Convention collective de la production et de la transformation des papiers et cartons 2026 : grilles, primes et droits
Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 3238. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.
Conducteur de machine à papier, aide-conducteur, bobineur, opérateur de fabrication de pâte, conducteur de ligne de carton ondulé, technicien de maintenance, laborantin, agent de maîtrise de fabrication : dans les papeteries et les usines de transformation, tous les salariés relèvent depuis le 1er juillet 2022 d'une seule convention, la convention collective nationale de la production et de la transformation des papiers et cartons du 29 janvier 2021, identifiée sous le numéro IDCC 3238.
Cette convention unique a remplacé quatre textes qui distinguaient la production et la transformation, et les cadres des autres salariés. Elle réunit désormais, dans un même document, deux grilles distinctes : une grille de salaires mensuels pour les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM), complétée par une garantie annuelle, et une grille de rémunérations annuelles pour les ingénieurs et cadres. Les montants sont renégociés chaque année, et un avenant séparé fixe la valeur des primes : ancienneté, nuit, paniers et astreintes.
Vous trouverez ci-dessous les grilles de 2026, l'effet de la hausse du SMIC de juin sur le bas de grille, le calcul de la prime d'ancienneté et de l'avantage de nuit, ce que la convention prévoit réellement pour le travail posté (et ce qu'elle ne prévoit pas, comme le 13e mois), les congés, le maintien de salaire, les préavis et l'indemnité de licenciement. Deux simulateurs permettent de reconstituer votre minimum mensuel et votre indemnité. Chaque chiffre renvoie au texte publié sur Légifrance.
Étape 0 : votre entreprise relève-t-elle de l'IDCC 3238 ?
L'article 3 de la convention vise les entreprises dont l'activité principale est la fabrication de pâte à papier, de papier et de carton, ou leur transformation en carton ondulé, emballages, articles sanitaires et domestiques, articles de papeterie, papiers peints et autres articles en papier. Il couvre aussi les activités de support exercées exclusivement pour ces entreprises, et les sièges et organismes du secteur. C'est l'activité principale réelle qui compte : le code NAF n'est qu'un indice.
Votre bulletin mentionne encore 1492, 1495, 0700 ou 0707 ?
Ces quatre numéros correspondent aux anciennes conventions, remplacées par la 3238 au 1er juillet 2022. Le bulletin doit indiquer l'intitulé de la convention applicable (article R. 3243-1 du code du travail) : une mention périmée ne change pas vos droits, mais mérite d'être signalée au service paie. Pour l'identité technique du numéro, voir la fiche IDCC 3238.
Sommaire
- Quatre conventions devenues une
- Classification OETAM et cadres
- Grille OETAM 2026, SMIC et garantie annuelle
- Rémunérations minimales des cadres
- Ancienneté, nuit, paniers, astreintes
- Simulateur de salaire minimum
- Temps de travail, équipes et nuit
- Congés et événements familiaux
- Maladie, prévoyance, frais de santé
- Période d'essai et préavis
- Licenciement et retraite
- Usure professionnelle et formation
- Ce que nous ne publions pas
- FAQ
- Sources officielles
1. Quatre conventions devenues une : d'où vient l'IDCC 3238
Jusqu'en 2022, l'intersecteur papier-carton comptait quatre conventions collectives : deux pour la production (les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise d'un côté, les ingénieurs et cadres de l'autre) et deux pour la transformation, sur le même découpage. Dans le cadre de la restructuration des branches professionnelles, les partenaires sociaux ont signé en mars 2017 un accord de méthode pour les rapprocher, puis une convention unique en janvier 2021.
La convention a été signée par UNIDIS, l'organisation patronale de l'intersecteur, et par la FILPAC-CGT, la FCE-CFDT et FO côté salariés. Elle est entrée en vigueur le premier jour du troisième mois suivant la publication de son arrêté d'extension, soit le 1er juillet 2022. Elle s'applique à toutes les entreprises du champ, adhérentes ou non d'UNIDIS.
| Ancien IDCC | Convention remplacée | Salariés concernés |
|---|---|---|
| 0700 | Ingénieurs et cadres de la production des papiers, cartons et celluloses (1972) | Cadres de la production |
| 0707 | Ingénieurs et cadres de la transformation des papiers et cartons (1972) | Cadres de la transformation |
| 1492 | OETAM de la production des papiers, cartons et celluloses (1988) | Ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise de la production |
| 1495 | OETAM de la transformation des papiers et cartons et industries connexes (1988) | Mêmes catégories dans la transformation |
- 29 mars 2017 — accord de méthode pour le rapprochement des champs conventionnels de l'intersecteur papier-carton.
