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Les tranches de salaire et les plafonds du bulletin de paie

Tranche A, B, C d'un côté, tranche 1 et tranche 2 de l'autre : deux terminologies coexistent sur les bulletins, et elles ne recouvrent pas les mêmes bornes. Le tableau ci-dessous les compare, en euros, avec les plafonds 2026.

Tranche A, B, C ou tranche 1 et 2 : quelle différence ?

Une tranche est une fraction du salaire brut, délimitée par des multiples du plafond de la Sécurité sociale. Chaque cotisation s'applique à une ou plusieurs tranches, ce qui explique qu'un même bulletin affiche plusieurs lignes pour une même cotisation.

La confusion vient de la fusion AGIRC-ARRCO du 1er janvier 2019. Avant cette date, la retraite complémentaire distinguait les tranches A, B et C, avec un régime propre aux cadres. Depuis, il n'existe plus que deux tranches : T1 et T2, identiques pour les cadres et les non-cadres. Les anciennes tranches B et C ont été fondues dans la T2.

Les lettres n'ont pas disparu pour autant : les contrats de prévoyance et de frais de santé continuent très largement de raisonner en TA, TB et TC. Voir « tranche B » sur une ligne de mutuelle et « tranche 2 » sur une ligne de retraite complémentaire du même bulletin est donc parfaitement normal.

Tableau des tranches de salaire 2026

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS) s'établit à 4 005 € en 2026, soit un plafond annuel (PASS) de 48 060 €. Toutes les bornes en découlent :

Bornes des tranches de salaire — valeurs 2026 (PMSS 4 005 €)
TrancheBornesMensuelAnnuelOù on la rencontre
Tranche 1 (T1)0 à 1 PSS0 à 4 005 €0 à 48 060 €Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO depuis 2019
Tranche 2 (T2)1 à 8 PSS4 005 à 32 040 €48 060 à 384 480 €Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO depuis 2019
Tranche A (TA)0 à 1 PSS0 à 4 005 €0 à 48 060 €Prévoyance, frais de santé, contrats antérieurs à 2019
Tranche B (TB)1 à 4 PSS4 005 à 16 020 €48 060 à 192 240 €Prévoyance, frais de santé
Tranche C (TC)4 à 8 PSS16 020 à 32 040 €192 240 à 384 480 €Prévoyance haut de gamme, cadres dirigeants

Une tranche est une fraction, pas un total : la T2 ne « vaut » pas 32 040 €, elle correspond à la portion de salaire située entre 4 005 € et 32 040 €, soit une largeur maximale de 7 PMSS (28 035 €). Un salarié payé 6 000 € par mois a donc 4 005 € en T1 et 1 995 € en T2.

La « tranche D » existe-t-elle ?

Pas en retraite complémentaire. Le régime AGIRC-ARRCO s'arrête à 8 plafonds de la Sécurité sociale : au-delà, il n'y a plus de cotisation ni de droits. Le terme « tranche D » que l'on croise parfois provient de contrats de prévoyance ou de retraite supplémentaire qui définissent librement leurs propres assiettes au-delà de 8 PSS. Ce n'est pas une tranche réglementaire, et sa définition varie d'un contrat à l'autre : la seule source fiable est votre notice d'information.

Ce qui a disparu en 2019

La fusion a emporté avec elle plusieurs lignes que l'on trouve encore sur d'anciens bulletins et qui n'ont plus cours depuis le 31 décembre 2018 : la GMP (garantie minimale de points), l'AGFF et la CET AGIRC. Si l'une d'elles figure sur un bulletin récent, c'est une anomalie de paramétrage.

Le SMIC et le plafond de la Sécurité sociale, eux, sont deux valeurs indépendantes qu'il ne faut pas confondre : le premier est un minimum de rémunération, le second une borne de calcul des cotisations. Ils sont revalorisés selon des mécanismes distincts et à des dates différentes.

Le détail, rubrique par rubrique

Chaque tranche et chaque plafond dispose de sa fiche dédiée, avec ses montants, son mode de calcul et ses cas particuliers.

Questions fréquentes

Aucune quant aux bornes : les deux désignent la fraction de salaire comprise entre 0 et 1 plafond de la Sécurité sociale, soit 0 à 4 005 € par mois en 2026. La différence est de vocabulaire et d'époque. « Tranche A » est la terminologie antérieure à la fusion AGIRC-ARRCO du 1er janvier 2019, encore employée en prévoyance et en frais de santé. « Tranche 1 » est le terme en vigueur dans la retraite complémentaire depuis 2019.

Avec un plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € en 2026 : la tranche A va de 0 à 4 005 € par mois, la tranche B de 4 005 à 16 020 € (1 à 4 plafonds), et la tranche C de 16 020 à 32 040 € (4 à 8 plafonds). En valeurs annuelles, cela donne respectivement 0 à 48 060 €, 48 060 à 192 240 € et 192 240 à 384 480 €.

Parce que deux régimes coexistent sur le même bulletin. La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO raisonne en T1 et T2 depuis 2019. Les contrats de prévoyance et de frais de santé, eux, ont conservé les assiettes TA, TB et TC, que leurs conditions générales définissent contractuellement. Ce n'est ni une erreur ni un doublon : les deux lignes portent sur des cotisations différentes.

Oui, la T2 s'arrête à 8 plafonds de la Sécurité sociale, soit 32 040 € par mois en 2026. Mais attention à la lecture : la T2 est la fraction comprise entre 1 et 8 plafonds, sa largeur maximale est donc de 7 plafonds, soit 28 035 €. Au-delà de 32 040 € de salaire mensuel, la rémunération n'est plus soumise à cotisation de retraite complémentaire et n'ouvre plus de droits.

Pas dans la réglementation. Le régime AGIRC-ARRCO s'arrête à 8 plafonds de la Sécurité sociale. Le terme « tranche D » apparaît uniquement dans certains contrats de prévoyance ou de retraite supplémentaire qui définissent librement une assiette au-delà de ce seuil. Sa définition n'étant pas normée, elle varie d'un contrat à l'autre : seule la notice d'information de votre contrat fait foi.

Le plafond mensuel (PMSS) est de 4 005 € et le plafond annuel (PASS) de 48 060 € en 2026, soit une revalorisation de 2 % par rapport à 2025. Ces valeurs servent de référence à la quasi-totalité des tranches et des plafonds de cotisation, ainsi qu'au calcul de nombreuses prestations.

La garantie minimale de points assurait à un cadre dont le salaire ne dépassait pas le plafond de la Sécurité sociale l'acquisition d'un minimum de points AGIRC. Elle a pris fin le 31 décembre 2018 avec la fusion AGIRC-ARRCO, en même temps que l'AGFF et la CET AGIRC. Si l'une de ces lignes figure encore sur un bulletin récent, il s'agit d'une erreur de paramétrage.

Non, et la confusion est fréquente. Le SMIC est un salaire minimum légal en dessous duquel un employeur ne peut pas rémunérer un salarié. Le plafond de la Sécurité sociale est une borne de calcul : il délimite les tranches et plafonne l'assiette de certaines cotisations. Les deux sont revalorisés selon des mécanismes différents, à des dates différentes, et n'ont aucun lien arithmétique entre eux.