Convention collective des distributeurs conseils hors domicile (CHD) 2026 : grille des salaires et droits

Mise à jour : 01/10/2026 Convention collective IDCC 1536 · brochure JORF 3121

Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 1536. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.

Chauffeur-livreur qui approvisionne les bars à l'aube, préparateur de commandes, conseiller commercial qui visite les restaurants, technicien qui installe les tireuses à bière : les salariés des grossistes en boissons relèvent de la convention collective nationale des distributeurs conseils hors domicile, dite des distributeurs CHD. Signée le 15 décembre 1971 et étendue le 4 janvier 1974, elle porte l'IDCC 1536 et la brochure n° 3121 du Journal officiel.

« Hors domicile » désigne la consommation qui a lieu en dehors du foyer : cafés, hôtels, restaurants, collectivités. Le distributeur achète les boissons aux brasseurs, aux minéraliers et aux producteurs, les stocke dans ses entrepôts, les livre aux établissements et leur apporte du conseil. C'est une convention ancienne, longtemps appelée convention des entrepositaires-grossistes en boissons, mais largement réécrite entre 2017 et 2023 : une nouvelle classification, un chapitre sur le temps de travail adapté aux saisons, un régime de prévoyance qui couvre la perte d'emploi des livreurs devenus inaptes au portage.

Cette page commence par vérifier que votre employeur entre bien dans son champ, puis présente la grille des salaires minima en vigueur, celle de l'avenant de mars 2026 étendu en mai, dont les deux premiers échelons ont été rattrapés par le SMIC en juin. Viennent ensuite la classification, la gratification annuelle, la durée du travail, les règles propres aux livreurs, les congés, la maladie, la prévoyance et la rupture du contrat. Deux simulateurs chiffrent un minimum mensuel et les indemnités de fin de contrat. Tout a été lu dans le texte intégral publié par la DILA, qui alimente Légifrance ; ce que nous n'avons pas pu vérifier est listé en fin de page.

Étape 0 : votre employeur relève-t-il de la convention des distributeurs CHD ?

L'article 1-1 vise les entreprises dont l'activité principale est le commerce en gros de toutes boissons, alcoolisées ou non. Le texte cite l'ancien code NAF 51.3J, devenu 46.34Z (commerce de gros de boissons) dans la nomenclature actuelle. Ce code imprimé sur le bulletin de paie n'est qu'un indice : un grossiste peut relever d'une autre branche s'il démontre que son activité principale réelle est différente.

Deux activités exclues, et une clause de champ non étendue

L'article 1-1, dans sa rédaction de 2001, exclut les entreprises dont l'activité principale est le commerce de gros de vins et spiritueux exclusivement, ainsi que celles qui pratiquent les traitements œnologiques et la mise en bouteille associés au commerce de gros. L'arrêté du 10 avril 2002 a exclu cette clause de l'extension, à cause de son chevauchement avec la convention des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs. Pour une entreprise qui n'adhère pas à la Fédération nationale des boissons, la frontière se règle donc au cas par cas, selon l'activité réellement dominante.

Négoce de vins et spiritueux : l'IDCC 493 Une maison qui vend en gros uniquement des vins et des spiritueux, ou qui les élabore et les met en bouteille, consultera la convention des vins, cidres, jus de fruits, sirops, spiritueux et liqueurs (IDCC 493). Le distributeur CHD, lui, livre toutes les boissons : bières, eaux, sodas, jus de fruits, sirops, vins et alcools.
Grossiste généraliste : l'IDCC 573 Un grossiste pour qui les boissons ne sont qu'une gamme parmi l'épicerie, les produits frais ou l'hygiène relève plutôt de la convention des commerces de gros (IDCC 573). C'est la part des boissons dans le chiffre d'affaires et dans l'activité qui fait pencher la balance.
Brasserie, eaux, sodas : l'IDCC 1513 La fabrication de bière, l'embouteillage d'eaux minérales et la production de boissons rafraîchissantes sans alcool relèvent d'une autre convention, celle des activités de production des eaux embouteillées, des boissons rafraîchissantes sans alcool et de bière du 1er septembre 2010 (IDCC 1513). Avant 2001, la convention CHD couvrait encore cette production à titre accessoire.
Transporteur qui livre pour autrui : l'IDCC 16 Le chauffeur salarié d'un grossiste reste dans la convention CHD, même s'il conduit un poids lourd toute la journée. En revanche, un transporteur qui livre des boissons pour le compte de ses clients relève de la convention des transports routiers (IDCC 16). Et les cafés et restaurants livrés appliquent la convention HCR.

Numéro, brochure et codes NAF : voir la fiche technique de l'IDCC 1536. Le bulletin de paie doit mentionner l'intitulé de la convention applicable (article R. 3243-1 du code du travail) : c'est le repère le plus fiable en cas de doute.

1. Des entrepositaires-grossistes en boissons aux distributeurs conseils hors domicile

Le texte de 1971 a été écrit pour les entrepositaires et les grossistes en boissons, ces entreprises régionales qui stockaient la bière, les eaux et les limonades des fabricants et les redistribuaient aux débits de boissons. Sa déclaration préliminaire parle encore de « l'ensemble des grossistes et entrepositaires sur le plan national ». À l'époque, le champ visait aussi, à titre accessoire, la production et le conditionnement de boissons rafraîchissantes sans alcool.

En 2001, les partenaires sociaux ont pris acte de « l'évolution de la profession d'entrepositaire grossiste en boissons vers les activités de conseil en consommation hors domicile » et vers la distribution de toutes les boissons. L'avenant n° 01-1 du 27 mars 2001 a donc rebaptisé la convention et réécrit son champ. Les révisions suivantes, de 2017 à 2020, ont réécrit presque tous les chapitres pour tenir compte des réformes du code du travail, avant la refonte de la classification en 2021.

