et de construction cinéma créée en 20251 044,21 €26,11 €228,42 €313,26 €
Peintre de décor cinéma1 090,83 €27,27 €238,62 €327,25 €
Menuisier de décor cinéma1 089,85 €27,25 €238,40 €326,96 €
Peintre en lettres de décor cinéma1 145,46 €28,64 €250,57 €343,64 €
Peintre faux bois et patine décor cinéma1 145,46 €28,64 €250,57 €343,64 €
Serrurier de décor cinéma1 145,46 €28,64 €250,57 €343,64 €
Menuisier traceur de décor cinéma1 145,46 €28,64 €250,57 €343,64 €
Staffeur de décor cinéma1 145,46 €28,64 €250,57 €343,64 €
Menuisier toupilleur de décor cinéma1 221,14 €30,53 €267,12 €366,34 €
Maquettiste de décor cinéma1 221,14 €30,53 €267,12 €366,34 €
Sculpteur de décor cinéma1 250,90 €31,27 €273,63 €375,27 €
Sous-chef machiniste de décor cinéma1 120,73 €28,02 €245,16 €336,22 €
Sous-chef électricien de décor cinéma1 120,73 €28,02 €245,16 €336,22 €
Sous-chef peintre de décor cinéma1 131,24 €28,28 €247,46 €339,37 €
Sous-chef menuisier de décor cinéma1 216,69 €30,42 €266,15 €365,01 €
Sous-chef staffeur de décor cinéma1 216,69 €30,42 €266,15 €365,01 €
Chef machiniste de construction cinéma1 265,63 €31,64 €276,86 €379,69 €
Chef électricien de construction cinéma1 265,63 €31,64 €276,86 €379,69 €
Chef peintre de décor cinéma1 276,14 €31,90 €279,16 €382,84 €
Chef menuisier de décor cinéma1 322,03 €33,05 €289,19 €396,61 €
Chef staffeur de décor cinéma1 322,03 €33,05 €289,19 €396,61 €
Chef serrurier de décor cinéma1 322,03 €33,05 €289,19 €396,61 €
Chef sculpteur de décor cinéma1 322,28 €33,06 €289,25 €396,68 €
Chef constructeur cinéma1 502,29 €37,56 €328,63 €450,69 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
Auxiliaire de réalisation cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant scripte cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Technicien retour image cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant au chargé de la figuration cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant de direction de casting cinéma créée en 20251 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
2e assistant réalisateur cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Répétiteur cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Responsable des enfants cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Chargé de la figuration cinéma revalorisée en 20251 121,74 €28,04 €245,38 €336,52 €
Scripte cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
1er assistant réalisateur cinéma1 479,49 €36,99 €323,64 €443,85 €
Repéreur créée en 20251 479,49 €36,99 €323,64 €443,85 €
Directeur de casting cinéma (1er assistant à la distribution des rôles) créée en 20251 551,31 €38,78 €339,35 €465,39 €
Conseiller technique à la réalisation cinéma1 747,82 €43,70 €382,34 €524,35 €
Technicien réalisateur 2e équipe cinéma2 758,11 €68,95 €603,34 €827,43 €
Réalisateur cinéma3 015,27 €75,38 €voir la notevoir la note
Réalisateur de films publicitaires3 733,93 €93,35 €voir la notevoir la note
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
Assistant comptable de production cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant de production adjoint cinéma créée en 2025534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant de production cinéma (ex-secrétaire de production) créée en 20251 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Administrateur adjoint comptable cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Administrateur de production cinéma1 364,56 €34,11 €298,50 €409,37 €
Coordinateur de production cinéma créée en 20251 364,56 €34,11 €298,50 €409,37 €
Directeur de production cinéma2 721,64 €68,04 €595,36 €816,49 €
Auxiliaire de régie cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Régisseur adjoint cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Régisseur général cinéma1 479,49 €36,99 €323,64 €443,85 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
2e assistant opérateur cinéma1 070,37 €26,76 €234,14 €321,11 €
Assistant étalonneur cinéma créée en 20251 121,74 €28,04 €245,38 €336,52 €
Photographe de plateau cinéma1 272,76 €31,82 €278,42 €381,83 €
1er assistant opérateur cinéma1 364,56 €34,11 €298,50 €409,37 €
Technicien d'appareils télécommandés de prise de vues cinéma1 364,56 €34,11 €298,50 €409,37 €
Cadreur cinéma1 747,82 €43,70 €382,34 €524,35 €
Cadreur spécialisé cinéma1 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
Étalonneur cinéma créée en 20252 110,45 €52,76 €461,66 €633,14 €
Directeur de la photographie cinéma2 758,11 €68,95 €603,34 €827,43 €
2e assistant opérateur du son cinéma959,77 €23,99 €209,95 €287,93 €
1er assistant opérateur du son cinéma1 278,27 €31,96 €279,62 €383,48 €
Chef opérateur du son cinéma1 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
Habilleur cinéma912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Costumier cinéma1 063,71 €26,59 €232,69 €319,11 €
Couturier cinéma1 063,71 €26,59 €232,69 €319,11 €
Teinturier patineur costumes cinéma1 063,71 €26,59 €232,69 €319,11 €
Chef d'atelier costumes cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
1er assistant costumes cinéma1 397,66 €34,94 €305,74 €419,30 €
Chef costumier cinéma1 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
Créateur de costumes cinéma2 686,12 €67,15 €587,59 €805,84 €
Assistant maquilleur cinéma1 063,71 €26,59 €232,69 €319,11 €
Chef maquilleur cinéma1 321,21 €33,03 €289,01 €396,36 €
Coiffeur cinéma1 063,71 €26,59 €232,69 €319,11 €
Chef coiffeur cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
3e assistant décorateur cinéma534,74 €13,37 €116,97 €160,42 €
Assistant dessinateur décoration cinéma créée en 2025912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Assistant accessoiriste de plateau cinéma créée en 2025912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Assistant ensemblier cinéma créée en 2025912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Assistant régisseur d'extérieurs cinéma créée en 2025912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Tapissier de décor cinéma912,86 €22,82 €199,69 €273,86 €
Accessoiriste de plateau cinéma1 272,76 €31,82 €278,42 €381,83 €
Accessoiriste de décor cinéma1 272,76 €31,82 €278,42 €381,83 €
Administrateur de décor cinéma créée en 20251 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
2e assistant décorateur cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
Infographiste de décors cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
Illustrateur de décors cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
Chef tapissier cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
Régisseur d'extérieurs cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
Peintre d'art de décor cinéma1 310,82 €32,77 €286,74 €393,25 €
1er assistant décorateur cinéma1 435,39 €35,88 €313,99 €430,62 €
Ensemblier cinéma1 435,39 €35,88 €313,99 €430,62 €
Superviseur de décor cinéma créée en 20251 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
Ensemblier décorateur cinéma1 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
Chef décorateur cinéma2 721,64 €68,04 €595,36 €816,49 €
Animatronicien cinéma1 272,76 €31,82 €278,42 €381,83 €
Assistant effets physiques cinéma1 278,27 €31,96 €279,62 €383,48 €
Superviseur d'effets physiques cinéma1 930,06 €48,25 €422,20 €579,02 €
FonctionMinimum hebdomadaire (39 h)Taux horaire de baseJournée cinéma (7 h)Journée film publicitaire (8 h)
2e assistant monteur cinéma559,32 €13,98 €122,35 €167,80 €
1er assistant monteur cinéma1 121,74 €28,04 €245,38 €336,52 €
Assistant monteur son cinéma1 121,74 €28,04 €245,38 €336,52 €
Assistant bruiteur1 340,03 €33,50 €293,13 €402,01 €
Coordinateur de post production cinéma1 551,31 €38,78 €339,35 €465,39 €
Chef monteur son cinéma1 656,25 €41,41 €362,30 €496,88 €
Chef monteur cinéma1 833,05 €45,83 €400,98 €549,92 €
Bruiteur2 110,45 €52,76 €461,66 €633,14 €
Assistant mixeur cinéma1 340,03 €33,50 €293,13 €402,01 €
Mixeur cinéma2 110,45 €52,76 €461,66 €633,14 €

