Indemnité de départ ou de mise à la retraite : simulateur

L'indemnité de départ à la retraite est la somme que l'employeur verse au salarié qui quitte l'entreprise pour toucher sa pension. Son montant dépend de qui prend l'initiative : départ volontaire du salarié (barème de 1/2 à 2 mois de salaire) ou mise à la retraite par l'employeur (au moins l'indemnité de licenciement).

Vous voulez le total de fin de contrat (congés payés, préavis, salaire du dernier mois) ? Utilisez le simulateur de solde de tout compte.

Votre situation

1. Qui décide du départ ?
2. Ancienneté et salaire
Ancienneté dans l'entreprise à la date de fin du contrat, c'est-à-dire à la fin du préavis.
Total brut des 12 derniers mois divisé par 12, primes comprises.
Une prime annuelle versée dans ces 3 mois ne compte que pour un quart (3/12).
3. Montants prévus par votre convention ou votre employeur (facultatif)
Montant calculé avec le barème de votre convention de branche pour ce type de départ.
Accord d'entreprise, contrat de travail ou somme négociée en plus.
4. Pour le régime social et fiscal de la mise à la retraite
Laissez vide : l'outil retient 12 fois le salaire moyen des 12 derniers mois.

Résultat

Renseignez l'ancienneté et le salaire pour obtenir le résultat.

Estimation indicative pour un salarié du secteur privé en CDI, selon le Code du travail et le BOSS, PASS 2026 de 48 060 € (en vigueur au 1er janvier 2026). Elle ne remplace ni la lecture de votre convention collective ni le bulletin de paie établi par l'employeur.

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Sommaire

Le barème légal du départ volontaire

Le salarié qui quitte volontairement l'entreprise pour bénéficier d'une pension de vieillesse a droit à une indemnité de départ à la retraite (article L1237-9 du Code du travail). Le minimum légal est fixé par paliers d'ancienneté par l'article D1237-1 :

Barème légal de l'indemnité de départ volontaire à la retraite
Ancienneté dans l'entrepriseIndemnité minimaleExemple pour 3 000 € brut par mois
Moins de 10 ansAucune indemnité légale0 €
10 ans à moins de 15 ans1/2 mois de salaire1 500 €
15 ans à moins de 20 ans1 mois de salaire3 000 €
20 ans à moins de 30 ans1 mois et demi de salaire4 500 €
30 ans et plus2 mois de salaire6 000 €

Le montant ne progresse pas année après année : il saute d'un palier à l'autre. Un salarié qui part avec 29 ans et 11 mois d'ancienneté perçoit un mois et demi de salaire, pas deux. C'est la raison pour laquelle la date de fin du préavis, qui arrête l'ancienneté, compte autant.

Le salaire retenu est, selon la formule la plus avantageuse pour le salarié, le douzième de la rémunération des 12 derniers mois ou le tiers des 3 derniers mois (article D1237-2). Dans ce second cas, une prime annuelle ou exceptionnelle versée pendant les 3 mois n'est prise en compte qu'à due proportion : une prime annuelle de 1 200 € compte pour 300 €.

L'indemnité est attribuée lorsque le salarié demande sa pension de retraite de base. Un salarié ne peut bénéficier que d'une seule indemnité de départ ou de mise à la retraite.

L'indemnité de mise à la retraite

Quand c'est l'employeur qui met fin au contrat, l'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement (article L1237-7). Le barème de l'article R1234-2 s'applique donc :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les années jusqu'à 10 ans ;
  • 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté à partir de 10 ans ;
  • une année incomplète est comptée au prorata des mois complets.
Comparaison départ volontaire et mise à la retraite pour 3 000 euros brut
AnciennetéDépart volontaireMise à la retraite
5 ans0 €3 750 €
10 ans1 500 €7 500 €
20 ans4 500 €17 500 €
30 ans6 000 €27 500 €
40 ans6 000 €37 500 €

Minimums légaux pour un salaire de référence de 3 000 € brut par mois. L'écart explique pourquoi la qualification de la rupture est souvent discutée.