- 29 janvier 2021 — signature de la convention collective nationale de la production et de la transformation des papiers et cartons.
- 6 avril 2022 — arrêté d'extension, publié au Journal officiel du 23 avril 2022 ; entrée en vigueur le 1er juillet 2022.
- 19 octobre 2023 — avenants n° 8 (création du panier de jour) et n° 9 (accord sur le travail de nuit).
- 20 mars 2025 — avenant n° 17 sur les métiers exposés aux risques ergonomiques, pour l'accès au fonds de prévention de l'usure professionnelle.
- 30 janvier 2026 — avenants n° 21 (salaires OETAM), 22 (cadres) et 23 (primes), avec effet au 1er janvier 2026, étendus par arrêté du 4 mai 2026.
Source : préambule de la convention du 29 janvier 2021 ; article 4 (entrée en vigueur) ; article 3 (champ d'application).
2. Classification : 15 coefficients pour les OETAM, trois niveaux pour les cadres
Les ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise sont classés sur une grille unique de 5 niveaux comportant chacun 3 échelons, soit 15 coefficients de 125 à 350. La convention précise qu'il n'existe pas de coefficient intermédiaire. Le classement résulte de l'analyse de l'emploi selon cinq critères, et chaque niveau a des définitions distinctes pour les ouvriers, les employés-techniciens et les agents de maîtrise.
Les ingénieurs et cadres ont une classification propre en trois niveaux, A, B et C, chacun divisé en échelons, évalués sur quatre critères : complexité et étendue des situations, initiative et impact, responsabilités d'encadrement, communication. Le niveau A comprend une phase « débutant » de trois ans au plus, prolongeable d'un an, qui ne peut plus s'appliquer au-delà de cinq ans d'ancienneté.
Pas de liste de métiers dans le texte
La convention ne contient aucun emploi repère : « conducteur de machine à papier » ou « bobineur » n'y sont associés à aucun coefficient. Les tableaux qui circulent en ligne sont des exemples d'entreprise. Pour les métiers de la branche, nos fiches détaillent missions et parcours : conducteur de ligne de fabrication papier-carton, opérateur de transformation du papier et technicien papetier.
Source : accord de classification des OETAM (annexes II et III, article 2.1) et des ingénieurs et cadres (accord de classification IC).
3. Grille OETAM 2026, SMIC et garantie annuelle étendue
L'avenant n° 21 du 30 janvier 2026, applicable depuis le 1er janvier 2026, fixe un salaire minimum mensuel conventionnel (SMMC) pour chacun des 15 coefficients, pour un temps plein. Il a été signé par UNIDIS, la FCE-CFDT, la CFE-CGC et FO (la FILPAC-CGT ne l'a pas signé) et étendu par arrêté du 4 mai 2026, publié au Journal officiel du 8 mai. Il remplace la grille de l'avenant n° 14 de 2025, qui allait de 1 825 € à 3 226 €.
| Niveau | Échelon | Coef. | SMMC 2026 | Écart au SMIC (1 867,02 €) | 12 SMMC face à la garantie annuelle |
|---|---|---|---|---|---|
| I | 1 | 125 | 1 843 € | −24,02 € | 22 116 € : la garantie joue |
| I | 2 | 130 | 1 850 € | −17,02 € | 22 200 € : la garantie joue |
| I | 3 | 135 | 1 856 € | −11,02 € | 22 272 € : la garantie joue |
| II | 1 | 140 | 1 873 € | +5,98 € | 22 476 € : la garantie joue |
| II | 2 | 150 | 1 895 € | +27,98 € | 22 740 € : la garantie joue |
| II | 3 | 160 | 1 923 € | +55,98 € | 23 076 € |
| III | 1 | 170 | 1 948 € | +80,98 € | 23 376 € |
| III | 2 | 185 | 1 985 € | +117,98 € | 23 820 € |
| III | 3 | 195 | 2 021 € | +153,98 € | 24 252 € |
| IV | 1 | 215 | 2 172 € | +304,98 € | 26 064 € |
| IV | 2 | 235 | 2 332 € | +464,98 € | 27 984 € |
| IV | 3 | 260 | 2 510 € | +642,98 € | 30 120 € |
| V | 1 | 285 | 2 713 € | +845,98 € | 32 556 € |
| V | 2 | 315 | 2 967 € | +1 099,98 € | 35 604 € |
| V | 3 | 350 | 3 258 € | +1 390,98 € | 39 096 € |
Source : avenant n° 21 du 30 janvier 2026 relatif aux salaires des OETAM, étendu par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 8 mai 2026), relu le 28 septembre 2026 ; grille 2025 : avenant n° 14 du 23 janvier 2025. Écarts et totaux annuels calculés par nos soins.