Source : annexe I du titre II, grille de l'avenant du 23 janvier 2024 modifiée par l'avenant du 26 septembre 2025, étendu par arrêté du 26 mars 2026 (JORF du 3 avril 2026), en vigueur au 1er mai 2026. Montants recoupés entre la grille publiée en janvier 2026 par le SNTPCT et la convention consolidée par le SPI, puis contrôlés sur Légifrance. Taux horaire (hebdomadaire ÷ 40) et journées (article 34) calculés par nos soins, arrondis au centime. Réalisateur : minimum hebdomadaire pour un contrat de moins de cinq mois ; au-delà, 8 563,37 € par mois ; réalisateur de films publicitaires engagé moins de cinq jours : 933,48 € par jour.

Nouveaux intitulés : lesquels écrire sur le bulletin ?

Les montants des fonctions créées en 2025 s'appliquent depuis le 1er mai 2026. Mais l'avenant fait dépendre l'usage des nouveaux intitulés d'un second arrêté, qui doit les ajouter à la liste des fonctions de l'annexe VIII de l'assurance chômage des intermittents. Tant qu'il n'est pas paru, le SNTPCT, syndicat signataire, conseille de porter sur le bulletin et l'attestation employeur mensuelle l'ancien intitulé ou l'intitulé équivalent de la liste en vigueur. Nous n'avons pas trouvé cet arrêté au 29 septembre 2026.

Minimum hebdomadaire de 39 heures des fonctions de la filière choisie dans le simulateur (barres), comparé au SMIC calculé sur la même semaine (ligne, 492,40 €). Changez de filière dans le simulateur pour mettre à jour le graphique.

Ce que le graphique montre

Le SMIC n'est pas un sujet pour la grille des techniciens : même les fonctions d'entrée, auxiliaire de réalisation, assistant comptable ou troisième assistant décorateur, ont un taux de base de 13,37 €, soit 8,6 % au-dessus du SMIC horaire de 12,31 €. L'écart se creuse vite : un chef de poste est entre deux et cinq fois au-dessus. En revanche, la grille n'a pas été revalorisée depuis début 2024 : un technicien payé au minimum a perdu du pouvoir d'achat, et c'est le principal sujet de discussion de la branche.

