Convention Collective des Opérateurs de Voyages et des Guides 2026 : Grille de Salaires, Guides en CDD d'Usage et Droits

Mise à jour : 29/09/2026 Convention collective IDCC 3245

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 3245. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Conseiller voyages en agence, forfaitiste, agent de réservation, chef de produit chez un tour-opérateur, guide-accompagnateur, guide-conférencier : depuis 2022, tous relèvent de la convention collective nationale des opérateurs de voyages et des guides du 19 avril 2022, étendue par arrêté du 22 septembre 2023. Elle porte le numéro IDCC 3245 et remplace notamment l'ancienne convention des agences de voyages, l'IDCC 1710, que beaucoup de bulletins de paie affichent encore.

Cette convention a une particularité rare : elle réunit dans un même texte deux populations aux conditions de travail très différentes. Le personnel sédentaire des agences et des plateaux de réservation, en CDI pour l'essentiel, et le personnel guides et accompagnateurs, qui travaille le plus souvent mission par mission, en CDD d'usage. Les règles de nuit, de dimanche, d'ancienneté ou de fin de contrat ne sont pas les mêmes pour les uns et les autres, et c'est la première chose à vérifier avant de lire une grille.

Vous trouverez ici la grille des sept groupes de l'accord de 2025, dont le groupe A est passé sous le SMIC le 1er juin 2026, la prime d'ancienneté qui monte jusqu'à 20 % du minimum, les deux manières de respecter le salaire minimum que le texte laisse à l'employeur, le régime complet des guides en CDD d'usage (prime de fin de contrat, indemnité d'annulation de mission, majoration à l'étranger), les règles de rupture et un point de vigilance sur deux congés familiaux où la convention est passée sous la loi. Ce que nous n'avons pas pu vérifier figure en clair dans une section dédiée.

Étape 0 : votre employeur relève-t-il de l'IDCC 3245 ?

L'article 1er vise les « opérateurs de voyages » : les personnes physiques ou morales qui élaborent et vendent les voyages et séjours définis aux articles L. 211-1 et L. 211-2 du code du tourisme, à condition d'être immatriculées au registre des opérateurs de voyages et de séjours. Deux codes NAF sont cités : 79.11Z (agences de voyages) et 79.12Z (voyagistes). Les salariés employés en France comme ceux en mission à l'étranger sont couverts.

Le personnel sédentaire Tous les salariés qui ne sont pas guides : conseillers voyages, forfaitistes, agents de billetterie, chargés de documents de voyage, responsables d'agence, chefs de produit, fonctions support. Ils suivent les règles générales de la convention.
Le personnel guides et accompagnateurs Ceux qui exercent de façon suivie, comme activité principale, la profession de guide-accompagnateur, d'accompagnateur, de guide-interprète auxiliaire ou de guide-conférencier. Plusieurs articles ne visent que cette catégorie.
Office de tourisme : autre convention Les offices de tourisme et les organismes institutionnels du tourisme relèvent de la convention des organismes de tourisme (IDCC 1909), dont l'article 1er exclut expressément les agences de voyages.
Autocaristes, hôtels, campings : hors champ Le texte ne vise que les opérateurs immatriculés. Le transport de voyageurs relève des transports routiers, l'hébergement des hôtels, cafés et restaurants ou de l'hôtellerie de plein air, selon l'activité principale de l'employeur.

Le code NAF n'est qu'un indice

Une entreprise codée 79.11Z qui ne vend pas de voyages, ou un hôtel qui commercialise quelques séjours, ne bascule pas automatiquement dans l'IDCC 3245 : c'est l'activité principale réelle qui compte, avec l'immatriculation au registre des opérateurs de voyages. La mention obligatoire du bulletin de paie (article R. 3243-1 du code du travail) reste le réflexe fiable.

Numéro, extension et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 3245. Les anciennes conventions ont leur fiche historique : IDCC 1710, IDCC 412 et IDCC 349.

1. Trois conventions devenues une : agences, guides accompagnateurs, guides interprètes

Jusqu'en 2017, le secteur du voyage comptait trois textes : une convention nationale pour le personnel des agences de voyages et de tourisme, une autre pour les guides accompagnateurs, et une convention régionale pour les guides interprètes de la région parisienne. La restructuration des branches les a d'abord réunies sous un champ commun, par deux arrêtés ministériels. Les partenaires sociaux ont ensuite négocié un texte entièrement nouveau, qui ne se contente pas de juxtaposer les anciens : il crée une classification unique et fixe des règles propres aux guides.

