Module 1 / 4 · Sommaire complet de la formation
1.2 Codes-barres, GTIN, SSCC et terminaux : la donnée au cœur de l'entrepôt
Dans un entrepôt, chaque mouvement physique doit se retrouver à l'identique dans le système d'information. Pour que les deux restent d'accord, tout produit et toute palette portent un code que l'on lit, que l'on scanne et que l'on valide. Ce chapitre explique ces codes et les outils qui les lisent.
GTIN et SSCC : ne pas les confondre
GTIN-13 : le code d'un produit
- Code international de numérotation des articles, à 13 chiffres
- Anciennement nommé EAN, GENCOD ou UPC
- Il dit ce qu'est l'article, pas de quelle palette il vient
SSCC : le code d'une unité logistique
- Code à 18 chiffres qui identifie chaque palette, contenant ou colis de façon unique
- Il dit quelle unité précise circule dans l'entrepôt
- Il suit la palette de la réception à l'expédition
Deux flux à garder alignés : la marchandise et l'information
Le référentiel de l'agent magasinier le formule ainsi : tout au long de son activité, il consulte, saisit et enregistre les données correspondant aux opérations, sur un poste fixe ou un terminal portable, et veille à la concordance entre les flux physiques et les flux d'informations. Un produit reçu mais non enregistré n'existe pas pour le système ; un produit enregistré mais mal rangé est introuvable. Dans les deux cas, la commande suivante risque de partir incomplète.
Les critères de performance des référentiels le rappellent à chaque compétence : « les données enregistrées dans le système d'information correspondent à la réception réalisée », « au rangement effectué », « à la commande préparée ». Autrement dit, saisir juste fait partie du geste professionnel, au même titre que soulever ou conduire correctement.
Les mouvements à enregistrer reviennent dans chaque étape de la formation : l'arrivée d'une livraison (module 2), le rangement à une adresse (module 2), le prélèvement d'une commande (module 3), l'expédition (module 3), le comptage d'un inventaire (module 4).
Article, conditionnement, unité de manutention : les mots à connaître
Le glossaire des référentiels définit des termes que l'on entend dès le premier jour. Les retenir évite des malentendus avec les collègues et avec le système :
| Terme | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| Article | La plus petite entité physique entreposée : il définit la taille, le volume, la couleur, le conditionnement, tout ce qui différencie deux objets l'un de l'autre. |
| Conditionnement | Le regroupement d'articles par unité homogène : carton, box, palette. |
| Palette | Support, généralement en bois, de dimensions standardisées, sur lequel on place les produits pour faciliter leur déplacement et leur stockage. |
| Couche-palette | Unité d'expédition constituée d'une ou plusieurs couches complètes d'un même produit. |
| Codification | Action d'associer un code à chacun des articles d'un stock ; sa lecture donne les caractéristiques de l'article. |
| Adresse | Localisation d'un emplacement de stockage par un code généralement composé de chiffres et de lettres (voir chapitre 2.3). |
Le référentiel distingue aussi les unités de gestion, de vente, d'achat, de conditionnement et de facturation : un même article peut être acheté en palette, stocké en cartons et vendu à l'unité. Savoir dans quelle unité on compte est le premier réflexe avant toute saisie.
Le GTIN-13 : l'identité d'un produit
Le GTIN (Global Trade Item Number) est le code international de numérotation des articles. Dans sa version à 13 chiffres, il se nomme aussi GTIN-13 ; il s'appelait autrefois EAN, GENCOD ou UPC. C'est lui qui se cache derrière le code-barres imprimé sur la plupart des emballages de produits de consommation.
Il est géré par GS1 (Global Standards 1), une organisation internationale créée par les entreprises pour faciliter et automatiser les échanges commerciaux grâce à un système d'identification unique des produits, des unités logistiques, des lieux, des entités et des équipements, tout au long de leur cycle de vie.
Pour vous, la règle pratique est simple : deux articles différents ont deux GTIN différents. Si le scan d'un produit ne correspond pas à la référence attendue sur le terminal, ce n'est pas le bon produit, même si l'emballage ressemble à celui que vous cherchez. Le référentiel demande d'ailleurs de « vérifier la concordance entre les références des produits à prélever et celles indiquées sur les documents ou les terminaux ».
Le SSCC : l'identité d'une palette ou d'un colis
Le SSCC (Serial Shipping Container Code) est un code international à 18 chiffres qui permet d'identifier chaque palette, contenant ou colis de marchandises de façon unique. Là où le GTIN décrit un type de produit, le SSCC décrit une unité logistique précise : cette palette-là, avec ce contenu-là, parvenue à cette date-là.
C'est le code que l'on scanne à la réception pour enregistrer l'arrivée d'une palette, puis pour la ranger à son adresse, la retrouver en préparation de commandes et la valider à l'expédition. Les référentiels demandent de « reconnaître les codes d'identification des produits (GTIN-13) et des unités logistiques (SSCC), et leurs codes-barres associés ».