15 décembre 1971
Signature de la convention nationale, applicable au 1er janvier 1972.
4 janvier 1974
Arrêté d'extension (JORF du 20 janvier 1974) : la convention s'impose à toutes les entreprises du champ.
27 mars 2001
Avenant n° 01-1 : nouvel intitulé « distributeurs conseils hors domicile » et nouvelle rédaction du champ.
8 novembre 2017
Avenants 2017-4 (rémunérations, maladie) et 2017-5 (temps de travail), étendus en 2019.
19 février 2020
Avenant 2020-1 : nouveaux chapitres sur le contrat, la rupture, les saisonniers et le permis de conduire.
1er novembre 2022
Entrée en vigueur de la classification en six niveaux et quatre échelons (accord 2021/2).
29 mai 2026
Publication de l'extension de l'avenant salarial n° 2026/1, grille en vigueur.

La convention est autonome : aucun arrêté de fusion de champ ne l'a rattachée à une autre branche, et elle continue de produire des accords sous son propre numéro, dont trois en 2026. Côté employeurs, elle est négociée par la Fédération nationale des boissons (FNB). Les derniers accords salariaux ont été signés, côté salariés, par la CFTC, la CFDT et la CFE-CGC ; FO a signé les grandes révisions de 2017 à 2020.

Source : convention collective nationale du 15 décembre 1971, articles 1er, 1-1 et 1.8 ; avenant n° 01-1 du 27 mars 2001 ; avenants 2017-4, 2017-5 et 2020-1 ; accord 2021/2 du 14 décembre 2021. Textes lus le 1er octobre 2026.

2. Grille des salaires étendue : 24 minima, dont deux sous le SMIC

La grille applicable au 1er octobre 2026 est celle de l'avenant n° 2026/1 du 3 mars 2026 relatif aux salaires minima au 1er mars 2026. Il remplace la grille de l'avenant 2025/1, qui s'appliquait depuis le 1er janvier 2025. Son arrêté d'extension, daté du 20 mai 2026, a été publié au Journal officiel du 29 mai 2026, sans réserve ni exclusion : depuis ce jour, ces minima s'imposent à toutes les entreprises de la branche, adhérentes ou non à la FNB.

Chaque minimum est un salaire mensuel brut pour 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois. Il se lit au croisement d'un niveau, de I à VI, et d'un échelon, de 1 à 4. La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026, à 12,31 € de l'heure, a fait passer deux échelons sous le minimum légal de 1 867,02 € : le niveau I échelon 1 (23,02 € en dessous) et le niveau I échelon 2 (11,02 € en dessous). Un salarié classé à l'un de ces échelons doit être payé au moins au SMIC. Le niveau I échelon 3, à 1 875 €, reste au-dessus de 7,98 €.

1 844 €
Niveau I échelon 1, sous le SMIC
4 632 €
Niveau VI échelon 4, cadres
2 sur 24
minima sous le SMIC
1/12
gratification annuelle en plus

Salaires minima conventionnels de l'avenant n° 2026/1 — base 151,67 heures

NiveauCatégorieÉchelon 1Échelon 2Échelon 3Échelon 4
VIIngénieurs et cadres3 572 €3 825 €4 304 €4 632 €
VIngénieurs et cadres2 531 €2 820 €3 037 €3 257 €
IVTechniciens et agents de maîtrise2 106 €2 161 €2 267 €2 376 €
IIITechniciens et agents de maîtrise2 002 €2 024 €2 054 €2 079 €
IIOuvriers et employés1 908 €1 929 €1 962 €1 982 €
IOuvriers et employés1 844 €
1 867,02 €*
1 856 €
1 867,02 €*
1 875 €1 891 €

Source : avenant n° 2026/1 du 3 mars 2026 relatif aux salaires minima au 1er mars 2026, article 1er, signé par la FNB, la CFTC CSFV, la FGA CFDT et la CFE-CGC Agro, étendu par arrêté du 20 mai 2026 (JORF du 29 mai 2026). Catégories : titre 1.1 de l'annexe 1 (accord 2021/2). * Niveau I échelons 1 et 2 : c'est le SMIC du 1er juin 2026 (12,31 €/h, 1 867,02 €/mois, arrêté du 22 mai 2026) qui est dû. Écarts calculés par nos soins.

Minimum mensuel de chaque échelon (barres groupées par niveau) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne). Les quatre niveaux non cadres tiennent dans une bande étroite, de 1 844 à 2 376 € ; l'écart s'ouvre avec les cadres, dont le niveau VI échelon 4 vaut 2,5 fois le premier échelon.

Un avenant salarial de juin 2026 en attente d'extension

La branche a signé le 29 juin 2026 un avenant n° 2026/3 sur les salaires minima conventionnels au 1er juin 2026, conclu par la FNB avec la CFDT et la CFTC. L'avis préalable à son extension a été publié au Journal officiel du 16 septembre 2026. Son texte n'était pas encore publié dans la base des conventions collectives au 30 septembre 2026 : nous ne connaissons pas ses montants et ne les publions donc pas. Tant que l'arrêté d'extension n'est pas paru, la grille ci-dessus reste le minimum opposable aux entreprises qui n'adhèrent pas à la FNB, sous le plancher du SMIC.

Ce qui entre dans la comparaison avec le minimum est défini par l'article 8.6 de la convention. On y inclut le salaire de base, les avantages en nature, les primes liées à l'activité individuelle ou collective, que le texte illustre par des primes de non-accident, de qualité, d'objectifs, de portage, de tonnage ou d'encaissement, et les autres primes récurrentes qui sont de fait un complément de salaire. En sont exclus les remboursements de frais, les primes forfaitaires de panier, d'outillage ou de salissure, les majorations pour heures supplémentaires, dimanche, jour férié ou nuit, les primes exceptionnelles liées aux résultats, la prime de transport, la participation, l'intéressement et la gratification annuelle.

Cette définition compte pour les livreurs : une prime de tonnage versée chaque mois peut servir à atteindre le minimum, alors qu'une indemnité de panier ne le peut pas. Pour convertir un minimum en salaire net, la calculatrice brut / net applique les cotisations réelles.

