Convention Collective de la Répartition Pharmaceutique 2026 : Grille des Salaires, Primes et Droits
Numéro, brochure, codes NAF et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 1621. Cette page décrypte les salaires, primes, préavis et droits de la convention.
Préparateur de commandes sur une plateforme de nuit, chauffeur-livreur qui dessert les pharmacies dès l'aube, magasinier-réceptionnaire, téléconseiller qui prend les commandes des officines, pharmacien responsable : les salariés des grossistes-répartiteurs relèvent de la convention collective nationale de la répartition pharmaceutique, numéro IDCC 1621. Signée le 7 janvier 1992, étendue par arrêté du 28 juillet 1992, elle est toujours en vigueur et autonome.
La répartition est le maillon entre les laboratoires et les officines. Le code de la santé publique impose aux grossistes-répartiteurs des obligations de service public : détenir au moins les neuf dixièmes des présentations de médicaments commercialisées en France, couvrir deux semaines de consommation de leur clientèle habituelle et livrer dans les vingt-quatre heures toute commande passée avant le samedi 14 heures. Ces contraintes expliquent l'organisation du travail de la branche : préparation de nuit, départs très matinaux, tournées serrées, samedi travaillé. La convention en tient compte, avec une majoration du samedi et un accord spécifique sur le travail de nuit.
Vous trouverez ici la grille de l'accord du 22 avril 2025, applicable à toutes les entreprises, le point sur l'accord salaires du 16 juin 2026, signé mais pas encore étendu, la classification en neuf niveaux, la prime d'ancienneté, les majorations de nuit, du samedi et du dimanche, la durée du travail, les congés, la maladie, la rupture du contrat et la retraite. Un simulateur calcule votre minimum du mois. Ce que nous n'avons pas pu vérifier sur une source primaire est signalé dans une section dédiée.
Étape 0 : votre entreprise relève-t-elle de l'IDCC 1621 ?
L'article A.2 vise les entreprises qui exercent la fonction de grossiste-répartiteur pharmaceutique au sens du code de la santé publique, sur tout le territoire national, départements d'outre-mer compris, ainsi que leurs établissements et sièges sociaux. Le texte de 1992 cite la classe NAF de l'époque, 51.4 N, dont l'équivalent actuel est le 46.46Z, commerce de gros de produits pharmaceutiques. Ce code ne vaut que présomption : il est partagé par d'autres activités, et c'est l'activité principale réellement exercée qui décide.
| Votre activité principale | Code NAF habituel | Convention |
|---|---|---|
| Achat et stockage de médicaments pour les distribuer en gros aux officines (grossiste-répartiteur) | 46.46Z | IDCC 1621 |
| Fabrication de médicaments à usage humain | 21.10Z, 21.20Z | IDCC 176 |
| Produits vétérinaires, diagnostic in vitro, droguerie pharmaceutique, négoce de matières premières | 21.20Z, 46.46Z… | IDCC 1555 |
| Vente au public en pharmacie d'officine | 47.73Z | IDCC 1996 |
| Négoce de dispositifs et matériels médicaux | Selon l'activité | IDCC 1982 |
Numéro, brochure JO 3262 et texte officiel : voir la fiche technique IDCC 1621. L'intitulé de la convention applicable doit figurer sur le bulletin de paie (article R. 3243-1 du code du travail). En cas de doute, l'outil trouver ma convention collective part de votre code NAF.
1. Une convention de 1992, autonome, négociée par une petite branche
La convention du 7 janvier 1992 a été étendue par arrêté du 28 juillet 1992, publié au Journal officiel du lendemain, et s'applique depuis le 30 juillet 1992. L'extension la rend obligatoire pour toutes les entreprises du champ, qu'elles adhèrent ou non à l'organisation patronale. Côté employeurs, les accords récents sont signés par la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique (CSRP) ; côté salariés, par des fédérations de la chimie et de la pharmacie, dont la FCE-CFDT et Force ouvrière.
Le texte est organisé en seize sections repérées par une lettre, de A (conditions générales) à P (prévoyance et retraite complémentaire). Les articles cités sur cette page portent donc des numéros du type F.2 ou K.1, et non des numéros continus. Plusieurs ont été réécrits par des accords ultérieurs : réduction du temps de travail en 1999, travail de nuit en 2002, classifications en 2008, santé et prévoyance depuis 2016. Chaque année ou presque, un accord fixe la grille des salaires minima.
