Entreprises extérieures et plan de prévention
Le plan de prévention écrit

Module 3 / 4  ·  Sommaire complet de la formation

Module 3 : Le plan de prévention écrit 20 min de lecture

3.1 Seuil de 400 heures : compter les heures de l'opération

Le plan de prévention existe dès qu'il y a des risques d'interférence ; il doit être écrit dans deux cas. Le premier repose sur un volume d'heures. Encore faut-il savoir quelles heures compter, sur quelle période, et à quel moment.

Estimer les heures prévisibles de l'opération

Additionnez chaque entreprise extérieure, sous-traitants compris. Le calcul se fait dans votre navigateur, rien n'est enregistré.

Estimation pédagogique : l'appréciation se fait sur les heures prévisibles de toute l'opération, sur douze mois au plus, et se réexamine en cours de travaux.

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Le texte du 1° de l'article R4512-7

Le plan de prévention est établi par écrit et arrêté avant le commencement des travaux « dès lors que l'opération à réaliser par les entreprises extérieures, y compris les entreprises sous-traitantes auxquelles elles peuvent faire appel, représente un nombre total d'heures de travail prévisible égal au moins à 400 heures sur une période inférieure ou égale à douze mois, que les travaux soient continus ou discontinus. Il en est de même dès lors qu'il apparaît, en cours d'exécution des travaux, que le nombre d'heures de travail doit atteindre 400 heures ».

— Code du travail, article R4512-7, 1°

Chaque mot compte :

  • « égal au moins à 400 heures » : 400 heures pile suffisent. Écrire « plus de 400 heures » est une erreur fréquente ;
  • « prévisible » : on raisonne sur la prévision, avant le début, pas sur les heures constatées après coup ;
  • « total » et « y compris les entreprises sous-traitantes » : on additionne toutes les entreprises extérieures de l'opération ;
  • « sur une période inférieure ou égale à douze mois » : pas l'année civile, mais toute période de douze mois au plus ;
  • « continus ou discontinus » : des interventions espacées dans le temps s'additionnent si elles relèvent de la même opération.
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Quelles heures compter, et lesquelles écarter

À compter

  • Les heures de travail de chaque intervenant de chaque entreprise extérieure
  • Les heures des sous-traitants, de rang 1 comme de rang 2
  • Les interventions répétées d'une même opération sur douze mois

Hors du calcul

  • Les heures des salariés de l'entreprise utilisatrice : le texte vise l'opération « à réaliser par les entreprises extérieures »
  • Les opérations de chargement et de déchargement, qui relèvent du protocole de sécurité (R4515-1)

Le calcul se fait en heures de travail, pas en jours-hommes ni en heures de présence d'un véhicule. Une équipe de quatre personnes pendant deux semaines de cinq jours à 7 heures représente 4 × 10 × 7 = 280 heures ; avec deux sous-traitants de deux personnes pendant trois jours, on ajoute 2 × 2 × 3 × 7 = 84 heures, soit 364 heures au total.

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Le seuil franchi en cours de travaux

La seconde phrase du 1° couvre une situation fréquente : une intervention estimée sous le seuil qui s'allonge (découverte d'une corrosion plus étendue, pièces en retard, travaux supplémentaires). Dès qu'il apparaît que le nombre d'heures doit atteindre 400 heures, le plan doit être établi par écrit.

250 h

prévues au départ : plan non écrit possible

Avenant

+ 180 h de travaux supplémentaires

430 h

prévisibles : plan écrit, sans attendre la fin

Le bon déclencheur est l'événement qui modifie la prévision (avenant, nouveau devis, renfort d'équipe), pas la date à laquelle le compteur réel franchit 400. L'inspection du travail peut demander aux entreprises extérieures l'état des heures réellement passées sur l'opération (R4511-12).

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Contrats de maintenance et interventions récurrentes

Un prestataire qui vient deux jours par mois toute l'année pour la maintenance préventive des mêmes équipements réalise des travaux « discontinus » qui peuvent concourir à un même objectif, donc former une seule opération au sens de R4511-4. Dans ce cas, ses heures s'additionnent sur douze mois :

2

techniciens

24

jours sur l'année (2 par mois)

336 h

à 7 h par jour : sous le seuil

Avec un troisième technicien, le total passe à 504 heures et le plan doit être écrit. En pratique, beaucoup d'entreprises utilisatrices établissent pour ces contrats un plan de prévention écrit annuel, complété à chaque intervention pour ce qui change. Ce n'est pas imposé sous le seuil, mais c'est la manière la plus simple de ne pas se tromper de calcul.

À l'inverse, des interventions sans lien entre elles (le dépannage d'un portail en mars, la révision d'une chaudière en octobre) ne forment pas une même opération : chacune s'apprécie séparément.

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Sous le seuil : ce qui reste obligatoire

Une intervention de moins de 400 heures, sans travaux dangereux, n'échappe pas au régime. Restent dus :

  • l'inspection commune préalable (R4512-2, R4512-3) ;
  • la communication des consignes et l'échange d'informations (R4512-4, R4512-5) ;
  • l'analyse commune des risques d'interférence et, s'il en existe, un plan de prévention arrêté d'un commun accord avant le début des travaux (R4512-6) ;
  • l'information des intervenants sur place (R4512-15).
Le plan peut alors rester oral. Le formaliser malgré tout est une recommandation largement partagée : en cas d'accident, l'écrit est le seul moyen de démontrer que l'analyse a eu lieu et ce qui avait été convenu.
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Deux seuils à ne pas confondre : 400 et 90 000 heures

SeuilCe qu'on compteConséquenceArticle
400 heuresUne opération, toutes ses entreprises extérieures, sur 12 mois au plusPlan de prévention écrit et arrêté avant le débutR4512-7, 1°
90 000 heuresL'ensemble des opérations de toutes les entreprises extérieures de l'établissement, pour les 12 mois à venirInspections et réunions de coordination au moins tous les trois moisR4513-5

Le second seuil concerne les grands sites (raffineries, chimie, centrales, sidérurgie) et se traite au chapitre 4.1. Pour vérifier rapidement si une situation donnée impose l'écrit, l'assistant plan de prévention, PPSPS ou protocole pose les deux questions dans le bon ordre.

Écrit ou non : l'arbre des deux critères

Question 1 — Des travaux de la liste de l'arrêté du 19 mars 1993 ? Oui → écrit
Question 2 — Au moins 400 heures prévisibles sur 12 mois au plus, sous-traitants compris ? Oui → écrit
Sinon — Analyse commune et plan obligatoires, écrit recommandé ; réexaminer si la prévision change.

Sources

  • Code du travail, articles R4511-4, R4511-12, R4512-2 à R4512-7, R4512-15, R4513-5, R4515-1 — Légifrance
  • INRS, dossier « Entreprises extérieures » — inrs.fr

À retenir

  • Plan écrit dès au moins 400 heures prévisibles (pas « plus de 400 »), sur 12 mois au plus (R4512-7, 1°).
  • On additionne toutes les entreprises extérieures, sous-traitants compris ; pas les salariés de l'EU.
  • Travaux continus ou discontinus : les interventions d'une même opération s'additionnent.
  • Seuil atteint en cours de route : le plan devient écrit dès que la prévision change.
  • Sous le seuil : inspection, analyse commune et plan restent dus ; l'écrit est recommandé.
  • 90 000 heures (tout l'établissement) : réunions de coordination au moins tous les trois mois (R4513-5).

Sommaire de la formation

Contenu relu par le Pôle HSE & Risques industriels · Politique éditoriale