Convention Collective du Thermalisme 2026 : Grille des Établissements Thermaux, Saisonniers et Droits
Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 2104. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.
Agent thermal en soins, hydrothérapie ou accueil des curistes, aide-soignant, infirmier, kinésithérapeute, technicien des installations d'eau, employé administratif d'une station thermale : ces salariés relèvent de la convention collective nationale du thermalisme du 10 septembre 1999, numéro IDCC 2104. Mais ce texte ne vit plus seul : depuis un accord de 2019, son champ est fusionné avec celui de l'hospitalisation privée, et les règles des établissements thermaux se construisent désormais dans cette branche commune.
Cette fusion explique l'essentiel des questions que posent les salariés et les employeurs du secteur. Quelle grille appliquer, puisque deux textes de rémunération coexistent ? Pourquoi un agent thermal débutant a-t-il un minimum conventionnel inférieur au SMIC ? Quels droits garde le saisonnier qui revient chaque année pour la saison des cures ? La réponse tient à une chronologie précise, que la page reprend pas à pas, texte officiel à l'appui.
Vous trouverez ici la grille de rémunération minimale annuelle propre aux établissements thermaux (17 niveaux), la dernière grille thermale étendue, leur comparaison avec le SMIC du 1er juin 2026, un simulateur, les éléments complémentaires de rémunération (ancienneté, expérience, activités thermales), le régime très protecteur du contrat saisonnier, les jours fériés, la rupture du contrat et les congés familiaux. Ce que nous n'avons pas pu vérifier sur une source primaire figure en clair dans une section dédiée.
Étape 0 : votre établissement relève-t-il de la convention du thermalisme ?
L'article II de la convention vise les sociétés de droit privé à but lucratif exploitant des établissements thermaux, en France métropolitaine, en Corse et dans les départements d'outre-mer. Le code NAF de référence cité par l'accord de fusion de 2019 est le 96.04Z « entretien corporel », sous-classe dans laquelle l'INSEE range explicitement les stations thermales. Ce code reste indicatif : c'est l'activité principale réelle qui détermine la convention.
| Situation | Convention probable | Pourquoi |
|---|---|---|
| Établissement thermal exploité par une société privée à but lucratif | Thermalisme, IDCC 2104 (champ fusionné avec la 2264) | Article II de la CCN de 1999 ; NAF 96.04Z |
| Clinique, hôpital privé ou EHPAD privé à but lucratif | Hospitalisation privée, IDCC 2264 | Convention de rattachement de la branche |
| Établissement de soins ou de cure privé à but non lucratif | CCN 51, IDCC 29 | Le critère lucratif sépare les deux branches |
| Institut de beauté ou spa sans activité thermale | Souvent l'esthétique-cosmétique, IDCC 3032 | Pas d'exploitation d'une eau thermale |
| Hôtel ou restaurant exploité par une société distincte de l'établissement thermal | HCR, IDCC 1979 | Activité principale hôtelière |
Numéro, brochure et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 2104. Le réflexe fiable reste la mention obligatoire du bulletin de paie (article R. 3243-1 du code du travail).
Sommaire
- La fusion avec l'hospitalisation privée
- Grille des établissements thermaux et SMIC
- Simulateur de rémunération minimale
- Classification et compléments de rémunération
- Saisonniers : reconduction et indemnité
- Temps de travail, dimanche, jours fériés
- Congés et événements familiaux
- Essai, préavis, licenciement
- Santé, prévoyance, formation
- Ce que nous ne publions pas
- FAQ
- Sources officielles
1. La fusion avec l'hospitalisation privée : ce qui a changé depuis 2019
La convention du thermalisme a été signée le 10 septembre 1999 et étendue par arrêté du 2 mars 2000, publié au Journal officiel du 11 mars 2000. Elle a fonctionné comme une branche autonome pendant vingt ans, avec sa propre classification des emplois thermaux, ses grilles annuelles et ses accords sur la prévoyance ou le temps partiel. La politique de restructuration des branches professionnelles, qui vise à réduire le nombre de conventions de petite taille, a ensuite conduit les partenaires sociaux à rapprocher le thermalisme d'une branche voisine par ses métiers de soins : l'hospitalisation privée à but lucratif.
L'accord du 14 mars 2019, signé côté employeurs par le SYNERPA, la FHP et le CNETh, et côté salariés par la CFDT, FO et la CFTC, a fusionné les champs d'application des deux conventions. La convention de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002 est désignée comme convention de rattachement. L'accord a été étendu par arrêté du 28 juillet 2020, publié au Journal officiel du 12 août 2020 : il s'impose donc à tous les établissements thermaux, adhérents ou non d'une organisation patronale.