  • 5 janvier 2017 — arrêté fusionnant le champ de la convention régionale des guides interprètes de la région parisienne (IDCC 349, 21 juin 1962) avec celui des agences de voyages.
  • 23 janvier 2019 — même opération pour la convention des guides accompagnateurs et accompagnateurs (IDCC 412, 10 mars 1966).
  • 19 avril 2022 — signature de la convention des opérateurs de voyages et des guides par Les Entreprises du voyage (EDV) et le SETO côté employeurs, par la CFDT, FO, la CFTC et la CFE-CGC côté salariés.
  • 13 mai 2022 — entrée en vigueur pour les entreprises adhérentes aux organisations signataires.
  • 22 septembre 2023 — étendue par arrêté publié au Journal officiel du 14 octobre 2023 : elle s'impose désormais à toutes les entreprises du champ. L'article 42 est exclu, ainsi que quelques passages d'autres articles.
  • 1er janvier 2025 — grille de l'accord du 31 janvier 2025, étendue le 9 avril 2025, toujours en vigueur au 29 septembre 2026.
  • 1er juillet 2026 — extension de l'avenant n° 7, qui renomme les minima « salaires minima hiérarchiques » et réécrit le maintien des congés pendant la maladie.

Source : préambule du texte de base de la convention ; intitulés des conteneurs Légifrance de l'IDCC 1710, de l'IDCC 412 et de l'IDCC 349, tous trois « remplacés » par l'IDCC 3245.

2. Grille des salaires étendue : sept groupes, et un bas de grille rattrapé par le SMIC

La convention fixe un salaire minimum hiérarchique par groupe, le même pour toutes les fonctions classées dans ce groupe. La grille en vigueur est celle de l'accord du 31 janvier 2025, applicable depuis le 1er janvier 2025. Elle avait été construite pour que le groupe A dépasse d'au moins 1 % le SMIC de l'époque, et l'accord prévoyait une renégociation à chaque hausse du SMIC. Au 29 septembre 2026, aucun nouvel accord de salaires n'a été publié : la revalorisation du SMIC du 1er juin 2026 a donc fait passer le groupe A sous le minimum légal.

1 819,82 €
groupe A, sous le SMIC
3 075,50 €
groupe G, cadre
+ 3,75 €
marge du groupe B sur le SMIC
jusqu'à 20 %
prime d'ancienneté

Salaires minima hiérarchiques — mensuel brut, 151,67 heures

La ligne du groupe A est barrée : son minimum est inférieur au SMIC mensuel de 1 867,02 €, qui s'y substitue de plein droit. La dernière colonne mesure l'écart au SMIC, groupe par groupe.

GroupeCatégorieMinimum mensuelÉcart au SMICÉcart avec le groupe précédent
AEmployé (moins d'un an d'ancienneté)1 819,82 €
1 867,02 €*
− 47,20 €—
BEmployé1 870,77 €+ 3,75 €+ 2,8 %
CTechnicien, agent de maîtrise1 936,25 €+ 69,23 €+ 3,5 %
DTechnicien, agent de maîtrise1 998,21 €+ 131,19 €+ 3,2 %
ETechnicien, agent de maîtrise2 162,07 €+ 295,05 €+ 8,2 %
FCadre2 520,97 €+ 653,95 €+ 16,6 %
GCadre3 075,50 €+ 1 208,48 €+ 22 %

Source : accord du 31 janvier 2025 relatif aux salaires minima hiérarchiques, signé par le SETO, Les Entreprises du voyage, la CFTC, la CFE-CGC et le SNEPAT FO, étendu par arrêté du 9 avril 2025 (JORF du 24 avril 2025), effet au 1er janvier 2025 ; grille lue deux fois sur Légifrance le 29 septembre 2026. Les écarts entre groupes sont ceux publiés par l'accord ; les écarts au SMIC sont calculés par nos soins. L'accord ne publie pas de taux horaires. * Groupe A : minimum inférieur au SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (12,31 €/h, 1 867,02 €/mois) — c'est le SMIC qui est dû.

Minimum mensuel de chaque groupe (barres) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne). La barre du groupe A passe sous la ligne, celle du groupe B l'effleure.

Le groupe A ne dure qu'un an

La convention réserve le groupe A aux salariés de moins d'un an d'ancienneté dans l'entreprise (article 11.1.5). Un conseiller embauché au premier niveau passe donc au groupe B au bout d'un an, sans avoir à le demander. Ce mécanisme limite la portée du décrochage du groupe A, mais il ne dispense pas l'employeur de verser le SMIC pendant cette première année.