Pas de fusion de branche au 30 septembre 2026
Aucun arrêté de fusion de champ ne rattache la répartition pharmaceutique à une autre convention. Ses accords de salaires, de formation et de protection sociale continuent d'être signés et étendus sous le numéro 1621, le dernier en date étant l'avenant n° 7 du 21 novembre 2025 sur la complémentaire santé et la prévoyance. Une source qui présente l'IDCC 1621 comme « fusionné » avec la 1555 ou la 176 se trompe.
Sources : conteneur de la convention IDCC 1621 et texte de base du 7 janvier 1992, article A.2 ; code de la santé publique, articles R. 5124-2 et R. 5124-59 ; consultés le 30 septembre 2026.
2. Grille des salaires étendue : 37 coefficients, de 1 871,34 € à 7 090,27 €
La grille applicable à toutes les entreprises de la branche est celle de l'accord du 22 avril 2025 relatif aux salaires pour l'année 2025, étendu par arrêté du 1er juillet 2025 (Journal officiel du 5 juillet 2025). Il a relevé les minima de 1 % au 1er janvier 2025, puis encore de 1 % au 1er juillet 2025. Les montants sont des rémunérations mensuelles brutes minimales garanties pour 151,67 heures, soit 35 heures par semaine ; un temps partiel est payé au prorata.
À la différence de nombreuses grilles signées en 2025, celle-ci n'a pas été rattrapée par la hausse du SMIC du 1er juin 2026, à 12,31 € de l'heure : aucun coefficient n'est sous le minimum légal. La marge est toutefois infime en bas de grille : le coefficient 135 ne dépasse le SMIC mensuel de 1 867,02 € que de 4,32 €. Un accord salaires 2026 a été signé le 16 juin 2026, mais il n'est pas étendu (voir l'encadré sous le tableau).
Minima mensuels bruts au 1er juillet 2025 — base 151,67 heures
| Coefficient | Minimum depuis le 01/07/2025 | Soit par heure (calcul) | Écart au SMIC mensuel | Minimum du 01/01 au 30/06/2025 |
|---|---|---|---|---|
| 135 | 1 871,34 € | 12,34 € | + 4,32 € | 1 852,81 € |
| 140 | 1 899,17 € | 12,52 € | + 32,15 € | 1 880,37 € |
| 145 | 1 921,47 € | 12,67 € | + 54,45 € | 1 902,45 € |
| 150 | 1 938,16 € | 12,78 € | + 71,14 € | 1 918,97 € |
| 155 | 1 960,45 € | 12,93 € | + 93,43 € | 1 941,04 € |
| 160 | 1 993,86 € | 13,15 € | + 126,84 € | 1 974,12 € |
| 165 | 2 016,14 € | 13,29 € | + 149,12 € | 1 996,18 € |
| 170 | 2 032,85 € | 13,40 € | + 165,83 € | 2 012,72 € |
| 175 | 2 055,14 € | 13,55 € | + 188,12 € | 2 034,79 € |
| 180 | 2 077,40 € | 13,70 € | + 210,38 € | 2 056,83 € |
| 185 | 2 105,24 € | 13,88 € | + 238,22 € | 2 084,40 € |
| 190 | 2 121,95 € | 13,99 € | + 254,93 € | 2 100,94 € |
| 195 | 2 149,81 € | 14,17 € | + 282,79 € | 2 128,52 € |
| 200 | 2 177,65 € | 14,36 € | + 310,63 € | 2 156,09 € |
| 205 | 2 211,08 € | 14,58 € | + 344,06 € | 2 189,19 € |
| 210 | 2 244,48 € | 14,80 € | + 377,46 € | 2 222,26 € |
| 215 | 2 277,90 € | 15,02 € | + 410,88 € | 2 255,35 € |
| 220 | 2 311,32 € | 15,24 € | + 444,30 € | 2 288,44 € |
| 225 | 2 344,75 € | 15,46 € | + 477,73 € | 2 321,53 € |
| 230 | 2 378,16 € | 15,68 € | + 511,14 € | 2 354,61 € |
| 235 | 2 411,57 € | 15,90 € | + 544,55 € | 2 387,69 € |
| 240 | 2 450,55 € | 16,16 € | + 583,53 € | 2 426,29 € |
| 250 | 2 534,10 € | 16,71 € | + 667,08 € | 2 509,01 € |
| 260 | 2 578,65 € | 17,00 € | + 711,63 € | 2 553,12 € |
| 270 | 2 662,19 € | 17,55 € | + 795,17 € | 2 635,83 € |
| 280 | 2 745,74 € | 18,10 € | + 878,72 € | 2 718,55 € |
| 290 | 2 829,27 € | 18,65 € | + 962,25 € | 2 801,26 € |
| 300 | 2 872,82 € | 18,94 € | + 1 005,80 € | 2 844,38 € |
| 330 | 3 114,53 € | 20,54 € | + 1 247,51 € | 3 083,69 € |
| 360 | 3 283,81 € | 21,65 € | + 1 416,79 € | 3 251,30 € |
| 400 | 3 648,65 € | 24,06 € | + 1 781,63 € | 3 612,52 € |
| 450 | 4 062,40 € | 26,78 € | + 2 195,38 € | 4 022,18 € |
| 500 | 4 494,92 € | 29,64 € | + 2 627,90 € | 4 450,42 € |
| 550 | 4 927,50 € | 32,49 € | + 3 060,48 € | 4 878,71 € |
| 600 | 5 360,05 € | 35,34 € | + 3 493,03 € | 5 306,98 € |
| 700 | 6 253,39 € | 41,23 € | + 4 386,37 € | 6 191,48 € |
| 800 | 7 090,27 € | 46,75 € | + 5 223,25 € | 7 020,07 € |
Source : accord du 22 avril 2025 relatif aux salaires pour l'année 2025, étendu par arrêté du 1er juillet 2025 (JORF du 5 juillet 2025), article 2 et annexe, lu le 30 septembre 2026. Taux horaires et écarts au SMIC du 1er juin 2026 (1 867,02 €) calculés par nos soins.