Le code du travail encadre cette période. L'article L. 2261-33 prévoit que les stipulations des deux conventions qui régissent des situations équivalentes sont remplacées par des stipulations communes dans un délai de cinq ans, que les différences temporaires de traitement ne peuvent pas être invoquées pendant ce délai et, surtout, qu'à défaut d'accord conclu dans ce délai, les stipulations de la convention de rattachement s'appliquent. L'accord d'intégration du 29 janvier 2021 a fixé la fin de ce délai au 29 février 2024 et l'écrit en toutes lettres : à défaut d'accords à cette date, la convention de l'hospitalisation privée devient applicable aux salariés du thermalisme.
Ce que cela signifie concrètement en 2026
Sur les sujets où la branche n'a pas conclu de règle commune, c'est désormais la convention de l'hospitalisation privée qui a vocation à s'appliquer dans les établissements thermaux. Plusieurs textes propres au thermal restent en vigueur parce qu'ils ont été négociés dans la branche fusionnée ou maintenus par elle : l'avenant sur le travail saisonnier, la grille de rémunération thermale de 2023, le régime de complémentaire santé thermal. Mais l'accord d'intégration de 2021, qui dressait la liste article par article, n'a jamais été étendu et a été dénoncé en partie. Pour une situation individuelle, la lecture des deux textes et de l'accord d'entreprise éventuel reste indispensable.
Le ministère du Travail tire lui-même les conséquences de la fusion : sur le Code du travail numérique, la fiche de la convention 2104 renvoie désormais directement vers celle de l'hospitalisation privée. Le numéro 2104 reste cependant affiché sur Légifrance, et les accords récents de la branche commune précisent expressément qu'ils s'appliquent aux « établissements du secteur thermal », comme l'accord du 3 juillet 2025 sur la formation professionnelle, étendu par arrêté du 8 janvier 2026.
Source : accord du 14 mars 2019 relatif à la fusion des champs d'application (étendu par arrêté du 28 juillet 2020) ; accord du 29 janvier 2021 relatif à l'intégration et à l'adaptation progressives (non étendu, dénoncé par la CFDT et FO le 9 avril 2024) ; arrêté du 8 janvier 2026 ; textes lus le 29 septembre 2026.
2. La grille des établissements thermaux : 17 niveaux, dont 7 sous le SMIC
L'avenant n° 33 du 22 février 2023 a refondu la classification et la rémunération de toute la branche de l'hospitalisation privée, établissements thermaux compris. Il remplace les anciennes grilles, dont celle de la classification thermale de 2016, par une grille unique de 17 niveaux. Chaque niveau reçoit une rémunération minimale annuelle de niveau (RMAN), exprimée en euros bruts pour une année complète à temps plein sur la durée légale. Comme les établissements thermaux ne bénéficient pas des revalorisations du Ségur de la santé, l'avenant leur consacre une annexe spécifique, l'annexe C ter, avec des montants plus bas que ceux des cliniques et des EHPAD.
Une grille non étendue, qui ne s'impose pas à tous
L'avenant n° 33 a été signé par la FHP, l'UNSA et la CFDT, et son accord de transposition du 5 juillet 2023 par le SYNERPA et la FHP. Il s'applique depuis le 1er janvier 2024 aux adhérents des organisations patronales signataires. Légifrance le présente comme non étendu au 29 septembre 2026 : un établissement thermal qui n'adhère à aucune organisation signataire n'est pas tenu par cette grille, mais reste lié par la dernière grille thermale étendue, présentée plus bas, et dans tous les cas par le SMIC.