Une négociation attendue, pas encore signée

L'article 12.3.1 engage la branche à maintenir le minimum du groupe A au-dessus du SMIC et à ouvrir une négociation dans les 30 jours suivant chaque revalorisation. Au 29 septembre 2026, aucun accord de salaires 2026 n'apparaît sur Légifrance, ni étendu ni seulement signé. Cette page sera mise à jour dès qu'un texte sera publié.

3. Deux façons de respecter le minimum, et une prime d'ancienneté qui s'y ajoute

C'est l'originalité la plus méconnue de cette convention. L'article 12.3.1, réécrit par l'avenant n° 7, laisse à chaque entreprise le choix entre deux manières de vérifier que le salarié est payé au moins au minimum. Le choix se fait chaque année, au plus tard le 31 janvier, après consultation du CSE. Sans décision, c'est la première option qui s'applique.

Option 1 — le contrôle mensuel (par défaut)

Le salaire mensuel de base doit être au moins égal au minimum du groupe, chaque mois. C'est le contrôle classique.

Option 2 — le contrôle annuel à + 10 %

La rémunération annuelle réelle doit atteindre au moins 12 fois le minimum du groupe, majoré de 10 %. Ne comptent pas : la prime d'ancienneté, les avantages en nature, l'intéressement et la participation, les heures supplémentaires et l'indemnité compensatrice de congés payés versée au départ.

Exemple chiffré

Pour un technicien du groupe C, l'option 1 impose au moins 1 936,25 € chaque mois. L'option 2 impose au moins 1 936,25 € × 12 × 1,10 = 25 558,50 € sur l'année, primes variables comprises mais hors prime d'ancienneté. L'option 2 est plus exigeante sur le total, en échange d'une souplesse sur la répartition. Dans les deux cas, le SMIC reste dû chaque mois.

La prime d'ancienneté : de 3 % à 20 % du minimum

L'article 12.3.2 accorde aux salariés des groupes A à G une prime égale à 3 % du minimum de leur groupe après 3 ans d'ancienneté, augmentée de 1 % par année supplémentaire, la progression s'arrêtant à 20 ans d'ancienneté. La prime culmine donc à 20 % du minimum, calcul fait par nos soins. Elle se calcule sur le minimum du groupe, pas sur le salaire réel, au prorata pour un temps partiel. Pour les guides en CDD qui n'en bénéficiaient pas auparavant, la première prime n'est acquise que trois ans après l'entrée en vigueur du texte, sans effet rétroactif.

AnciennetéTauxGroupe C (1 936,25 €)Groupe F (2 520,97 €)
Moins de 3 ans0 %——
3 ans3 %58,09 €75,63 €
5 ans5 %96,81 €126,05 €
10 ans10 %193,63 €252,10 €
15 ans15 %290,44 €378,15 €
20 ans et plus20 %387,25 €504,19 €

Source : article 12.3.2 (relu le 29/09/2026) et article 12.3.1 de la convention, dans la rédaction de l'avenant n° 7. Montants mensuels calculés par nos soins.

Pas de 13e mois obligatoire

L'article 12.4.1 se borne à indiquer que les entreprises « s'efforcent » d'accorder une gratification annuelle (prime de bilan, 13e mois ou autre) aux salariés qui ont 6 mois d'ancienneté. C'est une incitation, pas une obligation. La prime de langue, elle, relève désormais de l'accord d'entreprise ; à défaut, seuls ceux qui la percevaient avant le 10 décembre 2013 la conservent. Nous n'avons trouvé ni prime de vacances, ni éductour obligatoire, ni panier dans le texte.

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4. Simulateur : votre minimum et votre prime d'ancienneté

Indiquez votre groupe et votre ancienneté : le simulateur applique la grille de l'accord du 31 janvier 2025, place le SMIC en plancher quand le minimum est passé dessous, ajoute la prime d'ancienneté et, si votre entreprise a retenu le contrôle annuel, calcule le seuil de l'option 2.

Minimum conventionnel — accord du 31/01/2025, en vigueur au 29/09/2026

Saisissez votre salaire hors prime d'ancienneté : la prime s'ajoute au minimum, elle ne sert pas à l'atteindre.

Minimum mensuel + prime d'ancienneté
—

Constantes du 29/09/2026 : grille de l'accord du 31/01/2025 (étendu le 09/04/2025) ; prime d'ancienneté art. 12.3.2 ; SMIC 12,31 €/h et 1 867,02 €/mois depuis le 01/06/2026 ; net estimé avec un coefficient de 0,78. Résultat indicatif.