Minimum mensuel de chaque coefficient (barres) et SMIC mensuel du 1er juin 2026 (ligne). La première barre touche presque la ligne.
Accord salaires du 16 juin 2026 non étendu
Un accord relatif aux salaires 2026 a été conclu le 16 juin 2026 entre la CSRP, la FCE-CFDT et la fédération Force ouvrière de la pharmacie. Au 30 septembre 2026, il n'est pas étendu et son texte ne figure pas encore sur Légifrance. Tant que l'arrêté d'extension n'est pas publié, il ne s'impose qu'aux entreprises adhérentes de l'organisation patronale signataire, une fois les formalités de dépôt accomplies.
Nous ne reproduisons pas encore sa grille, faute de texte officiel consultable : la page sera mise à jour à sa publication. Si votre entreprise adhère à la CSRP, demandez à votre service paie s'il vous est déjà appliqué.
La comparaison au minimum se fait sur le salaire de base. L'article J.3 précise que la prime d'ancienneté est payée à part et qu'elle n'entre pas dans le calcul du minimum : un employeur ne peut pas s'en servir pour justifier un salaire de base inférieur à celui de votre coefficient. Les majorations de nuit ou du samedi s'ajoutent, elles aussi, au minimum.
Exemple chiffré : un préparateur de commandes au coefficient 150
Son minimum est de 1 938,16 € brut pour 151,67 heures, soit 12,78 € de l'heure. Avec 5 ans d'ancienneté, il perçoit une prime de 5 %, calculée sur ce minimum : 96,91 €. S'il travaille 20 heures de nuit dans le mois, la majoration minimale de 25 % représente 63,89 €. Son brut conventionnel minimal atteint 2 098,96 €, soit environ 1 637 € net selon une estimation au coefficient de 0,78. S'y ajoutent, hors salaire, ses paniers de nuit.
3. Classification : neuf niveaux, quatre filières, des emplois repères
Le classement des emplois résulte de l'accord du 22 septembre 2008 relatif aux classifications, étendu par arrêté du 11 février 2009 (Journal officiel du 18 février 2009). Il définit neuf niveaux à partir d'emplois repères, répartis en quatre filières : fonctions support, administration et gestion, commercial et contact client, production. Chaque niveau regroupe plusieurs coefficients, et c'est le coefficient, porté sur le bulletin de paie, qui donne le minimum de la grille.
Niveaux 1 à 3. Ce sont les emplois de la préparation, du stockage, de la livraison et du contact client. L'accord cite notamment ces emplois repères et leur plage de coefficients :
- préparateur de commandes : coefficients 135 à 165 (voir la fiche métier préparateur de commandes) ;
- chauffeur-livreur : coefficients 150 à 180 (fiche chauffeur-livreur VL) ;
- cariste : coefficients 155 à 165 (fiche cariste) ;
- magasinier-réceptionnaire : coefficients 155 à 175 (fiche réceptionnaire logistique).
Niveau 4 pour les techniciens, niveaux 5 et 6 pour les techniciens supérieurs et agents de maîtrise. On y trouve les emplois techniques des services administratifs et commerciaux, et l'encadrement de proximité des équipes de préparation et de livraison. Pour la progression, l'accord retient l'expérience, la spécialisation, l'expertise technique ou managériale, la formation, l'initiative et l'autonomie.
