Formation ACACED
Santé animale et reproduction

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation ACACED

Module 3 : Santé animale et reproduction 25 min de lecture

3.1 Santé animale : signes d'alerte, maladies, prophylaxie et médicaments

Repérer un animal qui ne va pas bien, savoir dans quelle catégorie classer une maladie, appliquer les mesures de prévention (vaccination, vermifugation, déparasitage externe) et ne jamais donner un médicament à la légère : ce chapitre couvre le thème « santé animale » de l'annexe I de l'arrêté du 14 janvier 2022 pour le chien, le chat et les autres animaux de compagnie. Les soins d'entretien, les premiers soins et les urgences font l'objet du chapitre 3.2.

La santé en un coup d'œil : trois catégories, trois points d'attention

Chien
  • Vaccins dits « essentiels » : maladie de Carré, hépatite de Rubarth, parvovirose.
  • Rage : vaccination selon la loi et les voyages.
  • Un antiparasitaire « chien » ne se transpose à aucune autre espèce.
  • Contrôle visuel mensuel individuel en établissement (carnivore).
Chat
  • Vaccins dits « essentiels » : typhus (panleucopénie), calicivirus, herpèsvirus.
  • Température normale de l'adulte : 38,1 à 39,2 °C.
  • Perméthrine du chien : dangereuse, parfois mortelle pour le chat.
  • Contrôle visuel mensuel individuel en établissement (carnivore).
Autres animaux
  • Lapin, rongeurs, furet, oiseaux, poissons : valeurs de référence et calendriers donnés par le vétérinaire.
  • Fipronil (chien, chat) : toxique pour le lapin.
  • Le furet entre dans le cadre de la rage du règlement (UE) 576/2013.
  • Furet : contrôle mensuel individuel ; autres espèces : suivi par lots possible au registre.
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Ce que le programme officiel attend

L'annexe I de l'arrêté du 14 janvier 2022 décrit le domaine « santé animale » comme la mobilisation des connaissances « permettant d'assurer aux animaux de compagnie des soins appropriés et de les maintenir en bon état sanitaire ». Voici les lignes traitées dans ce chapitre :

Champ de connaissances Capacité minimale attendue Où dans ce chapitre
Signes de bonne santé. Les principaux signes d'alerte : comportement alimentaire, état de vigilance, température. Citer les signes de bonne santé et les signes d'alerte de maladie. Zone 2
Principales catégories de maladies : infectieuses, parasitaires, alimentaires, toxiques. Notion de période de risque. Citer les principales catégories de maladies et les illustrer par des exemples chez l'adulte et le jeune. Zone 3
(Même champ) Citer les premiers éléments de suspicion de maladie infectieuse. Zones 4 et 7
Liste des mesures sanitaires et médicales : vaccination, vermifugation, déparasitage externe. Indiquer les mesures pratiques de prophylaxie sanitaire et médicale. Zones 5, 6 et 8

Les lignes « soins d'entretien et d'hygiène », « premiers soins simples » et « urgences » sont traitées au chapitre 3.2. La reproduction est l'objet du chapitre 3.3.

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Signes de bonne santé et signes d'alerte

Le programme retient trois grands signes d'alerte : le comportement alimentaire, l'état de vigilance et la température. On les repère en comparant l'animal à lui-même : ce qui compte, c'est le changement par rapport à son état habituel.

Repère de pratique (non fixé par un texte). Un animal en bonne santé est vif et curieux, mange et boit normalement, a un pelage ou un plumage propre et lisse, des yeux nets, une respiration calme, des selles et des urines habituelles, et se déplace sans gêne.
Comportement alimentaire

Refus de manger ou de boire, appétit brutalement augmenté ou diminué, mastication difficile. Chez le lapin, l'arrêt de l'alimentation est un signe sérieux (voir chapitre 3.2).

État de vigilance

Abattement, apathie, isolement, réactions diminuées aux sons et aux personnes, ou au contraire agitation inhabituelle. L'animal « n'est pas lui-même ».

Température

Une température corporelle en dehors des valeurs de référence (fièvre ou baisse) est un signe d'alerte. Elle se mesure par voie rectale.