5. Classification : sept groupes et trois critères

La convention classe les emplois en sept groupes : A et B pour les employés, C, D et E pour les techniciens et agents de maîtrise, F et G pour les cadres. Les cadres dirigeants et les contrats en alternance sont « hors grille ». Le classement repose sur trois critères — responsabilité, autonomie, technicité — appréciés sur le contenu réel de l'emploi. L'annexe 2 propose une liste d'emplois types répartis en familles (tourisme et affaires, agences, plateaux, réceptif, production, fonctions support, guides), mais le texte précise qu'elle n'« établit qu'une proposition ».

Employés — A, B

Essai de 2 mois renouvelable 1 mois, préavis de 1 mois (2 mois en cas de licenciement après 2 ans). Le groupe A est limité à la première année.

Techniciens, maîtrise — C, D, E

Essai de 3 mois renouvelable 2 mois. Préavis de 2 mois pour C et D, de 3 mois pour E. C'est entre D et E que la grille fait son premier vrai saut (+ 8,2 %).

Cadres — F, G

Essai de 4 mois renouvelable 3 mois, préavis de 3 mois, forfait jours possible à 216 jours avec un minimum majoré de 15 %.

Parmi les emplois types que cite l'annexe figurent le conseiller voyages et le conseiller voyages expérimenté, le forfaitiste et le forfaitiste expérimenté, le conseiller billetterie, le chargé de documents de voyage, le responsable de secteur, le responsable d'agence, l'animateur-coordinateur de réseau, le directeur régional, le chef de produit, et côté terrain le guide-conférencier, le guide-accompagnateur et l'accompagnateur. Nous ne publions pas le groupe de chacun : les deux lectures du tableau de l'annexe ont donné des résultats différents. En cas de doute, c'est le contenu réel du poste, confronté aux trois critères, qui tranche.

Source : articles 11.1 et suivants et annexe 2 de la convention, modifiée par l'avenant n° 2 du 22 février 2023.

6. Guides et accompagnateurs en CDD d'usage : le régime propre au terrain

Pour les métiers du guidage et de l'accompagnement, la convention reconnaît l'usage constant de ne pas recourir au CDI (article 22.1.1). Ce recours ne repose pas sur la liste réglementaire de l'article D. 1242-1 du code du travail, où le secteur du voyage ne figure pas, mais sur la convention étendue elle-même, comme le permet l'article L. 1242-2. Il est réservé à une liste fermée d'emplois, et l'employeur doit pouvoir prouver le caractère temporaire de chaque mission.

Les six emplois ouverts au CDD d'usage

Guide-accompagnateur, guide-interprète, guide-conférencier, agent d'accueil, hôte ou hôtesse d'accueil, agent de transfert (article 22.1.2). Un conseiller voyages ou un forfaitiste ne peut pas être embauché ainsi.

Le contrat

Écrit et remis dans les 2 jours, pour un engagement d'au moins 3 heures, avec des mentions obligatoires fixées par l'article 22.4. Un guide ne peut être chargé de plus d'un autocar.

Ce que perçoit le guide en plus de son salaire

ÉlémentRègleArticle
Prime de fin de CDD d'usage10 % de la rémunération totale brute du contrat. La prime de précarité légale ne s'applique pas aux contrats d'usage (article L. 1243-10) : c'est la convention qui la crée22.6.2
Journées à l'étranger+ 10 % ; si les deux tiers du parcours se déroulent à l'étranger, la majoration porte sur tout le voyage12.6.1
Repas non fourniIndemnité de repas, fixée à 20 € à la signature de la convention en 2022 et revalorisée en négociation de branche12.6.3
Frais de missionDéplacement, repas, hébergement et frais de route justifiés, remboursés selon les modalités de l'entreprise12.6.2
Indemnité de fin de carrièreAu-delà de 10 ans d'ancienneté, si l'employeur cesse de fournir du travail plus de 30 jours dans l'année : 10 % du salaire mensuel moyen des 24 derniers mois par année (10 premières), 15 % au-delà, plafond 4 mois22.6.3
FormationAbondement du CPF jusqu'à 150 € par action entre 5 et 10 ans d'ancienneté, 300 € au-delà22.7.1

Le guide n'a pas le droit de solliciter de pourboire ni de commission auprès des clients ; une commission peut seulement être convenue de gré à gré sur la vente de coupons d'excursion pour le compte de l'employeur (article 12.6.4).