Niveaux 7 à 9. L'accord prévoit que, compte tenu de l'activité spécifique de la répartition et des obligations du code de la santé publique, les salariés titulaires du diplôme de pharmacien thésé accèdent directement au niveau 7. Les coefficients de la grille montent jusqu'à 800.
Aux premiers niveaux, l'évolution d'un coefficient à l'autre tient compte de l'ancienneté, de la qualité du travail, de la formation, de la polyvalence et de l'expérience. Un préparateur de commandes peut ainsi passer du coefficient 135 au coefficient 165 sans changer d'emploi. Les entreprises devaient mettre en place la nouvelle classification dans les six mois suivant son extension.
Source : accord du 22 septembre 2008 relatif aux classifications, étendu par arrêté du 11 février 2009 (JORF du 18 février 2009), lu le 30 septembre 2026.
Le tableau exact « coefficient par niveau » n'est pas reproduit
La grille salariale compte 37 coefficients, dont certains (195, 205, 215…) ne figurent pas dans les extraits de l'accord de classification que nous avons pu relire. Plutôt que de publier une correspondance incertaine, nous vous invitons à vérifier le niveau et le coefficient inscrits sur votre contrat et votre bulletin de paie, puis à lire le montant dans la grille ci-dessus.
4. Simulateur : votre minimum, la prime d'ancienneté et les heures de nuit
Choisissez votre coefficient, votre ancienneté et vos heures du mois. Le simulateur applique la grille de l'accord du 22 avril 2025, vérifie le plancher du SMIC, ajoute la prime d'ancienneté de l'article J.3 et les majorations minimales de branche : 25 % pour les heures de nuit et pour les heures du samedi, 100 % pour les heures du dimanche ou d'un jour férié travaillées par dérogation. Il chiffre aussi, à part, les paniers de nuit.
Minimum conventionnel — grille du 01/07/2025
Constantes du 30/09/2026 : grille de l'accord du 22/04/2025 (effet 01/07/2025) ; SMIC 12,31 €/h depuis le 01/06/2026 ; prime d'ancienneté 3 % à 3 ans, + 1 % par an, plafond 15 % (art. J.3), sur le minimum du coefficient et au prorata des heures ; heures de nuit et du samedi majorées de 25 %, calculées ici sur le taux horaire minimum ; dimanche et férié + 100 % (art. K.1) ; panier de nuit = 1,5 minimum garanti de 4,35 €. Les heures de nuit et du samedi ne se cumulent pas avec une majoration d'heures supplémentaires. Net estimé avec un coefficient de 0,78. Résultat indicatif : pour un calcul plus fin, utilisez la calculatrice brut / net.
Le simulateur ne remplace pas votre bulletin : votre entreprise peut appliquer une majoration de nuit supérieure au plancher de 25 %, une grille d'entreprise plus favorable ou l'accord salaires du 16 juin 2026 si elle adhère à l'organisation signataire. Pour les heures au-delà de 35 heures, le calculateur d'heures supplémentaires applique les majorations légales.
5. Prime d'ancienneté de 3 à 15 % et travaux pénibles
La principale prime de la convention récompense l'ancienneté. L'article J.3 la fixe à 3 % après 3 ans d'ancienneté, taux majoré de 1 % par année au-delà de 3 ans, avec un plafond de 15 %, atteint après 15 ans. Elle est calculée sur le salaire minimum conventionnel de la catégorie du salarié, et non sur son salaire réel, proportionnellement au nombre d'heures effectives de travail. Elle est versée avec chaque paie, sur une ligne distincte.
Pour le calcul, l'ancienneté n'est pas perdue en cas de changement de poste ou de mutation entre sociétés d'un même groupe, et plusieurs absences sont prises en compte : congés payés, accidents du travail, absences autorisées. Le simulateur de prime d'ancienneté permet de repérer la date de passage au taux suivant.
Source : article J.3, prime d'ancienneté, lu le 30 septembre 2026. Montants calculés par nos soins sur la grille du 1er juillet 2025.
Travaux pénibles, dangereux ou insalubres (article J.2)
Les salariés qui effectuent des travaux particulièrement pénibles, dangereux ou insalubres bénéficient de primes ou de repos compensateurs, dont le montant est fixé dans chaque établissement, lors de la négociation annuelle. La convention ne donne aucun taux de branche.
Chauffeurs-livreurs « agent contact client » (article K.5)
La convention renvoie aux entreprises le soin de préciser les modalités du forfait applicable à ces chauffeurs-livreurs. Leur rémunération ne peut pas être inférieure au minimum de leur coefficient.