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3. Semaines de tournage : les équivalences de l'annexe II

Pendant le tournage, certaines fonctions ne travaillent pas 39 heures mais bien davantage, avec des temps d'attente entre deux plans. La convention l'organise par un régime d'équivalence (article 30, complété par le décret n° 2013-1165 du 17 décembre 2013) : pour ces fonctions, la semaine garantie compte un nombre d'heures de travail effectif supérieur à 39, plus quelques heures de présence qui ne sont pas du travail effectif. Le minimum hebdomadaire de l'annexe II intègre déjà les majorations d'heures supplémentaires de l'article 37.

Trois règles bornent ce régime. Il ne vaut que pour la période effective de tournage, jamais pour la préparation, les repérages ou la postproduction. Il ne s'applique pas aux engagements de moins de cinq jours consécutifs. Et les heures faites au-delà de la durée garantie s'ajoutent et se paient avec les majorations habituelles. Le tableau indique la durée de travail effectif garantie et, entre parenthèses, la durée de présence, équivalence comprise.

Fonction (tournage)Semaine de 5 joursSemaine de 6 jours
Heures effectives (présence)MinimumHeures effectives (présence)Minimum
1er assistant costumes cinéma43 h (46 h)1 572,37 €52 h (56 h)2 079,02 €
1er assistant opérateur cinéma43 h (46 h)1 535,13 €52 h (56 h)2 029,78 €
1er assistant opérateur du son cinéma42 h (45 h)1 398,10 €51 h (55 h)1 845,50 €
1er assistant réalisateur cinéma43 h (46 h)1 664,43 €52 h (56 h)2 200,74 €
2e assistant opérateur cinéma43 h (46 h)1 204,17 €52 h (56 h)1 592,18 €
2e assistant opérateur du son cinéma42 h (45 h)1 049,75 €51 h (55 h)1 385,67 €
2e assistant réalisateur cinéma43 h (46 h)1 204,17 €52 h (56 h)1 592,18 €
3e assistant décorateur cinéma42 h (45 h)584,87 €51 h (55 h)772,03 €
Accessoiriste de décor cinéma42 h (45 h)1 392,09 €51 h (55 h)1 837,55 €
Accessoiriste de plateau cinéma43 h (46 h)1 431,86 €52 h (56 h)1 893,24 €
Administrateur de production cinéma43 h (46 h)1 535,13 €52 h (56 h)2 029,78 €
Assistant au chargé de la figuration cinéma43 h (46 h)601,58 €52 h (56 h)795,42 €
Assistant maquilleur cinéma43 h (46 h)1 196,68 €52 h (56 h)1 582,28 €
Assistant scripte cinéma42 h (45 h)584,87 €51 h (55 h)772,03 €
Auxiliaire de réalisation cinéma43 h (46 h)601,58 €52 h (56 h)795,42 €
Auxiliaire de régie cinéma43 h (46 h)601,58 €52 h (56 h)795,42 €
Cadreur cinéma42 h (45 h)1 911,68 €51 h (55 h)2 523,42 €
Chef coiffeur cinéma43 h (46 h)1 474,67 €52 h (56 h)1 949,84 €
Chef costumier cinéma43 h (46 h)2 171,31 €52 h (56 h)2 870,96 €
Chef décorateur cinéma42 h (46 h)2 976,79 €51 h (56 h)3 929,36 €
Chef électricien de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 499,83 €56 h (57 h)2 014,93 €
Chef machiniste de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 499,83 €56 h (57 h)2 014,93 €
Chef maquilleur cinéma43 h (46 h)1 486,36 €52 h (56 h)1 965,30 €
Chef opérateur du son cinéma42 h (45 h)2 111,00 €51 h (55 h)2 786,52 €
Coiffeur cinéma43 h (46 h)1 196,68 €52 h (56 h)1 582,28 €
Conducteur de groupe cinéma46 h (47 h)1 345,75 €56 h (57 h)1 807,93 €
Costumier cinéma43 h (46 h)1 196,68 €52 h (56 h)1 582,28 €
Directeur de la photographie cinéma42 h (46 h)3 016,69 €51 h (56 h)3 982,03 €
Directeur de production cinéma42 h (46 h)2 976,79 €51 h (56 h)3 929,36 €
Électricien de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 248,70 €56 h (57 h)1 677,54 €
Ensemblier cinéma42 h (45 h)1 569,95 €51 h (55 h)2 072,34 €
Ensemblier décorateur cinéma42 h (45 h)2 111,00 €51 h (55 h)2 786,52 €
Habilleur cinéma43 h (46 h)1 026,96 €52 h (56 h)1 357,87 €
Machiniste de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 248,70 €56 h (57 h)1 677,54 €
Régisseur adjoint cinéma43 h (46 h)1 204,17 €52 h (56 h)1 592,18 €
Régisseur d'extérieurs cinéma42 h (45 h)1 433,71 €51 h (55 h)1 892,49 €
Régisseur général cinéma43 h (46 h)1 664,43 €52 h (56 h)2 200,74 €
Scripte cinéma42 h (45 h)1 433,71 €51 h (55 h)1 892,49 €
Sous-chef électricien de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 323,72 €56 h (57 h)1 778,33 €
Sous-chef machiniste de prise de vues cinéma46 h (47 h)1 323,72 €56 h (57 h)1 778,33 €
Technicien retour image cinéma43 h (46 h)601,58 €52 h (56 h)795,42 €

Source : annexe II du titre II (grille du 1er mars 2024, avenant du 23 janvier 2024), identique dans la convention consolidée par le SPI et dans la grille du SNTPCT de janvier 2026 ; article 30 du titre II. Les valeurs du chargé de la figuration, de l'assistant de production et du coordinateur de production, modifiées ou créées par l'avenant du 26 septembre 2025, n'ont pas pu être contrôlées sur Légifrance : consultez la grille en vigueur.