Exemple fictif : la même référence sur deux palettes
Deux palettes contiennent le même article (donc le même GTIN-13) mais ont été livrées à deux dates différentes : elles portent deux SSCC différents. Si une palette est endommagée, le SSCC permet de savoir exactement laquelle, sans toucher à l'autre.
Les terminaux : scanner, saisir, valider
Le glossaire du référentiel décrit les outils que l'on utilise pour lire les codes et dialoguer avec le système de gestion de l'entrepôt :
Terminal portable
Appareil adapté au travail en entrepôt, relié par WiFi au logiciel de gestion, avec lecteur laser de codes-barres, écran et clavier alphanumérique. Il reçoit les consignes de prélèvement, de stockage, de transfert ou d'expédition et permet de valider les opérations en temps réel.
Terminal embarqué
Poste informatique (écran et clavier) installé au poste de conduite d'un chariot, avec les mêmes fonctions : lire les codes-barres des produits, des unités de manutention et des emplacements, saisir les quantités, valider.
Le référentiel du préparateur de commandes cite aussi, parmi les outils possibles, le poste fixe, le terminal portable pouvant être mains libres et à guidage vocal, et le terminal équipé d'un système de reconnaissance vocale. Les entreprises choisissent leurs outils ; les gestes à retenir sont les mêmes partout : lire, vérifier, valider.
Quand le système ne répond plus : la procédure en mode dégradé
Un terminal peut tomber en panne, le réseau WiFi peut s'interrompre, le logiciel peut se bloquer. Le référentiel du préparateur de commandes prévoit explicitement cette situation : il demande de « respecter les différentes étapes d'une procédure en mode dégradé en cas de défaillance du système d'information ».
Cette procédure est définie par l'entreprise : elle indique ce qu'on fait sans le terminal (par exemple travailler avec des documents imprimés), comment on note les mouvements pour les saisir plus tard et qui on prévient. Ne l'improvisez pas : renseignez-vous dès l'arrivée sur le poste.
Le même référentiel demande d'appliquer les consignes liées à la sécurité des systèmes d'information de l'entreprise : ne pas partager son identifiant, ne pas laisser un terminal ouvert, signaler un comportement anormal.
Bien saisir : une erreur de donnée est une erreur de stock
Le moment de la saisie est celui où se jouent la plupart des écarts de stock que le module 4 apprend à chercher. Quelques réflexes simples limitent les erreurs :
- Lire l'écran avant de valider : référence, quantité, adresse, unité.
- Ne pas valider par anticipation un mouvement que l'on n'a pas encore fait, ni après coup de mémoire.
- Signaler une anomalie (code illisible, produit sans étiquette, quantité différente) au lieu de la corriger seul : les référentiels demandent de « signaler les anomalies rencontrées » et de « proposer des solutions ».
- Rendre compte de son activité à la hiérarchie dans les formes prévues par l'entreprise.
Exemple fictif : une quantité mal saisie
Une livraison de 48 cartons est enregistrée comme 84. Le système affiche alors 36 cartons de plus qu'il n'y en a en réalité : la première commande qui les demande partira incomplète, et l'écart n'apparaîtra qu'à l'inventaire. Une relecture de deux secondes avant de valider l'évite.
Trois situations de lecture de code à analyser
Réfléchissez d'abord, puis ouvrez la réponse.
Situation 1. Une étiquette de palette porte un code de 18 chiffres. De quel code s'agit-il et que permet-il ?
Situation 2. Le terminal attend la référence d'un article, mais le code scanné affiche une autre référence. Que faites-vous ?
Situation 3. Une livraison arrive sans aucune étiquette lisible sur une palette. Que faites-vous ?
Le réflexe en quatre temps devant un terminal
Lire
Scanner le code de l'emplacement, du produit ou de la palette.
Vérifier
Comparer la référence, la quantité et l'unité affichées avec ce que vous avez devant vous.
Valider
Confirmer seulement quand le geste physique est réalisé.
Signaler
En cas d'écart ou de code illisible, prévenir le responsable plutôt que corriger seul.
Sources
- Ministère chargé de l'emploi, référentiel emploi activités compétences (REAC) du titre professionnel « Agent magasinier », TP-00472, millésime 10 (09/12/2024) — travail-emploi.gouv.fr
- Ministère chargé de l'emploi, REAC du titre professionnel « Préparateur de commandes en entrepôt », TP-00468, millésime 07 (24/03/2025) — travail-emploi.gouv.fr, glossaire technique (GTIN-13, SSCC, GS1, terminaux)
À retenir
- Les flux physiques et les flux d'informations doivent rester concordants : saisir juste fait partie du métier.
- Le GTIN-13 (13 chiffres) identifie un article ; le SSCC (18 chiffres) identifie de façon unique une palette, un contenant ou un colis.
- GS1 est l'organisation internationale qui définit ces codes d'identification.
- Un terminal portable ou embarqué, relié au système de gestion de l'entrepôt, sert à lire les codes, saisir les quantités et valider les opérations.
- En cas de panne du système, on suit la procédure en mode dégradé de l'entreprise, sans improviser.
- Une anomalie (code illisible, quantité différente) se signale ; on ne la corrige pas seul.
Ressources liées
Sommaire de la formation
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