Module 4 / 4 · Sommaire complet de la formation
4.1 Vérifications initiales et périodiques des machines
Une machine se dégrade sans prévenir : usure d'un frein de presse, interrupteur de protecteur encrassé, câble effiloché. Les vérifications réglementaires servent à déceler ces dégradations « en temps utile ». Le Code du travail en pose le cadre, mais ce sont des arrêtés qui disent quels équipements sont concernés et à quel rythme. Toutes les machines ne sont donc pas soumises à une vérification générale périodique.
Trois vérifications, trois moments
Dans les trois cas, ce sont des arrêtés qui désignent les équipements concernés.
Le cadre : R4323-22 à R4323-28
Le Code du travail ne liste pas lui-même les machines à vérifier. Il renvoie à des arrêtés du ministre chargé du travail ou de l'agriculture, qui déterminent :
| Vérification | Objet selon le Code | Article |
|---|---|---|
| Initiale | S'assurer, lors de la mise en service dans l'établissement, que l'équipement est installé conformément aux spécifications de la notice et peut être utilisé en sécurité | R4323-22 |
| Générale périodique (VGP) | Déceler « en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers » ; l'arrêté précise périodicité, nature et contenu | R4323-23 |
| Remise en service | Après démontage et remontage ou modification susceptible de mettre en cause la sécurité, s'assurer de l'absence de défectuosité dangereuse | R4323-28 |
Pour savoir si un équipement donné est concerné, il faut donc partir de l'équipement et chercher l'arrêté qui le vise. L'assistant mon équipement doit-il faire l'objet d'une vérification périodique ? pose les questions dans cet ordre, et la brochure INRS ED 828 « Principales vérifications périodiques » en dresse le panorama.
Qui vérifie, et où l'on consigne
Les vérifications générales périodiques sont réalisées « par des personnes qualifiées, appartenant ou non à l'établissement, dont la liste est tenue à la disposition de l'inspection du travail ». Ces personnes « sont compétentes dans le domaine de la prévention des risques présentés par les équipements de travail soumis à vérification et connaissent les dispositions réglementaires afférentes » (R4323-24).
Interne ou externe ; compétente et connaissant les textes (R4323-24)
Le résultat des VGP y est consigné (R4323-25, renvoi à L4711-5)
Annexés au registre, ou dates et archivage portés sur le registre (R4323-26)
Registre et rapports sur tout support, dans les conditions de L8113-6 (R4323-27)
Le Code ne réserve pas la VGP générale à un organisme accrédité : c'est la notion de personne qualifiée qui s'applique, sauf texte particulier. En revanche, l'agent de contrôle de l'inspection du travail peut demander à l'employeur de faire vérifier par un organisme accrédité la conformité des équipements de travail, dans un délai qu'il fixe (R4722-5).
Les machines vérifiées tous les trois mois : arrêté du 5 mars 1993
Pour les machines de production, le texte le plus important est l'arrêté du 5 mars 1993, pris à l'époque en application de l'article R. 233-11, aujourd'hui R4323-23. Son article 1er impose que certains équipements aient fait l'objet de la vérification générale périodique « depuis moins de trois mois au moment de leur utilisation » :
Restriction importante du même article : ne sont soumis à cette vérification que les équipements « mus par une source d'énergie autre que la force humaine employée directement et dont le chargement ou le déchargement est effectué manuellement en phase de production ». Une presse entièrement automatisée, chargée par robot, n'est pas visée par cette liste. Pour les équipements utilisés par campagnes saisonnières avec une intercampagne de plus de trois mois, une seule vérification suffit pendant l'intercampagne, mais la remise en service est précédée d'un essai de fonctionnement en sécurité (article 1er, II).
Levage et autres équipements
Les appareils et accessoires de levage relèvent de l'arrêté du 1er mars 2004, avec des périodicités différentes selon les catégories :
| Périodicité maximale | Exemples d'équipements | Texte |
|---|---|---|
| 12 mois | Appareils de levage en général, accessoires de levage | Arrêté du 1er mars 2004 |
| 6 mois | Appareils de levage de personnes, appareils mobiles ou installés sur porteur listés (grues mobiles et auxiliaires, chariots élévateurs, hayons, plates-formes élévatrices mobiles de personnes) | Arrêté du 1er mars 2004, art. 20 et 23 |
| 3 mois | Appareils mus par la force humaine employée directement servant à élever un poste de travail | Arrêté du 1er mars 2004 |
D'autres textes fixent des vérifications pour d'autres familles (installations électriques, équipements sous pression, échafaudages, portes et portails automatiques). Le planificateur de vérifications périodiques du site calcule les échéances d'un parc d'équipements, et la brochure INRS ED 6339 « Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage » détaille le levage.
Vérification réglementaire et maintenance : deux choses différentes
La VGP n'est pas une révision. Elle constate un état et signale les défectuosités ; elle ne remplace ni l'entretien préventif ni le maintien en conformité, qui reste une obligation permanente de l'employeur (R4322-1). Une machine dont la VGP date de moins de trois mois mais dont l'interrupteur de protecteur a été shunté la veille n'est pas conforme.
- Obligation ciblée : équipements désignés par arrêté
- Personne qualifiée, contenu fixé par l'arrêté
- Résultat au registre de sécurité
- Constate et signale les défectuosités
- Obligation générale : tous les équipements (R4322-1)
- Selon la notice et le plan de maintenance
- Carnet de maintenance pour les équipements visés (R4323-19)
- Corrige, remplace, améliore
Les observations d'un rapport de vérification appellent des actions : un rapport rangé sans suite ne protège personne, et il pèse lourd dans l'analyse d'un accident survenu ensuite.
Organiser le suivi d'un parc de machines
Dans une entreprise qui compte des dizaines de machines, le suivi des vérifications se perd vite. Une organisation simple suffit le plus souvent :
Les élus du CSE peuvent consulter la documentation réglementaire sur les équipements de travail (R4323-5) et, pour le carnet de maintenance, y ont accès (R4323-20).
Une VGP pour ma machine ?
Non : pas de VGP réglementaire, mais maintien en conformité (R4322-1).
Ceux de l'arrêté (ex. presses à chargement manuel : moins de 3 mois).
Une personne qualifiée, liste tenue à disposition (R4323-24).
Registre de sécurité, rapports annexés (R4323-25, R4323-26).
Sources
- Code du travail, articles R4322-1, R4323-5, R4323-19 à R4323-28, R4722-5 (version consolidée à jour au 8 octobre 2026) — Légifrance
- Arrêté du 5 mars 1993 soumettant certains équipements de travail à l'obligation de faire l'objet des vérifications générales périodiques, article 1er (texte reproduit par l'OPPBTP, mise à jour du 1er juin 2022) — preventionbtp.fr
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage — Légifrance
- INRS, brochures ED 828 « Principales vérifications périodiques » et ED 6339 « Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage » — inrs.fr
À retenir
- Les machines à vérifier sont désignées par arrêté : toutes ne sont pas soumises à une VGP.
- Trois vérifications : initiale (R4323-22), périodique (R4323-23), remise en service (R4323-28).
- VGP par une personne qualifiée, résultat au registre de sécurité (R4323-24, R4323-25).
- Presses, massicots, presses à balles… à chargement manuel : VGP de moins de 3 mois (arrêté du 5 mars 1993).
- Levage : 12, 6 ou 3 mois selon la catégorie (arrêté du 1er mars 2004).
- La VGP constate ; le maintien en conformité reste permanent (R4322-1).
Ressources liées
Sommaire de la formation
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