Nous n'avons trouvé, dans le texte de base, aucun article qui institue un treizième mois ou une gratification annuelle de branche. Une telle prime peut exister dans votre entreprise, par accord ou par usage : c'est votre contrat, votre bulletin ou l'accord d'entreprise qui le dira.
6. Travail de nuit, samedi, dimanche et jours fériés
Pour livrer les officines le matin, une partie de la préparation se fait la nuit. L'accord du 28 juin 2002 relatif au travail de nuit, intégré à l'article K.1, fixe les règles de la branche. Il retient une plage plus large que le minimum légal : est une heure de nuit toute heure travaillée entre 21 heures et 6 heures. Le code du travail, lui, laisse à l'accord collectif le soin de fixer une période d'au moins neuf heures incluant minuit-5 heures (article L. 3122-2).
| Situation | Ce que prévoit la convention |
|---|---|
| Heure de nuit (21 h - 6 h) | Majoration d'au moins 25 % du salaire |
| Poste qui encadre minuit | Indemnité de panier de nuit de 1,5 minimum garanti, soit 6,53 € depuis le 01/06/2026 (calcul) |
| Travailleur de nuit | Une journée de repos supplémentaire au terme de l'année civile, en plus de la majoration |
| Durée pour un travailleur de nuit | 8 heures par jour au plus ; 40 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives |
| Heure travaillée le samedi | Majoration de 25 %, non cumulable avec celle des heures supplémentaires |
| Samedi après 14 h, activité exceptionnelle liée à un lundi férié | Majoration portée à 50 % |
| Dimanche ou jour férié travaillé par dérogation | Majoration d'au moins 100 % et repos compensateur légal |
Sources : accord du 28 juin 2002 relatif au travail de nuit ; article K.1 et article K.2 ; arrêté du 22 mai 2026 pour le minimum garanti (4,35 €) ; lus le 30 septembre 2026.
Est travailleur de nuit le salarié qui accomplit au moins trois heures de nuit deux fois par semaine selon son horaire habituel, ou au moins 270 heures de nuit sur l'année. Ces seuils reprennent ceux que le code du travail applique à défaut d'accord (article L. 3122-5). Le travailleur de nuit bénéficie d'une surveillance médicale avant son affectation et pendant celle-ci, et d'une priorité pour un poste de jour s'il est déclaré inapte au travail de nuit. La salariée qui allaite bénéficie d'aménagements prévus par l'accord.
Le dimanche et les jours fériés sont en principe non travaillés dans la branche. L'article K.1 n'admet que des dérogations exceptionnelles, sous réserve d'autorisations préfectorales : déménagement complet ou réaménagement majeur d'un établissement, travail rendu nécessaire par une épidémie ou un cas de force majeure. Ces heures sont alors majorées d'au moins 100 %. Le repos hebdomadaire reste donné le dimanche (article L. 3132-3).
Exemple chiffré : un samedi et un dimanche exceptionnel au coefficient 160
Le minimum du coefficient 160, 1 993,86 €, correspond à 13,15 € de l'heure. Sept heures travaillées un samedi ouvrent droit à 23,01 € de majoration, en plus du salaire de ces heures. Sept heures un dimanche d'inventaire autorisé par dérogation sont payées au moins 184,04 €, majoration de 100 % comprise, avec le repos compensateur. Le simulateur d'heures de nuit et le calculateur d'heures majorées de nuit et de dimanche chiffrent d'autres cas.
7. Durée du travail, pauses, repos et contingent d'heures supplémentaires
La durée de référence est la durée légale de 35 heures par semaine, fixée dans la branche par l'accord du 11 juin 1999 relatif à la réduction du temps de travail. L'article K.2 encadre la journée de travail plus strictement que la loi, pour limiter la fatigue des équipes de préparation et de livraison, dont les horaires sont souvent décalés.
Lorsque le travail est organisé par cycles de trois à six semaines, le repos hebdomadaire est de deux jours consécutifs, samedi et dimanche, au moins deux fois sur trois, et d'au moins 48 heures consécutives, dimanche inclus, au plus une fois sur trois. La durée peut aussi être répartie sur l'année ; les salariés sont alors prévenus d'un changement d'horaire sept jours calendaires à l'avance, trois jours ouvrables en cas de force majeure, et leur rémunération est lissée sur la base de l'horaire hebdomadaire moyen.