Tournage hors région parisienne

En région parisienne, la semaine se construit sur cinq jours et le sixième jour reste exceptionnel. En province, en France continentale et à l'étranger, elle peut s'organiser sur six jours avec au moins 47 heures de travail effectif garanties (article 26), sans dépasser quatre semaines de six jours d'affilée. L'amplitude d'une journée, pauses et trajets compris, est limitée à 13 heures, avec au moins 11 heures de repos avant la reprise (article 27), et la durée hebdomadaire, équivalences comprises, ne peut pas dépasser 60 heures (article 24).

4. Simulateur : le minimum de votre semaine ou de votre journée

Choisissez votre filière et votre fonction, puis le type d'engagement. Le simulateur part du minimum de l'annexe I, applique les majorations d'heures supplémentaires de l'article 37 (semaine) ou de l'article 34 (journée), ajoute si vous le souhaitez des heures de nuit, de dimanche ou de jour férié, et au-delà de la dixième heure. Le mode « annexe III » calcule le salaire réduit et l'intéressement d'un film agréé sous ce régime. Il ne traite pas les semaines de tournage avec équivalence, dont les minima sont dans le tableau précédent.

Minimum conventionnel — grille en vigueur au 29/09/2026

Minimum brut de la semaine
—

Constantes du 29/09/2026 : annexe I en vigueur au 01/05/2026 ; SMIC 12,31 €/h depuis le 01/06/2026 ; annexe III : socle de 850 € et 37 %. Les heures de nuit, de dimanche et au-delà de la dixième heure sont supposées distinctes les unes des autres ; si une même heure cumule plusieurs situations, le cumul des majorations conventionnelles est plafonné à 100 % (article 36). Net : ordre de grandeur seulement (voir section 7). Résultat indicatif.

Exemple chiffré : une semaine de montage à 45 heures

Une cheffe monteuse est engagée en postproduction, où le régime d'équivalence ne s'applique jamais. Son minimum est de 1 833,05 € pour 39 heures, soit un taux de base de 45,83 €. Elle travaille 45 heures : 35 heures au taux de base, 8 heures (de la 36e à la 43e) à +25 % et 2 heures (44e et 45e) à +50 %. Cela représente 48 heures payées au taux de base, soit 2 199,66 € brut au minimum pour la semaine, payable dans les deux premiers jours de la semaine suivante (article 11).

Pour convertir le résultat en net, utilisez la calculatrice brut / net en gardant à l'esprit les cotisations spécifiques des intermittents. Pour une heure isolée de nuit ou de dimanche hors tournage, le calculateur des heures majorées fait le même calcul avec d'autres taux : reprenez bien ceux de la convention.

5. Heures supplémentaires, nuit, dimanche, jours fériés : les majorations du titre II

Le titre II est l'un des plus généreux du droit conventionnel en matière de majorations, en contrepartie des dérogations sur la durée du travail. La base de calcul est toujours le salaire horaire de base, c'est-à-dire le minimum hebdomadaire divisé par 40, ou le salaire réel ramené à l'heure s'il est supérieur. Les majorations s'appliquent indépendamment les unes des autres, mais leur cumul ne peut pas dépasser 100 % du taux de base (article 36, dans sa version du 8 octobre 2013).

SituationMajorationArticle du titre II
De la 36e à la 43e heure de la semaine+ 25 %37
De la 44e à la 48e heure+ 50 %37
Au-delà de la 48e heure+ 75 %37
Heures au-delà de la 10e heure de tournage de la journée+ 100 %38
Nuit : les 8 premières heures d'une même nuit+ 50 %40
Nuit : au-delà de 8 heures+ 100 %40
Dimanche travaillé+ 100 %41
Jour férié travaillé+ 100 % et une journée de récupération payée 7 h42
6e jour consécutif en région parisienne+ 100 %39
Heures qui empiètent sur le repos de 11 heures+ 100 %35

Source : articles 35 à 42 du titre II, lus sur Légifrance le 29 septembre 2026 : article 37, article 38, article 40, article 41, article 42, article 36.

La nuit ne commence pas à la même heure toute l'année

L'article 40 retient une plage de nuit qui suit la lumière du jour : de 22 heures à 6 heures du 1er avril au 30 septembre, de 20 heures à 6 heures du 1er octobre au 31 mars, et de 21 heures à 6 heures pour le travail en studio agréé. Un tournage d'extérieur qui se termine à 21 heures en décembre fait donc une heure de nuit ; le même horaire en juin n'en fait aucune. Exemple : un machiniste de prise de vues au minimum (taux de base 25,23 €) qui travaille trois heures de nuit touche 37,84 € de majoration pour ces trois heures.