D'où vient la grille. La première grille de la nouvelle classification, annexée à l'accord du 14 décembre 2021, commençait à 1 594 €. Elle a été relevée en 2022, puis par les avenants suivants jusqu'à l'avenant 2025/1, qui fixait le premier échelon à 1 827 € au 1er janvier 2025. L'avenant 2026/1 l'a porté à 1 844 €, soit 17 € de plus, et le niveau VI échelon 4 de 4 591 € à 4 632 €.

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3. Simulateur : votre minimum, le dimanche et la gratification annuelle

Choisissez votre niveau, votre échelon et votre durée de travail : le simulateur applique la grille de l'avenant n° 2026/1, place le SMIC en plancher quand le minimum est inférieur, puis ajoute la majoration de 100 % prévue pour les heures travaillées un dimanche ou un jour férié. Il donne aussi un ordre de grandeur de la gratification annuelle si vous étiez payé au minimum toute l'année, et compare le résultat au salaire de base que vous saisissez.

Minimum conventionnel CHD — avenant n° 2026/1, étendu au JORF du 29/05/2026

Article 7.4 : majoration de 100 %, calculée ici sur le taux horaire minimum. Le cumul avec les heures supplémentaires est plafonné à 100 %.

La gratification est réservée au personnel présent au moment du versement ; elle se calcule sur les rémunérations des onze premiers mois.

Votre minimum brut du mois
—

Constantes du 01/10/2026 : grille de l'avenant n° 2026/1 ; SMIC 12,31 €/h depuis le 01/06/2026 ; gratification de l'article 4.5 estimée sur le seul minimum (sans primes ni heures supplémentaires) ; net estimé avec un coefficient de 0,78, simple estimation. Résultat indicatif : l'avenant 2026/3, non étendu, n'est pas intégré.

Exemple chiffré. Un livreur classé au niveau II échelon 2, à temps plein, a un minimum de 1 929 € par mois, soit un taux horaire de 12,72 € (1 929 € / 151,67 h). S'il travaille 7 heures un dimanche pendant le rush d'un festival, ces heures sont majorées de 100 %, soit 89,03 € de plus. Payé au minimum toute l'année, il touche en fin d'année une gratification égale à 11 × 1 929 € / 12, soit 1 768,25 € brut : sa rémunération annuelle minimale atteint 24 916,25 €, hors majorations.

Les métiers de l'entrepôt et de la livraison sont décrits dans les fiches chauffeur-livreur, préparateur de commandes et magasinier-cariste, qui donnent les formations d'accès et les fourchettes de salaire observées tous secteurs confondus.

4. Classification : six niveaux pesés sur quatre critères, quatre échelons de maîtrise

L'accord n° 2021/2 du 14 décembre 2021 a remplacé intégralement l'ancienne annexe 1, issue d'un accord du 24 avril 2007. Il est entré en vigueur le 1er novembre 2022, et les entreprises disposaient de dix-huit mois pour notifier à chaque salarié son nouveau positionnement. Le système fonctionne en deux temps : on « pèse » d'abord l'emploi, ce qui donne un niveau ; on apprécie ensuite la maîtrise du titulaire, ce qui donne un échelon. Il n'y a plus de coefficients.

La pesée porte sur quatre critères classants : la technicité, l'autonomie, l'animation d'une équipe et les relations internes et externes. Chacun est noté sur six degrés, d'un à six points. Un emploi coté au degré 4 en technicité, 3 en autonomie, 4 en animation et 3 en relationnel totalise ainsi 14 points, ce qui le place au niveau IV. C'est l'emploi réellement tenu, décrit dans la fiche de poste rédigée par l'entreprise, qui est pesé, et non le diplôme de la personne.

Score de la peséeNiveauCatégorie
4 à 5 pointsIOuvriers et employés
6 à 9 pointsIIOuvriers et employés
10 à 13 pointsIIITechniciens et agents de maîtrise
14 à 17 pointsIVTechniciens et agents de maîtrise
18 à 21 pointsVIngénieurs et cadres
22 à 24 pointsVIIngénieurs et cadres

Source : accord n° 2021/2 du 14 décembre 2021, annexe 1, titres 1.1 à 1.6, étendu par arrêté du 23 septembre 2022.

Les quatre échelons mesurent la maîtrise de l'emploi : l'échelon 1 correspond à l'accueil et à l'apprentissage, l'échelon 2 au stade avancé, l'échelon 3 à la maîtrise complète du poste, aléas compris, et l'échelon 4 à une expertise reconnue, qui peut aller jusqu'à former les autres. L'obtention d'un diplôme ou d'une certification est prise en compte, mais elle ne donne aucun droit à un passage automatique au degré ou à l'échelon supérieur.

Filière logistique

Agent logistique, livreur, approvisionneur, responsable entrepôt, responsable distribution, responsable logistique.

Filière commerciale

Vendeur en magasin, conseiller commercial hors domicile, itinérant ou spécialiste, chargé de l'administration des ventes, responsable commercial.

Filière technique

Technicien conseil hors domicile, qui installe et entretient le matériel chez les clients, et responsable technique.

Filière support

Assistant administratif, chargé de gestion comptabilité, chargé des ressources humaines, responsable informatique, responsable d'entreprise.

Ces emplois repères sont indicatifs : l'accord précise qu'ils n'ont « aucune valeur contraignante ou limitative » et ne fixe pas de niveau pour chacun d'eux. Un livreur peut donc être classé au niveau I ou II selon la pesée de son poste. Chaque salarié reçoit une notification écrite de son niveau et de son échelon. En cas de désaccord, il dispose d'un mois pour contester par écrit, l'employeur d'un mois pour répondre, puis un entretien est organisé ; le désaccord persistant peut être porté devant le comité social et économique ou, dans les entreprises qui n'en ont pas, devant la commission paritaire de la branche.

Le reclassement n'a entraîné ni baisse ni hausse automatique des salaires réels. Les responsables d'équipe et d'entrepôt trouveront une description de leurs fonctions dans la fiche responsable logistique.

5. Gratification annuelle, tutorat et frais : ce que la convention ajoute au salaire

La convention des distributeurs CHD ne connaît plus de prime d'ancienneté : l'avenant 2017-4 a supprimé la « garantie d'ancienneté » de l'ancien article 5.5. Elle prévoit en revanche une vraie gratification annuelle, assimilable à un treizième mois, une prime de tutorat et des règles de remboursement des frais. Le reste des primes (objectifs, tonnage, non-accident) relève de chaque entreprise.