Le graphique compare, coefficient par coefficient, le minimum mensuel de la grille au SMIC du 1er juin 2026 et à la garantie annuelle ramenée au mois (22 779 € ÷ 12 = 1 898,25 €). Il fait apparaître les deux planchers qui s'appliquent en bas de grille.
Premier plancher : le SMIC, chaque mois
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est de 1 867,02 € pour 35 heures. Les coefficients 125, 130 et 135 sont en dessous : le salaire de base doit être porté au SMIC. Aucun nouvel avenant salaires n'avait été publié fin septembre 2026.
Second plancher : 22 779 € sur l'année
La garantie annuelle de rémunération s'ajoute au minimum mensuel, pour les OETAM à temps plein. Elle comprend tous les éléments de salaire soumis à cotisations : primes d'ancienneté, de nuit, 13e mois d'entreprise, etc.
Exemple : un opérateur au coefficient 125, sans ancienneté ni travail de nuit
De janvier à mai, il perçoit son minimum de 1 843 € ; de juin à décembre, le SMIC de 1 867,02 €. Son année complète totalise 5 × 1 843 + 7 × 1 867,02 = 22 284,14 €. La garantie annuelle étant de 22 779 €, l'employeur doit un complément d'au moins 494,86 € sur l'année, sauf si d'autres éléments soumis à cotisations (prime d'entreprise, heures de nuit) comblent déjà l'écart. Calcul fait par nos soins.
Le minimum mensuel, lui, ne se compare qu'au salaire de base et aux avantages mensuels : la prime d'ancienneté, l'avantage de nuit, les majorations du dimanche et des jours fériés, les primes non mensuelles et les heures supplémentaires en sont exclus. Enfin, un salarié payé au minimum pendant cinq années consécutives peut demander un entretien sur son évolution salariale.
Source : accord relatif aux salaires des OETAM, articles 1er (assiette), 3 (garantie annuelle) et 4 (entretien).
4. Ingénieurs et cadres : des rémunérations annuelles minimales
Pour les cadres, la branche raisonne en rémunération annuelle minimale (RAM), fixée depuis le 1er janvier 2026 par l'avenant n° 22 du 30 janvier 2026, étendu le 4 mai 2026. Pour éviter qu'une rémunération très variable ne laisse des mois vides, l'avenant garantit aussi un minimum mensuel égal à 80 % de la RAM divisée par 12, ramené à 70 % pour les fonctions qui comportent une part importante d'éléments variables, comme les cadres commerciaux (mais jamais pour les débutants).
| Niveau | Condition | RAM 2026 | Garantie mensuelle (80 %) | Fonctions à forte part variable (70 %) |
|---|---|---|---|---|
| Déb. | Moins d'un an d'ancienneté | 32 000 € | 2 133 € | — |
| Déb. | De 1 à 4 ans d'ancienneté | 36 000 € | 2 400 € | — |
| A | Moins de 3 ans au niveau A | 40 000 € | 2 666 € | 2 333 € |
| A | À partir de 3 ans au niveau A | 43 959 € | 2 931 € | 2 564 € |
| B | — | 50 872 € | 3 391 € | 2 968 € |
| C | — | 66 307 € | 4 420 € | 3 868 € |
Source : avenant n° 22 du 30 janvier 2026 relatif aux salaires des ingénieurs et cadres, étendu par arrêté du 4 mai 2026 ; article 2 de l'accord salaires IC (garantie mensuelle).