Le salaire de référence est le plus avantageux entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois (article R1234-4). L'indemnité de licenciement est ouverte à partir de 8 mois d'ancienneté ininterrompue (article L1234-9, auquel renvoie L1237-7). Pour comparer avec une rupture conventionnelle ou un licenciement, le simulateur d'indemnité de licenciement applique le même barème.

Montant conventionnel : le plus favorable s'applique

Les montants légaux sont des planchers. Une convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail peut prévoir davantage, et c'est alors le montant le plus élevé qui est dû. Beaucoup de conventions améliorent le départ volontaire, parfois dès 5 ans d'ancienneté, quand la loi n'ouvre rien avant 10 ans.

Pour la mise à la retraite, une convention peut prévoir une indemnité spécifique : elle ne s'applique que si elle dépasse l'indemnité légale de licenciement. L'outil compare automatiquement le montant légal et le montant conventionnel saisi, et retient le plus élevé. Le barème de votre branche figure sur sa page convention collective.

Pourquoi deux champs ? Pour l'impôt et les cotisations d'une mise à la retraite, seule compte l'indemnité prévue par la convention de branche, un accord professionnel ou interprofessionnel, ou la loi. Une somme prévue par un accord d'entreprise ou négociée en plus se saisit dans le second champ : elle est due, mais elle ne relève pas les plafonds d'exonération.

Le préavis de départ à la retraite

Le préavis est celui du licenciement, quel que soit l'auteur de la décision (articles L1237-6 et L1237-10, qui renvoient à l'article L1234-1) :

Durée du préavis de départ ou de mise à la retraite
AnciennetéPréavis légal
Moins de 6 moisDurée fixée par la convention, un accord collectif, le contrat ou les usages
6 mois à moins de 2 ans1 mois
2 ans et plus2 mois

Ces durées s'appliquent sauf disposition plus favorable de la convention, d'un accord, du contrat ou des usages. En cas de mise à la retraite d'un travailleur handicapé, le préavis légal est doublé, sans dépasser 3 mois sauf convention ou usage prévoyant 3 mois ou plus. Le calculateur de préavis donne la date de fin selon la date de notification.

Impôt, cotisations et CSG : deux régimes opposés

Régime social et fiscal des indemnités de départ et de mise à la retraite en 2026
Départ volontaire (hors PSE)Mise à la retraite
Impôt sur le revenuImposable en totalitéExonéré à hauteur du plus élevé : montant légal ou conventionnel de branche, ou 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente ou 50 % de l'indemnité, ces deux limites étant plafonnées à 5 PASS (240 300 €)
Cotisations de sécurité socialeSoumis en totalitéExonéré à hauteur de la part non imposable, dans la limite de 2 PASS (96 120 €) ; tout est soumis au-delà de 10 PASS (480 600 €)
CSG et CRDSSoumis en totalitéExonéré dans la limite du plus petit montant entre l'indemnité légale ou conventionnelle et la part exonérée de cotisations ; l'excédent est soumis sans abattement pour frais
À la charge de l'employeurCotisations patronales habituellesContribution patronale spécifique de 40 % sur la part exonérée de cotisations ; pas de forfait social

La contribution patronale spécifique est passée à 40 % pour les ruptures dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). Le CDI « de valorisation de l'expérience », créé à titre expérimental, en exonère l'employeur pour les mises à la retraite intervenant jusqu'au 31 décembre 2028.

Un départ volontaire décidé dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi suit le régime des indemnités de licenciement versées dans un PSE : l'outil ne le calcule pas. Hors PSE, un départ proposé par l'employeur pour motif économique reste soumis aux cotisations, à la CSG et à la CRDS. Pour passer d'un montant brut au net de cotisations, voir la calculatrice brut net.

Mise à la retraite : à quel âge et comment ?

L'employeur ne peut pas rompre le contrat en raison de l'âge quand il le souhaite (article L1237-5) :

  • Avant l'âge du taux plein automatique (67 ans) : pas de mise à la retraite, sauf dispositifs de préretraite anciens énumérés par l'article L1237-5 et CDI « de valorisation de l'expérience », qui la permet dès que le salarié peut obtenir une retraite à taux plein.
  • De 67 à 69 ans : l'employeur interroge le salarié par écrit 3 mois avant son anniversaire ; le salarié a 1 mois pour répondre (article D1237-2-1). En cas de refus, ou si l'employeur n'a pas respecté cette procédure, pas de mise à la retraite pendant l'année qui suit. La question peut être reposée chaque année jusqu'au 69e anniversaire.
  • À partir de 70 ans : la mise à la retraite est possible sans l'accord du salarié.