Gratification annuelle : 1/12

Article 4.5 : pour tout le personnel présent dans les effectifs au moment du versement, quel que soit le contrat. Elle vaut un douzième du total des rémunérations brutes des onze premiers mois de l'année, avantages en nature, primes et heures supplémentaires compris.

Tutorat : 75 € par mois

Le salarié qui assure temporairement une fonction de tuteur, hors de ses missions habituelles, reçoit au minimum une prime fixe de 75 € bruts par mois pendant le tutorat. Il doit être au moins à l'échelon 4 du niveau de l'emploi préparé.

Frais de déplacement

Article 8.8 : frais réels sur justificatifs, avec une provision mensuelle ; usage du véhicule personnel indemnisé selon le barème kilométrique fiscal publié en février ; surcoût d'assurance « affaires » remboursé.

Le calcul de la gratification. Les versements fractionnés éventuels, par exemple un acompte en juin, ne s'ajoutent pas à la base des onze mois. Pour un salarié qui a connu des périodes assimilées à du travail effectif, comme un congé de maternité ou un arrêt pour accident du travail, la gratification ne peut être inférieure au salaire minimum conventionnel de sa catégorie, au prorata du temps de travail effectif. La condition de présence au moment du versement figure dans le texte, qui ne prévoit pas de prorata pour un salarié parti avant. Le calculateur de treizième mois aide à chiffrer un prorata quand un accord d'entreprise en prévoit un.

Un plafond pour les primes de rendement. L'article 4.4 limite le total des primes liées au rendement à 35 % du salaire brut total annuel. L'arrêté d'extension de 2019 avait exclu cet alinéa, mais le Conseil d'État a annulé cette exclusion le 13 décembre 2021 : la clause s'applique donc. Les heures supplémentaires sont payées en plus de la mensualisation avec leurs majorations, sauf forfait convenu qui les inclut.

Arrêt de travail décidé par l'entreprise

Pour les ouvriers et employés, l'annexe 2 prévoit que, en cas d'arrêt de travail imputable à l'entreprise, toute demi-journée commencée est payée intégralement. Le salarié qui n'a pas été prévenu, se présente à l'heure et ne peut prendre son poste reçoit une indemnité de deux heures de salaire. Lorsqu'un salarié occupe habituellement plusieurs emplois de catégories différentes, il est payé au taux de l'emploi le mieux rémunéré s'il l'occupe au moins la moitié de son temps, calculé par semaine (article 6.4).

Source : avenant n° 2017-4 du 8 novembre 2017 (rémunérations), articles 5.4, 5.5 et 9.8 devenus 4.4, 4.5 et 8.8 par l'avenant 2020-1 ; décision du Conseil d'État du 13 décembre 2021, n° 433577 ; accord 2021/2, titre 3 ; annexe 2, article 2.1.

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6. Durée du travail : saisons, journées de 12 heures, dimanche majoré de 100 %

La distribution de boissons vit au rythme des terrasses : pic d'activité l'été, dans les stations, pendant les fêtes et les grands événements sportifs. L'avenant 2017-5, entré en vigueur le 15 mai 2019, a construit le chapitre VII de la convention autour de cette saisonnalité. La durée du travail suit la loi, 35 heures par semaine, mais la convention ouvre plusieurs souplesses aux entreprises et fixe quelques garanties propres à la branche.

RègleConvention CHDRepère légal
Contingent annuel d'heures supplémentaires130 heures220 heures à défaut d'accord
Durée quotidienne maximale10 heures ; 12 heures en période saisonnière, dépassements récupérables immédiatement10 heures, dérogations possibles par accord
Répartition de la semainePossible sur 5 jours et demiRepos hebdomadaire de 24 heures
Heures supplémentairesMajorations légales ; repos compensateur de remplacement prioritaire25 % puis 50 %
Dimanche ou jour férié travaillé+ 100 %, sans condition d'anciennetéPas de taux légal général
Pause casse-croûte30 minutes payées pour un sédentaire travaillant au moins 7 h 48 de jour d'affilée20 minutes de pause dès 6 heures
Jours fériésChômés et payés pour tout le personnel, sans condition d'ancienneté1er mai seul chômé de droit

Source : avenant n° 2017-5 du 8 novembre 2017 relatif au temps de travail, articles 7.0 à 7.4. Repères légaux : articles L. 3121-30 et D. 3121-24 (contingent), L. 3121-18 (10 heures), L. 3121-36 (majorations), L. 3121-16 (pause), L. 3133-4 (1er mai).

Le dimanche et les jours fériés. Sous réserve des règles sur le repos hebdomadaire, le salarié qui travaille un dimanche ou un jour férié légal perçoit une majoration de salaire de 100 %. Cette majoration ne se cumule pas au-delà de 100 % avec celle des heures supplémentaires, sauf si la loi impose un taux au moins égal. Pour les cadres, agents de maîtrise et techniciens, le travail du dimanche et des jours fériés reste exceptionnel : il est limité aux foires et expositions, aux salons hôteliers, aux banquets professionnels et à la clôture du bilan, dans la limite de dix jours par an, et le salarié choisit entre la récupération et le paiement majoré.

Pas de majoration de nuit de branche. Les tournées commencent souvent très tôt, mais la convention ne fixe aucune majoration pour le travail de nuit. Ce sont les règles légales qui s'appliquent : un accord d'entreprise peut prévoir des contreparties et, à défaut, le statut de travailleur de nuit ouvre droit à un repos compensateur et à un suivi médical adapté. L'outil heures de nuit aide à repérer les heures concernées.

Annualisation : jusqu'à 44 heures en haute saison

L'article 7.7 permet de répartir la durée du travail sur l'année, par accord d'entreprise ou, à défaut, directement sur la base de l'accord de branche après consultation des représentants du personnel. La semaine peut monter à 44 heures en période haute et ne doit pas descendre habituellement sous 24 heures en période basse, hors semaines de récupération. La durée de référence est de 1 607 heures par an, journée de solidarité comprise. Le programme est affiché et peut être modifié avec un délai de prévenance de trois jours ouvrés en saison et sept jours hors saison. La rémunération est lissée sur la base de l'horaire moyen.