Un jeune ingénieur embauché en 2026 doit donc percevoir au moins 32 000 € bruts sur sa première année, et jamais moins de 2 133 € sur un mois complet ; il passe à 36 000 € dès sa deuxième année d'ancienneté. La RAM se vérifie sur l'année civile et se proratise en cas de temps partiel ou d'année incomplète. Contrairement aux OETAM, les cadres n'ont pas de prime d'ancienneté conventionnelle : l'ancienneté joue sur le passage du statut débutant au niveau A, puis à l'intérieur du niveau A.
5. Ancienneté, nuit, paniers et astreintes : les primes de la branche en 2026
Les primes de la convention ont une particularité : elles ne se calculent pas sur le salaire réel, mais sur des bases de référence fixées chaque année pour un coefficient 100, et multipliées par le coefficient du salarié. L'avenant n° 23 du 30 janvier 2026, signé cette fois par les cinq organisations dont la FILPAC-CGT, en fixe les valeurs depuis le 1er janvier 2026.
La prime d'ancienneté des OETAM
Elle progresse par paliers de trois ans, jusqu'à 15 % après quinze ans. Le taux s'applique à la base de 616,10 € pour un coefficient 100, soit 616,10 × coefficient ÷ 100. L'exemple officiel de l'avenant : au coefficient 125 avec trois ans d'ancienneté, la prime est de (6,161 × 125) × 3 % = 23,10 € par mois.
| Ancienneté | Taux | Coef. 125 | Coef. 170 | Coef. 215 | Coef. 285 |
|---|---|---|---|---|---|
| Après 3 ans | 3 % | 23,10 € | 31,42 € | 39,74 € | 52,68 € |
| Après 6 ans | 6 % | 46,21 € | 62,84 € | 79,48 € | 105,35 € |
| Après 9 ans | 9 % | 69,31 € | 94,26 € | 119,22 € | 158,03 € |
| Après 12 ans | 12 % | 92,42 € | 125,68 € | 158,95 € | 210,71 € |
| Après 15 ans | 15 % | 115,52 € | 157,11 € | 198,69 € | 263,38 € |
Source : convention, article 41 ; avenant n° 23 du 30 janvier 2026, étendu par arrêté du 4 mai 2026. Montants calculés par nos soins, sauf l'exemple du coefficient 125.
Les OETAM de longue date perçoivent aussi un avantage pécuniaire d'ancienneté, versé au moment des congés payés (article 40) : 2 journées de salaire entre 20 et 24 ans d'ancienneté, 4 entre 25 et 29 ans, 6 à partir de 30 ans ; pour les agents de maîtrise, les paliers sont à 17, 22 et 27 ans. Ce sont des journées de salaire en plus, pas des jours de repos.
Nuit, paniers, dimanche et astreintes
Avantage pécuniaire de nuit
du taux horaire de référence pour les heures des factions qui encadrent minuit. Base 2026 : 755,28 € pour un coefficient 100 (article 44).
Paniers
Panier de nuit pour une faction qui encadre ou part de minuit ; panier de jour pour une faction qui commence ou finit entre 12 h et 14 h (article 45).
Dimanche et jours fériés
des heures travaillées, cumulable avec les heures supplémentaires mais pas avec la majoration d'équipe de suppléance (article 48).
Astreinte
par semaine, ou 18,80 € par période de 24 heures, plus 18,80 € par jour férié d'astreinte. Montants communs aux OETAM et aux cadres.
Pause des postés
payées dès 6 heures de travail en service continu ou semi-continu (article 34).
Rappel exceptionnel
de salaire pour un ouvrier ou employé rappelé de jour ou de nuit, 2 heures pour un technicien ou agent de maîtrise rappelé de nuit (article 50).
Exemple : 60 heures de nuit dans le mois au coefficient 185
Le taux horaire de référence est de 755,28 × 1,85 ÷ 151,67 = 9,21 €. L'avantage de nuit vaut 17 % de ce taux par heure, soit 9,21 × 60 × 17 % = 93,97 € dans le mois, auxquels s'ajoutent les paniers de nuit (6,26 € par faction). L'exemple officiel de l'avenant : 48 heures de nuit au coefficient 125 donnent 50,80 €. Pour un calcul sur votre planning, voir le simulateur d'heures de nuit.