Annexe C ter : rémunération minimale annuelle des établissements thermaux
| Niveau | Emploi repère | RMAN annuelle | Équivalent mensuel (÷ 12) | Écart au SMIC annuel |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Agent thermal | 20 512 € 22 404,24 €* | 1 709,33 € | − 1 892,24 € |
| 2 | Employé des services hospitaliers | 21 028 € 22 404,24 €* | 1 752,33 € | − 1 376,24 € |
| 3 | Agent de stérilisation, employé des services administratifs et généraux, brancardier | 21 128 € 22 404,24 €* | 1 760,67 € | − 1 276,24 € |
| 4 | Animateur, cuisinier | 21 228 € 22 404,24 €* | 1 769,00 € | − 1 176,24 € |
| 5 | Accompagnant éducatif et social | 21 328 € 22 404,24 €* | 1 777,33 € | − 1 076,24 € |
| 6 | Secrétaire médicale | 21 428 € 22 404,24 €* | 1 785,67 € | − 976,24 € |
| 7 | Aide-soignant | 22 000 € 22 404,24 €* | 1 833,33 € | − 404,24 € |
| 8 | Assistant des services administratifs ou généraux, technicien spécialisé, préparateur en pharmacie | 24 023 € | 2 001,92 € | + 1 618,76 € |
| 9 | Assistant de service social | 24 420 € | 2 035,00 € | + 2 015,76 € |
| 10 | Infirmier diplômé d'État (IDE) | 26 880 € | 2 240,00 € | + 4 475,76 € |
| 11 | Kinésithérapeute, responsable d'unité / IDEC, IBODE | 29 880 € | 2 490,00 € | + 7 475,76 € |
| 12 | Psychologue, IADE, IPA | 30 280 € | 2 523,33 € | + 7 875,76 € |
| 13 | Sage-femme | 30 480 € | 2 540,00 € | + 8 075,76 € |
| 14 | Responsable de service de soins | 31 228 € | 2 602,33 € | + 8 823,76 € |
| 15 | Pharmacien, médecin, directeur des soins ou opérationnel | 41 086 € | 3 423,83 € | + 18 681,76 € |
| 16 | Médecin coordonnateur | 45 000 € | 3 750,00 € | + 22 595,76 € |
| 17 | Directeur | 44 528 € | 3 710,67 € | + 22 123,76 € |
Source : avenant n° 33 du 22 février 2023 relatif à la classification et à la rémunération des emplois, article 8.1.2 et annexe C ter « avenant salarial spécifique aux établissements thermaux », lue dans le bulletin officiel 2023-15 et sur Légifrance le 29 septembre 2026. Équivalents mensuels et écarts calculés par nos soins. * Niveaux 1 à 7 : c'est le SMIC du 1er juin 2026 qui est dû (12,31 €/h, 1 867,02 €/mois, soit 22 404,24 € sur douze mois). Le niveau 17 est inférieur au niveau 16 dans le texte officiel ; nous le reproduisons tel quel.
Équivalent mensuel de la RMAN thermale de chaque niveau (barres) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne). Les sept premières barres passent sous la ligne.
Lire cette grille demande deux précautions. D'abord, la RMAN n'est pas le salaire de base mensuel : c'est un montant annuel, et l'avenant compare chaque année la rémunération réellement perçue, primes comprises, à la rémunération annuelle conventionnelle, qui ajoute à la RMAN les éléments complémentaires décrits à la section 4. L'article 9 en fait le salaire minimum hiérarchique au sens de l'article L. 2253-1 du code du travail. Ensuite, le SMIC s'apprécie chaque mois : un minimum annuel sous le SMIC ne permet jamais de verser un salaire mensuel inférieur à 1 867,02 € brut pour un temps plein.
Une grille qui n'a pas bougé depuis 2023
L'avenant prévoit une négociation annuelle de la RMAN, un écart minimal de 100 € par an entre les niveaux 2 à 6 et l'ouverture d'une négociation dans les 45 jours qui suivent chaque hausse du SMIC. Au 29 septembre 2026, nous n'avons trouvé sur Légifrance aucun avenant revalorisant l'annexe C ter : les montants signés en février 2023 sont toujours ceux du texte, et c'est pourquoi les sept premiers niveaux ont été rattrapés par le SMIC.
La dernière grille thermale étendue : avenant du 25 mai 2022
Avant la nouvelle classification, le secteur thermal avait sa propre grille mensuelle par emplois. La dernière revalorisation, l'avenant du 25 mai 2022, a été étendue par arrêté du 25 août 2022, publié au Journal officiel du 31 août 2022, et s'applique « uniquement dans le secteur d'activité thermal ». C'est la grille qui s'impose aux établissements que l'avenant n° 33 ne lie pas. Elle date d'avant les hausses du SMIC de 2023 à 2026 : sept emplois sur dix sont désormais sous le minimum légal.