Contingent annuel d'heures supplémentaires
| Salariés | Contingent annuel (art. K.2) |
|---|---|
| Cas général | 60 heures |
| Personnel dont la durée est aménagée (modulation) | 90 heures |
| Encadrement et chauffeurs | 150 heures |
Ces contingents sont nettement inférieurs aux 220 heures qui s'appliquent à défaut d'accord. Au-delà, chaque heure supplémentaire ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos. Les heures elles-mêmes sont majorées selon la loi : 25 % pour les huit premières au-delà de 35 heures, 50 % ensuite (article L. 3121-36). La majoration du samedi ne se cumule pas avec celle des heures supplémentaires : la plus favorable s'applique.
Source : article K.2, répartition de la durée du travail à temps complet ; article K.1 (pauses, repos) ; accord du 11 juin 1999 relatif à la réduction du temps de travail ; lus le 30 septembre 2026.
8. Congés payés et congés exceptionnels : trois durées sous la loi
Les congés payés suivent la loi : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours par an (article L. 3141-3). L'article H.1 fixe la période de prise du congé principal du 1er mai au 31 octobre, la cinquième semaine se prenant entre le 1er novembre et le 30 avril. Les absences pour maladie jusqu'à deux mois comptent pour le calcul des droits, et un salarié rappelé pendant ses congés a droit à deux jours ouvrables de plus, ainsi qu'au remboursement de ses frais et de son temps de trajet.
L'article G.3, inchangé depuis 1992, accorde des congés pour événements familiaux sans condition d'ancienneté, à prendre au moment de l'événement. Trois de ses durées sont aujourd'hui inférieures à l'article L. 3142-4 du code du travail, modifié en dernier lieu par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 : c'est alors la durée légale qui s'applique.
| Événement | Convention (art. G.3) | Code du travail (L. 3142-4) | Ce qui s'applique |
|---|---|---|---|
| Mariage du salarié | 5 jours | 4 jours (mariage ou PACS) | Convention pour le mariage |
| Naissance ou adoption | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Mariage d'un enfant | 1 jour | 1 jour | Identique |
| Décès du conjoint | 5 jours | 3 jours | Convention |
| Décès d'un enfant | 5 jours | 12 jours, 14 si l'enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent | La loi |
| Décès du père, de la mère, d'un beau-parent | 3 jours | 3 jours | Identique |
| Décès d'un frère ou d'une sœur | 1 jour | 3 jours | La loi |
| Décès d'un grand-parent | 1 jour | Rien | Convention |
| Annonce du handicap, d'une pathologie chronique ou d'un cancer d'un enfant | Rien | 10 jours depuis le 14 juin 2026 | La loi |
Sources : article G.3, congés exceptionnels (étendu sous réserve de la loi n° 78-49 du 19 janvier 1978) ; article H.1 ; article L. 3142-4 du code du travail modifié par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 ; lus le 30 septembre 2026.
Lorsque l'enfant décédé avait moins de 25 ans, s'ajoute le congé de deuil prévu par la loi. L'article G.3 prévoit aussi des autorisations d'absence non rémunérées pour assister un proche gravement malade, sur justificatif médical. Le calculateur de congés payés aide à décompter vos droits.
9. Maladie, frais de santé et prévoyance
L'article G.1 organise surtout la protection de l'emploi pendant la maladie. Le salarié prévient son employeur dans les trois jours, sauf force majeure, et adresse un certificat médical dans les sept jours. Une absence pour maladie ou accident ne rompt pas le contrat tant qu'elle ne dépasse pas six mois, hors accident du travail et maladie professionnelle. Au-delà, l'employeur peut procéder au remplacement définitif et, le cas échéant, licencier en respectant la procédure légale.
Dans ce cas, le salarié choisit entre deux options : percevoir l'indemnité de licenciement et l'indemnité de préavis, sous déduction des indemnités journalières, ou bénéficier d'une priorité de réembauchage d'un an. S'il est réembauché, il retrouve au moins son ancien salaire et son ancienneté.
Maintien du salaire : le minimum légal s'applique
L'article G.1 ne fixe aucun taux de maintien de salaire. À défaut de disposition plus favorable, c'est le complément légal de l'article L. 1226-1 qui s'applique : après un an d'ancienneté, 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours puis deux tiers pendant 30 jours, durées allongées de 10 jours par tranche de cinq ans d'ancienneté, avec un délai de carence de 7 jours sauf accident du travail ou maladie professionnelle. Les garanties de prévoyance de branche peuvent compléter ce dispositif. Le simulateur d'indemnités journalières donne la part versée par la sécurité sociale.
Complémentaire santé et prévoyance
Un régime de branche est institué par l'accord du 12 janvier 2016 relatif à la complémentaire frais de santé et à la prévoyance, modifié par sept avenants. Le dernier, du 21 novembre 2025, revoit les ayants droit, les remboursements et la cotisation des conjoints à compter du 1er janvier 2026.