Horaire hebdomadaire en haute activitéJusqu'à 39 h40 h41 h42 h43 h44 h
Contingent annuel d'heures supplémentaires130 h110 h90 h70 h50 h30 h

Temps partiel et forfait jours. Un salarié à temps partiel travaille au moins trois heures d'affilée dans une journée, hors nettoyage, avec une seule interruption de deux heures au plus ; ses heures complémentaires sont limitées à 10 % de son horaire. Le forfait annuel en jours, révisé par l'avenant 2023/04, est fixé à 216 jours, journée de solidarité comprise ; un accord d'entreprise peut retenir un autre nombre sans dépasser 218 jours, et 235 jours au plus en cas de renonciation à des jours de repos. Il est ouvert aux cadres à partir du niveau V échelon 1 et aux non-cadres autonomes à partir du niveau III échelon 1. Enfin, un compte épargne-temps peut être ouvert après un an d'ancienneté.

Saisonniers : un droit à la reconduction

L'article 4.3 encadre le contrat saisonnier, d'une durée de sept mois au plus, congés payés compris, et qui ne peut servir à couvrir un simple surcroît d'activité. Quand le terme est imprécis, l'employeur prévient le salarié de la fin de saison une semaine à l'avance si le contrat a duré moins de cinq mois et demi, un mois au-delà. Le salarié qui a fait la saison précédente sans rupture anticipée peut demander, au plus tard un mois avant la saison, la reconduction de son contrat ; l'employeur répond au moins quinze jours avant. S'il manque à cette obligation alors que les conditions sont remplies, il doit une indemnité de non-reconduction de 7 % du salaire brut de la saison précédente, dans la limite d'un mois de salaire moyen. Le saisonnier est payé au moins comme un salarié en CDI de même qualification, et les jours fériés chômés lui sont payés après trois mois d'ancienneté.

Source : avenant 2017-5, articles 7.7 à 7.10 ; avenant n° 2023/04 du 30 novembre 2023 (forfait jours) ; avenant n° 2020-1 du 19 février 2020, article 4.3.

7. Livreurs et préparateurs : permis de conduire, portage et inaptitude

Livrer des fûts et des caisses dans les caves des bars, souvent par des accès étroits, use le dos et les épaules. La branche l'a reconnu dans plusieurs textes : elle prend en charge certaines visites médicales des chauffeurs, protège l'emploi en cas de suspension courte du permis, garantit un revenu au salarié devenu inapte à la conduite ou au portage, et a dressé en 2024 la liste de ses métiers exposés aux risques ergonomiques. Ces règles concernent d'abord les livreurs, les agents logistiques et les techniciens qui interviennent chez les clients.

Visites médicales du permis C payées

Pour les conducteurs de véhicules utilitaires de plus de 3,5 tonnes, le coût des visites médicales obligatoires pour renouveler le permis et le salaire perdu pendant ces visites sont pris en charge par l'entreprise, sur justificatif (annexe 2, article 3.1).

Suspension du permis de trois mois au plus

Article 8.10 : sans récidive, le salarié est reclassé, avec son accord, sur un emploi disponible. S'il refuse, son contrat est suspendu pendant trois mois au plus et il retrouve ensuite son poste ; il peut demander à prendre ses congés pendant cette période.

Le salarié qui a besoin du permis pour travailler doit prévenir immédiatement son employeur en cas de suspension ou de retrait. Au-delà de trois mois de suspension, ou en cas de retrait, la convention renvoie aux règles légales et à la jurisprudence. L'employeur fournit les équipements de protection nécessaires, y compris les chaussures de sécurité quand elles sont obligatoires, les vérifie périodiquement et forme les salariés à leur usage (annexe 2, article 2.2).

La garantie inaptitude à la conduite ou au portage

C'est la disposition la plus originale de la branche. Inscrite dans l'accord de prévoyance du 3 octobre 2023, en vigueur depuis le 18 juin 2024, elle couvre la perte de l'emploi de conduite ou de portage pour raisons médicales, soit par retrait du permis pour une durée indéterminée, soit par une déclaration d'inaptitude du médecin du travail. Elle vise les non-cadres occupant les emplois repères de livreur, d'agent logistique et de technicien conseil hors domicile. Un médecin expert décide de la prise en charge ; l'inaptitude volontaire est exclue.

Ancienneté du salariéPrestation
De 1 à 10 ansCapital égal à 1/12 de la base
De 11 à 15 ansCapital égal à 2/12 de la base
Au-delà de 15 ansRente trimestrielle de 35 % de la base, jusqu'à la retraite à taux plein, la reprise d'un emploi de conduite ou de portage, ou la fin de l'inaptitude

Source : accord n° 2023/03 du 3 octobre 2023 relatif au régime de prévoyance, article 3. Base : moyenne des rémunérations brutes des douze derniers mois, hors frais professionnels. Cotisation au plus égale à 0,15 % du salaire brut, au moins 60 % à la charge de l'employeur.

Si le salarié inapte est reclassé dans l'entreprise ou indemnisé par l'assurance chômage, la prestation est limitée à la différence entre 90 % de son ancienne rémunération revalorisée et ses nouveaux revenus. Elle ne se cumule pas avec des indemnités journalières ou une rente de la Sécurité sociale. Exemple : un livreur qui gagnait en moyenne 2 100 € brut par mois et compte 18 ans d'ancienneté reçoit une rente de 35 %, soit 735 € par mois, versée par trimestre ; s'il est reclassé ou indemnisé par l'assurance chômage, le plafond de 90 % s'applique.