| Emploi | Minimum mensuel, avenant du 25/05/2022 | Écart au SMIC mensuel |
|---|---|---|
| Agent d'exécution 1 | 1 646 € 1 867,02 €* | − 221,02 € |
| Agent d'exécution 2 | 1 658 € 1 867,02 €* | − 209,02 € |
| Agent qualifié | 1 670 € 1 867,02 €* | − 197,02 € |
| Agent thermal CQP de branche | 1 685 € 1 867,02 €* | − 182,02 € |
| Agent hautement qualifié | 1 765 € 1 867,02 €* | − 102,02 € |
| Agent de maîtrise 1 | 1 795 € 1 867,02 €* | − 72,02 € |
| Agent de maîtrise 2 | 1 865 € 1 867,02 €* | − 2,02 € |
| Agent de maîtrise 3 | 1 935 € | + 67,98 € |
| Cadre 1 | 2 500 € | + 632,98 € |
| Cadre 2 | 2 880 € | + 1 012,98 € |
| Cadre supérieur | non chiffré par l'avenant | — |
Source : avenant du 25 mai 2022 relatif à la revalorisation de la grille des salaires conventionnels minimaux, signé par le SYNERPA, l'UNSA, la CFDT et la CGT, étendu par arrêté du 25 août 2022 (JORF du 31 août 2022), effet au 1er juin 2022 ; lu deux fois le 29 septembre 2026. Base 35 heures. * C'est le SMIC qui est dû.
3. Simulateur : votre rémunération minimale dans un établissement thermal
Choisissez votre niveau dans la grille thermale de l'avenant n° 33, votre temps de travail et votre ancienneté dans l'entreprise. Le simulateur calcule la rémunération annuelle conventionnelle, en ajoutant l'élément complémentaire d'ancienneté et, pour les agents thermaux, l'élément lié aux activités de soins, puis la compare au SMIC. Si votre employeur n'est pas lié par l'avenant n° 33, basculez sur la grille de 2022.
Minimum conventionnel du thermalisme — constantes au 29/09/2026
Constantes du 29/09/2026 : annexe C ter de l'avenant n° 33 du 22/02/2023 et annexes D et E (éléments complémentaires) ; grille de l'avenant du 25/05/2022 ; SMIC 12,31 €/h, 1 867,02 €/mois depuis le 01/06/2026 ; net estimé avec un coefficient de 0,78. Estimation indicative, hors élément d'expérience professionnelle et hors éléments de compétences. Pour un calcul précis du net, utilisez la calculatrice brut / net.
4. Classification et éléments complémentaires : ce qui s'ajoute au minimum
La nouvelle classification repose sur la pesée des emplois selon cinq critères : formation, expérience et qualification ; complexité et diversité des compétences ; responsabilité ; dimension relationnelle ; autonomie. Elle range les emplois en 17 niveaux et quatre statuts, employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, qui servent notamment à fixer la période d'essai, le préavis et le collège électoral. L'agent thermal, emploi repère du niveau 1, est le cœur de métier du secteur ; les autres emplois des stations, comme l'aide-soignant, l'infirmier ou le kinésithérapeute, sont classés au même niveau que leurs homologues des cliniques.
Les emplois qui ne figurent pas dans la liste sont rattachés à l'emploi repère le plus proche par leur formation, leurs activités ou leurs compétences, et reçoivent sa RMAN. Pour un emploi absent de la grille, comme celui du technicien qui surveille les installations d'eau et les réseaux (métier décrit dans notre fiche technicien du traitement de l'eau), le niveau se détermine par la pesée de ses missions selon les cinq critères. L'entreprise peut toujours classer un emploi à un niveau ou un statut supérieur.
Ancienneté
Temps passé dans l'entreprise ou le groupe, non portable. De 1,5 % de la RMAN à 2 ans jusqu'à 10 % à 40 ans.
Expérience
Expérience dans le même emploi, portable d'un employeur à l'autre sur justificatifs. Trois barèmes selon le métier.
Compétences
Jusqu'à trois éléments pour une technicité ou une mission complémentaire : 1 % de la RMAN chacun au niveau 1, jusqu'à 4,5 %.
Activités thermales
Montants annuels réservés aux agents thermaux en soins : 288 €, 468 € ou 1 428 €, non cumulables.
Les deux barèmes à connaître
| Ancienneté | 2 ans | 5 ans | 8 ans | 10 ans | 12 ans | 15 ans | 20 ans | 25 ans | 30 ans | 35 ans | 40 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Élément ancienneté (% de la RMAN) | 1,5 % | 2 % | 2,75 % | 3,5 % | 4,25 % | 5 % | 5,75 % | 6,5 % | 7,5 % | 8,5 % | 10 % |
| Activité thermale (agent thermal) | Condition d'attribution | Montant brut annuel |
|---|---|---|
| AST | Agent thermal d'un service de soins dont l'action manuelle contribue directement à l'effet thérapeutique du soin | 288 € |
| CQP | Même condition, et titulaire du CQP ou du titre d'agent thermal (VAE ou parcours certifiant) | 468 € |
| Haute qualification | Agent thermal qui dispense des pratiques thermales complexes dans une relation thérapeutique directe avec le curiste | 1 428 € |
Source : avenant n° 33 du 22 février 2023, articles 2 à 8 et annexes A, D et E (BOCC 2023-15). Les éléments d'activités thermales ne se cumulent pas : seul le plus élevé est dû, sous réserve des conditions d'attribution.