Les valeurs de référence, par catégorie

  • Chien La valeur de référence est donnée par le vétérinaire ; ce module n'en retient pas de chiffre.
  • Chat Température rectale normale de l'adulte : 38,1 à 39,2 °C.
  • Autres Lapin, rongeurs, furet, oiseaux : les valeurs de référence sont données par le vétérinaire, car elles varient d'une espèce à l'autre. Pour les poissons, l'article 4, III, de l'arrêté du 19 juin 2025 impose des moyens de contrôle de l'eau (température, pH, composés azotés) : on surveille l'eau autant que l'animal.

Ce que la réglementation impose d'observer en établissement

L'article 6, II, de l'arrêté du 19 juin 2025 impose des « soins quotidiens attentifs et adaptés » à tous les animaux. L'article 3, I, g), demande que l'agencement des locaux facilite l'observation des animaux. Surtout, l'article 11 fait du contrôle mensuel un point critique des autocontrôles :

« contrôle mensuel visuel des animaux, individuel pour les carnivores, avec entre autres vérifications de l'absence de parasitisme externe, de problèmes locomoteurs, ou de tout autre problème de santé »

— arrêté du 19 juin 2025, article 11

Les carnivores sont les chiens, chats et furets : leur contrôle est individuel. Pour les lapins, rongeurs, oiseaux et poissons, le texte n'impose pas cette modalité individuelle ; la ronde quotidienne reste de toute façon la première ligne de surveillance.

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Quatre catégories de maladies et la notion de période de risque

Le programme distingue quatre catégories de maladies. Une même maladie ne relève que d'une catégorie : c'est la cause qui classe.

Catégorie (cause) Chien Chat Autres
Infectieuses
Un virus ou une bactérie, qui peut passer d'un animal à l'autre.
Maladie de Carré, hépatite de Rubarth, parvovirose (article R. 213-2, 1°, du code rural). Leucopénie infectieuse (typhus), péritonite infectieuse féline, leucose (FeLV), immunodépression féline (FIV) (R. 213-2, 2°) ; calicivirus, herpèsvirus. Rage chez le furet (règlement (UE) 576/2013). Lapin : calendrier vaccinal fixé par le vétérinaire.
Parasitaires
Un parasite externe (puces, tiques, moustiques vecteurs) ou interne (vers).
Toutes les espèces peuvent être concernées ; le contrôle mensuel de l'article 11 vérifie « l'absence de parasitisme externe » chez les carnivores. Le traitement doit être adapté à l'espèce (zone 8).
Alimentaires
Un aliment inadapté, déséquilibré ou mal conservé.
La ration ménagère est difficile à équilibrer : avis du vétérinaire. Carnivore strict ; la prise de poids est un risque après stérilisation. Oiseau nourri exclusivement de graines : régime déséquilibré. Cobaye : ne fabrique pas la vitamine C. Lapin : foin à volonté.
Toxiques
Une substance ingérée ou appliquée qui empoisonne.
Chocolat, xylitol, raisins, ail, oignon, antigel (éthylène glycol), paracétamol. Lys, ail, oignon, antigel, paracétamol (le chat n'a pas les enzymes pour le dégrader), perméthrine du chien. Fipronil chez le lapin ; paracétamol : peu d'enzymes chez le lapin nain, le furet et les oiseaux de compagnie.

Adulte et jeune : illustrer par des exemples

Chez l'adulte

L'adulte peut être touché par toutes les catégories : un chat adulte qui a léché de l'antigel (toxique), un chien qui mange du chocolat (toxique), un animal introduit sans quarantaine qui contamine un groupe (infectieuse), des puces ou des tiques en l'absence de traitement (parasitaire).

Chez le jeune

Le chiot et le chaton reçoivent des anticorps de leur mère par le colostrum et ne régulent pas leur température avant environ 4 semaines (repères de pratique). Un jeune qui tète moins, s'isole ou se refroidit doit être signalé sans attendre. Les soins aux jeunes sont détaillés au chapitre 3.3.