Les métiers reconnus exposés aux risques ergonomiques

L'accord n° 2024/3 du 21 novembre 2024, en vigueur depuis le 1er juin 2025, classe parmi les métiers particulièrement exposés aux postures pénibles, aux manutentions manuelles de charges et aux vibrations les emplois de livreur et d'agent logistique, ainsi que les activités de chargement, déchargement, préparation de commandes, livraison chez le client, récupération des emballages vides et installation des équipements. Cette liste ouvre aux entreprises de la branche un accès bonifié au fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle, géré par l'Assurance maladie. Les caristes trouveront les règles de conduite des chariots dans la fiche magasinier-cariste.

Source : avenant 2020-1 (annexe 2, articles 2.2 et 3.1 ; article 8.10) ; accord n° 2024/3 du 21 novembre 2024, articles 1er et 2.

8. Congés payés et événements familiaux : deux durées sous la loi

Pour les congés payés, la convention renvoie à la loi, deux jours et demi ouvrables par mois de travail selon l'article L. 3141-3, et ajoute des règles d'organisation propres à une activité saisonnière. Les congés acquis doivent être pris au 30 avril. Au-delà des deux premières semaines, ils peuvent être fixés en dehors des périodes de forte activité, que l'employeur définit chaque année et affiche au moins trois mois avant la date limite de fixation des départs. La cinquième semaine se prend hors de ces périodes et ne s'accole pas aux autres congés, sauf accord.

Après un an de travail effectif dans l'entreprise, les absences pour maladie sont assimilées à du travail effectif pour le calcul des congés, dans la limite de deux mois au total sur la période de référence. Les congés d'ancienneté que prévoyaient autrefois les annexes catégorielles sont abrogés : il n'existe plus de jours supplémentaires liés à l'ancienneté dans la convention.

ÉvénementConvention (article 7.6)Code du travail (L. 3142-4)Ce qui s'applique
Mariage ou PACS du salarié6 jours4 joursConvention : 6 jours
Naissance ou arrivée d'un enfant adopté3 jours par enfant, dans les 15 jours qui entourent l'événement3 jours3 jours
Mariage ou PACS d'un enfant1 jour1 jour1 jour
Décès du conjoint, du partenaire de PACS ou du concubin3 jours3 jours3 jours
Décès du père, de la mère, d'un beau-parent, d'un frère ou d'une sœur3 jours3 jours3 jours
Décès d'un enfant6 jours12 jours, 14 si l'enfant a moins de 25 ansLoi : 12 ou 14 jours
Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer d'un enfant2 jours10 jours depuis le 14 juin 2026Loi : 10 jours
Décès d'un beau-frère ou d'une belle-sœur1 jour, après 3 mois d'anciennetéNon prévuConvention
Décès d'un grand-parent1 jour, après 1 an d'anciennetéNon prévuConvention
Événement religieux personnel fêté en famille1 jour, après 1 anNon prévuConvention

Source : avenant 2017-5, articles 7.5 et 7.6 ; article L. 3142-4 du code du travail dans sa version du 14 juin 2026, modifiée par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026. Jours ouvrables. Pour chaque décès, la convention accorde un jour de plus si le déplacement dépasse 1 000 kilomètres aller-retour.

Le congé pour décès d'un enfant et le congé pour l'annonce d'un handicap ont été écrits avant les réformes successives de la loi. Une convention ne peut pas faire moins que le code du travail sur ces durées minimales : l'employeur doit accorder les durées légales, même si la convention n'a pas encore été mise à jour. La convention reste en revanche plus favorable pour le mariage et pour plusieurs événements que la loi ignore.

Enfant malade : cinq jours payés

Après un an d'ancienneté, le salarié dont l'enfant de moins de 14 ans est malade peut s'absenter jusqu'à quinze jours calendaires consécutifs par année civile. Les cinq premiers jours sont rémunérés, sur présentation d'un certificat médical qui précise la nécessité de sa présence au chevet de l'enfant.

9. Maladie et prévoyance : un maintien de salaire selon la catégorie et l'ancienneté

La convention complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale pendant les arrêts pour maladie ou accident, avec des barèmes différents pour les ouvriers et employés, pour les agents de maîtrise et techniciens, et pour les cadres. Les durées sont comptées sur douze mois glissants : toutes les périodes indemnisées dans l'année qui précède un nouvel arrêt s'imputent sur les droits. Et le maintien ne peut jamais procurer plus que le salaire net que le salarié aurait touché en travaillant.

AnciennetéMaladie ou accident de trajetAccident du travail ou maladie professionnelle
6 mois à 3 ansDès 1 an : 7 jours de carence, puis 30 jours à 90 % et 60 jours à 75 %Sans carence : 60 jours à 90 %, puis 30 jours à 75 %
3 à 10 ans7 jours de carence, puis 75 jours à 90 % et 45 jours à 75 %90 jours à 90 %, puis 30 jours à 75 %
Plus de 10 ans7 jours de carence, puis 180 jours à 100 %180 jours à 100 %
AnciennetéMaladie ou accident de trajetAccident du travail ou maladie professionnelle
6 mois à 3 ansDès 1 an : 7 jours de carence, puis 70 jours à 90 % et 20 jours à 75 %90 jours à 90 %
3 à 10 ans7 jours de carence, puis 110 jours à 100 % et 10 jours à 75 %120 jours à 100 %
Plus de 10 ansSans carence : 180 jours à 100 %180 jours à 100 %
AnciennetéMaladie ou accident de trajetAccident du travail ou maladie professionnelle
6 mois à 3 ansDès 1 an, sans carence : 90 jours à 90 %90 jours à 90 %
3 à 10 ansSans carence : 120 jours à 100 %120 jours à 90 %
À partir de 10 ansSans carence : 180 jours à 100 %180 jours à 100 %

Source : avenant 2017-4, article 3 (annexes 2, 3 et 4) et article 9.5 devenu 8.4. Le barème maladie commence à un an d'ancienneté, le barème accident du travail à six mois.

Ces barèmes sont nettement plus favorables que le minimum légal de l'article L. 1226-1, qui prévoit, après un an d'ancienneté et sept jours de carence, 90 % du salaire pendant trente jours puis deux tiers pendant trente jours. Exemple : une préparatrice de commandes qui a cinq ans d'ancienneté et un arrêt maladie de quarante jours est indemnisée à partir du huitième jour, à 90 % de son salaire pendant les trente-trois jours suivants, indemnités journalières comprises. Le simulateur d'indemnités journalières chiffre la part versée par la Sécurité sociale.