Ni 13e mois, ni prime « feu continu » dans la convention
Les machines à papier tournent souvent 24 heures sur 24, en 5x8. La convention ne chiffre pourtant aucune prime propre au feu continu ou au 5x8, et ne prévoit pas de 13e mois. Les primes d'équipe et les 13e mois que l'on rencontre dans les papeteries viennent d'accords d'entreprise ou d'usages : vérifiez-les dans votre contrat et les accords de votre établissement. L'article 52 pose seulement le principe de contreparties aux travaux pénibles, sans montant de branche.
6. Simulateur : votre minimum mensuel d'OETAM en 2026
Choisissez votre coefficient et votre ancienneté, puis indiquez vos heures de nuit et vos paniers du mois. Le simulateur applique la grille de l'avenant n° 21 avec le plancher du SMIC, la prime d'ancienneté et l'avantage de nuit de l'avenant n° 23, puis compare votre total annuel théorique à la garantie de 22 779 €. Il ne concerne pas les cadres, dont le minimum est annuel (section 4).
Minimum mensuel brut — avenants n° 21 et 23 du 30 janvier 2026
Constantes du 28/09/2026 : SMMC de l'avenant n° 21 et garantie annuelle de 22 779 € ; bases de 616,10 € (ancienneté) et 755,28 € (nuit) pour un coefficient 100, panier de nuit de 6,26 € (avenant n° 23) ; SMIC de 1 867,02 € au 01/06/2026. Net estimé avec un coefficient de 0,78, hors paniers. Résultat indicatif pour un temps plein, hors heures supplémentaires, dimanches et primes d'entreprise.
7. Temps de travail, équipes successives et travail de nuit
L'accord sur l'aménagement du temps de travail, annexé à la convention, fixe la durée de référence à 35 heures par semaine, soit 1 607 heures par an. Il organise la modulation sur l'année, avec une programmation soumise au comité social et économique avant le 31 octobre et communiquée aux salariés avant le 30 novembre, et prévoit des durées maximales adaptées aux industries à feu continu.
| Règle | Dans la branche |
|---|---|
| Heures supplémentaires | +25 % pour les 8 premières, +50 % au-delà, comme la règle légale ; remplacement possible par du repos |
| Durée quotidienne maximale | 10 heures, 12 heures à titre exceptionnel |
| Durée hebdomadaire maximale | 46 heures (48 heures en activité continue), 44 heures en moyenne sur 12 semaines |
| Modulation | Jusqu'à l'année, limite basse de 28 heures par semaine hors continu |
| Forfait jours des cadres | 218 jours par an |
Le travail de nuit est encadré par un accord de 2023 (avenant n° 9), étendu en septembre 2025. La période de nuit va de 21 heures à 6 heures ; est travailleur de nuit le salarié qui accomplit au moins trois heures de nuit au moins deux fois par semaine, ou au moins 270 heures de nuit sur douze mois. Il bénéficie d'un repos compensateur obligatoire d'au moins 16 heures par an, rémunéré, au prorata en cas de temps partiel. Sa durée de travail est limitée à 8 heures par nuit (10 heures par dérogation) et à 40 heures en moyenne sur douze semaines (42 heures par dérogation). Un avenant de 2025 ajoute une attention particulière aux solutions de transport pour les salariés de nuit.
Repos entre deux postes
Le repos quotidien est de 11 heures consécutives. En équipes successives, il peut être réduit à 9 heures, au maximum 12 fois par an. Le travail posté en 3x8 ou 5x8 pèse sur la santé : notre article sur le burn-out en travail posté détaille les démarches de reconnaissance. Pour vos heures au-delà de 35 heures, le calculateur d'heures supplémentaires applique les majorations.
Source : accord relatif à l'aménagement du temps de travail, articles 1, 4, 5, 7, 8 à 11 et 16 ; avenant n° 9 du 19 octobre 2023 relatif au travail de nuit, articles 3, 4, 9 et 10.
8. Congés : un texte récent, presque aligné sur la loi
La convention reprend les règles légales des congés payés et du fractionnement (2 jours si au moins 6 jours sont pris hors période, 1 jour pour 3 à 5 jours). Elle ne prévoit pas de jours de congé d'ancienneté, à une exception près : les agents de maîtrise ayant un an d'ancienneté ont un jour ouvrable de congé supplémentaire par an. L'ancienneté se récompense sous forme de journées de salaire (section 5).