Exemple chiffré : l'agent thermal titulaire du CQP, 6 ans d'ancienneté
RMAN du niveau 1 : 20 512 €. Élément d'ancienneté à 5 ans révolus : 2 %, soit 410,24 €. Élément d'activité « CQP » : 468 €. Rémunération annuelle conventionnelle : 21 390,24 €. Elle reste inférieure au SMIC annuel de 22 404,24 € d'environ 1 014 € : c'est donc le SMIC qui fixe le plancher, soit 1 867,02 € brut par mois à temps plein. En pratique, les éléments complémentaires ne produisent un gain qu'à partir du moment où le total dépasse le SMIC. À titre de comparaison, un infirmier du niveau 10 avec 10 ans d'ancienneté et 10 ans d'expérience cumule 3,5 % et 6,5 % : 26 880 € × 1,10 = 29 568 € par an, soit 2 464 € par mois.
Pour les saisonniers, l'avenant adapte le calcul de l'ancienneté : elle court à compter de la première embauche, et tous les contrats conclus avec le même employeur, sur une ou plusieurs saisons, sont additionnés tant qu'aucune interruption ne dépasse deux ans. Les absences pour maladie comptent dans la limite de 15 jours par an ; les congés de maternité, de paternité, les accidents du travail et les absences syndicales comptent intégralement. Une interruption de plus de deux ans fait perdre l'ancienneté acquise.
5. Saisonniers : un droit à la reconduction et une indemnité de 6 %
Le thermalisme vit au rythme des saisons de cure, et une grande partie des agents thermaux sont embauchés chaque année en contrat saisonnier. Le code du travail autorise ce contrat pour les emplois dont les tâches se répètent chaque année à dates à peu près fixes (article L. 1242-2) et permet à une convention de branche étendue de prévoir leur reconduction d'une saison sur l'autre (article L. 1244-2). La branche l'a fait avec l'avenant n° 31 du 24 novembre 2020, étendu par arrêté du 2 avril 2021 (JORF du 8 avril 2021), applicable à tous les salariés en contrat saisonnier des établissements thermaux.
Le droit à la reconduction
Ouvert au salarié qui a effectué au moins 2 saisons au même poste dans l'entreprise sur 2 années consécutives, dès lors qu'un poste saisonnier compatible avec sa qualification est disponible.
Une durée garantie
Le contrat proposé doit représenter au moins 75 % de la durée moyenne des deux contrats précédents. En dessous, le salarié peut refuser sans perdre son droit pour la saison suivante.
L'indemnité de non-reconduction
En cas de non-reconduction pour baisse d'activité : 6 % des salaires bruts perçus pendant le dernier contrat. Elle n'est pas due en cas de force majeure ou de fermeture administrative.
Le calendrier d'une reconduction
Le droit à la reconduction se perd dans quatre cas : la rupture anticipée du contrat saisonnier par le salarié ou à son initiative ; une non-reconduction fondée sur un motif réel et sérieux lié à sa personne, notifiée par écrit après un entretien ; l'absence de tout contrat depuis plus de deux ans ; et le versement de l'indemnité de non-reconduction. Il est en revanche conservé pour la saison suivante si le salarié n'a pas pu travailler en raison d'un congé de maternité, d'un congé parental, d'un congé de formation ou d'une absence légale assimilée à du travail effectif.
Les saisonniers qui n'ont pas encore droit à la reconduction mais ont de l'ancienneté dans l'entreprise bénéficient d'une priorité de réembauche, une fois servis tous les bénéficiaires de la reconduction. À priorité égale, l'employeur propose d'abord le contrat le plus long, puis celui qui commence le plus tôt, en appliquant des critères d'ancienneté et de compétence par catégorie professionnelle.
Exemple : non-reconduction après une saison de 8 mois au SMIC
Un agent thermal qui a droit à la reconduction a perçu 8 × 1 867,02 € = 14 936,16 € brut pendant sa dernière saison. Si l'employeur ne le reconduit pas en raison d'une baisse d'activité, l'indemnité de non-reconduction est de 14 936,16 € × 6 % = 896,17 €, versée à la date à laquelle le nouveau contrat aurait dû commencer. Ce versement met fin à son droit à la reconduction.
À ne pas confondre : l'indemnité de fin de contrat de 10 % que perçoivent les salariés en CDD n'est pas due aux saisonniers, que l'article L. 1243-10 du code du travail en exclut. L'indemnité de non-reconduction de la branche est une compensation distincte, qui ne joue que pour le salarié titulaire du droit à la reconduction.
