Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.3 Radon, incidents et dépassements de dose
Le radon expose des salariés qui ne manipulent aucune source : bureaux en rez-de-chaussée, caves, travaux souterrains. Ce dernier chapitre le traite, puis décrit ce que prévoit le Code du travail quand une exposition anormale se produit.
Radon : les repères du Code du travail
300 Bq/m³
Niveau de référence, en moyenne annuelle (R4451-10)
Zone radon
Délimitée si le niveau de référence peut être dépassé (R4451-22, R4451-23)
6 mSv
Au-delà sur douze mois : surveillance dosimétrique individuelle (R4451-64)
Le radon, un risque professionnel à part entière
Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle qui provient du sol. En se désintégrant, il se transforme en particules solides radioactives (R4451-58, IV). Le Code du travail vise l'exposition au radon provenant du sol (R4451-1, 4°) :
- dans les lieux de travail situés en sous-sol et rez-de-chaussée, en tenant compte des zones à potentiel radon ;
- dans certains lieux spécifiques : travaux souterrains, mines, carrières (liste fixée par arrêté, R4451-4).
Le territoire est divisé en trois zones à potentiel radon : zone 1 (faible), zone 2 (faible mais avec des facteurs géologiques pouvant faciliter le transfert vers les bâtiments), zone 3 (significatif) (Code de la santé publique, R1333-29). La liste des communes par zone est fixée par arrêté (L1333-22) ; l'employeur tient compte de ce potentiel dans son évaluation (R4451-14, 6°).
La démarche radon de l'employeur
- Évaluer si le niveau de référence de 300 Bq/m³ est susceptible d'être dépassé (R4451-13, 2°), au vu du potentiel radon et des mesures déjà faites.
- Mesurer si l'évaluation montre que 300 Bq/m³ en moyenne annuelle peuvent être atteints (R4451-15).
- Réduire : étanchéité du bâtiment vis-à-vis des points d'entrée du radon, renouvellement de l'air des locaux (R4451-18, 5°).
- Délimiter une zone radon si le niveau de référence reste susceptible d'être dépassé (R4451-22, R4451-23) ; elle peut être intermittente si la concentration peut être maintenue sous 300 Bq/m³ pendant la présence des travailleurs.
- Communiquer à l'ASNR les résultats si, malgré les mesures, la concentration reste au-dessus du niveau de référence (R4451-17, II).
- Évaluer la dose individuelle liée au radon : au-delà de 6 mSv sur douze mois, surveillance dosimétrique individuelle (R4451-64) et suivi individuel renforcé (R4451-82).
Les travailleurs non classés autorisés en zone radon font l'objet d'une surveillance radiologique visant à vérifier que leur exposition reste sous 6 mSv sur douze mois (R4451-32, II).
Ce que le travailleur exposé au radon doit savoir
Quand un travailleur est exposé au radon uniquement, l'information ou la formation porte notamment sur (R4451-58, IV) :
- l'origine naturelle du radon et sa transformation en particules solides radioactives ;
- les effets potentiels sur la santé et les interactions avec le tabagisme ;
- les moyens de prévention (aération, ventilation, étanchéité) ;
- les liens entre la concentration d'activité du radon dans l'air et la dose efficace.
Les gestes simples comptent : ne pas obstruer les entrées d'air, signaler une ventilation à l'arrêt, respecter les consignes d'accès à une zone radon.
L'événement significatif (R4451-74 à R4451-78)
Constitue un événement significatif tout événement susceptible d'entraîner le dépassement (R4451-74, modifié par le décret n° 2025-1347) :
- pour les travailleurs sous surveillance dosimétrique individuelle, d'une valeur limite ;
- pour les autres, d'un seuil de classement, de 6 mSv sur douze mois pour le radon ou de la valeur fixée pour l'enfant à naître.
Le médecin du travail ou le conseiller en radioprotection qui l'identifie en informe l'employeur (et, pour le conseiller, le travailleur et le médecin). L'employeur alors (R4451-77) :
- enregistre la date, analyse l'événement et met en œuvre les mesures de prévention ;
- informe sans délai le CSE des causes présumées et des mesures envisagées ;
- déclare l'événement à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ou au délégué compétent pour la défense).
Le conseiller en radioprotection apporte son concours à l'enquête et à l'analyse (R4451-123, 2°, g).
Dépassement d'une valeur limite (R4451-79 à R4451-81)
| Qui | Fait quoi |
|---|---|
| Organisme de dosimétrie | Communique sans délai la dose nominative au médecin du travail et au conseiller en radioprotection |
| Médecin du travail et conseiller | Informent sans délai l'employeur du dépassement, sans la valeur de la dose ; le médecin informe le travailleur |
| Employeur | Fait cesser l'exposition, recherche les causes, fait évaluer les doses, adapte la prévention, fait procéder aux vérifications |
| Employeur | Informe le CSE, l'agent de contrôle de l'inspection du travail et l'ASNR des causes, des circonstances et des mesures |
| Médecin du travail | Reçoit le travailleur dans les plus brefs délais et se prononce sur son aptitude (R4451-84) |
| Travailleur | Bénéficie pendant douze mois du suivi médical de la catégorie A (R4451-81) |
SISERI informe aussi sans délai l'employeur et le ministre chargé du travail de tout dépassement (R4451-134).
Les réflexes du travailleur face à une situation anormale
La conduite à tenir en cas d'accident ou d'incident fait partie de l'information obligatoire (R4451-58, III, 9°). Elle est propre à chaque établissement, mais repose toujours sur quelques réflexes :
- Alarme du dosimètre opérationnel : quitter la zone selon les consignes, prévenir le conseiller en radioprotection.
- Source hors de son conteneur ou objet suspect (déchetterie, ferraille) : ne jamais la toucher, s'éloigner, baliser à distance, alerter (R4451-60).
- Suspicion de contamination : ne pas manger, boire ni fumer, passer au contrôle de sortie, suivre la procédure de décontamination.
- Danger grave et imminent : le droit d'alerte et de retrait s'applique (L4131-1).
Pour l'organisation d'une intervention de radiographie et ses consignes, voir le générateur de permis de radiographie.
Alarme ou dépassement : la chaîne d'alerte
1
S'éloigner et cesser l'exposition
2
Prévenir le conseiller en radioprotection
3
Employeur : analyse, CSE, inspection, ASNR
4
Médecin du travail : examen et avis d'aptitude
Sources
- Code du travail, articles R4451-1, R4451-4, R4451-10, R4451-13 à R4451-18, R4451-22, R4451-23, R4451-32, R4451-58, R4451-60, R4451-64, R4451-74 à R4451-84, R4451-123, R4451-134 et L4131-1 — Légifrance
- Code de la santé publique, articles L1333-22 et R1333-29 (zones à potentiel radon) — Légifrance
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection — asnr.fr
À retenir
- Radon : niveau de référence 300 Bq/m³ en moyenne annuelle ; sous-sols, rez-de-chaussée, travaux souterrains.
- Évaluer, mesurer, réduire, délimiter une zone radon ; au-delà de 6 mSv, dosimétrie individuelle.
- Événement significatif : analysé, CSE informé sans délai, déclaré à l'ASNR.
- Dépassement d'une limite : exposition stoppée, causes recherchées, CSE, inspection et ASNR informés.
- Le travailleur concerné a le suivi de la catégorie A pendant douze mois.
- Source suspecte : ne jamais la toucher, s'éloigner, alerter.
Ressources liées
Sommaire de la formation
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