Pour les événements familiaux, l'article 70 a été mis à jour après la loi de 2023, mais pas après celle du 12 juin 2026 : sur l'annonce du handicap d'un enfant, c'est donc l'article L. 3142-4 du code du travail qui s'applique.
| Événement | Convention (art. 70) | Code du travail | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage ou PACS du salarié | 4 jours | 4 jours | Identique |
| Mariage d'un enfant | 1 jour | 1 jour | Identique |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès du conjoint, partenaire, concubin, d'un parent, beau-parent, frère ou sœur | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès d'un enfant | 12 jours, 14 si moins de 25 ans ou si l'enfant était lui-même parent | Idem, + congé de deuil de 8 jours | Identique |
| Décès d'un petit-enfant | 3 jours | Rien | Convention |
| Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant | 5 jours | 10 jours depuis le 14 juin 2026 | Loi |
| Annonce du handicap du conjoint ou du partenaire | 2 jours | Rien | Convention |
Source : convention, article 70 ; articles 63 à 69 ; article L. 3142-4, modifié par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026.
Maternité et adoption
Maintien de 100 % du salaire net pendant le congé, dès un an d'ancienneté (article 71).
Grossesse et allaitement
Sortie 10 minutes plus tôt dès le 5e mois de grossesse ; une heure par jour pour allaiter pendant un an (article 72).
Enfant malade
Congé non rémunéré jusqu'à 2 mois par an sur justificatif (article 75). Le congé de paternité est maintenu à 100 % du net, dans la limite de 2 plafonds de la Sécurité sociale, dès un an d'ancienneté.
9. Maladie, prévoyance et frais de santé
L'accord de prévoyance de la branche organise un maintien de salaire nettement plus favorable que le minimum légal, qui n'intervient qu'après un an d'ancienneté et sept jours de carence. Dans la branche, le salarié reçoit 90 % de la rémunération brute qu'il aurait perçue, sous déduction des indemnités journalières et de la prévoyance, sans dépasser son net habituel. La carence dépend du rang de l'absence sur douze mois.
Aucune carence ne s'applique en cas d'hospitalisation, d'acte chirurgical, de rechute d'accident du travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle. La durée d'indemnisation sur douze mois consécutifs augmente avec l'ancienneté :
| Ancienneté | 4 mois à 1 an | 1 à 5 ans | 5 à 10 ans | 10 à 15 ans | 15 à 20 ans | 20 à 25 ans | 25 à 30 ans | Plus de 30 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Jours à 90 % | 60 | 75 | 90 | 105 | 120 | 150 | 180 | 195 |
Source : accord de prévoyance, article 3.1 et article 3.2. Le tableau des durées n'est pas reproduit sur Légifrance, qui renvoie au Bulletin officiel des conventions collectives : il est repris de deux sources juridiques concordantes. Pour vos indemnités journalières, voir le simulateur d'arrêt maladie.
Prévoyance et mutuelle de branche
Le régime de prévoyance prévoit un capital décès égal à 100 % du salaire annuel brut de référence pour un salarié sans charge de famille, majoré de 20 % par enfant à charge, ou une option à 75 % complétée d'une rente éducation. En arrêt de longue durée, les indemnités complémentaires portent la rémunération à 70 % du salaire brut, indemnités de la Sécurité sociale comprises ; la rente d'invalidité atteint 42 % du salaire en 1re catégorie et 70 % en 2e et 3e catégories.
La branche a aussi un régime de frais de santé, redéfini par l'avenant n° 2 du 6 octobre 2022 à compter du 1er janvier 2023, avec une cotisation minimale de 1,48 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Depuis le 1er mars 2024 au plus tard, l'employeur en finance au moins 60 % et le salarié au plus 40 % (avenant n° 7 du 19 octobre 2023).
Source : accord de prévoyance, garanties décès et garanties incapacité et invalidité ; avenant n° 2 frais de santé ; avenant n° 7.
