SSCT des élus du CSE
Le rôle de l'élu du CSE en santé, sécurité et conditions de travail

Module 1 / 4 · Sommaire complet

Module 1 : Le rôle de l'élu du CSE en santé, sécurité et conditions de travail 20 min de lecture

1.3 Les acteurs de la prévention autour de l'élu

L'élu du CSE n'est jamais seul face à une question de santé et de sécurité. Autour de lui gravitent l'employeur, qui porte l'obligation, des services de santé au travail, l'inspection du travail et les services de prévention de l'Assurance maladie. Ce chapitre précise le rôle de chacun et les moments où l'élu les rencontre.

Les neuf principes généraux de prévention de l'employeur (L4121-2)
1

Supprimer les risques à la source

2

Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités

3

Agir sur l'origine des risques

4

Adapter le travail à la personne

5

Tenir compte de l'évolution des techniques

6

Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l'est moins

7

Planifier la prévention de façon cohérente, harcèlement compris

8

Privilégier les protections collectives sur les protections individuelles

9

Donner des instructions adaptées aux travailleurs

1

L'employeur, premier responsable de la prévention

Le Code du travail ne laisse aucune ambiguïté sur la responsabilité première. L'article L4121-1 impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent :

  • des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux liés aux facteurs de risques de l'article L4161-1 ;
  • des actions d'information et de formation ;
  • une organisation du travail et des moyens adaptés.

L'employeur doit en outre adapter ces mesures aux changements de circonstances et chercher à améliorer les situations existantes. L'article L4121-2 fixe les neuf principes généraux de prévention présentés dans le schéma ci-dessus : il met en avant la suppression du risque à la source et la priorité donnée aux protections collectives.

Pour l'élu, ces principes sont une grille de lecture. Face à un équipement qui présente un danger, on peut demander : le risque peut-il être supprimé ? Sinon, une protection collective est-elle possible avant de recourir à un équipement individuel ? Cette logique de hiérarchie sera reprise au module 2.

2

Le service de prévention et de santé au travail et le médecin du travail

L'employeur adhère à un service de prévention et de santé au travail, interne ou interentreprises. Ce service intervient à plusieurs endroits du dispositif que l'élu rencontre :

  • il contribue à l'évaluation des risques : l'article L4121-3 le cite parmi les acteurs qui participent à l'élaboration du document unique ;
  • il reçoit le DUERP : à chaque mise à jour du document, l'employeur le transmet au service auquel il adhère (L4121-3-1) ;
  • le médecin du travail est destinataire du calendrier annuel des réunions du CSE consacrées à la santé, la sécurité et les conditions de travail, et de la confirmation de chaque réunion au moins quinze jours à l'avance (L2315-27).

Pour l'élu, le médecin du travail et l'équipe pluridisciplinaire sont des interlocuteurs précieux : ils connaissent les effets du travail sur la santé à l'échelle de l'entreprise. L'élu peut les solliciter sur une question d'ensemble, en veillant à ne jamais demander d'informations sur la santé d'une personne identifiable : ce sont des données couvertes par le secret médical.

3

L'inspection du travail : saisine et pouvoirs de contrainte

L'agent de contrôle de l'inspection du travail est l'autorité extérieure à laquelle l'élu peut s'adresser. Le Code du travail lui donne plusieurs rôles dans les procédures SSCT :

SituationRôle de l'inspection du travailTexte
Plainte ou observation de la délégationPeut être saisie de toutes les plaintes et observations relatives aux dispositions légales qu'elle contrôle.L2312-5
Réunions SSCTDestinataire du calendrier annuel ; peut convoquer et présider le CSE si l'employeur ne réagit pas à la demande d'au moins la moitié des membres, après un accident grave.L2315-27
Danger grave et imminent, désaccordPrévenue aussitôt par l'employeur ; saisie immédiatement en l'absence d'accord entre l'employeur et la majorité du CSE ; peut engager une mise en demeure ou un référé.L4132-3, L4132-4

L'élu garde ainsi un recours public quand le dialogue interne est bloqué. Il est prudent de formaliser par écrit la demande ou l'observation transmise, et d'en informer l'instance.