Dimanche et jours fériés : un repos à rendre, pas seulement une prime

Le travail est interdit en studio le dimanche et les jours fériés. En extérieur, il reste possible quand le scénario l'impose, mais il se paie deux fois et se récupère : le dimanche ouvre droit à un repos compensateur le lundi ou le vendredi de la semaine suivante, le jour férié à une journée de récupération payée 7 heures. Si le contrat se termine avant que le repos puisse être pris, l'employeur doit ajouter l'équivalent de 7 heures au taux de base. Les jours fériés non travaillés sont payés comme une journée normale de 7 heures au minimum. Le lundi de Pentecôte reste un jour férié pour les techniciens : leur journée de solidarité est proratisée à la durée de chaque contrat (article 43).

Le plafond de 100 % de l'article 36

Une heure de dimanche faite de nuit au-delà de la dixième heure ne se paie pas au quadruple : l'article 36 plafonne le cumul des majorations à 100 % du taux de base. Les organisations de salariés et d'employeurs ne lisent pas ce plafond de la même façon pour les majorations légales d'heures supplémentaires, et la question relève en dernier ressort du juge. Le simulateur additionne les majorations en supposant des heures distinctes.

Engagement à la journée et films publicitaires

Un technicien engagé moins de cinq jours consécutifs dans la même semaine est payé à la journée (article 34). Pour un film de cinéma, le taux horaire est le minimum hebdomadaire divisé par 40 et majoré de 25 % ; la journée compte 7 heures au minimum, les heures au-delà de la 7e sont majorées de 50 % et celles au-delà de la 10e de 100 %. Pour un film publicitaire, le taux de base est majoré de 50 %, la journée compte 8 heures au minimum et les heures au-delà de la 8e sont majorées de 100 %.

Exemple chiffré : deux jours comme deuxième assistant opérateur

Minimum hebdomadaire : 1 070,37 €, soit 26,76 € de l'heure. Engagé deux jours sur un long métrage, le deuxième assistant opérateur est payé 33,45 € de l'heure (+25 %). Une journée de 7 heures vaut au moins 234,14 € ; une journée de 9 heures, 334,49 € ; une journée de 12 heures, 518,46 € au minimum. Les repas sont à la charge de la production ; à défaut, l'indemnité est de 18,56 €, et de 7,54 € pour le casse-croûte d'une journée qui commence avant 7 heures (article 46).

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6. Films à petit budget : l'annexe III et les films de moins d'un million d'euros

La grille de l'annexe I n'est pas toujours celle qui s'applique. Deux régimes permettent de payer moins cher les techniciens d'un long métrage au budget limité. Ils sont contestés par une partie des organisations de salariés, mais ils sont étendus et donc opposables. Le premier est facultatif et encadré par une commission ; le second résulte directement de l'article 1er du titre I.

L'annexe III : un salaire réduit contre un intéressement aux recettes

Prorogée pour cinq ans à compter du 11 avril 2025 par l'avenant du 26 mars 2025 (étendu par arrêté publié au Journal officiel du 9 juillet 2025), l'annexe III est un choix du producteur, soumis à l'accord préalable d'une commission paritaire, avant la demande d'agrément au CNC. Le film doit remplir six critères cumulatifs : un budget de fiction d'au plus 3,1 millions d'euros de dépenses extérieures (0,6 million pour un documentaire), une masse salariale des techniciens d'au moins 18 % des dépenses françaises, un ratio de 80 % par rapport aux rémunérations des auteurs, producteurs et rôles principaux, une réunion préalable de l'équipe, un tournage majoritairement en France et des salaires d'artistes plafonnés à cinq fois le minimum.

Le salaire garanti

850 € + 37 % de l'écart entre le minimum de l'annexe I et 850 €. Le producteur peut retenir un pourcentage plus élevé, identique pour toute l'équipe.

L'intéressement

Deux fois la différence entre le minimum de l'annexe I et le salaire perçu, payé sur la moitié des recettes nettes du producteur, pendant cinq ans.

Les exclus

Les fonctions dont le minimum est inférieur à 850 € par semaine gardent la grille de l'annexe I. Les majorations du titre II restent dues.

Exemple chiffré : un premier assistant opérateur sous annexe III

Minimum de l'annexe I : 1 364,56 €. Salaire garanti sous annexe III : 850 + 37 % × (1 364,56 − 850) = 1 040,39 € pour 39 heures. L'écart de 324,17 € par semaine est placé en intéressement, pour le double : 648,34 €. Cet intéressement n'est versé que si le film dégage des recettes nettes : le producteur doit rendre des comptes chaque année pendant cinq ans, la première fois entre 10 et 18 mois après la sortie, et payer dès que le montant dû atteint 200 €, dans les deux mois de chaque reddition.

Les films de fiction de moins d'un million d'euros

Pour les longs métrages de fiction dont le budget prévisionnel ne dépasse pas 1 million d'euros de dépenses extérieures, l'article 1er du titre I écarte purement et simplement les grilles des annexes I, II, III et III bis. En contrepartie, la masse salariale des techniciens doit représenter au moins 15 % des dépenses françaises du budget, et le producteur doit prévoir un intéressement aux recettes nettes, précisé dans les contrats. Le plancher légal reste le SMIC, et toutes les autres règles de la convention s'appliquent. Les partenaires sociaux se sont engagés à renégocier ce régime dans les douze mois suivant l'avenant de 2025.