Source : avenant n° 31 du 24 novembre 2020 relatif au travail saisonnier du secteur du thermalisme, signé par le SYNERPA, le CNETh, la CFDT, FO, la CGT et la CFTC, étendu par arrêté du 2 avril 2021 (JORF du 8 avril 2021), articles 1 à 9 ; lu deux fois le 29 septembre 2026. Calcul de l'exemple par nos soins.
6. Temps de travail, dimanche et jours fériés : les règles thermales maintenues
Les soins thermaux se donnent souvent six jours sur sept pendant la saison, et les établissements fonctionnent certains dimanches et jours fériés. Sur ces trois sujets, l'avenant n° 33 de 2023 a tranché : « s'agissant du travail de nuit, du travail du dimanche et du travail les jours fériés, les dispositions actuellement en vigueur dans le secteur thermal se poursuivent dans les mêmes conditions, et sont seules applicables ». Les indemnités de dimanche et de nuit calculées dans les cliniques ne s'appliquent donc pas aux stations thermales.
Repos hebdomadaire et dimanche
Repos hebdomadaire d'au moins 35 heures consécutives. Le salarié qui travaille le dimanche prend son repos par roulement, avec au moins un dimanche toutes les 4 semaines. Aucune majoration de salaire du dimanche n'est prévue par cet article.
Jours fériés
Dix fériés chômés « chaque fois que le service le permet », sans perte de salaire si le salarié est présent la veille et le lendemain. Férié travaillé : 1 jour de repos ou paiement double, au choix de l'employeur.
Heures supplémentaires
La convention renvoie au code du travail : majorations légales, paiement remplaçable par un repos équivalent, majorations comprises, avec l'accord du salarié.
Pour les heures supplémentaires, le taux de droit commun est celui de l'article L. 3121-36 : 25 % pour les huit premières heures au-delà de 35 heures, 50 % ensuite, à défaut d'accord d'entreprise fixant un autre taux, qui ne peut être inférieur à 10 %. Le 1er mai obéit aux règles légales : s'il est travaillé, il est payé double. Pour les autres fériés, la règle thermale du repos ou du paiement double est plus précise que le code du travail, qui ne prévoit aucune majoration obligatoire des jours fériés ordinaires. Notre outil jours fériés et conventions collectives permet de comparer les règles des différentes branches.
Le travail de nuit
L'avenant n° 33 renvoie aux règles thermales pour le travail de nuit, mais nous n'avons trouvé, dans le texte thermal de 1999, aucune majoration de nuit chiffrée. Nous n'en publions donc pas. Le travail de nuit reste encadré par le code du travail, et un accord d'entreprise peut prévoir des contreparties.
Source : article 10.1 de l'avenant n° 33 du 22 février 2023 ; convention du thermalisme du 10 septembre 1999, titre VII (repos hebdomadaire, heures supplémentaires) et titre X C (jours fériés) ; article L. 3133-6 du code du travail.
7. Congés et événements familiaux : la loi l'emporte souvent
Pour les congés payés, la convention de 1999 reprend le régime légal : 2,5 jours ouvrables par mois de travail, dans la limite de 30 jours par an (article L. 3141-3), et une période de prise qui tient compte des particularités de l'activité saisonnière. Les autorisations d'absence pour événements familiaux sont accordées dès l'entrée dans l'entreprise, payées comme du temps de travail effectif, avec un bonus lié à la distance : une demi-journée de plus au-delà de 300 kilomètres, une journée au-delà de 600. Mais les durées de base, fixées en 1999, ont été dépassées par la loi sur les événements les plus graves.
| Événement | Convention du thermalisme | Code du travail | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage ou PACS du salarié | 4 j (mariage) | 4 j | 4 j |
| Mariage d'un enfant | 2 j | 1 j | 2 j (convention) |
| Naissance ou adoption | 3 j | 3 j | 3 j |
| Décès d'un enfant | 3 j | 12 j ; 14 j si moins de 25 ans ou lui-même parent | 12 ou 14 j (loi), plus le congé de deuil |
| Décès du conjoint, du concubin ou du partenaire de PACS | 3 j | 3 j | 3 j |
| Décès du père ou de la mère | 2 j | 3 j | 3 j (loi) |
| Décès d'un frère ou d'une sœur | 1 j | 3 j | 3 j (loi) |
| Décès d'un grand-parent, gendre, bru, beau-frère, belle-sœur | 1 j | — | 1 j (convention) |
| Décès du beau-père ou de la belle-mère | 1 j | 3 j | 3 j (loi) |
| Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant | — | 10 j depuis le 14/06/2026 | 10 j (loi) |
Source : convention du thermalisme, titre X D, autorisations d'absence pour événements familiaux ou exceptionnels (en jours ouvrés) ; article L. 3142-4 du code du travail dans sa version en vigueur depuis le 14 juin 2026 (loi n° 2026-492 du 12 juin 2026).