Santé et sécurité au travail
Un accord du 16 janvier 2012 porte sur la santé et la sécurité au travail. La manutention de bacs, la préparation en flux tendu et la conduite quotidienne sont les risques typiques de la branche ; les primes des travaux pénibles se négocient par établissement (article J.2).
Sources : article G.1, maladies et accidents ; avenant n° 7 du 21 novembre 2025 à l'accord du 12 janvier 2016 ; lus le 30 septembre 2026. Taux de cotisation des salariés : consultez les textes publiés au Bulletin officiel des conventions collectives.
10. Période d'essai, préavis et indemnité de licenciement
La section F de la convention, dans sa rédaction d'origine, fixe l'essai, le préavis et une indemnité de licenciement. Ses règles sont anciennes mais souvent plus favorables que la loi, notamment pour l'indemnité de licenciement des salariés qui ont entre 3 et 20 ans d'ancienneté.
Période d'essai (article F.1)
| Catégorie | Durée de l'essai | Renouvellement |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | 1 mois | Non |
| Techniciens, techniciens supérieurs, agents de maîtrise | 2 mois | Non |
| Cadres | 3 mois | Une fois, pour une durée identique, avec un préavis de 15 jours |
Ces durées sont plus courtes que les maxima légaux de l'article L. 1221-19 (2, 3 et 4 mois) : ce sont elles qui s'appliquent. Un renouvellement n'est possible que si la convention le prévoit, et il doit être accepté par écrit (article L. 1221-21) ; ici, seul l'essai des cadres peut l'être. À l'embauche, l'employeur remet un écrit qui mentionne la durée de l'essai, l'emploi, la durée hebdomadaire, la catégorie et le salaire de base.
Préavis de démission et de licenciement (article F.2)
| Catégorie | Démission | Licenciement |
|---|---|---|
| Employés | 1 mois | 1 mois avant 2 ans ; 2 mois à partir de 2 ans |
| Techniciens | 2 mois | 2 mois |
| Techniciens supérieurs et agents de maîtrise | 2 mois ; 3 mois à partir de 10 ans | 2 mois ; 3 mois à partir de 10 ans |
| Cadres | 3 mois | 3 mois |
Pour un employé licencié, la convention rejoint le minimum légal de l'article L. 1234-1 ; pour les autres catégories, elle est plus favorable. En cas de licenciement, le salarié peut s'absenter deux heures par jour, payées, pour chercher un emploi, un jour au choix du salarié et un jour au choix de l'employeur, avec la possibilité de les regrouper. Ces heures ne sont pas prévues en cas de démission. Si l'employeur empêche le salarié d'exécuter son préavis, il lui verse la rémunération correspondant à la durée restant à courir. Le calculateur de préavis donne la date de fin.
Indemnité de licenciement (article F.3)
Sauf faute grave ou lourde (article L. 1234-9), le salarié licencié perçoit, de 2 à 3 ans d'ancienneté, l'indemnité légale ; à partir de 3 ans, l'indemnité conventionnelle, calculée dès la date d'entrée :
- employés : 3/10 de mois par année de présence, dans la limite de 12 mois de salaire ;
- techniciens et agents de maîtrise : 3/10 de mois par année, plus 1/10 par année au-delà de 15 ans, et encore 1/10 par année au-delà de 24 ans, dans la limite de 12 mois ;
- cadres : 3/10 de mois par année, plus 2/10 par année au-delà de 15 ans, sans plafond écrit.
Le salaire de référence est la rémunération moyenne brute des douze derniers mois ou, si c'est plus favorable, le dernier salaire mensuel de base augmenté de la prime d'ancienneté. En cas d'inaptitude consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié perçoit le double de l'indemnité légale ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus élevée. L'indemnité légale de l'article R. 1234-2 vaut un quart de mois par année jusqu'à 10 ans et un tiers au-delà : c'est toujours le montant le plus favorable qui est dû.
| Exemple | Indemnité conventionnelle | Indemnité légale | Ce qui est dû |
|---|---|---|---|
| Employé, 5 ans, salaire de référence 2 100 € | 3 150 € (1,5 mois) | 2 625 € | Convention |
| Employé, 12 ans, 2 200 € | 7 920 € (3,6 mois) | 6 966,67 € | Convention |
| Agent de maîtrise, 26 ans, 3 000 € | 27 300 € (9,1 mois) | 23 500 € | Convention |
| Cadre, 20 ans, 4 500 € | 31 500 € (7 mois) | 26 250 € | Convention |
| Employé, 30 ans, 2 200 € | 19 800 € (9 mois) | 20 166,67 € | La loi |
Sources : article F.1, embauchage ; article F.2, rupture du contrat de travail ; article F.3, indemnité de licenciement ; lus le 30 septembre 2026. Indemnités calculées par nos soins, années complètes.