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4

Les services de prévention de l'Assurance maladie (Carsat)

Les services de prévention des organismes de sécurité sociale, dont les caisses régionales (Carsat), sont le troisième acteur institutionnel. Le Code du travail les associe à deux moments :

  • l'agent de prévention reçoit chaque année le calendrier des réunions SSCT du CSE (L2315-27) ;
  • en cas de désaccord sur un danger grave et imminent, l'employeur prévient aussitôt l'inspection du travail et l'agent de prévention de la Carsat, qui peuvent assister à la réunion d'urgence du CSE tenue dans les 24 heures (L4132-3).

Leur place dans le dispositif est celle d'un appui technique en prévention, distincte de celle de l'inspection du travail, qui contrôle le respect des textes.

5

Les acteurs internes : salariés désignés, CSSCT, référent

À l'intérieur de l'entreprise, trois acteurs travaillent avec l'élu :

Salariés désignés

L'article L4121-3 cite le ou les salariés désignés par l'employeur parmi les contributeurs à l'évaluation des risques.

La CSSCT

Commission du CSE, obligatoire dans les entreprises et établissements d'au moins 300 salariés (L2315-36). Détaillée au module 4.

Les référents harcèlement

Un référent désigné par le CSE parmi ses membres (L2314-1) et, dès 250 salariés, un référent désigné par l'employeur (L1153-5-1).

Le périmètre légal de ces référents porte sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes. Pour aller plus loin sur la prévention du harcèlement, la formation Prévention du harcèlement et référent traite le sujet en profondeur.

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Qui solliciter selon la situation ?

Le tableau suivant propose des repères. Il ne remplace pas l'analyse de chaque cas, mais il aide à choisir le bon interlocuteur.

Situation rencontréePremier interlocuteurRecours si blocage
Un poste paraît mal évalué dans le DUERPL'employeur, lors de la consultation du CSEInspection du travail
Un danger grave et imminent est constatéL'employeur, immédiatement (L4131-2)Réunion du CSE sous 24 h, puis inspection du travail (L4132-3, L4132-4)
Une atteinte aux droits d'un collègue (harcèlement, discrimination)L'employeur (L2312-59)Conseil de prud'hommes en procédure accélérée
Une question sur les effets du travail sur la santé de l'ensemble des salariésLe médecin du travail, service de prévention et de santé au travailInspection du travail
Un besoin d'appui technique de préventionL'agent de prévention de l'Assurance maladie—
7

Travailler avec ces acteurs : trois réflexes

  • Écrire : une demande formalisée (courrier ou courriel au président du CSE, inscription à l'ordre du jour) laisse une trace et déclenche plus souvent une réponse motivée.
  • Documenter : dates, lieux, postes concernés, personnes présentes. Un constat précis pèse davantage qu'une impression.
  • Coopérer : l'objectif est de corriger une situation, pas de désigner un responsable. La plupart des améliorations passent par un accord avec l'employeur avant tout recours externe.

Pour l'évaluation des risques en détail, la formation DUERP, document unique d'évaluation des risques professionnels est un bon complément, et le module 2 de ce parcours en traite l'angle « élu ».

L'élu au centre du réseau de prévention

L'élu du CSE

Employeur

Obligation de sécurité (L4121-1).

Santé au travail

Service de prévention, médecin du travail.

Inspection du travail

Saisine, mise en demeure, référé.

Carsat

Appui et conseil en prévention.

Sources
À retenir
  • L'employeur porte l'obligation de sécurité et de protection de la santé physique et mentale (L4121-1), selon neuf principes (L4121-2).
  • Le service de prévention et de santé au travail contribue au DUERP et le médecin du travail reçoit le calendrier des réunions SSCT (L2315-27).
  • L'inspection du travail peut être saisie par la délégation, convoquer le CSE, mettre en demeure ou saisir le juge des référés.
  • L'agent de prévention de la Carsat est informé du calendrier SSCT et peut assister à la réunion d'urgence sur un danger grave et imminent (L4132-3).
  • En interne : salariés désignés, CSSCT (dès 300 salariés) et référents harcèlement (L2314-1, L1153-5-1).
  • Trois réflexes : écrire, documenter, coopérer avant tout recours externe.

Contenu relu par le Pôle Juridique & Social · Politique éditoriale