Source : avenant du 26 mars 2025 modifiant les titres I et II (étendu par arrêté du 27 juin 2025, JORF du 9 juillet 2025), articles 2 à 4 et annexe III, articles 1 à 12.

7. CDD d'usage, congés spectacles et prévoyance : le statut de l'intermittent

La production cinématographique figure dans la liste réglementaire des secteurs où le CDD d'usage est autorisé, sur le fondement de l'article L. 1242-2 3° et de l'article D. 1242-1 6° du code du travail. La convention le rappelle à son article 2 et en tire les conséquences : les techniciens dont la fonction est listée au titre II et les artistes du titre III sont engagés pour un film déterminé, en CDD d'usage. Les salariés permanents, eux, ne peuvent jamais l'être (titre IV).

Le contrat

  • écrit, en deux exemplaires, remis au plus tard le jour de la prise d'effet ;
  • titre du film, fonction, statut cadre ou non, durée prévisionnelle, rémunération, caisses de retraite, de prévoyance et de congés ;
  • pour la durée du film, de date à date ou à la journée (7 heures minimum) ;
  • pas d'intérim : le technicien est salarié du producteur (article 15).

La fin du contrat

  • pas d'indemnité de fin de contrat de 10 % (article L. 1243-10) ;
  • rupture par le producteur hors faute grave : salaires dus jusqu'au terme prévu (article 21) ;
  • dépassement du planning : le technicien reste disponible 6 jours pour un contrat de six semaines, 12 jours de sept à douze semaines (article 19).

Les congés payés passent par la Caisse des congés spectacles

Un technicien engagé quelques semaines par film ne prend pas ses congés chez chaque producteur. L'article 44 du titre II l'affilie obligatoirement à la Caisse des congés spectacles, dont la gestion est assurée par le groupe Audiens : l'employeur verse une cotisation à la caisse, remet un certificat de droits à congé avec le dernier bulletin, et c'est la caisse qui indemnise le salarié. La période de référence court du 1er avril au 31 mars (article 16 du titre I), et le salaire pris en compte pour la cotisation est plafonné au triple du salaire journalier minimum de la fonction, soit par exemple 605,43 € pour un machiniste de prise de vues.

Prévoyance et santé : Audiens, à la charge de l'employeur

Les techniciens intermittents sont couverts en prévoyance (décès, invalidité) et en frais de santé par l'accord interbranches du 20 décembre 2006, géré par Audiens Prévoyance. Depuis le 1er janvier 2014, la cotisation propre à la branche pour les non-cadres est de 1,5 % du salaire dans la limite de la tranche A, prise en charge en totalité par l'employeur, comme pour les cadres (article 45).

Pourquoi le net affiché n'est qu'un ordre de grandeur

Le site estime habituellement le net avec un coefficient de 0,78. Pour un intermittent du cinéma, ce raccourci est fragile : les contrats relèvent de règles de cotisation propres au régime des annexes VIII et X de l'assurance chômage, les congés sont versés à part par la caisse, et le réalisateur, payé au cachet, relève de taux réduits. Le simulateur affiche ce net comme un ordre de grandeur ; votre bulletin fait foi.

Source : titre I, articles 2, 14 et 16 ; titre II, articles 15 à 21 et 44 ; article 45 du titre II ; Audiens, congés spectacles.

8. Artistes-interprètes et acteurs de complément : les cachets du titre III

Le titre III distingue deux populations. Les artistes-interprètes interprètent un rôle écrit au scénario ; ils sont payés au cachet, à la journée ou à la semaine, avec une part liée à l'exploitation du film. Les acteurs de complément — figurants, silhouettes, doublures — relèvent d'un sous-titre à part, avec des taux horaires. La dernière revalorisation est l'avenant du 1er août 2023 (+1,5 %), étendu par arrêté publié au Journal officiel du 16 février 2024. Aucun avenant plus récent n'était publié au 29 septembre 2026.

Artiste-interprèteLong métrageCourt métrage
Engagement à la journée418,25 €149,50 €
Semaine de 5 jours1 266,70 €560,68 €
Semaine de 6 jours1 570,23 €672,72 €
Répétition (service)54,37 €—
Acteur de complément (long métrage)Taux horaireJournée
Figuration sous le SMIC12,16 € 12,31 €*107,00 €
Silhouette muette17,05 €150,00 €
Silhouette parlante28,41 €250,00 €
Doublure simple18,75 €165,00 €
Doublure polyvalente22,73 €200,00 €

Source : avenant du 1er août 2023 relatif à la revalorisation des salaires minima (titre III), étendu par arrêté du 12 février 2024. Acteurs de complément : annexe III.2 du titre III (journée de 8 heures majorée de 10 %), relevée dans la convention consolidée par le SPI. * Le taux de la figuration est inférieur au SMIC horaire du 1er juin 2026 : le SMIC est dû.