Comparer l'indemnité conventionnelle et l'indemnité légale
Ce petit calculateur applique les deux barèmes à votre situation, en années complètes, et retient le plus favorable. Pour un calcul au mois près, avec les périodes d'absence, utilisez le calculateur d'indemnité de licenciement.
11. Départ à la retraite, et ce que nous ne publions pas
Les articles I.1 et I.2 de la convention organisent le départ volontaire et la mise à la retraite, avec un préavis et dans le respect de la loi. Le barème d'indemnité de départ du texte de 1992 (articles I.3 à I.5) est présenté comme abrogé sur Légifrance, et les accords qui l'ont remplacé, en 2003 et 2004, visaient des situations aujourd'hui dépassées : départs avant 60 ans pour carrière longue, mises à la retraite avant 65 ans. Depuis, l'employeur ne peut plus mettre un salarié à la retraite d'office avant 70 ans.
En l'absence de barème conventionnel que nous ayons pu confirmer, retenez le minimum légal : l'indemnité de départ volontaire de l'article L. 1237-9, un demi-mois de salaire après 10 ans d'ancienneté, un mois après 15 ans, un mois et demi après 20 ans et deux mois après 30 ans. Votre service paie peut appliquer un barème plus favorable issu d'un accord de branche ou d'entreprise.
Une page de convention collective n'a de valeur que si chaque chiffre peut être retrouvé dans un texte officiel. Plusieurs informations qui circulent sur la branche n'ont pas pu être confirmées au 30 septembre 2026 ; nous préférons les signaler plutôt que de les écrire.
Non publié
- Grille de l'accord salaires du 16 juin 2026 : texte non étendu et non publié sur Légifrance ; consultez la version en vigueur.
- Correspondance complète entre coefficients et niveaux 1 à 9, et coefficient d'entrée du statut cadre : à lire sur votre contrat.
- Treizième mois ou gratification annuelle : aucun article de branche trouvé ; le cas échéant, accord d'entreprise ou usage.
- Barème conventionnel en vigueur de l'indemnité de départ à la retraite : non confirmé, minimum légal indiqué ci-dessus.
- Garanties chiffrées et taux de cotisation de la complémentaire santé et de la prévoyance des salariés actifs.
- Astreintes : aucune disposition de branche relue ; elles relèvent, le cas échéant, d'un accord d'entreprise.
FAQ — Convention collective de la répartition pharmaceutique
Les six questions les plus posées sur la convention 1621, avec des réponses datées du 30 septembre 2026.
Sources officielles
Toutes les valeurs de cette page ont été relues le 30 septembre 2026 sur les documents suivants :
- Convention collective nationale de la répartition pharmaceutique du 7 janvier 1992 (IDCC 1621), texte de base étendu par arrêté du 28 juillet 1992 (JORF du 29 juillet 1992) : articles A.2, F.1 à F.3, G.1, G.3, H.1, I.1 et I.2, J.2, J.3, K.1, K.2 et K.5.
- Salaires : accord du 22 avril 2025 relatif aux salaires pour l'année 2025, étendu par arrêté du 1er juillet 2025 (JORF du 5 juillet 2025). Accord du 16 juin 2026 : signé, non étendu, non publié sur Légifrance au 30 septembre 2026.
- Classification : accord du 22 septembre 2008, étendu par arrêté du 11 février 2009 (JORF du 18 février 2009).
- Travail de nuit : accord du 28 juin 2002 ; réduction du temps de travail : accord du 11 juin 1999.
- Protection sociale : accord du 12 janvier 2016 relatif à la complémentaire frais de santé et à la prévoyance et ses avenants, dont l'avenant n° 7 du 21 novembre 2025.
- Code de la santé publique : article R. 5124-2 (définitions du grossiste-répartiteur et du dépositaire) et article R. 5124-59 (obligations de service public).
- SMIC et minimum garanti : arrêté du 22 mai 2026 (12,31 € de l'heure, minimum garanti 4,35 € au 1er juin 2026).
- Code du travail : articles L. 1221-19, L. 1221-21, L. 1234-1, R. 1234-2, L. 1237-9, L. 1226-1, L. 3121-36, L. 3122-2, L. 3122-5, L. 3141-3 et L. 3142-4.
- code.travail.gouv.fr — ministère du Travail, fiche de la convention.