10. Période d'essai et préavis
Les périodes d'essai de la convention sont exactement les durées maximales de l'article L. 1221-19 : deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les techniciens et agents de maîtrise, quatre mois pour les cadres. Seul l'essai des cadres peut être renouvelé, d'un commun accord et avant son terme, pour quatre mois au plus.
| Catégorie | Période d'essai | Renouvellement |
|---|---|---|
| Ouvriers, employés | 2 mois | Non |
| Techniciens, agents de maîtrise | 3 mois | Non |
| Ingénieurs et cadres | 4 mois | Oui, jusqu'à 4 mois de plus, d'un commun accord |
Le préavis, lui, dépend de la catégorie et parfois du coefficient. Pour les ouvriers, employés et techniciens, le passage à deux mois après deux ans d'ancienneté correspond au minimum légal, avec une condition propre à la branche : un an de travail effectif dans ces deux ans.
| Catégorie | Démission | Licenciement |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 1 mois | 1 mois ; 2 mois après 2 ans d'ancienneté dont 1 an de travail effectif |
| Techniciens | 1 mois | 1 mois ; 2 mois après 2 ans d'ancienneté dont 1 an de travail effectif |
| Agents de maîtrise, coefficient inférieur à 285 | 2 mois dans les deux cas | |
| Agents de maîtrise, coefficient 285 et plus | 2,5 mois dans les deux cas | |
| Cadres niveau A, moins de 3 ans | 2 mois | |
| Cadres niveau A à partir de 3 ans, niveaux B et C | 3 mois | |
Deux heures par jour pour chercher un emploi
Pendant le préavis, le salarié peut s'absenter 2 heures par jour au plus pour chercher un emploi (article 87), limité à un mois pour les techniciens sous le coefficient 205. Ces heures sont payées en cas de licenciement ; en cas de démission, elles ne le sont que pour les techniciens, agents de maîtrise et cadres. Le salarié licencié qui trouve un emploi peut partir avant la fin du préavis sans indemnité à verser, et garde son indemnité de licenciement (article 88). Votre date de fin : calculateur de préavis.
Source : convention, article 21 (essai) ; articles 85 à 88 (préavis), relus le 28 septembre 2026.
11. Indemnité de licenciement et départ à la retraite : un barème au-dessus du légal
L'indemnité conventionnelle est due dès huit mois d'ancienneté, en cas de licenciement hors faute grave, au salarié qui ne peut pas encore partir à la retraite à taux plein (celui qui le peut reçoit l'indemnité légale). Pour les OETAM, elle est de 1/4 de mois par année, auquel s'ajoutent, à partir de dix ans, 2/15 de mois par année de présence au-delà de dix ans. Pour les cadres, elle passe à 1/2 mois par année, comptée depuis l'entrée, dès cinq ans d'ancienneté, dans la limite de 15 mois. Dans les deux cas, elle est majorée de 15 % à partir de 55 ans pour un salarié ayant au moins cinq ans d'ancienneté.
Ces barèmes dépassent l'indemnité légale de l'article R. 1234-2 (1/4 de mois par année jusqu'à dix ans, 1/3 au-delà) : un peu au-delà de dix ans pour les OETAM, nettement dès cinq ans pour les cadres. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois.
Comparez l'indemnité de la convention et l'indemnité légale
| Cas | Convention | Légal |
|---|---|---|
| OETAM, 20 ans, 2 500 € | 20/4 + 10 × 2/15 = 6,33 mois, soit 15 833 € | 5,83 mois, soit 14 583 € |
| Cadre, 10 ans, 4 000 € | 10 × 1/2 = 5 mois, soit 20 000 € | 2,5 mois, soit 10 000 € |
Source : convention, article 90, relu le 28 septembre 2026 ; articles 89, 91 et 92. Exemples calculés par nos soins. Autre simulateur : indemnité de licenciement et rupture conventionnelle.
Départ et mise à la retraite
En cas de départ volontaire à la retraite, l'article 91 prévoit un barème par paliers bien supérieur au minimum légal, qui n'accorde qu'un demi-mois après dix ans et deux mois après trente ans. En cas de mise à la retraite par l'employeur, l'indemnité est égale à l'indemnité légale de licenciement (article 92).
