Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.1 Préparer l'opération et consigner un véhicule électrique : les principes
Le Code du travail fait du travail hors tension la règle. Sur un véhicule électrique, cela suppose de mettre l'équipement électrique en sécurité selon une procédure propre à chaque modèle. Ce chapitre présente les principes communs ; la procédure exacte relève de la notice du constructeur et de la NF C 18-550, et ne s'apprend pas en ligne.
Trois états à ne pas confondre
Sous tension
L'énergie est disponible. Travail interdit, sauf travaux sous tension encadrés (R4544-7, R4544-11).
Mis hors tension
Le circuit est coupé, mais rien n'empêche une remise sous tension. Ce n'est pas une mise en sécurité suffisante pour travailler.
Consigné
Séparé, condamné, absence de tension vérifiée, attestation remise : les travaux hors tension peuvent commencer.
L'INRS distingue « mise hors tension » et « consignation » dans les objectifs de formation du BCL (ED 6313).
Avant tout : l'analyse de l'opération
Avant chaque opération sur un véhicule électrique ou hybride, l'INRS (ED 6282) demande de définir quatre éléments, indispensables à l'analyse du risque électrique :
- les caractéristiques de l'équipement électrique : type de véhicule, type et tension des batteries, courant continu et/ou alternatif, présence de machine électrique, de pile à combustible ;
- la nature de l'opération : d'ordre électrique (action sur la batterie ou le moteur électrique, par exemple) ou non électrique (carrosserie, entretien, pneumatiques) ;
- le type d'opération : hors tension, au voisinage, sous tension, opération particulière ;
- l'état du véhicule : accidenté, batterie choquée ou endommagée.
Les fiches techniques des véhicules fournies par le constructeur sont, selon l'INRS, les documents utiles pour déterminer ensuite les mesures d'organisation, les outils et équipements spécifiques et les protections à porter. Les dispositifs de sécurité (coupe-circuits, dispositifs de consignation) et leur emplacement dépendent du véhicule.
La règle : travailler hors tension, après consignation
L'INRS est explicite : dans tous les cas, il convient de privilégier le travail hors tension, après consignation de l'équipement électrique du véhicule, et de ne pas intervenir sur le circuit de traction d'un véhicule raccordé au réseau (ED 6282). Un véhicule en charge est relié à une source extérieure : la première mesure est de le déconnecter de la borne.
Cette règle applique l'article R4544-4 du Code du travail : les travaux sont effectués hors tension, sauf si l'évaluation des risques montre que la mise hors tension est dangereuse ou techniquement impossible. Les travaux sous tension restent l'exception, avec ordre écrit et habilitation spécifique.
Sur un véhicule thermique, le geste équivalent est connu de tous les mécaniciens : l'INRS (ED 6423) rappelle que, lors de l'intervention, la première chose à faire est de déconnecter la batterie et d'en protéger les bornes, ce qui protège l'opérateur contre l'électrisation quelle que soit la tension de l'équipement.
Les grandes fonctions de la mise en sécurité
Les objectifs de formation publiés par l'INRS pour les habilités véhicules résument la mise en sécurité d'un circuit en quatre opérations : mise hors tension, vérification d'absence de tension (VAT), consignation, mise hors de portée. Sans reproduire la procédure de la norme, on peut en retenir l'esprit :
- Séparer l'équipement de sa source d'énergie, à l'aide du dispositif prévu par le constructeur ;
- Condamner : empêcher toute remise sous tension pendant les travaux, et signaler que l'équipement est consigné ;
- Identifier l'équipement sur lequel on va travailler, pour ne pas consigner un circuit et travailler sur un autre ;
- Vérifier l'absence de tension avec un vérificateur adapté, au plus près du point d'intervention ;
- Mettre hors de portée les parties qui resteraient sous tension (protections isolantes, capuchons, nappes), ce qui supprime le voisinage.
L'ordre, les points de mesure, les éventuels délais d'attente et l'équipement de vérification sont fixés par la procédure du constructeur et la NF C 18-550 ; ils ne sont pas reproduits ici. Pour les installations fixes, la consignation selon la NF C 18-510 est détaillée dans la formation habilitation électrique BT : ne transposez pas ses étapes à un véhicule sans la procédure applicable.