La période de risque

Une période de risque est un moment où la probabilité de tomber malade, ou de contaminer d'autres animaux, augmente. Dans les établissements, trois situations reviennent :

  • Le jeune animal : immunité en construction, thermorégulation immature (repère de pratique).
  • L'introduction d'un animal : l'article 6, I, impose une inspection dans un emplacement séparé, puis une période d'acclimatation et d'observation « sans mélange de lots de provenances différentes ». Avant livraison d'un animal vendu, la quarantaine dure au minimum cinq jours pour les chiens et chats et deux jours pour les autres espèces (hors poissons). Les modalités sont fixées par le règlement sanitaire et traitées au chapitre 2.2.
  • La vie en collectivité : pension, refuge, animalerie ou fourrière réunissent des animaux de provenances variées. L'article 6, VII, demande un suivi attentif lors de tout regroupement ou de l'introduction d'un nouvel individu dans un groupe.
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Les premiers éléments de suspicion de maladie infectieuse

Une maladie infectieuse se transmet : le premier réflexe est donc de la suspecter tôt pour protéger le reste du groupe. Aucun salarié ne pose de diagnostic (acte réservé au vétérinaire, voir chapitre 3.2) ; il alerte.

Éléments qui doivent faire suspecter
  • abattement, fièvre, refus de manger, vomissements ou diarrhée, écoulements des yeux ou du nez, toux (repères de pratique) ;
  • plusieurs animaux touchés en même temps ou à la suite ;
  • un animal récemment introduit ou dont le statut vaccinal est inconnu ;
  • une mortalité anormale ou des maladies répétées dans l'établissement.
Conduite à tenir en établissement
  • Isoler l'animal dans le local dédié aux malades (article 3, II, b, et article 6, III) ;
  • éviter les contaminations croisées : matériel propre, lavage des mains, principe de la marche en avant ;
  • prévenir le vétérinaire : le vétérinaire sanitaire est « tenu informé sans délai de toute mortalité anormale ou de toute morbidité répétée » (R. 214-30) ;
  • consigner au registre de suivi sanitaire (zone 6).

La marche en avant est un principe d'organisation : on circule toujours des animaux ou des locaux les plus sains vers les plus à risque, sans retour en arrière, « dans l'espace et/ou dans le temps » (article 3, I, f). Un animal malade est retiré de la présentation au public et n'est pas proposé à la vente (article 6, III).

Les vices rédhibitoires : un rappel court

Le code rural (article R. 213-2) liste les maladies ou défauts dits vices rédhibitoires pour le chien et le chat : ils ouvrent à l'acheteur une action en garantie. Lorsqu'un responsable apprend qu'un animal dont il a été détenteur présentait une maladie contagieuse réputée vice rédhibitoire, il informe « dans les meilleurs délais » les personnes ayant acquis un animal en contact avec lui, et le consigne au registre de suivi sanitaire (article 5, IV, de l'arrêté du 19 juin 2025).

Chien R. 213-2, 1°

Maladie de Carré ; hépatite contagieuse (maladie de Rubarth) ; parvovirose canine ; dysplasie coxofémorale ; ectopie testiculaire (animaux de plus de six mois) ; atrophie rétinienne.

Chat R. 213-2, 2°

Leucopénie infectieuse ; péritonite infectieuse féline ; infection par le virus leucémogène félin ; infection par le virus de l'immunodépression. Aucun vice rédhibitoire n'est listé pour les autres animaux de compagnie.

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Prophylaxie : vaccination, vermifugation, déparasitage externe

La prophylaxie regroupe les mesures qui préviennent une maladie. Elle est sanitaire (hygiène, quarantaine, nettoyage, isolement) et médicale (vaccination, traitements antiparasitaires). Le règlement sanitaire de l'établissement doit prévoir « la surveillance sanitaire, la prophylaxie, et les mesures à prendre en cas de survenue d'un événement sanitaire » (article 5, I, d).

Vaccination

Injection d'un vaccin qui prépare l'organisme à se défendre contre une maladie. Administrer un médicament par voie parentérale est un acte de médecine des animaux (L. 243-1) : le vaccin est posé par un vétérinaire.

Vermifugation

Traitement contre les vers internes (parasites de l'intestin notamment). Le produit, la dose et le rythme se choisissent avec le vétérinaire.

Déparasitage externe

Lutte contre les parasites de la peau et du poil : puces, tiques. Le produit doit être destiné à l'espèce traitée (zone 8).