L'annulation d'une mission

C'est la protection la plus concrète du texte pour les guides : une mission annulée au dernier moment coûte à l'entreprise. Chaque partie doit respecter un délai de prévenance proportionné à la durée de la mission.

Durée de la missionPrévenance due par l'entreprisePrévenance due par le guide
24 heures ou moins12 heures24 heures
Plus de 24 heures, jusqu'à 5 jours48 heures4 jours
Plus de 5 jours, jusqu'à 8 jours3 jours6 jours
Plus de 8 jours7 jours14 jours

Exemple chiffré

Un circuit de 10 jours est annulé par l'agence 3 jours avant le départ, alors que le délai était de 7 jours. Elle doit au guide 50 % du salaire des journées manquantes, dans la limite de 4 jours : pour un salaire journalier de 150 €, l'indemnité plafonne à 4 × 150 € × 50 % = 300 €. En sens inverse, le guide qui se désiste hors délai doit 30 % du salaire restant à courir, dans la limite de 4 jours. Ces indemnités ne jouent pas en cas de grève, d'épidémie ou de catastrophe, ni pour le guide en cas de maladie ou de décès d'un proche justifiés.

Comment se compte l'ancienneté d'un guide

Pour un salarié en CDD d'usage, 180 jours travaillés valent un an d'ancienneté, dans la limite d'un an par période de 365 jours, et les contrats successifs se cumulent tant que les interruptions ne dépassent pas 18 mois (article 13). C'est cette ancienneté qui ouvre la prime d'ancienneté, l'abondement du CPF et l'indemnité de fin de carrière.

Source : convention collective, articles 12.6.1 à 12.6.6 (tableau d'annulation lu deux fois), 13, 22.1 à 22.7.

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7. Temps de travail : le droit commun, une annualisation encadrée, un forfait à 216 jours

La durée de référence est de 35 heures, avec les maxima légaux de 10 heures par jour et 48 heures par semaine. Pour les heures supplémentaires des salariés en CDI ou en CDD de droit commun, la convention renvoie aux majorations et au contingent légaux (article L. 3121-36) ; elles peuvent être payées ou compensées en repos, le choix étant notifié par écrit. Pour les guides en CDD d'usage, la règle est plus protectrice : est une heure supplémentaire toute heure au-delà de 8 heures dans la journée ou de 35 heures dans la semaine, majorée de 25 %.

ThèmeRègle conventionnelleArticle
Heures supplémentaires (CDI, CDD)Majorations et contingent légaux ; repos de remplacement pris dans les 3 mois, dans la limite d'un an24.5
Heures supplémentaires (CDD d'usage)Au-delà de 8 h par jour ou 35 h par semaine : + 25 %24.6
AnnualisationPériode de référence jusqu'à l'année civile ; 44 h en moyenne sur 8 semaines, 46 h au plus sur une semaine ; au moins 4 h continues payées par jour travaillé ; prévenance de 14 jours (4 en cas de circonstances exceptionnelles) ; consultation du CSE27
Forfait joursCadres des groupes F et G ; 216 jours par an hors journée de solidarité ; renonciation à 12 jours de repos au plus ; rémunération au moins égale au minimum majoré de 15 %26

En euros, la majoration du forfait jours porte le minimum mensuel à 2 899,12 € pour le groupe F et à 3 536,83 € pour le groupe G (calcul fait par nos soins sur la grille de 2025). Le forfait jours a été étendu sous réserve du respect des garanties légales de suivi de la charge de travail. Les temps de voyage et d'accompagnement des groupes, en revanche, ne font l'objet d'aucune clause spécifique dans les articles que nous avons lus.

Source : chapitre VI de la convention, articles 24 à 27, dans leur rédaction issue de l'avenant n° 4 du 19 septembre 2023.

8. Nuit, dimanche, jours fériés : deux barèmes selon le contrat

C'est ici que la différence entre sédentaires et guides est la plus nette. Le salarié en CDI qui travaille exceptionnellement un dimanche ou la nuit est fortement majoré, parce que ce n'est pas son rythme normal. Le guide en CDD d'usage, dont le métier consiste à travailler le week-end et en soirée, a des majorations plus faibles, sauf pour trois jours fériés.