L'énergie qui reste : batteries et supercondensateurs
Consigner l'équipement de traction ne vide pas la batterie : elle reste chargée, et ses bornes restent sous tension. C'est pourquoi l'INRS insiste sur la protection des bornes dès qu'elles ne sont plus connectées : elles deviennent accessibles et doivent être impérativement protégées contre le contact direct (protection IP2X ou IPXXB, ED 6407).
Les supercondensateurs stockent aussi de l'énergie. Avant d'intervenir, la source d'alimentation du condensateur est mise hors tension puis, selon sa connectique, il est déchargé selon les préconisations du fabricant (ED 6282).
Pour une batterie déposée, l'INRS ajoute que la connexion et la déconnexion se font hors charge, sur un circuit ouvert, c'est-à-dire un circuit relié à aucune résistance ni aucun élément électrique (ED 6407).
Connecter et déconnecter une batterie : l'ordre des bornes
Lors des opérations de connexion, déconnexion ou nettoyage des bornes, l'INRS (ED 6282) donne quatre principes :
1Masse en premier
Le potentiel référencé à la masse du véhicule (la borne « moins ») est déconnecté en premier.
2Capuchon
Une protection isolante est posée sur les conducteurs laissés en attente.
3Un potentiel à la fois
L'opération ne porte que sur un seul potentiel à la fois.
4Positif d'abord à la reconnexion
Lors de la reconnexion, la borne positive est reconnectée en priorité.
Cette logique limite le risque de court-circuit par l'outil : tant que la masse est raccordée, un outil qui touche la borne positive et la carrosserie ferme le circuit. Les outils doivent être adaptés au risque électrique (outils isolés, gants) et au risque chimique (gants, écran).
Les documents et la fin des travaux
La consignation se trace. Les objectifs de formation de l'INRS pour le chargé de consignation BCL comprennent : identifier et informer le chargé d'exploitation, le chargé de réparation et le chargé de travaux ; renseigner l'attestation de consignation ; réaliser la consignation, la déconsignation, la mise hors tension et la remise sous tension. Côté chargé de travaux (B2L, B2VL), il s'agit de citer et d'utiliser les documents applicables : instructions de sécurité, attestation de consignation.
À la fin des travaux, la remise sous tension n'est jamais un geste isolé : le chargé de travaux rend compte, la zone est libérée, le personnel est informé, et seul le chargé de consignation déconsigne puis remet sous tension, selon la procédure.
Pour la démarche générale de consignation multi-énergies en industrie (mécanique, hydraulique, pneumatique), la formation consignation LOTO du site présente les principes communs.
Checklist avant de toucher au véhicule
Sources
- INRS, ED 6282 (mars 2019), § 1.3 et § 4.2 ; ED 6313 (novembre 2018), § 5.2 (objectifs des modules « Thèmes communs », « Consignation », « Travaux d'ordre électrique hors tension ») ; ED 6407 (février 2021), § 3.1 ; ED 6423 (révisée en juin 2025) — inrs.fr
- Code du travail, articles R4544-4, R4544-7 et R4544-11 — Légifrance
- Norme NF C 18-550 (août 2015) et notices des constructeurs : procédures de consignation non reproduites
À retenir
- Avant chaque opération : caractéristiques, nature, type d'opération et état du véhicule.
- Privilégier le travail hors tension, après consignation ; ne jamais intervenir sur la traction d'un véhicule raccordé au réseau.
- Mis hors tension n'est pas consigné : il faut aussi condamner, vérifier l'absence de tension et tracer.
- La batterie reste chargée : bornes protégées dès qu'elles sont déconnectées.
- Bornes : masse en premier à la déconnexion, positif en premier à la reconnexion, un potentiel à la fois.
- La procédure exacte vient du constructeur et de la NF C 18-550, et se pratique en formation.
Ressources liées
Sommaire de la formation
Contenu relu par le Pôle HSE & Risques industriels · Politique éditoriale