La règle de lecture est simple : pour chaque événement, le salarié bénéficie de la durée la plus favorable entre la convention et la loi. La convention reste plus généreuse pour le mariage d'un enfant, et elle est la seule à couvrir le décès d'un grand-parent ou d'un beau-frère ; la loi l'emporte pour le décès d'un enfant, d'un parent, d'un frère ou d'une sœur et d'un beau-parent, et elle crée seule le congé de 10 jours pour l'annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer chez un enfant (article L. 3142-1 et suivants).
8. Essai, préavis, licenciement : deux textes, et le code du travail en plancher
C'est le sujet où la fusion rend la lecture la plus délicate. La convention du thermalisme de 1999 et la convention de l'hospitalisation privée de 2002 contiennent chacune leurs règles de période d'essai, de préavis et d'indemnité de licenciement. L'accord d'intégration de 2021 laissait en suspens, pour le thermal, l'article de la convention de rattachement sur l'indemnité de licenciement, et il n'a jamais été étendu. Nous présentons donc les deux jeux de règles côte à côte, avec le minimum légal qui s'impose dans tous les cas.
| Règle | Thermalisme, CCN de 1999 | Hospitalisation privée, CCN de 2002 | Minimum légal |
|---|---|---|---|
| Période d'essai | Employés 1 mois, agents de maîtrise 2 mois, cadres 3 mois ; cadres supérieurs : contrat. Renouvelable une fois | Employés 1 mois, techniciens et agents de maîtrise 2 mois, cadres 3 mois. Renouvelable une fois par accord écrit | Durées maximales de l'article L. 1221-19 ; délais de prévenance de l'article L. 1221-25 |
| Préavis | Employés 1 mois ; techniciens 2 mois ; cadres 3 mois ; licenciement d'un non-cadre de 2 ans et plus : 2 mois | Selon la catégorie et l'ancienneté : consultez la version en vigueur de l'article 45 | 1 mois de 6 mois à 2 ans, 2 mois au-delà (licenciement) |
| Heures pour chercher un emploi | 2 heures par jour pendant le préavis de licenciement, sans perte de salaire | — | — |
| Indemnité de licenciement | Dès 2 ans : 1/10 de mois par année, plus 1/15 par année au-delà de 10 ans | Dès 1 an : 1/5 de mois par année, 2/5 au-delà de 10 ans (non-cadres) | Dès 8 mois : 1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà |
Source : convention du thermalisme, période d'essai, préavis et licenciement ; convention de l'hospitalisation privée, article 43 et article 47 ; lus le 29 septembre 2026.
Sur la période d'essai, les deux textes sont alignés et autorisent un renouvellement, ce que le code du travail subordonne justement à un accord de branche étendu (article L. 1221-21) ; la rupture de l'essai obéit aux délais de prévenance légaux de l'article L. 1221-25. Sur le préavis, le texte thermal reproduit pour l'essentiel le minimum légal de l'article L. 1234-1, avec un avantage réel : deux heures par jour pour chercher un emploi, fixées d'un commun accord ou, à défaut, alternativement. Le personnel licencié pour motif économique bénéficie aussi d'une priorité de réembauche d'un an dans sa catégorie.
Exemple chiffré : licenciement après 12 ans, salaire de référence de 2 000 €
Formule thermale de 1999 : 12 × 1/10 + 2 × 1/15 = 1,33 mois, soit 2 666,67 €. Formule de l'hospitalisation privée : 10 × 1/5 + 2 × 2/5 = 2,8 mois, soit 5 600 €. Barème légal de l'article R. 1234-2 : 10 × 1/4 + 2 × 1/3 = 3,17 mois, soit 6 333,33 €. C'est le montant le plus favorable qui est dû : ici, l'indemnité légale. La formule de 1999 est toujours inférieure au légal ; celle de la convention de rattachement ne le dépasse qu'au-delà de 17 ans et demi d'ancienneté. Pour votre propre cas, utilisez le simulateur d'indemnité de licenciement et le calcul du préavis.