SituationCDI et CDD de droit communCDD d'usage (guides)
Travail de nuit habituel (22 h - 7 h)+ 20 % par heure pour le travailleur de nuit, et 2 jours de repos par tranche de 270 heures de nuit+ 15 %, et 2 jours de repos par 270 heures pour le travailleur de nuit
Nuit exceptionnelle+ 75 %, payé ou en repos+ 15 %
Dimanche habituel+ 15 % au moinsPas de majoration
Dimanche exceptionnel+ 75 %Pas de majoration
Jour férié travaillé+ 100 % ; si le férié tombe un dimanche, la majoration la plus favorable s'appliquePas de majoration, sauf 25 décembre, 1er janvier et 1er mai : + 100 %

Source : articles 25.1 à 25.3 (CDI, rédaction de l'avenant n° 5 du 23 janvier 2024 pour les dimanches et fériés) et 28.1 à 28.2 (CDD d'usage) de la convention. Le délai de 10 jours pour prendre un repos compensateur a été exclu de l'extension de 2023.

Pour chiffrer une nuit, un dimanche ou un jour férié à partir de votre taux horaire, le calculateur d'heures majorées applique les taux que vous saisissez : reprenez ceux de la colonne qui correspond à votre contrat.

9. Essai, préavis, licenciement, retraite : le légal, sauf pour les seniors

Sur la rupture du contrat, la convention reste proche du code du travail, avec deux exceptions qui peuvent peser très lourd : l'indemnité de licenciement des salariés de plus de 50 ans ayant au moins 20 ans d'ancienneté, et l'indemnité de départ volontaire à la retraite.

Période d'essai et préavis

GroupesPériode d'essai (renouvellement)Préavis de licenciementPréavis de démission
A, B (employés)2 mois (+ 1 mois)1 mois ; 2 mois à partir de 2 ans d'ancienneté1 mois
C, D (techniciens, maîtrise)3 mois (+ 2 mois)2 mois2 mois
E (technicien, maîtrise)3 mois (+ 2 mois)3 mois3 mois
F, G et hors grille (cadres)4 mois (+ 3 mois)3 mois3 mois

La période d'essai doit être prévue au contrat — elle « ne se présume pas » — et son renouvellement, unique, suppose l'accord écrit des deux parties, dans les limites de l'article L. 1221-19. Pendant le préavis, le salarié dispose de deux heures par jour pour rechercher un emploi, sans perte de salaire. Le préavis légal de l'article L. 1234-1 est respecté ou dépassé dans tous les cas.

Source : articles 18, 19.1.1 à 19.1.3 et 19.2 de la convention (tableaux lus deux fois).

Indemnité de licenciement

Dès 8 mois d'ancienneté, hors faute grave ou lourde, l'indemnité est d'un quart de mois par année jusqu'à 10 ans, puis d'un tiers de mois par année au-delà : c'est exactement le barème légal de l'article R. 1234-2. Mais le salarié de plus de 50 ans justifiant d'au moins 20 ans d'ancienneté perçoit deux tiers de mois de salaire par année de présence. Le salaire de référence est le plus favorable entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. En rupture conventionnelle, l'indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité conventionnelle de licenciement.

Exemple chiffré

Une responsable d'agence de 52 ans, 22 ans d'ancienneté, salaire de référence de 2 500 € : 22 × 2/3 = 14,67 mois, soit 36 666,67 €. Le barème légal donnerait 10 × 1/4 + 12 × 1/3 = 6,5 mois, soit 16 250 €. À 49 ans avec la même ancienneté, c'est ce barème légal qui s'appliquerait : l'écart tient au seul critère d'âge.

Simulateur : indemnité conventionnelle de licenciement

Indemnité de licenciement
—

Article 19.4 de la convention ; barème légal R. 1234-2. Pas d'indemnité en cas de faute grave ou lourde. Résultat indicatif.

Départ et mise à la retraite

Le salarié qui part volontairement à la retraite respecte un préavis de 2 mois et perçoit 15 % de sa rémunération mensuelle par année d'ancienneté, soit 3 mois de salaire à 20 ans quand le barème légal en prévoit 1,5. L'employeur ne peut mettre un salarié à la retraite d'office qu'à 70 ans ; avant, il doit l'interroger par écrit, et le salarié peut refuser (article L. 1237-5). L'indemnité de mise à la retraite est de 25 % de mois par année pour les 10 premières années, puis de 35 % au-delà.

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10. Congés : un fractionnement généreux, deux congés familiaux sous la loi

Le congé principal se prend entre le 1er mai et le 31 octobre. La convention ajoute 2 jours de congé à 12 ans d'ancienneté et un fractionnement nettement plus favorable que la loi : lorsque le congé principal pris sur cette période est de moins de 16 jours, le salarié gagne 4 jours supplémentaires ; de 16 à 20 jours, 3 jours ; pour 21 jours, 2 jours. Le code du travail (article L. 3141-19) ne prévoit que 1 ou 2 jours.