Quels vaccins, pour quelle catégorie ?

  • Chien Vaccins dits « essentiels » : maladie de Carré, hépatite de Rubarth, parvovirose. La rage suit la loi et les voyages ; la leptospirose et les autres vaccins se décident avec le vétérinaire.
  • Chat Vaccins dits « essentiels » : typhus (panleucopénie), calicivirus, herpèsvirus du coryza. La leucose (FeLV) est proposée selon le mode de vie du chat (accès à l'extérieur, par exemple). Rage : loi et voyages.
  • Autres Furet : rage dans le cadre du règlement (UE) 576/2013. Lapin : calendrier vaccinal fixé par le vétérinaire. Rongeurs, oiseaux, poissons : pas de calendrier vaccinal commun à retenir ; avis du vétérinaire.
Repère de pratique (non fixé par un texte). Le calendrier de vaccination et de vermifugation (premier âge, intervalles, rappels) est fixé par le vétérinaire en fonction de l'animal, de son mode de vie et du contexte sanitaire. Ce module ne donne volontairement aucun âge ni intervalle, sauf la règle européenne de la rage ci-dessous.

La règle européenne de la rage (règlement (UE) n° 576/2013)

Pour les mouvements non commerciaux de chiens, chats et furets (annexe I, partie A), l'annexe III fixe la validité de la vaccination antirabique :

  • administration par un vétérinaire habilité ;
  • animal âgé d'au moins douze semaines à la date de la vaccination ;
  • date d'administration non antérieure à celle de la pose du transpondeur ;
  • validité qui débute au plus tôt vingt et un jours après l'achèvement du protocole de primovaccination du fabricant.

En droit français, l'article R. 223-27 du code rural précise que, pour être reconnus valablement vaccinés contre la rage, les animaux doivent l'être dans les conditions de l'autorisation de mise sur le marché du vaccin, par un vétérinaire sanitaire. Les vaccinations et autres traitements prophylactiques sont inscrits au registre de suivi sanitaire (article 9, I, 2°).

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Le cadre sanitaire des établissements

Pension, refuge, élevage, animalerie, fourrière : l'arrêté du 19 juin 2025 (modifié le 6 novembre 2025) organise la surveillance sanitaire autour de cinq outils. Les registres sont détaillés au chapitre 1.1 ; on retient ici ce qui concerne la santé.

Outil Ce que dit le texte Référence
Vétérinaire sanitaire Désigné par le responsable ; il établit avec lui le règlement sanitaire. Au moins deux visites des locaux par an ; une seule visite pour les éleveurs de moins de dix chiens (ou chats) de plus de quatre mois, pour les établissements de garde commerciale de chiens ou de chats, et pour les associations sans refuge. R. 214-30 ; art. 5, I et III
Contrôle mensuel visuel Individuel pour les carnivores : parasitisme externe, problèmes locomoteurs, tout problème de santé. À l'introduction, contrôle physique individuel des chiens, chats et furets (identification, âge) et contrôle par lots pour les autres espèces. art. 11
Isolement Local séparé pour les animaux malades ou blessés ; animaux « soignés, le cas échéant, par un vétérinaire » ; isolement et justification notés au registre. art. 3, II, b ; art. 6, III ; art. 9
Registre de suivi sanitaire et de santé Vaccinations, traitements, ordonnances, symptômes, diagnostic, suspicion de maladie réglementée, vice rédhibitoire, comptes rendus de visite. Conservation trois ans à compter de la dernière inscription. Pour les espèces autres que chiens, chats et furets, informations synthétisables par lots. Surmortalité : causes étudiées et consignées, avec actions correctives validées par un vétérinaire. art. 9
Transmission au fichier national Pour les chiens, chats et furets, le suivi sanitaire est transmis au fichier national. Ce régime s'applique à partir du 1er janvier 2027 (article 34). art. 10 et 34

Les maladies surveillées chez chiens, chats et furets (article 10)

À partir du 1er janvier 2027, l'opérateur renseigne notamment le statut vaccinal antirabique et le statut vis-à-vis des maladies animales réglementées, ainsi que vis-à-vis des dix maladies suivantes : infection par le virus de la rage, brucellose canine, maladie d'Aujeszky, infection par le complexe Mycobacterium tuberculosis, échinococcose, dermatophytose (teigne), leptospirose, parvovirose canine, parvovirose féline (typhus) et leishmaniose. C'est un repère utile : ce sont les maladies que l'administration veut pouvoir suivre dans ces trois espèces.