9. Santé, prévoyance et formation : des régimes propres au thermal
La complémentaire santé et la prévoyance font partie des sujets que la branche a traités à part pour le secteur thermal. Un accord du 15 décembre 2022 a créé un régime de complémentaire santé propre aux établissements thermaux, étendu par arrêté du 10 juillet 2023 (JORF du 26 juillet 2023) et applicable depuis le 1er janvier 2023. Il couvre les salariés des établissements thermaux au sens de l'article R. 1322-52 du code de la santé publique, avec des cas de dispense encadrés, notamment pour les contrats courts, et une cotisation de base partagée à parts égales entre l'employeur et le salarié. Trois organismes assureurs sont recommandés, sans obligation d'y adhérer.
Frais de santé
Régime thermal depuis le 1er janvier 2023, cotisation socle à 50 % employeur, 50 % salarié. Les montants sont à lire dans l'accord et le contrat de l'entreprise.
Prévoyance
Avenant du 25 février 2022 relatif au régime de prévoyance des établissements thermaux. Garanties et taux : consultez le texte en vigueur.
Formation
OPCO de la branche : OPCO Santé. L'accord formation de 2025 de l'hospitalisation privée, étendu en 2026, vise expressément le secteur thermal.
En cas de maladie, nous n'avons pas pu vérifier de règle thermale de maintien de salaire propre. Le minimum légal de l'article L. 1226-1 s'applique dans tous les cas : à partir d'un an d'ancienneté, le salarié arrêté perçoit un complément aux indemnités journalières de la Sécurité sociale, versé après un délai de carence de 7 jours, qui porte sa rémunération à 90 % pendant 30 jours puis aux deux tiers pendant 30 jours, ces durées augmentant avec l'ancienneté.
Source : accord du 15 décembre 2022 relatif au régime de complémentaire santé pour les établissements thermaux ; avenant du 25 février 2022 relatif à la prévoyance ; accord du 16 janvier 2019 désignant l'OPCO, étendu par arrêté du 5 août 2019.
10. Ce que nous ne publions pas, et pourquoi
Un minimum conventionnel ne s'estime pas. Dans une branche en cours de fusion, beaucoup de règles dépendent de l'adhésion de l'employeur et de textes non étendus. Voici ce que nous n'avons pas pu vérifier sur une source primaire au 29 septembre 2026.
- La liste article par article des règles de l'hospitalisation privée applicables au thermal selon l'accord de 2021, et l'effet exact de sa dénonciation partielle d'avril 2024.
- Une revalorisation de l'annexe C ter postérieure à février 2023, ou l'extension de l'avenant n° 33.
- Le préavis de l'hospitalisation privée dans sa version applicable depuis le 1er janvier 2024.
- Une majoration de nuit, un maintien de salaire en cas de maladie et une indemnité de départ à la retraite propres au thermal.
- Les taux de cotisation de la prévoyance et de la complémentaire santé thermales.
- Une prime de fin de saison ou un 13e mois : aucun de ces avantages ne figure dans les textes de branche que nous avons lus.
FAQ — Convention collective du thermalisme
Les sept questions les plus posées sur la convention du thermalisme, avec des réponses datées du 29 septembre 2026.
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été vérifiées le 29 septembre 2026 sur les documents suivants :
- Convention collective nationale du thermalisme du 10 septembre 1999 (IDCC 2104), étendue par arrêté du 2 mars 2000 (JORF du 11 mars 2000) — texte de base.
- Fusion : accord du 14 mars 2019, étendu par arrêté du 28 juillet 2020 (JORF du 12 août 2020) ; accord du 29 janvier 2021 ; convention de l'hospitalisation privée du 18 avril 2002 (IDCC 2264).
- Classification et rémunération : avenant n° 33 du 22 février 2023 et annexe C ter, BOCC 2023-15 ; accord de transposition du 5 juillet 2023.
- Grille thermale étendue : avenant du 25 mai 2022, étendu par arrêté du 25 août 2022 (JORF du 31 août 2022).
- Saisonniers : avenant n° 31 du 24 novembre 2020, étendu par arrêté du 2 avril 2021 (JORF du 8 avril 2021).
- Santé et formation : accord du 15 décembre 2022 ; arrêté du 8 janvier 2026.
- Code NAF : INSEE, sous-classe 96.04Z.
- SMIC : arrêté du 22 mai 2026 (JORF du 24 mai 2026).
- Code du travail : articles L. 2261-33, L. 2253-1, L. 1242-2, L. 1243-10, L. 1244-2, L. 1221-21, L. 1234-1, R. 1234-2, L. 3121-36, L. 3142-4 et L. 1226-1.
- code.travail.gouv.fr — ministère du Travail, fiche de la convention de rattachement, vers laquelle renvoie désormais la fiche 2104.