La convention institue aussi une garantie d'emploi en cas d'absence pour maladie ou accident de trajet : trois mois pour un salarié qui a au moins un an de présence, quatre mois entre trois et dix ans, six mois au-delà. Après ce délai, si l'absence désorganise l'entreprise au point d'imposer un remplacement définitif, la procédure légale de licenciement s'applique, et le salarié qui avait au moins trois ans d'ancienneté bénéficie d'une priorité de réembauche pendant un an s'il la demande dans le mois.

Le régime de prévoyance de branche

L'accord n° 2023/03 du 3 octobre 2023 impose à toutes les entreprises des garanties socles. En cas de décès ou d'invalidité absolue, un capital de 200 % du salaire de référence pour les non-cadres et de 350 % pour les cadres, doublé en cas d'accident, avec une garantie « double effet » pour les enfants et des frais d'obsèques jusqu'à un plafond mensuel de la Sécurité sociale. S'y ajoutent une rente d'éducation de 6 %, 9 % ou 12 % du salaire selon l'âge de l'enfant, des indemnités complémentaires de 75 % du salaire à partir du 181e jour d'arrêt, une rente d'invalidité de 75 % et une aide de 1 200 € pour un salarié reconnu travailleur handicapé. L'employeur paie au moins 60 % des cotisations. La branche ne fixe pas de régime de frais de santé dans ses textes publiés : la complémentaire obligatoire relève du contrat de chaque entreprise.

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10. Période d'essai, préavis, indemnité de licenciement et départ à la retraite

La rupture du contrat est réglée par le chapitre V de la convention et par le premier chapitre de chacune des trois annexes catégorielles, réécrits par l'avenant 2020-1. La période d'essai est renouvelable une fois, à condition que le contrat le prévoie et que le salarié donne son accord exprès avant la fin de la première période. Les durées restent dans les maxima légaux des articles L. 1221-19 et L. 1221-21, et les délais de prévenance sont ceux de la loi.

CatégoriePériode d'essaiPréavis de licenciementPréavis de démission
Ouvriers et employés mensualisés2 mois, renouvelable 2 mois1 mois avant 2 ans d'ancienneté, 2 mois au-delà1 mois
Ouvriers et employés payés à l'heure1 semaine1 semaine avant 6 mois, 1 mois jusqu'à 2 ans, 2 mois au-delà1 semaine
Agents de maîtrise et techniciens3 mois, renouvelable 3 mois2 mois2 mois
Cadres4 mois, renouvelable 4 mois3 mois3 mois

Source : avenant 2020-1, articles 3.1 à 3.3 (annexes 2, 3 et 4, chapitre Ier, articles 1er et 1.1) et article 5.4 des dispositions communes.

Le préavis légal de l'article L. 1234-1, un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté puis deux mois, reste un plancher en cas de licenciement. Pendant le préavis, le salarié licencié comme le démissionnaire peut s'absenter deux heures par jour pour chercher un emploi, jusqu'à ce qu'il en ait trouvé un, alternativement un jour au choix de l'employeur et un jour au sien ; ces heures sont payées. Le salarié peut aussi être libéré de son préavis s'il prévient l'employeur vingt-quatre heures à l'avance et que celui-ci l'accepte, mais il perd alors le salaire du préavis non effectué. Le calculateur de préavis donne les dates de fin.

Indemnité de licenciement. Sauf faute grave ou lourde, elle se calcule sur le salaire mensuel de référence le plus avantageux, moyenne des douze derniers mois ou des trois derniers. Les annexes fixent un pourcentage de ce salaire par année d'ancienneté, qui augmente avec l'ancienneté. Elle ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale de l'article R. 1234-2 : un quart de mois par année jusqu'à dix ans, puis un tiers de mois au-delà, dès huit mois d'ancienneté.

AnciennetéOuvriers, employés, maîtrise, techniciensCadres
À partir de 8 mois25 % du salaire par année25 %
De 2 à 4 ans26 %26 %
De 5 à 9 ans28 %28 %
De 10 à 14 ans29 %33 %
De 15 à 24 ans30 %37 %
À partir de 25 ans32 %38 %

Le texte ne précise pas si le pourcentage atteint s'applique à toutes les années ou seulement à celles de la tranche. Le simulateur ci-dessous retient la première lecture, la plus proche de la formulation « par année d'ancienneté », et affiche toujours l'indemnité légale en comparaison. Avec cette lecture, la convention est un peu plus favorable que la loi pour les non-cadres et nettement pour les cadres au-delà de dix ans.

Départ volontaire à la retraite. Le salarié prévient son employeur par un moyen qui donne date certaine et respecte le préavis légal de licenciement. Les ouvriers et employés reçoivent 10 % d'un mois de salaire par année d'ancienneté, sans plafond ; les agents de maîtrise et techniciens, la moitié de leur indemnité de licenciement conventionnelle, dans la limite de trois mois ; les cadres, la moitié, dans la limite de quatre mois et demi. C'est plus favorable que l'indemnité légale de départ prévue par l'article L. 1237-9, d'un demi-mois après dix ans jusqu'à deux mois après trente ans (article D. 1237-1). En cas de mise à la retraite par l'employeur, encadrée par l'article L. 1237-5, l'indemnité est la plus favorable entre l'indemnité légale de licenciement et l'indemnité conventionnelle de départ.

Indemnités de fin de contrat : légal ou convention CHD

Indemnité minimale due
—

Constantes du 01/10/2026 : R. 1234-2 (1/4 de mois par an jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, dès 8 mois) ; annexes 2, 3 et 4, article 1.2 (pourcentage de la tranche atteinte appliqué à toutes les années) et article 1.3 (retraite) ; D. 1237-1 (1/2 mois à 10 ans, 1 mois à 15 ans, 1,5 mois à 20 ans, 2 mois à 30 ans). Résultat indicatif ; l'outil d'indemnité de licenciement détaille le calcul légal.