Le personnel qui s'occupe des animaux est concerné : l'article 7 range dans le « personnel » les salariés, alternants, stagiaires, intérimaires et bénévoles, et impose une formation aux tâches confiées. Les salariés d'animalerie, de pension ou de toilettage relèvent, selon leur employeur, de la convention collective des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers (IDCC 1978).

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Zoonoses, rage et protection du personnel

Une zoonose est une maladie qui se transmet de l'animal à l'homme. Le code rural (article L. 201-1) range parmi les dangers zoosanitaires « les maladies d'origine animale qui sont transmissibles à l'homme ». L'Anses rappelle d'ailleurs que les parasites externes (tiques, puces, moustiques) « peuvent également être porteurs de maladies transmissibles à l'homme ».

Le cas de la rage

La rage figure dans la liste de l'article 10 et dans la réglementation sur les mouvements d'animaux. En cas de morsure ou de griffure, le code rural impose une surveillance, même sans suspicion de rage :

« Tout animal ayant mordu ou griffé une personne, même s'il n'est pas suspect de rage, est, si l'on peut s'en saisir sans l'abattre, soumis par son propriétaire ou détenteur et à ses frais à la surveillance du vétérinaire sanitaire. »

— code rural, article L. 223-10

L'article R. 223-25, 5°, qualifie d'« animal mordeur ou griffeur » tout animal sensible à la rage qui, en quelque lieu que ce soit, a mordu ou griffé une personne. Concrètement, le chat qui griffe un client d'une animalerie ou le chien qui mord un salarié d'une pension entre dans ce dispositif : son propriétaire ou détenteur doit le soumettre, à ses frais, à la surveillance du vétérinaire sanitaire.

Se protéger au quotidien

  • Règles d'hygiène du personnel et du public inscrites au règlement sanitaire (article 5, I, b).
  • Lave-mains alimenté en eau chaude et froide dans les locaux où l'on manipule les animaux (article 3, II, e) et tenues spécifiques propres (article 7, II).
  • Animaux manipulés « sans brutalité » (article 6, II) : une manipulation calme limite aussi les morsures et les griffures.
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Médicaments vétérinaires et sécurité

L'automédication de l'animal est tentante, mais l'Anses (Vigil'Anses n° 19) rappelle qu'administrer un médicament sans avis vétérinaire « peut conduire à de graves intoxications ». Trois principes :

  • Une autorisation de mise sur le marché (AMM) par espèce. Un médicament vétérinaire est autorisé pour une ou plusieurs espèces données : on respecte l'espèce indiquée sur la notice.
  • Notice et ordonnance à la lettre : dose, moment, nombre de prises, voie d'administration, contre-indications.
  • Un médicament destiné à l'homme ne se donne à un animal que sur prescription d'un vétérinaire, qui adapte la posologie.
Erreur à connaître Pourquoi c'est dangereux (Anses) Catégorie
Antiparasitaire à base de perméthrine (produit pour chien) sur un chat Le chat est incapable d'éliminer la molécule : tremblements, convulsions, ataxie, coma, parfois la mort ; quelques gouttes sur la peau ou léchées peuvent suffire avec les pipettes. Chat
Produit au fipronil (chien, chat) sur un lapin Perte d'appétit, léthargie, troubles digestifs et neurologiques (convulsions), parfois mortels. Autres
Paracétamol Le chat ne possède pas les enzymes qui le dégradent ; le chien et les nouveaux animaux de compagnie (lapins nains, furets, oiseaux) en ont peu : intoxication grave, voire mort. Chien Chat Autres
Anti-inflammatoires humains (ibuprofène, kétoprofène, aspirine, diclofénac) Troubles digestifs, rénaux et neurologiques pouvant aller jusqu'au coma et au décès. Chien Chat Autres
Vitamine D sans prescription Supplémentation rarement nécessaire ; un surdosage peut avoir des conséquences dramatiques. Chien Chat Autres
Où acheter un médicament vétérinaire ?