Le cas de la figuration mérite l'attention. Le taux de 12,16 € de l'heure, calé sur le SMIC de 2023, a été dépassé par les revalorisations successives du salaire minimum. Depuis le 1er juin 2026, un figurant doit être payé au moins 12,31 € de l'heure : une journée de 8 heures majorée de 10 % vaut alors au moins 108,33 €, et non les 107,00 € de la grille. Autre règle utile : l'annexe III du titre II impose, pour un film qui en bénéficie, que les salaires des artistes-interprètes ne dépassent pas cinq fois le minimum conventionnel. Les engagements de mineurs, enfin, obéissent à un avenant du 17 mai 2024, étendu par arrêté du 24 septembre 2024.

9. Salariés permanents : grille mensuelle, essai, préavis et licenciement

Comptables, juristes, chargés de développement, assistants de direction : le personnel de siège d'une société de production relève du titre IV, en CDI ou en CDD de droit commun. Il n'est jamais affilié aux congés spectacles et ne peut pas être engagé en CDD d'usage. Sa grille est mensuelle, sur six niveaux, avec trois compléments facultatifs de 3 % chacun du salaire de base : autonomie, technicité, responsabilité. Elle a été revalorisée de 2 % par l'avenant du 26 mars 2025, étendu par arrêté publié au Journal officiel du 17 janvier 2026, sous réserve du SMIC.

ClassificationNiveauMinimum de baseAvec tous les complémentsÉcart au SMIC (base)
Cadre supérieur1hors niveau : salaire librement fixé
Cadre A22 779,57 €3 029,73 €+ 912,55 €
Cadre B32 229,81 €2 430,49 €+ 362,79 €
Agent de maîtrise41 939,02 €2 113,53 €+ 72,00 €
Employé A51 838,26 € 1 867,02 €*1 948,56 €− 28,76 €
Employé B61 801,80 € 1 867,02 €*1 855,85 €− 65,22 €

Source : annexe IV-A du titre IV, avenant du 26 mars 2025 relatif à la révision des salaires minima, étendu par arrêté du 6 janvier 2026 (JORF du 17 janvier 2026). * Minimum inférieur au SMIC mensuel du 1er juin 2026 (1 867,02 € pour 35 heures) : c'est le SMIC qui est dû ; l'avenant ne précise pas de durée de référence. Écarts calculés par nos soins.

Période d'essai

Non-cadre : 1 mois, renouvelable une fois 1 mois. Cadre : 3 mois, renouvelable une fois 3 mois. C'est plus court que les maxima légaux de l'article L. 1221-19, et opposable.

Préavis

Non-cadre : 1 mois avant 2 ans, 2 mois ensuite. Cadre : 3 mois. Un mois de plus en cas de licenciement après 50 ans. Deux heures par jour pour chercher un emploi.

Indemnité de licenciement

Dès 6 mois : un cinquième de mois entre 6 et 8 mois, puis le barème légal (un quart de mois par an, un tiers après 10 ans), majoré de 25 % après 50 ans et 10 ans de présence.

L'indemnité de licenciement du titre IV reprend le barème de l'article R. 1234-2 du code du travail, mais s'en écarte à deux moments de la carrière : elle s'ouvre dès six mois de présence, au lieu de huit, et elle est majorée d'un quart pour un salarié licencié à plus de 50 ans avec au moins dix ans d'ancienneté. Exemple : un chargé de production licencié à 52 ans après 12 ans, avec un salaire de référence de 2 600 €, touche au moins (10 × 1/4 + 2 × 1/3) × 2 600 = 8 233,33 €, puis 25 % de plus, soit 10 291,67 €. Les préavis se comparent à ceux de l'article L. 1234-1 : le délai de deux mois après deux ans rejoint le légal, celui du cadre le dépasse. Le simulateur d'indemnité de licenciement et le calculateur de préavis font le calcul légal, auquel il suffit d'ajouter la majoration conventionnelle.

Source : titre IV, articles I.1, II.4.1, II.4.2.2 et II.4.2.3 (accord du 29 juillet 2016), texte relevé dans la convention consolidée par le SPI au 1er juin 2024.

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10. Congés pour événements familiaux : la loi l'emporte sur un point

L'article 16 du titre I, réécrit par l'avenant du 11 septembre 2024, accorde des congés pour événements familiaux à tous les salariés, quel que soit leur contrat et sans condition d'ancienneté. Ils sont rémunérés et comptent comme du travail effectif pour les congés payés, sauf le congé pour enfant malade. La plupart reprennent les minima du code du travail ; l'un d'eux est désormais en retard sur la loi.

ÉvénementConvention (article 16)Ce qui s'applique
Mariage ou PACS du salarié4 jours ouvrables4 jours
Mariage d'un enfant1 jour ouvrable1 jour
Naissance ou arrivée d'un enfant adopté3 jours ouvrables3 jours, en plus du congé de paternité
Décès d'un enfant12 jours ouvrables ; 14 jours ouvrés s'il avait moins de 25 ansidem, cumulable avec le congé de deuil
Décès du conjoint, d'un parent, d'un frère ou d'une sœur3 jours ouvrables3 jours
Annonce d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant5 jours ouvrables10 jours (loi)
Enfant malade de moins de 16 ans3 jours ouvrés par an, 5 si l'enfant a moins d'un an ou pour 3 enfantsnon rémunérés, sauf en Alsace-Moselle

Annonce du handicap d'un enfant : 10 jours, pas 5

Depuis le 14 juin 2026, l'article L. 3142-4 du code du travail, modifié par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026, accorde dix jours pour l'annonce de la survenue d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant. Les cinq jours de la convention sont moins favorables : c'est la loi qui s'applique.