Le salarié protégé ne peut être mis à la retraite qu'avec l'autorisation de l'inspection du travail. Si les conditions ne sont pas réunies, la rupture constitue un licenciement (article L1237-8). Pour connaître son propre âge de départ, voir le simulateur d'âge légal de départ à la retraite.

Ce que l'outil ne calcule pas

  • Les carrières mêlant temps plein et temps partiel : l'indemnité est alors calculée proportionnellement aux périodes d'emploi à temps plein et à temps partiel.
  • Le net perçu : l'outil indique les parts soumises à l'impôt, aux cotisations et à la CSG-CRDS, pas le montant des prélèvements, qui dépend des taux applicables au salarié.
  • Le départ volontaire dans un PSE et les indemnités transactionnelles, qui s'additionnent à l'indemnité pour apprécier les plafonds.
  • L'affectation de l'indemnité à un temps partiel de fin de carrière, possible si un accord le prévoit (article L1237-9).

Le reste du solde de tout compte (indemnité compensatrice de congés payés, de préavis, contrepartie d'une clause de non-concurrence) s'ajoute à l'indemnité. Pour préparer la suite, le simulateur de retraite estime la pension et le simulateur de retraite progressive chiffre un passage à temps partiel avant le départ.

Questions fréquentes

En cas de départ volontaire, le Code du travail (article D1237-1) fixe un minimum par paliers d'ancienneté : un demi-mois de salaire après 10 ans, un mois après 15 ans, un mois et demi après 20 ans et deux mois après 30 ans. Le salaire retenu est le plus avantageux entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois (article D1237-2). Si la convention collective, un accord ou le contrat prévoit un montant supérieur, c'est ce montant qui est dû.

Pour un départ volontaire, l'indemnité légale n'est due qu'à partir de 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise : en dessous, seule une convention collective ou le contrat peut en prévoir une. Pour une mise à la retraite, l'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement (article L1237-7), qui renvoie à l'article L1234-9 : 8 mois d'ancienneté ininterrompue.

Le départ volontaire est décidé par le salarié qui demande sa pension : l'indemnité suit le barème de D1237-1 et elle est imposable et soumise à cotisations. La mise à la retraite est décidée par l'employeur, dans des conditions d'âge strictes : l'indemnité est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà) et elle bénéficie d'exonérations partielles. Un salarié ne peut recevoir qu'une seule de ces deux indemnités.

Oui, en cas de départ volontaire hors plan de sauvegarde de l'emploi : elle est imposable et soumise en totalité aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS, comme un salaire. L'indemnité de mise à la retraite est exonérée d'impôt dans certaines limites (montant légal ou conventionnel, ou deux fois la rémunération annuelle brute ou la moitié de l'indemnité, ces deux dernières limites étant plafonnées à 5 PASS), et de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS, soit 96 120 € en 2026.

Le préavis est celui du licenciement, aussi bien pour un départ volontaire (article L1237-10) que pour une mise à la retraite (article L1237-6) : un mois entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, deux mois à partir de 2 ans. Sous 6 mois, la durée est fixée par la convention collective ou les usages. Une convention ou le contrat peut prévoir une durée différente plus favorable au salarié. En cas de mise à la retraite d'un travailleur handicapé, le préavis légal est doublé dans la limite de 3 mois.

Sans l'accord du salarié, à partir de 70 ans. Avant, à partir de l'âge du taux plein automatique (67 ans), l'employeur doit interroger le salarié par écrit 3 mois avant son anniversaire ; le salarié a un mois pour répondre. S'il refuse, l'employeur ne peut pas le mettre à la retraite pendant l'année qui suit, et peut renouveler la question chaque année jusqu'au 69e anniversaire. Si ces conditions ne sont pas réunies, la rupture est un licenciement (article L1237-8).