Chez les pharmaciens (tous les médicaments vétérinaires, ceux sur ordonnance exigeant la prescription d'un vétérinaire), chez les vétérinaires (pour les animaux qu'ils soignent) et, pour les antiparasitaires externes non soumis à prescription obligatoire, en grande surface, animalerie ou jardinerie.

Pharmacovigilance

Un effet indésirable consécutif à un médicament vétérinaire ou humain se déclare à l'ANMV (Agence nationale du médicament vétérinaire, au sein de l'Anses) ou au centre de pharmacovigilance de Lyon. Ces déclarations permettent de prendre des mesures de prévention.

Dans un foyer ou un établissement qui accueille plusieurs espèces, l'Anses recommande de tenir les animaux sensibles à l'écart des chiens ou chats traités jusqu'à ce que le site d'application soit sec, et de veiller à ce que chats ou lapins ne puissent pas lécher l'endroit traité. En cas d'exposition accidentelle, la conduite à tenir figure au chapitre 3.2.

Check-list de la ronde sanitaire

Chaque animal
  • Mange et boit-il comme d'habitude ?
  • Est-il vif, réactif, sociable avec son groupe ?
  • Pelage ou plumage, yeux, nez, respiration : rien d'inhabituel ?
  • Selles, urines, déplacements : normaux ?
Chaque mois, pour les carnivores
  • Contrôle visuel individuel (chiens, chats, furets).
  • Parasitisme externe, problèmes locomoteurs, autre problème de santé.
  • Résultat enregistré, mesures correctives si anomalie (article 11).
Animal suspect
  • Isolé dans le local dédié, soigné par un vétérinaire si besoin.
  • Retiré de la présentation au public et de la vente.
  • Inscrit au registre de suivi sanitaire.
Avant tout médicament
  • Produit destiné à cette espèce ?
  • Notice ou ordonnance lue et respectée ?
  • Médicament humain : prescription du vétérinaire ?
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Sources

  • Arrêté du 14 janvier 2022 relatif à la formation et à l'évaluation des connaissances des personnes exerçant des activités liées aux animaux de compagnie d'espèces domestiques, annexe I (domaine « santé animale ») — Légifrance
  • Arrêté du 19 juin 2025 fixant les règles sanitaires et de protection animale (articles 3, 5, 6, 7, 9, 10, 11 et 34), modifié par l'arrêté du 6 novembre 2025 — Légifrance
  • Code rural et de la pêche maritime, articles L. 201-1, L. 223-10, L. 243-1, R. 213-2, R. 214-30, R. 223-25 et R. 223-27 — Légifrance
  • Règlement (UE) n° 576/2013 du 12 juin 2013 relatif aux mouvements non commerciaux d'animaux de compagnie, annexes I et III — EUR-Lex
  • Anses, Vigil'Anses n° 19 (médicaments pour animaux de compagnie : éviter les accidents) ; « Ne traitez pas votre chat avec un antiparasitaire pour chien » (mise à jour du 05/05/2021) ; « Les produits contre les parasites avec du fipronil sont toxiques pour les lapins » — Anses

À retenir

  • Trois signes d'alerte : comportement alimentaire, vigilance, température ; chat adulte : 38,1 à 39,2 °C ; autres valeurs : le vétérinaire.
  • Quatre catégories de maladies : infectieuses, parasitaires, alimentaires, toxiques ; le jeune, l'introduction d'un animal et la collectivité sont des périodes de risque.
  • Animal suspect : isolé, retiré de la vente, vétérinaire prévenu, registre de suivi sanitaire à jour (trois ans de conservation).
  • Établissements : au moins deux visites par an du vétérinaire sanitaire (une seule dans certains cas) et contrôle mensuel individuel des chiens, chats et furets.
  • Rage : vaccin par un vétérinaire, douze semaines minimum, validité à partir de vingt et un jours après la primovaccination ; animal mordeur ou griffeur : surveillance par le vétérinaire sanitaire (L. 223-10).
  • Médicaments : AMM par espèce ; perméthrine du chien dangereuse pour le chat, fipronil pour le lapin ; médicament humain seulement sur prescription ; effet indésirable à déclarer à l'ANMV.

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