Radioprotection des travailleurs exposés
Surveiller l'exposition et la santé des travailleurs

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Surveiller 20 min de lecture

3.2 Dosimétrie passive, dosimètre opérationnel et SISERI

Deux appareils, deux fonctions : le dosimètre à lecture différée établit la dose réglementaire du travailleur ; le dosimètre opérationnel l'alerte en temps réel. Leurs résultats convergent vers un système national, SISERI.

Deux dosimètres, deux rôles

Dosimètre à lecture différée (« passif »)

  • Mesure la dose reçue sur une période, lue ensuite en laboratoire
  • Fourni et exploité par un organisme accrédité (R4451-65)
  • Pour les travailleurs classés (R4451-64)
  • Résultats transmis à SISERI (R4451-66)

Dosimètre opérationnel (« actif »)

  • Mesure en temps réel la dose et le débit de dose
  • Muni d'alarmes paramétrables (R4451-3, 6°)
  • Pour tout travailleur entrant en zone contrôlée (R4451-33-1)
  • Sert à la prévention et à l'optimisation
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Qui fait l'objet d'une surveillance dosimétrique individuelle (R4451-64)

L'employeur met en œuvre une surveillance dosimétrique individuelle appropriée lorsque le travailleur est :

  1. classé en catégorie A ou B ;
  2. exposé au radon provenant du sol avec une dose efficace susceptible de dépasser 6 mSv sur douze mois ;
  3. affecté à l'un des deux groupes d'intervention en situation d'urgence radiologique.

Cette surveillance est celle qui déclenche l'obligation de formation de l'article R4451-58, II (chapitre 4.2). Les travailleurs non classés qui accèdent à certaines zones font, eux, l'objet d'une surveillance radiologique « par des moyens appropriés » (R4451-32, II).

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Exposition externe, interne, radon : trois techniques

La surveillance dosimétrique individuelle est assurée par des organismes accrédités (R4451-65) :

ExpositionMoyen
ExterneDosimètres à lecture différée adaptés aux types de rayonnements (poitrine, et selon le poste bague ou bracelet pour les extrémités, dosimètre cristallin)
InterneAnthroporadiométrie ou analyses de radiotoxicologie prescrites par le médecin du travail, qui calcule la dose engagée
Radon et descendantsDétecteurs actifs à lecture différée adaptés

Pour les équipages d'aéronefs, l'exposition cosmique est évaluée par modélisation numérique par un organisme autorisé (R4451-65, II). Les modalités (période de port, transmission) sont fixées par l'arrêté du 26 juin 2019 relatif à la surveillance individuelle de l'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants.

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Le dosimètre opérationnel depuis le décret de décembre 2025

Réécrit par le décret n° 2025-1347 du 26 décembre 2025, l'article R4451-33-1 impose un dosimètre opérationnel, à des fins de surveillance préventive et d'alerte :

  • à tout travailleur entrant dans une zone contrôlée, classé ou non ;
  • aux travailleurs classés autorisés à manipuler dans une zone d'extrémités ;
  • aux travailleurs classés autorisés à intervenir dans une zone d'opération.

Si une raison technique liée à la pratique empêche son usage, l'employeur justifie le recours à un autre moyen d'alerte en temps réel. Les résultats sont notifiés au travailleur, enregistrés par l'employeur et analysés par le conseiller en radioprotection à des fins d'optimisation. Dans les établissements comportant une installation nucléaire de base, ils sont transmis à SISERI pour les travailleurs classés.

Une alarme du dosimètre opérationnel n'est pas une gêne : elle signale un débit ou une dose anormale. Le réflexe est de quitter la zone selon les consignes et de prévenir le conseiller en radioprotection.
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SISERI, le registre national des doses

Le système d'information et de surveillance de l'exposition aux rayonnements ionisants (SISERI) est géré par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), qui a succédé à l'ASN et à l'IRSN le 1er janvier 2025 en application de la loi n° 2024-450 du 21 mai 2024 (R4451-134). Il sert à :

  • centraliser et vérifier tous les résultats de la surveillance dosimétrique individuelle ;
  • informer sans délai l'employeur et le ministre chargé du travail de tout dépassement d'une valeur limite ;
  • publier un bilan annuel des expositions par secteur et catégorie ;
  • mettre des données à disposition de la recherche.

Les organismes accrédités y transmettent leurs résultats, et le médecin du travail y enregistre les doses internes qu'il calcule (R4451-66). Les données sont conservées entre cinquante et soixante ans à compter de la dernière exposition du travailleur (R4451-137).

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Qui voit quoi : droits d'accès et confidentialité

ActeurAccèsArticle
Le travailleurTous ses résultats et sa dose efficace ; il peut solliciter le gestionnaire du système, le médecin du travail ou le conseillerR4451-67
Le médecin du travailRésultats nominatifs et dose efficace des travailleurs qu'il suitR4451-68
Le conseiller en radioprotectionRésultats nominatifs de l'exposition externe et dose efficace, pendant la durée du contrat ; confidentialité vis-à-vis des tiersR4451-69
Inspection du travail, inspecteurs de la radioprotectionDoses efficaces et dosimétrie externe nominativesR4451-71
Le CSEBilan statistique annuel, sans identification nominativeR4451-72

L'employeur n'a donc pas accès, en tant que tel, aux doses nominatives : il est informé d'un dépassement sans la valeur de la dose (R4451-79). C'est le conseiller en radioprotection qui l'alerte quand un résultat remet en cause l'évaluation individuelle (R4451-69, II).

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Bonnes pratiques de port

Porter le dosimètre à l'emplacement prévu par le conseiller (poitrine, sous ou sur le tablier selon les consignes).
Ne jamais prêter son dosimètre ni porter celui d'un collègue : la dose est nominative.
Ne pas laisser un dosimètre passif dans une zone exposée en dehors du travail : il enregistrerait une dose fictive.
Vérifier avant d'entrer en zone contrôlée que le dosimètre opérationnel est allumé et que ses seuils d'alarme sont paramétrés.
Signaler toute perte, détérioration ou exposition anormale au conseiller en radioprotection.
Consulter régulièrement ses résultats et poser ses questions au médecin du travail.

Le simulateur de suivi dosimétrique aide à lire une dose cumulée au regard des valeurs limites et des seuils de classement.

Le circuit d'un résultat de dosimétrie

Dosimètre porté par le travailleur
Lecture par l'organisme accrédité
SISERI (ASNR)
Travailleur, médecin, conseiller

Sources

  • Code du travail, articles R4451-3, R4451-32, R4451-33-1 (décret n° 2025-1347), R4451-64 à R4451-72, R4451-79, R4451-134 et R4451-137 — Légifrance
  • Arrêté du 26 juin 2019 relatif à la surveillance individuelle de l'exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants — Légifrance
  • Loi n° 2024-450 du 21 mai 2024 ; Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection — asnr.fr

À retenir

  • Dosimétrie individuelle à lecture différée pour les classés, le radon au-delà de 6 mSv et les groupes d'urgence (R4451-64).
  • Dosimètre opérationnel pour tout travailleur entrant en zone contrôlée (R4451-33-1).
  • Exposition interne : examens prescrits par le médecin du travail, qui calcule la dose engagée.
  • SISERI, géré par l'ASNR, centralise les doses ; conservation 50 à 60 ans.
  • Le travailleur a accès à tous ses résultats ; l'employeur n'a pas les doses nominatives.
  • Un dosimètre ne se prête pas et ne reste pas en zone hors du travail.

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle HSE & Risques industriels · Politique éditoriale