ÉvénementConvention (jours ouvrables)Code du travailCe qui s'applique
Mariage ou PACS du salarié4 j4 j4 j
Mariage ou PACS d'un enfant2 j1 j2 j (convention)
Mariage d'un parent au 1er degré1 j—1 j (convention)
Naissance ou adoption du 1er enfant3 j3 j3 j
Naissance ou adoption à partir du 2e (précédent de moins de 12 ans)4 j3 j4 j (convention)
Décès du conjoint, du partenaire de PACS ou d'un parent direct4 j3 j4 j (convention)
Décès d'un enfant6 j12 j ; 14 j si l'enfant avait moins de 25 ans ou était parent12 ou 14 j (loi)
Décès d'un frère, d'une sœur, d'un parent au 2e degré3 j3 j (frère, sœur)3 j
Décès du beau-père ou de la belle-mèrenon cité3 j3 j (loi)
Annonce du handicap d'un enfant2 j10 j depuis le 14/06/2026 (handicap, pathologie chronique, cancer)10 j (loi)
Déménagement (après 1 an d'ancienneté)1 j par an—1 j (convention)
Déménagement à la suite d'une mutation2 j—2 j (convention)
Examen professionnel, diplôme d'État, CQP2 j par an—2 j (convention)

Source : articles 29 et 30 de la convention (tableau lu deux fois) ; article L. 3142-4 du code du travail dans sa version en vigueur depuis le 14 juin 2026 (loi n° 2026-492 du 12 juin 2026).

Deux lignes où la loi l'emporte

Pour le décès d'un enfant et pour l'annonce d'un handicap, la convention accorde moins que le code du travail. Ces durées légales sont d'ordre public : c'est la loi qui s'applique, quel que soit le texte de la convention. S'y ajoute, en cas de décès d'un enfant, le congé de deuil prévu par le code du travail. Pour les enfants malades, la convention prévoit 4 jours par période de 12 mois pour un ou deux enfants, 5 jours pour un enfant de moins d'un an ou à partir de trois enfants, et jusqu'à 8 jours pour un enfant handicapé.

11. Maladie, maternité, prévoyance, santé : un maintien de salaire dès 6 mois

L'article 33.1, réécrit par l'avenant n° 7 étendu le 1er juillet 2026, ouvre le maintien de salaire dès 6 mois d'ancienneté, là où le minimum légal de l'article L. 1226-1 exige un an. Le salarié reçoit une indemnité pleine (salaire moins les indemnités journalières), puis une indemnité réduite à 66 %, pour des durées qui augmentent avec l'ancienneté.

AnciennetéIndemnité pleinePuis indemnité à 66 %
De 6 mois à 2 ans1 mois1 mois
De 2 à 5 ans2 mois2 mois
Plus de 5 ans3 mois3 mois

En cas de maternité ou d'adoption, la salariée perçoit son plein salaire pendant 16 semaines, sous déduction des indemnités journalières et de la prévoyance (article 37.3). Pendant un arrêt maladie, les congés payés sont reportés dans un délai de 15 mois.

Prévoyance

Accord du 4 octobre 2024, étendu, applicable au 1er janvier 2025, sans condition d'ancienneté. Non-cadres : cotisation partagée à 50/50. Cadres : au moins 1,50 % de la tranche 1 à la charge de l'employeur. Libre choix de l'assureur.

Frais de santé

Avenant du 4 octobre 2024, étendu : cotisation partagée à 50/50. Niveau socle pour le salarié : 1,17 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, deux niveaux supérieurs au choix, gratuité à partir du 3e enfant.

Formation

L'opérateur de compétences de la branche est OPCO Mobilités. Entretien professionnel tous les deux ans, état des lieux à six ans.

Source : article 33.1 (avenant n° 7 du 31 janvier 2025, étendu par arrêté du 1er juillet 2026) ; accord prévoyance du 4 octobre 2024, étendu par arrêté du 10 décembre 2024 ; avenant n° 3 frais de santé du 4 octobre 2024, étendu par arrêté du 5 mars 2025 ; articles 22.7 et 39 de la convention.

12. Ce que nous ne publions pas, et pourquoi

Un minimum conventionnel ne s'estime pas. Voici ce que nous n'avons pas pu vérifier sur une source primaire au 29 septembre 2026, et que nous préférons signaler plutôt que deviner.