| Ancienneté | 5 ans | 10 ans | 15 ans | 20 ans | 25 ans | 30 ans | 35 ans | 40 ans | 42 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Convention | 1 mois | 2 mois | 3 mois | 4 mois | 4,5 mois | 5 mois | 5,5 mois | 6 mois | 6,5 mois |
| Minimum légal | — | 0,5 mois | 1 mois | 1,5 mois | 1,5 mois | 2 mois | 2 mois | 2 mois | 2 mois |
12. Usure professionnelle, pénibilité et formation
Manutentions de bobines, postures contraignantes, vibrations des engins : la branche a identifié en 2025, par l'avenant n° 17 du 20 mars 2025, six familles de métiers exposées aux risques ergonomiques (techniciens d'installation et de maintenance, opérateurs qualifiés du bois et du papier-carton, conducteurs d'engins de levage, manutentionnaires et caristes, ouvriers non qualifiés des industries lourdes). Cette liste ouvre l'accès au fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle pour financer des actions de prévention et de reconversion, pendant trois ans à compter du 1er avril 2025.
Nuit et équipes alternantes : le compte pénibilité
Le travail de nuit et le travail en équipes successives alternantes, fréquents en papeterie, font partie des facteurs du compte professionnel de prévention au-delà de certains seuils : ils ouvrent des points, déclarés par l'employeur. La branche n'a pas de dispositif propre au-delà de la loi. Les caristes de la branche trouveront la réglementation de leur poste dans notre fiche cariste CACES R489.
L'opérateur de compétences de la branche est OPCO 2i, commun aux industries. L'observatoire de la branche présente une offre de certificats de qualification professionnelle (CQP) propres au papier-carton : opérateur de fabrication de pâte, aide-conducteur et conducteur référent de machine à papier, aide-conducteur et conducteur en transformation, technicien de maintenance, concepteur d'emballages, technico-commercial et opérateur bio-énergie. Pour les salaires constatés sur ces métiers, voir la fiche salaire du conducteur de ligne papier-carton et celle du technicien papetier.
Source : avenant n° 17 du 20 mars 2025, étendu par arrêté du 18 septembre 2025 ; offre de CQP publiée par l'observatoire des métiers de la branche.
13. Ce que nous ne publions pas, et pourquoi
Une valeur qui n'a pas pu être vérifiée dans un texte officiel n'apparaît pas sur cette page. À la date de mise à jour, plusieurs points restent dans ce cas ; si l'un d'eux vous concerne, consultez le texte en vigueur sur Légifrance ou interrogez votre service des ressources humaines ou vos représentants du personnel.
- Le contingent annuel d'heures supplémentaires : l'accord de branche renvoie aux accords d'entreprise, sans chiffre propre trouvé.
- Le taux de la majoration d'équipe de suppléance, citée par l'article 48 sans montant.
- Les taux de cotisation du régime de prévoyance et l'extension de l'avenant n° 2 frais de santé.
- Une éventuelle négociation salariale ouverte après la hausse du SMIC de juin 2026 : aucun texte n'avait été publié fin septembre.
Nous avons aussi écarté des affirmations qui circulent : une prime d'ancienneté qui augmenterait de 1 % par an (elle progresse par paliers de trois ans), un 13e mois ou une prime de feu continu conventionnels (aucun texte), des jours de congé d'ancienneté (ce sont des journées de salaire), une ancienne convention « cartonnage 1495 » (la 1495 couvrait la transformation ; le cartonnage relève toujours de l'IDCC 489), et des grilles 2025 présentées comme celles de 2026.
FAQ — Convention des papiers et cartons
Sources officielles
Textes consultés sur Légifrance et code.travail.gouv.fr le 28 septembre 2026.
- Convention collective nationale de la production et de la transformation des papiers et cartons du 29 janvier 2021 (IDCC 3238) — texte de base, accords de classification, de salaires, de temps de travail et de prévoyance
- Avenant n° 21 du 30 janvier 2026 (salaires des OETAM), avenant n° 22 (ingénieurs et cadres) et avenant n° 23 (primes et astreintes), étendus par arrêté du 4 mai 2026 (JORF du 8 mai 2026)
- Avenant n° 14 du 23 janvier 2025 (grille OETAM 2025)
- Avenant n° 9 du 19 octobre 2023 relatif au travail de nuit
- Avenant n° 17 du 20 mars 2025 (risques ergonomiques)
- Fiche de la convention sur code.travail.gouv.fr
- Article L. 3142-4 du code du travail (congés pour événements familiaux)
- Revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (12,31 € de l'heure)