Source : avenant du 11 septembre 2024 relatif à la révision de l'article 16 « Congés payés », étendu (JORF du 29 mars 2025) ; article L. 3142-4 dans sa version en vigueur au 14 juin 2026.

FAQ — Convention de la production cinématographique

Les sept questions les plus posées sur l'IDCC 3097, avec des réponses datées du 29 septembre 2026.

L'annexe I du titre II fixe un salaire minimum pour chacune des 118 fonctions de techniciens et d'ouvriers, sur la base d'une semaine de 39 heures : 35 heures au taux de base et 4 heures majorées de 25 %. Les montants vont de 534,74 € pour les auxiliaires et assistants débutants à 2 758,11 € pour le directeur de la photographie et le technicien réalisateur de deuxième équipe. Le réalisateur a un minimum propre de 3 015,27 € par semaine pour un contrat de moins de cinq mois. La grille en vigueur est celle de l'avenant du 23 janvier 2024, modifiée par l'avenant du 26 septembre 2025, étendu par arrêté publié au Journal officiel du 3 avril 2026.

Aucune fonction de la grille des techniciens n'est sous le SMIC : le taux horaire de base le plus bas est de 13,37 €, pour un SMIC de 12,31 € depuis le 1er juin 2026. En revanche, le taux horaire de la figuration fixé par l'avenant du 1er août 2023 est de 12,16 €, et les deux premiers niveaux de la grille des salariés permanents, employé B à 1 801,80 € et employé A à 1 838,26 €, sont inférieurs au SMIC mensuel de 1 867,02 €. Dans ces cas, c'est le SMIC qui est dû.

L'article 37 du titre II majore de 25 % les heures de la 36e à la 43e, de 50 % celles de la 44e à la 48e et de 75 % celles au-delà de la 48e heure de la semaine. S'y ajoutent une majoration de 100 % pour les heures faites au-delà de la dixième heure de tournage d'une journée, de 50 % pour les huit premières heures de nuit, de 100 % pour le dimanche et les jours fériés travaillés. Selon l'article 36, les majorations se calculent sur le salaire horaire de base et leur cumul ne peut pas dépasser 100 %.

Un engagement de moins de cinq jours consécutifs dans la même semaine est payé à la journée, pour sept heures au minimum. Le taux horaire est le salaire hebdomadaire de 39 heures divisé par 40 et majoré de 25 %, les heures au-delà de la septième sont majorées de 50 % et celles au-delà de la dixième de 100 %. Sur un film publicitaire, le taux de base est majoré de 50 %, la journée compte huit heures au minimum et les heures au-delà de la huitième sont majorées de 100 %.

C'est un régime dérogatoire, choisi par le producteur et accordé par une commission paritaire avant l'agrément du CNC, pour des longs métrages de fiction dont le budget ne dépasse pas 3,1 millions d'euros de dépenses extérieures, ou 0,6 million pour un documentaire. Le salaire minimum devient 850 € plus 37 % de l'écart entre le minimum de l'annexe I et 850 €, et le double de la différence est placé en intéressement sur les recettes du film. Il est prorogé pour cinq ans à compter du 11 avril 2025.

Selon l'avenant du 1er août 2023 au titre III, étendu par arrêté publié au Journal officiel du 16 février 2024, le minimum d'un artiste-interprète est de 418,25 € pour un engagement à la journée sur un long métrage, de 1 266,70 € pour une semaine de cinq jours et de 1 570,23 € pour une semaine de six jours. Sur un court métrage, il est de 149,50 € par jour. Aucun avenant de revalorisation plus récent n'était publié au 29 septembre 2026.

Les techniciens et les artistes engagés pour un film relèvent de la Caisse des congés spectacles, dont la gestion est assurée par le groupe Audiens. L'employeur verse une cotisation à la caisse au lieu de payer lui-même les congés, et remet à la fin du contrat un certificat de droits à congé. La période de référence court du 1er avril au 31 mars. Les salariés permanents des sociétés de production prennent en revanche leurs congés selon le droit commun.

Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 29 septembre 2026 sur les documents suivants :

Ce que nous ne publions pas, faute de source vérifiable

  • Les grilles de l'annexe III et de l'annexe III bis fonction par fonction : le simulateur applique la formule de l'avenant.
  • Les valeurs 2026 de l'annexe II pour les fonctions créées ou modifiées en 2025, et le libellé définitif de trois fonctions renommées.
  • La date de parution de l'arrêté qui ajoutera les nouveaux intitulés à l'annexe VIII de l'assurance chômage.
  • Les taux de cotisations salariales propres aux intermittents et le détail des garanties Audiens au-delà de la cotisation de 1,5 %.
  • Une grille des techniciens pour les courts métrages : la convention en annonce une, que nous n'avons pas trouvée.
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