  • Le groupe de chaque emploi type de l'annexe 2 : deux lectures du tableau ont donné des résultats différents.
  • Les taux horaires : l'accord de 2025 ne publie que des montants mensuels.
  • Le montant actuel de l'indemnité de repas des guides : fixée à 20 € en 2022, revalorisée depuis en négociation de branche.
  • Les temps de voyage et d'accompagnement des groupes, les astreintes et le repos pendant les circuits : aucune clause trouvée dans les articles lus.
  • Un éventuel délai de carence du maintien de salaire, les taux de cotisation de la prévoyance, les organismes recommandés pour la santé.
  • La place des commissions des conseillers dans l'assiette du minimum en option 1.
  • Les frontières avec le tourisme social et familial, que la convention ne traite pas expressément.

FAQ — Convention des opérateurs de voyages et des guides

Les sept questions les plus posées sur l'IDCC 3245, avec des réponses datées du 29 septembre 2026.

Depuis 2022, les agences de voyages relèvent de la convention des opérateurs de voyages et des guides (IDCC 3245). Sa grille est celle de l'accord du 31 janvier 2025, applicable depuis le 1er janvier 2025 et étendu par arrêté du 9 avril 2025. Elle compte sept groupes, pour 151,67 heures par mois : A 1 819,82 €, B 1 870,77 €, C 1 936,25 €, D 1 998,21 €, E 2 162,07 €, F 2 520,97 € et G 3 075,50 €. Les groupes A et B sont des employés, C à E des techniciens et agents de maîtrise, F et G des cadres. Aucun accord de salaires pour 2026 n'avait été publié au 29 septembre 2026.

Le groupe A. À 1 819,82 € par mois, il est 47,20 € en dessous du SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026, qui vaut 1 867,02 € pour 35 heures : c'est le SMIC qui doit être versé. Le groupe B, à 1 870,77 €, ne le dépasse que de 3,75 €. La convention limite par ailleurs le groupe A aux salariés de moins d'un an d'ancienneté.

Trois conventions : la convention nationale du personnel des agences de voyages et de tourisme du 12 mars 1993 (IDCC 1710), la convention nationale des guides accompagnateurs et accompagnateurs du 10 mars 1966 (IDCC 412) et la convention régionale des guides interprètes de la région parisienne du 21 juin 1962 (IDCC 349). Leurs champs avaient été fusionnés par arrêtés ministériels du 5 janvier 2017 et du 23 janvier 2019. La convention unique, signée le 19 avril 2022, a été étendue par arrêté du 22 septembre 2023, publié au Journal officiel du 14 octobre 2023.

L'article 12.3.2 prévoit une prime égale à 3 % du salaire minimum du groupe après 3 ans d'ancienneté, augmentée de 1 % par année supplémentaire, dans la limite de 20 ans d'ancienneté, soit 20 % du minimum au plus. Elle concerne les groupes A à G, à temps plein comme à temps partiel, au prorata. Elle se calcule sur le minimum du groupe et non sur le salaire réel. Il n'existe en revanche pas de 13e mois obligatoire : la convention indique seulement que les entreprises s'efforcent de verser une gratification annuelle.

Oui, pour les emplois que la convention liste : guide-accompagnateur, guide-interprète, guide-conférencier, agent d'accueil, hôte ou hôtesse d'accueil et agent de transfert. Le contrat doit être écrit et remis dans les 2 jours, pour une durée d'au moins 3 heures. À son terme, le salarié perçoit une prime de fin de contrat de 10 % de sa rémunération brute totale. Si l'entreprise annule une mission sans respecter le délai de prévenance, elle doit 50 % du salaire des journées manquantes, dans la limite de 4 jours.

Dès 8 mois d'ancienneté, hors faute grave ou lourde, l'indemnité est d'un quart de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, puis d'un tiers de mois par année au-delà : c'est le barème légal. La convention est nettement plus favorable dans un cas : le salarié de plus de 50 ans qui a au moins 20 ans d'ancienneté perçoit deux tiers de mois de salaire par année de présence. Le salaire de référence est le plus favorable entre le douzième des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois.

La convention prévoit 6 jours, mais c'est le code du travail qui s'applique parce qu'il est plus favorable : 12 jours ouvrables, et 14 jours si l'enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent. De même, la convention accorde 2 jours pour l'annonce du handicap d'un enfant, quand la loi en prévoit 10 depuis le 14 juin 2026 pour l'annonce d'un handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer. Sur les autres événements, la convention est égale ou supérieure à la loi.

Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 29 septembre 2026 sur les documents suivants :

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