Exemples chiffrés. Un préparateur licencié après 12 ans avec un salaire de référence de 2 100 € a droit légalement à 10 × 1/4 + 2 × 1/3 = 3,17 mois, soit 6 650 €. Le barème conventionnel de 29 % par année lui donne 3,48 mois, soit 7 308 €. Une responsable commerciale cadre licenciée après 20 ans, avec 4 000 €, obtient 37 % × 20 = 7,4 mois, soit 29 600 €, contre 23 333,33 € au titre de la loi. Un chauffeur qui part à la retraite après 30 ans avec 2 000 € reçoit 3 mois, soit 6 000 €, contre 4 000 € au minimum légal.

Au moment du départ, l'employeur remet le reçu pour solde de tout compte, le certificat de travail et l'attestation destinée à France Travail. Le salarié licencié pour motif économique qui bénéficiait d'un logement de fonction doit le libérer dans les trois mois. La salariée enceinte peut rompre son contrat sans préavis et sans indemnité de rupture (article 8.3).

Source : avenant 2020-1, articles 5.4 à 5.5.2 des dispositions communes et articles 1.2 et 1.3 des annexes 2, 3 et 4 ; mise à la retraite étendue sous réserve des articles L. 1237-10 et suivants (arrêté du 5 février 2021) ; avenant 2018-5 (maternité).

11. Ce que nous ne publions pas, et pourquoi

Un minimum conventionnel ou une prime ne s'estiment pas. Voici les points que nous n'avons pas pu établir sur un texte officiel au 1er octobre 2026, et que cette page ne chiffre donc pas.

  • Les montants de l'avenant n° 2026/3 sur les salaires au 1er juin 2026 : le texte n'est pas encore publié ; la grille sera mise à jour dès son extension.
  • Le contenu de l'accord n° 2026/2 du 3 juin 2026 sur les salariés proches aidants, en cours d'extension.
  • Une prime de nuit, de panier ou de livraison de branche : aucun texte en vigueur n'en fixe ; elles relèvent des entreprises.
  • Le nombre d'entreprises et de salariés de la branche, faute de source officielle consultée.
  • Les garanties de frais de santé, propres au contrat de chaque entreprise.
  • Le détail des accords de formation obligatoire des chauffeurs-livreurs et de l'accord de prévention du 25 novembre 2025, non étendu à ce jour.
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12. FAQ sur la convention des distributeurs conseils hors domicile

Les sept questions les plus fréquentes sur la convention collective des distributeurs CHD, avec des réponses datées du 1er octobre 2026.

La grille applicable à toutes les entreprises de la branche est celle de l'avenant n° 2026/1 du 3 mars 2026, en vigueur au 1er mars 2026 et étendu par arrêté du 20 mai 2026 publié au Journal officiel du 29 mai 2026. Pour 151,67 heures par mois, les minima vont de 1 844 € au niveau I échelon 1 à 4 632 € au niveau VI échelon 4. Un nouvel avenant, n° 2026/3 du 29 juin 2026, est en cours d'extension, mais ses montants n'étaient pas publiés au 30 septembre 2026.

Oui, deux. Depuis la hausse du SMIC du 1er juin 2026, à 12,31 € de l'heure, soit 1 867,02 € par mois pour 35 heures, le niveau I échelon 1 (1 844 €) est 23,02 € sous le minimum légal et le niveau I échelon 2 (1 856 €) 11,02 € en dessous. Les salariés classés à ces échelons doivent percevoir au moins le SMIC. Le niveau I échelon 3, à 1 875 €, reste au-dessus.

L'article 4.5 de la convention accorde à tout le personnel présent dans les effectifs au moment du versement, quel que soit son contrat, une gratification annuelle égale à un douzième du total des rémunérations brutes des onze premiers mois de l'année civile, primes, heures supplémentaires et avantages en nature compris. Elle peut être versée en une ou plusieurs fois. Elle n'entre pas dans la comparaison avec le salaire minimum.

Pour un ouvrier ou un employé mensualisé, le préavis de licenciement est d'un mois avant deux ans d'ancienneté et de deux mois au-delà ; en cas de démission, il est d'un mois. Le salarié payé à l'heure a une semaine de préavis s'il démissionne, ou s'il est licencié avec moins de six mois d'ancienneté. Les agents de maîtrise et techniciens ont un préavis réciproque de deux mois et les cadres de trois mois. Pendant le préavis, deux heures par jour sont payées pour chercher un emploi.

Oui, légèrement pour les non-cadres et nettement pour les cadres. Les annexes fixent un pourcentage du salaire mensuel de référence par année d'ancienneté qui augmente avec l'ancienneté : 25 % dès 8 mois, puis 26 %, 28 %, 29 %, 30 % et 32 % à partir de 25 ans pour les ouvriers, employés, agents de maîtrise et techniciens ; jusqu'à 37 % puis 38 % pour les cadres. L'indemnité ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale.

Pas s'il vend exclusivement des vins et spiritueux. L'article 1-1 vise le commerce de gros de toutes boissons, alcoolisées ou non, mais exclut le commerce de gros de vins et spiritueux exclusivement, ainsi que les traitements œnologiques et la mise en bouteille associés au commerce de gros. Cette clause a été exclue de l'extension en 2002 à cause de son chevauchement avec la convention des vins et spiritueux (IDCC 493) : c'est l'activité principale réelle qui départage.

L'article 7.6 accorde, en jours ouvrables, 6 jours pour le mariage ou le PACS du salarié, 3 jours pour une naissance ou une adoption, 3 jours pour le décès du conjoint, d'un parent, d'un beau-parent, d'un frère ou d'une sœur, et 1 jour pour le mariage d'un enfant. Pour le décès d'un enfant (6 jours) et l'annonce du handicap d'un enfant (2 jours), la convention est moins favorable que la loi, qui prévoit 12 ou 14 jours et 10 jours depuis juin 2026 : c'est la loi qui s'applique.

Sources officielles

Toutes les valeurs de cette page ont été lues le 1er octobre 2026 dans le texte intégral des documents suivants, publiés en open data par la DILA :

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